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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 16:03

Henri Guaino
, intérrogé par Charles Jaigu et Henri du Limbert dans Le Figaro.fr  du 22 décembre
...


LE FIGARO. - Le débat sur l'identité nationale a été lancé le 25 octobre. Près de deux mois plus tard, les Français, selon les sondages, désapprouvent la manière dont il est mené. A-t-il été mal posé ?

Henri GUAINO. - Je préférerai toujours la démocratie du débat à la démocratie du sondage… Ceux qui critiquent le bien-fondé de ce débat alimentent eux-mêmes la discussion et c'est très bien ainsi. Une démocratie vivante, ce n'est pas une démocratie où tout le monde se tait, c'est une démocratie où l'on parle des problèmes qui préoccupent les gens.


Mais les Français ne s'intéressent-ils pas plus à leur pouvoir d'achat ou au chômage qu'à l'identité nationale ?

Ce n'est pas exclusif. On peut à la fois avoir peur de perdre son emploi et être angoissé de perdre son identité, de voir dénaturer son cadre de vie ou disparaître. Le modèle social français fait aussi partie de l'identité nationale. Dans la crise économique, quand le sentiment de la précarité et de vulnérabilité sociale s'accroît, on a encore plus besoin de la solidarité nationale, on a encore plus besoin d'éprouver le sentiment d'appartenance à une nation qui protège.


Que pensez-vous des dérapages auxquels a donné lieu le débat ?

Les dérapages sont scandaleux et doivent être condamnés. Mais il y a un plus grand risque à ne pas discuter des problèmes qu'à accepter d'en débattre. Il est assez paradoxal que ceux qui passent tout leur temps à vanter les mérites de la démocratie participative se mettent à expliquer qu'il est dangereux de donner la parole aux citoyens. Qu'ils se rassurent, les Français sont des gens raisonnables imprégnés d'une vieille culture humaniste qui les rend assez peu réceptifs aux thèses racistes. Le plus grand risque, c'est qu'à voir le racisme partout, dans tous les replis de l'âme nationale, on finisse par le banaliser.


Jean-Marie Le Pen se réjouit que le gouvernement mette fin «à la pensée unique » sur l'immigration. Comment prenez-vous cet «éloge » ?

J'ai toujours récusé la pensée unique, qui est une maladie de l'intelligence. C'est elle, en vérité, qui fait le lit des extrêmes. Ce débat sur l'identité, c'est un moyen de ne pas laisser la nation et l'immigration à l'extrême droite ou à l'extrême gauche.


Si le débat a été détourné, comment faut-il le relancer
?

Il faut l'élever, l'élargir. L'immigration, la religion, cela fait partie du débat. Mais ce n'est pas tout le débat. La mondialisation a fragilisé les identités. Tout concourt, en particulier dans les vieilles nations développées, à cette crise identitaire. Elle suscite des doutes, des peurs, des rejets. Dire qu'il n'y a pas sujet à débat parce que tout le monde est d'accord pour dire que l'identité française, c'est la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité, c'est un peu court. D'abord parce qu'autour de chacun de ces principes il y a un débat.
Depuis des années, certains contestent l'égalité au nom de l'équité. Depuis des années s'opposent ceux qui voient la laïcité comme un refus de toutes les religions et ceux qui la voient comme principe de respect de toutes les croyances. Les partisans de la République une et indivisible s'opposent à ceux qui prônent le droit à la différence et le communautarisme. La France a toujours refusé de se penser comme une juxtaposition de cultures et de communautés qui n'ont rien à se dire, ni à échanger, qui ne veulent pas se mélanger. Que reste-t-il de ce consensus national 'hui ?


Dans les banlieues, on vous répondra : ce sont de beaux discours.

Les ghettos urbains, la relégation de certaines parties de la population, les discriminations sont une trahison des valeurs qui sont au cœur de notre identité ! Si l'on demande aux jeunes issus de l'immigration, aux jeunes des quartiers en difficulté, de respecter les valeurs et les devoirs de la République, on se doit de les respecter soi-même, on se doit de bâtir une République qui tienne ses promesses.
La République, c'est d'abord une exigence morale. Sommes-nous capables de discuter sereinement et intelligemment de ce que cette exigence qui est au cœur de notre identité implique pour chacun d'entre nous ?


Que répondez-vous à Alain Juppé qui juge «détestable» tout ce qui peut «dresser les communautés les unes contre les autres, et en particulier les musulmans contre les autres» ?

La République ne reconnaît pas de communautés, elle ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits et en devoirs. Nous devons travailler à unir les Français, les citoyens, à ne pas les dresser les uns contre les autres. Cet idéal est-il encore partagé ?


