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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 11:30

 

Extrait du livre "Plus belle la gauche- Pour une Gauche Moderne" de Marc d'Héré et Gilles Casanova (suite)..

 

 

...L’intégration sera d’autant mieux réalisée que les immigrés parleront notre langue, connaîtront nos principes républicains, auront une formation, et un travail qui leur assurera des ressources, un logement décent. Ce sont les conditions d’une intégration réussie et donc les conditions qui peuvent être mises à l’accueil de nouveaux immigrés.

 

Pour ceux qui sont déjà régulièrement installés, nous devons nous attacher, avec l’aide d’associations, à ce que leur intégration soit effective. Abandonnée, ignorée, souvent méprisée, privée de repères et de cadres, la population immigrée ou d’origine immigrée récente, s’est repliée sur ses communautés et de la résignation des parents on est passé à la révolte des enfants contre l’ensemble de ce qu’ils identifient comme un système hostile et hypocrite. Comment leur parler de justice si on ne sait pas les accueillir, si on laisse dans une « inexistence légale » leurs frères ou leurs coreligionnaires sans papiers, parfois sur notre sol depuis des années ? Comment leur parler d’égalité alors que les différences de situations sont criantes et que tous pourront constater que les jeunes d’origine immigrée, y compris les diplômés, ont trois fois plus de risque de chômage que les prétendus « Français de souche. » Comment leur parler de solidarité et d’insertion alors qu’ils ont vécu, coupés du reste de la société française dans des cités oubliées, devenues ghettos.

 

Dans ces quartiers sensibles, conséquences de la dislocation de nos villes et « reflets des ghettos culturels et sociaux ancrés dans nos esprits post modernes déboussolés» où, vivent principalement les immigrés et les Français issus de parents ou de grands parents immigrés, une politique d’intégration dans l’ensemble urbain et dans le tissu social, doit être entreprise : améliorer et réhabiliter les logements, concevoir un urbanisme plus « humain », relier les quartiers au centre – qui est aujourd’hui inaccessible ou fermé à beaucoup – par un continuum du bâti, par une meilleure desserte plus fréquente, plus rapide et plus sûre des transports collectifs, assurer une présence accrue de services publics de qualité et aux horaires élargis, comme d’activités culturelles, sportives et de loisir. Une sécurité retrouvée rendra possible des incitations fortes à l’installation d’entreprises, dont les charges seront d’autant plus réduites, qu’elles embaucheront des salariés vivant dans ces quartiers. Ce sera encore le soutien aux initiatives locales, associatives ou économiques notamment par une politique de crédit et de micro crédit, ambitieuse. Nous devons encourager ce type d’aide au démarrage, faciliter les premiers pas des créateurs, de ceux qui veulent avancer et entreprendre, et ils sont nombreux, car il y a dans la population des cités une capacité d’enthousiasme, une volonté d’initiative, une énergie auxquelles on doit donner les possibilités de s’investir. C’est par l’encouragement aux initiatives locales, en faisant émerger la dynamique du terrain que l’on fera œuvre la plus utile et la plus durable. Doit y être développée, plus encore qu’ailleurs, une démocratie de proximité, avec des conseils de quartiers dotés de responsabilités particulières, telles que certains budgets participatifs.

Tout doit être mis en œuvre pour éviter que ne se développent des modes de fonctionnement communautaires, même si l’on doit reconnaître et admettre l’existence de communautés au sein desquelles se nouent des liens et s’expriment entraide, compréhension et chaleur humaine, solidarité et sentiment de sécurité qui ne se retrouvent pas ailleurs. Une société démocratique vivante et sûre de ses valeurs, ne peut refuser cette réalité, en veillant toutefois à ce que ces communautés n’isolent pas les individus du reste de la collectivité, ne les enferment pas dans le moule de leurs origines, dans des règles et des hiérarchies pesantes, prédéterminées et impossibles à contester, dans leur vision unilatérale du monde.

Sans verser dans le communautarisme – risque inacceptable pour notre cohésion sociale –, qui consisterait à ne considérer ces populations que sous cet aspect culturel, religieux ou ethnique, on ne peut ignorer le besoin qui est le leur de vivre leur culture, de partager leur Histoire et leurs nostalgies et leur demander de taire ou d’oublier leurs différences. On ne peut leur parler de valeurs communes et d’avenir partagé, les intégrer dans un projet commun en leur demandant d’abandonner leur mémoire, de renoncer à vivre leur culture ou de pratiquer leur religion dans une semi clandestinité. Aucune réelle intégration n’est possible dans la négation ou l’effacement de son identité et de son passé. Mais ils doivent pouvoir espérer et savoir qu’ils ne porteront pas cette différence comme un fardeau mais seront pleinement membres de la communauté nationale. C’est par une juste reconnaissance des différences, par la reconnaissance, dans cet esprit, des communautés de fait, que l’on évitera le refuge dans un communautarisme clos et agressif.

 

Contrairement au discours frileux de ceux qui disent « aimez la France ou quittez là », mais qui au fond, n’envisagent que la seconde proposition, il faut savoir accepter les différences. Vouloir retrouver une homogénéité abstraite qui n’a jamais existé, refuser d’admettre la diversité, comme la liberté de se revendiquer différents, donne des résultats désastreux, parce que cela décourage le projet de devenir français à part entière, cela développe en réaction le communautarisme qui se comporte à son tour en autre obstacle à l’intégration. C’est l’égalité considérée comme la triste et utopique uniformité. Il n’y a pire erreur que de vouloir traiter de manière uniforme des situations inégales. Non, l’inégalité de départ ne se combat pas par l’égalité, oui, il faut donner plus à ceux qui cumulent les handicaps et faire en sorte que la mixité sociale devienne une réalité concrète dans des domaines prioritaires : éducation, formation, logement, emploi.

