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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 07:32

 

Un extrait du livre "Plus belle la gauche-Pour une gauche moderne" de Marc d'Héré et Gilles Casanova...

Première partie.

 

 

La mondialisation qui se traduit par une circulation facilitée des marchandises ou des flux financiers ne peut éviter de concerner aussi les hommes et les femmes.

L’émigration est une donnée, compte tenu du déséquilibre en terme de démographie et de ressources entre le « Sud » et le « Nord ». Parce que l’attraction de la richesse et de la liberté est irrépressible, il y aura toujours des millions de personnes prêtes à courir les plus grands risques pour échapper à la tyrannie et à la misère. Il y aura de plus en plus d’immigrés dans nos pays, c’est une réalité que nous devons accepter. Mais pas plus qu’il y a 20 ans nous ne pouvons « accueillir toute la misère du monde ». Même si nous affirmons notre vocation d’ouverture et d’accueil humanitaire, même si nous savons à quel point nous avons et nous aurons besoin de l’immigration, de son travail, de sa diversité et de son dynamisme, nous devons envisager, en France et en Europe une claire politique de l’immigration et de l’asile doublée d’une politique d’intégration.

Une des premières exigences sera de lutter contre l’immigration clandestine, de sanctionner durement ceux qui l’organisent comme ceux qui en profitent, et de procéder aux reconduites décidées par la justice plutôt que de favoriser, chez nous, la surexploitation et la maltraitance auxquelles se livrent les trafiquants. Les chefs d’entreprises qui utilisent de la main d’œuvre clandestine doivent être durement sanctionnés.

Les négociations avec les pays d’origine lieront certains aspects de la coopération avec l’engagement de lutter contre l’émigration clandestine et d’accepter le retour des expulsés. De même que tout signal de laxisme a pour effet de grossir le flux de candidats à l’immigration tout signal de rigueur contribuera à le ralentir. Des régularisations auront lieu, au cas par cas, mais les régularisations massives ou automatiques seraient des erreurs. Dans ce domaine aussi ce ne sont pas les mesures globales et générales qui doivent s’appliquer mais bien des mesures ciblées, adaptées au différents cas. Les autorisations, définitives ou temporaires, seront délivrées en prenant en compte, peut-être plus généreusement qu’aujourd’hui, des raisons humanitaires, la volonté et la réalité de l’insertion économique, sociale, culturelle de l’intéressé. On doit s’approcher d’une situation ou il n’ y aurait plus d’immigrés en situation « irrégulière tolérée » durable, auxquels on impose de manière hypocrite des conditions de vie impossibles et des moyens de subsister marginaux.

Parce que pour une large part l’immigration clandestine est une immigration de la misère, on doit agir en amont, en travaillant à créer dans les pays d’origine les conditions permettant aux migrants potentiels d’y demeurer. Des partenariats seront établis, passant par le financement de projets locaux créateurs d’emploi. Nous devons choisir une immigration « concertée », tenant compte des demandes des pays sources comme de nos besoins et de nos capacités d’accueil. On peut définir, en collaboration avec les pays d’origine, des critères professionnels et sociaux pour orienter les entrées vers les secteurs qui ont des capacités d’emploi. Dans ce cas, dès avant leur arrivée, les futurs immigrants bénéficieront d’une première formation et d’une information sur les principes de notre pacte républicain et notre mode de vie collectif.

On peut s’accorder avec ces pays sur l’entrée de travailleurs venant se former et travailler en France, quitte à envisager des séjours temporaires permettant des retours vers le pays d’origine. Ce peut être le cas pour les migrants très qualifiés, ou pour les étudiants étrangers qui doivent pouvoir faire une partie de leur carrière chez nous avant de retourner dans leur pays pour aider à son développement. Les retours vers le pays d’origine se feront d’autant plus volontiers que l’on saura pouvoir entrer à nouveau dans le pays destinataire. Une politique commune d’immigration est progressivement adoptée au niveau européen, à l’initiative de la France. C’était une nécessité.

 

Toute politique d’immigration doit trouver son complément dans une politique d’insertion et d’intégration. La politique d’intégration « à la française » est aujourd’hui globalement en difficulté.

Le pouvoir a souvent considéré que l’obtention de la nationalité française était suffisante pour assurer l’intégration des nouveaux citoyens qui étaient dès lors supposés communier dans un pacte républicain, laïque et égalitariste, selon lequel les origines ethniques ou religieuses des uns et des autres n’avaient plus cours. Le système d’assimilation par la France de ses étrangers et par la culture française d’une partie de leur culture, avait certes donné des résultats jusqu’à la fin des années cinquante. Mais, pas comme on le croit bien souvent aujourd’hui. Ainsi la violence contre les travailleurs italiens qui étaient soupçonnés de venir briser les grèves causa plusieurs morts, dans des affrontements brutaux et massifs, il y eut des pogroms contre les Italiens en1893, que, fils de cette immigration, Max Gallo a raconté. Ce n’est pas dans un mouvement harmonieux, mais dans un mouvement marqué par des crises et des violences que cela s’est déroulé.

 

Cependant la France de l’époque avait foi dans ses valeurs et ne s’interrogeait pas sur le bien fondé de la domination que sa culture imposait naturellement aux cultures de ceux qui l’avaient rejoint, même si elle garde la marque, en elle-même, de ces millions d’étrangers assimilés au long de l’Histoire. Ces incidents violents, ces moments heurtés, ne constituaient donc, ni pour les Français, ni pour leurs médias, des scandales à proprement parler, mais de simples faits divers.

 

Ce n’est qu’après la crise de la décolonisation et la guerre d’Algérie, qui ont fait naître au sein des couches intellectuelles, l’idée d’une culpabilité collective française, que tout s’est compliqué. L’assimilation a été identifiée à un colonialisme intérieur et rejetée comme impérialisme culturel, privant de repères les populations arrivantes et les rejetant vers un communautarisme que l’on aurait souhaité éviter. Ce mouvement généra en retour une vision extrêmement restrictive de l’intégration par assimilation forcée à une prétendue « culture des Français de souche » qui n’a jamais existé. La rupture du consensus a bloqué la machine.

 

Bien sûr, l’origine européenne des populations arrivantes, une force plus grande qu’aujourd’hui d’institutions « intégrantes » comme l’école, les églises, le parti communiste et la CGT, ou la grande entreprise, la rapidité de la croissance et les possibilités de hausse du niveau de vie qu’elle entraînait, ont aussi fortement contribué aux résultats positifs de l’immédiat après-guerre. Mais le problème réside bien dans la conception de l’identité nationale, qui est à raffermir, pour donner des repères de fond à notre politique d’accueil et d’intégration d’une immigration qu’il serait illusoire d’imaginer interrompre après des siècles de tradition d’accueil. ...

 

 ...deuxième partie à suivre...

 

 

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Published by Marc d'Héré et Gilles Casanova - dans Immigration - intégration
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commentaires

Elie Arié 11/12/2010 15:32


Henri Guaino me semble plus clair que La Gauche Républicaine sur certaines mesures (les tests ADN, la circulaire anti-Roms) dont je n'ai lu ici aucune critique...Dommage que Sarkozy n'écoute jamais
ses "conseillers" !

http://tinyurl.com/2corcjb


Elie Arié 10/12/2010 10:16


"Après avoir lancé, en 2005, un appel vibrant aux plombiers polonais à se présenter en France pour travailler, l'ultra-libéral et ancien commissaire européen Frits Bolkestein a invité les juifs de
son pays à quitter les Pays-Bas, invoquant l'incapacité du pays à les protéger des jeunes marocains anti-sémites. "

http://tinyurl.com/3x43peq