Il y a quatre ans, lors du débat sur la Constitution européenne, le projet d'inscrire les racines chrétiennes de l'Europe dans le préambule avait suscité la polémique. Y étiez-vous favorable ?

Non. La France a été façonnée par 1 500 ans de civilisation chrétienne. Mais cela n'avait rien à faire à mes yeux dans un texte de nature constitutionnelle.


Le groupe UMP va déposer mercredi une proposition de loi pour l'interdiction totale de la Burqa. Y êtes-vous favorable ?

Il ne faut rien accepter qui viole nos valeurs les plus fondamentales. Mais il ne faut blesser personne. Attendons les conclusions de la mission parlementaire pour voir jusqu'où doit aller l'interdiction.


Êtes-vous d'accord avec la proposition faite par plusieurs parlementaires d'interdire les drapeaux étrangers dans les mairies ?

C'est la première fois dans notre histoire que des jeunes Français définissent leur identité par opposition à l'identité française. C'est une question qu'il nous faut regarder en face tous ensemble.


Le choix de charger les préfectures d'animer ces débats a-t-il été une erreur ?

La préfecture, c'est la maison de la République ! Le préfet, c'est le représentant de la République ! On peut trouver trop restrictif de cantonner le débat à l'intérieur de la préfecture. Mais ce que j'entends de la part de gens qui se disent républicains me laisse parfois pantois.


Êtes-vous choqué par les attaques contre Éric Besson ?

Oui, ces attaques d'ordre personnel sont indignes.


Dans sa tribune au Monde, le chef de l'État invite les communautés religieuses à «la discrétion». Mais la communauté musulmane prend cette recommandation pour elle seule.

Dans la République, la pratique religieuse doit être accomplie sans ostentation. C'est un principe de respect vis-à-vis de ceux qui n'ont pas les mêmes croyances.


Les catholiques aussi ?

Bien sûr.


Que se passerait-il si un musulman demandait que les cloches des églises ne sonnent plus au nom de la «discrétion» souhaitée par le chef de l'État ?

Les clochers rythment la vie de nos villages depuis des siècles. Ce n'est pas un problème religieux, mais un problème de civilisation, un problème de société, un problème de tradition.


Que répondez-vous aux accusations de «pétainisme» lancées au PS ?

C'est aussi stupide que le slogan «CRS = SS» de Mai 68.


Quel sera le dernier acte du débat ?

J'espère une nouvelle conscience nationale, un nouveau consensus républicain, une actualisation des valeurs au nom desquelles nous, Français, nous vivons ensemble et que le monde attend que nous portions.


La discrimination positive fait-elle partie de l'identité nationale ?

Oui, si la discrimination positive, cela veut dire rétablir l'égalité des chances, comme la République l'a toujours fait pour les boursiers, ou pour l'aménagement du territoire, ou encore pour les handicapés. Non, si c'est donner des droits différents à des communautés différentes.


Quand les débats doivent-ils se terminer ?

Éric Besson a proposé de les prolonger jusqu'à la fin de l'année 2010.


Regrettez-vous que ce débat se soit déroulé quelques mois avant les élections régionales ?

Il y a des élections tous les ans.

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Published by Henri Guaino, Le Figaro - dans Société
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commentaires

marc d'HERE 26/01/2010 19:11


Nicolas Sarkozy a défendu mardi la liberté de culte et assuré que la France ne pouvait "laisser stigmatiser les citoyens français musulmans", lors d'un hommage aux anciens combattants musulmans au
cimetière militaire de Notre-Dame de Lorette.

"L'islam est aujourd'hui la religion de nombreux Français. Et notre pays, pour avoir connu non seulement les guerres de religion mais aussi les luttes fratricides d'un anticléricalisme d'Etat, ne
peut laisser stigmatiser les citoyens français musulmans", a déclaré M. Sarkozy après avoir visité le carré musulman du cimetière, trois fois profané depuis 2007.

"Je ne laisserai personne entraîner notre pays sur la voie de ces régressions", a-t-il poursuivi, "la liberté de conscience et la liberté de culte sont des libertés fondamentales garanties par
notre Constitution, tout comme la laïcité qui est la condition à la fois de leur libre exercice et de l'autonomie de l'Etat".

AFP


marc d'HERE 14/01/2010 07:04


Nicolas Sarkozy a tranché : il y aura une résolution du Parlement, puis une loi, sur le port de la burqa en France. Lors de ses voeux aux parlementaires mercredi, le chef de l'Etat a dit «souhaiter
que le Parlement en tire des conclusions par une résolution sans ambiguïté parce que la réforme constitutionnelle vous en a donné le pouvoir».

