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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 14:17

 

 De Gil Mihaeli. A lire sur l'excellent site  Causeur.fr que je vous conseille vivement ...

 

Le 03 février...

 

 

Un million de personnes sur la place de la Libération au Caire. C’est énorme. Mais ce million représente-t-il le peuple égyptien ? Si l’on ajoute aux manifestants du Caire ceux qui défilent contre Moubarak (seul dénominateur commun de la contestation) à Suez, Alexandrie et d’autres villes, même en arrivant à deux millions de protestataires actifs de pour tout le pays, ceux-ci peuvent-ils être considérés comme les porte-parole de plus de 80 millions d’Egyptiens qui, eux, restent à la maison ?

 

Mutadis mutandis, c’est la question que se posait la France cet automne: les trois millions de manifestants contre la loi sur les retraites représentaient-ils une majorité des salariés de ce pays ? La gauche répondait par l’affirmative, la droite, tout aussi mécaniquement, disait le contraire : bien malin qui sait où était la vérité…

 

Où est le peuple ? En Tunisie, on n’a pas eu à se poser ce genre de question parce que personne ne contestait le fait que la minorité qui battait le pavé portait les revendications d’une majorité passive. Mais en Egypte, les derniers développements rendent cette interrogation essentielle. En effet, à la surprise générale, il est apparu hier que certains Egyptiens ne souhaitaient pas le départ de Hosni Moubarak. Manipulés ? Payés ? Vendus, mouchards, policiers en civil, comme on l’affirme ici avec autorité ? Peut-être, qui sait ? A-t-on pris la peine de vérifier les identités et motivations de chacun de ceux qui campaient jusqu’à hier après-midi sur la place Tahrir ?

 

En tout cas, l’entrée en scène des « pro-Moubarak » a brouillé l’image du deus ex machina des intrigues révolutionnaires, plus connu sous le nom de « Peuple ». Y a-t-il rupture ou solidarité entre la base déshéritée et l’avant-garde éclairée ? Certains reportages font état de pauvres, de « petits », de mangeurs de foul et de pain baladi, qui ne veulent pas de cette révolution portée par des diplômés et des petit-bourgeois capables d’écrire des slogans en français et anglais.

L’irruption, sur le terrain et sur nos écrans, de ces quelques dizaines de millions d’Egyptiens qui ne regardent pas CNN et ne lisent ni Libération, ni le Guardian, ni même Al Ahram vu qu’ils ne savent pas lire, devrait nous faire sortir de l’univers du western pour nous entraîner dans les imprévisibles méandres du réel. « Le peuple uni ne sera jamais vaincu », promet le slogan des révolutions latinos. Mais que se passe-t-il quand le peuple affronte le peuple ? Faut-il compter le nombre de têtes à chaque cortège ? L’expérience française de cet exercice de comptabilité devrait nous décourager.

 

S’il y a un vrai peuple et un faux, il faut qu’un personnage protège le premier et démasque le second. Ainsi, la neutralité de l’Armée, qui pas plus tard qu’avant-hier fraternisait avec le peuple, le vrai, devient-elle suspecte. Soudain, les bonnes âmes occidentales attendent d’elle qu’elle tire sur le peuple, enfin vous voyez ce que je veux dire, sur les collabos, l’anti-peuple – la populace ?

 

Où est donc le peuple ? De quel côté des barricades ? Dans la pièce nommée « Révolution », cet acteur a un rôle très précis à jouer et son nom est généralement orné d’une guirlande de lieux communs et métaphores rituelles. Le peuple est grand, le peuple s’éveille, le peuple a soif de liberté, le peuple a la mémoire longue, le peuple brise ses chaines, le peuple « fait trembler les tyrans et basculer l’Histoire » – il paraît que Laurent Joffrin en a encore un stock sous le coude pour ses prochains éditos. Quand les choses sont si compliquées, il est rassurant d’avoir des idées simples.

