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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 08:46

Par Claude Imbert, Le Point du 08 01 10
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Le cinéma, ces jours-ci, fait sa révolution de la 3D.
Suivons son exemple ! Avec quelle troisième dimension ? Eh bien, parbleu, avec la dimension-monde. Notre monde globalisé s'invite, à tout propos, désormais dans la politique, l'économie, l'écologie nationales. Le déferlement, en quelques heures, sur l'ensemble du globe, de la catastrophe financière partie de l'immobilier américain, les différends Nord-Sud sur le réchauffement climatique, le face-à-face Occident-Chine et, chez nous, l'obstination à imposer notre taxe carbone par ambition d'exemplarité, autant d'événements, planétaires ou nationaux, qui nous invitent à changer de lunettes. Ce sont en réalité notre présent et notre avenir qu'il faut apprendre à mesurer, à évaluer sous cette nouvelle optique.


Adopter la dimension-monde,
c'est idéalement plaider à notre faible mesure pour l'accès progressif à une gouvernance mondiale. Mais ne rêvons pas ! Le G20, édifié à la hâte, nous aura bien épargné d'extrême justesse le krach financier. Mais Copenhague, peu reluisant dans ses conclusions, aura dessillé les yeux des rêveurs sur les limites d'un consensus international, je serais tenté de dire, quel qu'il soit.


Avant de courtiser l'impossible, le réalisme impose d'abord de réfléchir à ce que devient, avec cet « entrisme » du monde, l'immédiat habitacle de notre collectivité : la Nation. Elle ne sera plus ce qu'elle était. Mais c'est toujours la Nation qui régit notre vie collective, qui assure notre sécurité extérieure, notre protection sociale. C'est par elle que nous abordons l'avenir. Si oublieux que l'on soit de son passé, c'est son édifice séculaire qui nous donne un toit collectif. Et, pour espérer, son ciel par-dessus le toit...


Autant dire qu'il n'est pas absurde de prétendre « interroger » la Nation. J'ai déjà dit que balancer, tout à trac, sur le bon peuple la question de l'« identité nationale » n'était pas de bon aloi. Ni le mot ni la chose n'étaient opportuns. On pouvait, sans être grand clerc, deviner que le bon peuple négligerait de se colleter à des concepts ineffables pour sauter à pieds joints sur l'immigration. Là où ses impressions, sentiments, troubles et fantasmes déboulent d'emblée. Alors, sans surprise, vinrent ces cris d'orfraie de la bien-pensance publique. Et ce conseil d'esbigne, curieusement délivré par la caste intellectuelle, celui de contourner le souci national comme le vase du poète : « N'y touchez pas, il est brisé... »


En vérité, la grande affaire de la Nation - et l'immigration en son beau milieu - mériterait d'être abordée avec courage, clarté et vision. Il y faudrait une méditation, une préparation, une pédagogie patiente, une sérénité pour le coup nationales. Je ne les vois guère vraisemblables. Il faudrait que le pouvoir, prenant enfin de l'altitude et s'éloignant du subalterne, propose aux citoyens de France un horizon. Où la Nation, assumant sa juste mesure, chercherait une juste vocation. Un rameau d'idéal où cristalliser à nouveau des espérances perdues. La Nation respire par son passé, mais ne survit que par ses songeries d'avenir.


Ce que notre Nation a sous les yeux dans ce chambardement du monde,
ce n'est donc pas la perspective prochaine d'un ordre mondial. C'est un nouveau rapport de forces, un rapport de forces politique, démographique, économique entre nations. C'est cette grande lueur venue d'Orient, celle de la Chine au destin énigmatique. C'est la gestation confuse d'un nouveau monde islamique où fermente, loin du noyau proche-oriental, et en Afrique blanche et noire, en Asie, le prurit islamiste. C'est l'énigme d'un Occident qui ne sait où ni comment répondre à une guerre que des fous de Dieu lui ont déclarée.


Le plus difficile, disait Tocqueville, c'est de comprendre ce que l'on a sous les yeux. Ce que notre Nation a chez elle sous les yeux, c'est un pays encore écartelé entre des idéologies malades. Celles d'un capitalisme déréglé par l'outrance de ses délires inégalitaires ; celles d'un socialisme condamné par l'outrance de ses prétentions égalitaires. La France renâcle toujours à se réformer, pénalisée par une durée moyenne de travail unique au monde, des conflits sociaux endémiques, un régime de retraites périmé par les longévités accrues, un régime de sécurité sociale intenable dans l'équation actuelle, une addiction à l'assistance en tous genres qu'assure un endettement à tout va... Et, pour préparer l'avenir, une Ecole livrée à tous les vents de l'indiscipline qui aura naufragé la formation jadis sacrée du « caractère ».

Et pourtant encore, ici et là, résistent une certaine sagesse, une certaine lucidité populaires avec l'attente confuse d'un sursaut...


Chaussez donc les lunettes 3D ! Et vous verrez que la dimension-monde n'efface pas la Nation. Elle met les nations au pied de son mur. Les unes vogueront de plus belle. Les autres s'oublieront avant que le monde les oublie.


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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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