AFP


sergiozz 07/01/2010 11:11


"Vous êtes contre et trouvez la burqa acceptable...libre à vous! "

je fais mon méa culpa, je voulais écrire que j'était contre la burqa partout !!! et non pas contre l'interdiction !


sergiozz 06/01/2010 21:17


J'ai cru comprendre que l'UMP se dirigeait également vers une résolution parlementaire assortie de mesures réglementaires. Donc, je pense que votre point d'exclamation est superflue. A quoi cela
sert-il de pondre des lois qui ne sont pas en définitive appliquées. Ni l'UMP, ni le PS ne proposent l'interdiction de la burqa dans la rue. On ne parle que d'interdiction dans les écoles, les
universités, les hopitaux, dans des lieux qu'on qualifie de "publics". Moi, je suis contre l'interdiction de la burqa partout y compris dans la rue et je suis assez choqué que tous les politiques
(sauf le FN) prennent de telles précautions sur ce sujet. Eh oui, sur ce sujet, je suis en total désaccord avec mes amis politiques. Je sais réfléchir de temps en temps !


Marc d'Here 06/01/2010 22:40



Loi ou mesure réglementaire la différence est surtout de forme. L'objectif de l'UMP (pas forcément celui du PS) est de faire en sorte que la Burqa ne soit quasiment plus utilisée. Vous êtes
contre et trouvez  la burqa acceptable...libre à vous!



marc d'HERE 06/01/2010 13:28


LES SOCIALISTES S'OPPOSENT A UNE LOI SUR LA BURQA!...


sergiozz 04/01/2010 14:11


Libre à vous de penser que le constat de l'état désastreux de nos finances publiques est une sottise ou une élucubration. Votre aveuglement pro-sarkoziste ne vous permet pas d'analyser correctement
la politique désastreuse de Sarkozy. Bonne année quand même !


Marc d'Here 04/01/2010 23:03


Comme toujours votre perspicacité me ravit. Bonne année


sergiozz 30/12/2009 16:12


Prouvez-le !!


Marc d'Here 30/12/2009 22:12



Quelle preuve? Une preuve de quoi? De votre jugement erroné? Pourquoi perdre mon temps avec vos élucubrations? Mais que cela ne vous empêche pas de continuer à nous envoyer vos sottises!



sergiozz 29/12/2009 18:40


les français n'en ont que faire de ce débat bidon sur l'identité nationale. D'ailleurs, le pouvoir en place commence à s'en rendre compte et veut faire machine arrière. Ce que les français
souhaitent, c'est que les hommes politiques mènent une politique qui rende leurs conditions de vie meilleures. Force est de constater que ce n'est pas le cas avec Sarkozy. Le bouclier fiscal, la
suppression de la taxe professionnelle, etc..., c'est une majorité de français qui vont payer tout ça, avec un état des finances publiques désastreux.


Marc d'Here 29/12/2009 22:51


Je crois que vous avez tort sur toute la ligne. Comme d'habitude.


Elie Arié 28/12/2009 14:21


Il n'y a pas que les socialistes qui demandent l'arrêt de ce débat (ce qui est logique, puisqu'ils le jugent inutile et nocif, et tu es d'une mauvaise foi totale en parlant de "censure"), mais
beaucoup de membres de la majorité et Yazid Sabeg, son commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, qui a dû ensuite atténuer ses propos en demandant qu'il soit simplement "recadré", mais
qui avait été très clair:

http://www.france-info.com/france-politique-2009-12-12-debat-sur-l-identite-nationale-un-deversoir-pour-yazid-sabeg-380256-9-10.html


Marc d'Here 29/12/2009 08:30


Oui, en demandant l'arrêt du débat sur l'identité nationale, les socialistes, et d'autres à gauche,  manifestent une volonté de censure évidente, bien dans leur ligne.


Marc PS44 24/12/2009 22:27


Tous les socialistes ont pas de problème avec la nation, voir les 200 pages de "la révolution française n'est pas terminé", de Peillon, précisément sur ce sujet...

Par contre, en Pays de la Loire, il se peut que la gauche moderne ait quelques problèmes de conscience, dans une alliance impliquant les villieristes et des groupes du CNI particulièrement
réactionnaires. Ils ne sont ni libéraux économiques, ni libéraux de moeurs, qu'ont-ils à faire avec votre parti ? Stratégiquement, je comprends votre position, mais sur le fond, n'êtes vous pas
plus proches de Jean Arthuis ?


Marc d'Here 29/12/2009 08:27



Peillon écrit...Mais les socialistes ont vraiment des problèmes avec la Nation.
Je les ai suffisamment cotoyés pour vous affirmer que c'est une réalité. Quand à Arthuis, que pense -t-il? Que veut-il? En quoi se différencie-t-il du Nouveau Centre?