 

Les manifestations de racisme et les discriminations dans les comportements et dans les exclusions concrètes que l’on constate, doivent être sanctionnées. Ceci doit aller de pair avec une défense de la laïcité, qui dans le respect des croyances et des options spirituelles, se veut le principe fondateur d’un espace de liberté et d’équité, constitutif du lien politique et permet l’émergence d’une identité commune dans l’acceptation des diversités.

 

 

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Published by marc d'Héré et Gilles Casanova - dans Immigration - intégration
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Elie Arié 16/12/2010 14:02


Sans rapport avec cet article, mais pour poursuivre un échange que nous avions eu sur un autre que je ne retrouve plus:

http://www.slate.fr/story/31527/rafale-bresil-vente-impossible


Marc d'Here 16/12/2010 14:49



Tu es trop pressé attendons les résultats pour le Rafale et les Mistral...



Larnaudie Patricia 15/12/2010 00:44


Face à un égalitarisme fort réducteur et inadapté,j'ai,dans mes délégations éducation/culture,mis en place de nombreuses passerelles.
Par exemple,ce ne sont pas moins de 4000 écoliers(écoles compétences des Villes)qui se croisent chaque année,à Aix,sur des lieux hautement culturels(théâtres,conservatoire,Centre Chorégraphique
National,Festival d'Art Lyrique....)pour des ateliers de sensibilisation et de rencontres avec l'oeuvre artistique et les artistes.
Je me souviendrai toujours d'une maman habitant un quartier "sensible"(eh oui, nous en avons à Aix!)venue au Grand Théâtre de Provence pour accompagner la classe de son gamin;qui après avoir écouté
les explications du chef d'orchestre sur le Requiem de Mozart,et après avoir assisté au concert,m'a dit:"elles sont belles vos messes de Morts!"
Car,régulièrement,nous organisons des manifestations culturelles où TOUS se croisent,issus des quartiers aisés et populaires,car nous estimons qu'ils SONT TOUS AIXOIS,et que ces rencontres autour
des oeuvres d'artistes crééent des liens uniques et chargés de souvenirs.
Nous intervenons aussi régulièrement sur les collèges et lycées.Des lycéens venus des quartiers Nord de Marseille comme des quartiers favorisés d'Aix se croisent régulièrement à la Cité du
Livre,là, où est déposé le fonds Camus. L'étranger....n'est ce pas?
A la fin de la journée,après avoir dit leurs textes,après avoir écouté ,tous ces jeunes échangent leurs numéros de téléphone...Quelques kilomètres les séparent,mais ces rencontres culturelles font
tomber bien des frontières!
Cet été,nous avons accompagné le Festival d'Art Lyrique dans ce type de démarche,quand il a permis à des jeunes venus des cités et d'ailleurs de jouer du Stravinsky avec le London Symphonic
Orchestra!
Des gamins auxquels il a été permis de suivre des cours(gratuitement)au Conservatoire,auxquels les instruments sont prêtés,ont joué avec un orchestre connu dans le monde entier.
Il y a 3 ans,on avait fait cela avec le Berliner,et cette année on va le renouveler avec le LSO et l'Orchestre National de France en résidence à Aix.
Il y a 2 objectifs poursuivis:permettre à des jeunes de voir et connaître autre chose que les cris des "guetteurs"quand la police arrive dans la cité,et AUSSI favoriser sur un même lieu de culture
les rencontres avec d'autres jeunes au parcours différent.Tous ensemble pour une plaisir partagé: apprendre,découvrir l'Art avec les meilleurs professionnels.
Bien sûr,nous travaillons avec l'Education Nationale et le Ministère de la Culture même si l'essentiel du dispositif est financé par la Ville d'Aix....Le soutien sans faille de Mme le Maire me vaut
de pouvoir disposer de budgets suffisants(250000euros à minima chaque année)pour continuer à ouvrir les champs artistiques aux enfants et jeunes,en partenariat avec leurs enseignants.
Un artiste nous disait à propos de ce dispositif:"l'enseignant se doit d'apporter des réponses,alors que l'artiste aime à poser des questions".
Au centre de cette réflexion,il y a la liberté des futurs citoyens de notre pays.Pour que,peu à peu,tombent les murs dans les têtes....
Voilà, je voulais simplement témoigner de mon expérience d'élue locale sur ce sujet.
Amitiés à toi, Marc
Patricia


Marc d'Here 15/12/2010 08:18



Merci. Bien à toi.



Elie Arié 14/12/2010 18:09


Chacun a toujours pu vivre pleinement sa culture en France, y inclus les musulmans (puisque ce sont les seuls qui posent problème aujourd'hui); la limite s'arrête lorsque le communautarisme exige
que ses préceptes prennent le pas sur la loi commune, et que celle-ci soit aménagée à leur usage.


Marc d'Here 14/12/2010 18:29



Je ne suis pas si sûr que tous aient pu vivre librement leur culture...En principe oui, bien sûr, dans la réalité, c'est moins évident, ne serait-ce que  parce que des conditions de
logement, d'éloignement ou financières, rendent les choses plus difficiles,et que les cultures minoritaires ont peu accès aux moyens de diffusion...