 

 

 

Gil Mihaeli, Causeur.fr

 

 

Remarque: Il n'y a jamais eu 3 millions de manifestants en France pendant la contestation du projet des retraites. Plusieurs études indépendantes et indubitables ont montré que les syndicats multipliaient par trois les chiffres réels,

 

Marc d'Héré

 

 

 

 

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Published by Gil Mihaeli, causeur.fr - dans Méditerranée
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commentaires

Elie Arié 08/02/2011 15:44


Il faut croire que Moubarak pense que ce million de manifestants représente quelque chose, compte tenu des multiples concessions (peut-être purement tactiques) qu'il a été amené à faire depuis
quelques jours.
Mais sans doute est-il mal informé.


cellobello 08/02/2011 08:09


".../... Mais ce million représente-t-il le peuple égyptien ? Si l’on ajoute aux manifestants du Caire ceux qui défilent contre Moubarak (seul dénominateur commun de la contestation) à Suez,
Alexandrie et d’autres villes, même en arrivant à deux millions de protestataires actifs de pour tout le pays, ceux-ci peuvent-ils être considérés comme les porte-parole de plus de 80 millions
d’Egyptiens qui, eux, restent à la maison ?

Mutadis mutandis, c’est la question que se posait la France cet automne: les trois millions de manifestants contre la loi sur les retraites représentaient-ils une majorité des salariés de ce pays ?
La gauche répondait par l’affirmative, la droite, tout aussi mécaniquement, disait le contraire : bien malin qui sait où était la vérité…"

La question mérite pour le moins d'être posée.

A propos de la déclaration de LGM pour la Tunisie j'avais écrit ceci:

"Je suis par contre très inquiète des déclarations voire pressions à écouter le peuple, et surtout à inciter à l'organisation d'élections, à l'instar de nos démocraties occidentales.
Nous savons bien que, pour que des candidats d'opposition soient élus, il est nécessaire qu'il existe une opposition.
Tous les prisonniers libérés n'ont pas le charisme de Mandela.
A l'heure actuelle, en Egypte comme en Tunisie, ceux qui sont le plus préparés à se faire entendre, ce sont les immam.
D'autant que, dans les 2 cas, les gouvernements villipendés sont clairement marqués par le soutien de pays chrétiens: les Etats-Unis, de façon massive, pour les Egyptiens, les Français,
quotidiennement accusés par des tunisiens et par la diaspora d'avoir soutenu Ben Ali.
.../...
Je me souviens encore des révoltes(légitimes) contre le schah, en Iran: des femmes défilaient en tchador, en exigeant le retour aux traditions, et le rejet total de tout ce qu'avait soutenu les
américains. Elles ont eu gain de cause.
En Algérie, au début des années 90, le processus électoral a été interrompu parce que le "peuple" plébiscitait les musulmans intégristes. On connaît la suite.
Au Maroc et en Jordanie, quelques années plus tard, les successeurs aux trônes ont rapidement organisé des élections pour marquer le changement. Hommes et femmes, là encore, ont plébiscités des
musulmans intégristes."

Pour l'Egypte, tant que nous discutons façon salon de le représentativité de la foule du Caire: no problème.

Mais là encore, si les politiques ont le pouvoir de faire faire rapidement des élections, nous risquons, une fois de plus, de découvrir que le "bon peuple" a élu des tyrans encore pires que le
régime intolérable qu'il a chassé.


ascensi 07/02/2011 23:32


Tu as mal compris, pour moi les islamistes-radicaux sont une plaie qui tourne vite à la gangrène. Deux semaines avant les émeutes des coptes se voyaient massacrés dans leurs églises du Caire, je ne
l'ai pas oublié non plus. Mais je ne confonds pas islamistes radicaux et bon musulman, or un musulman pratiquant fait déjà pas mal de choses qui peuvent nous choquer mais qui ne sont ni
condamnables ni illicites en Egypte : prières dans la rue, volonté de négocier une dose de religieux dans la vie quotidienne -qui existe déjà de facto en Egypte- et qu'il n'est pas de notre ressort
de trancher mais que l'on doit combattre QUE si cela est attentatoire aux libertés publiques et si l'on croit encore en certaines valeurs universelles. Personnellement je trouve scandaleux le
terrorisme islamique, le port du voile obligatoire, la soumission de la femme contre sa volonté, et certaines dérives découlant de la charia et que l'on pratique pourtant dans nombre de pays
musulmans (lapidation, emprisonnements pour homosexualité... etc etc).


Marc d'Here 07/02/2011 23:39



OK.



ascensi 07/02/2011 20:19


Voilà un article malfaisant et malhonnête même s'il relève un aspect important des manifestations en Egypte-dont on a déjà eu de larges échos quoi qu'il en dise : il y a eu un nombre phénoménal
d'égyptiens qui ne se sont pas même intéressés à ce mouvement de contestation. J'ai entendu des débatteurs, ici ou là, qui se perdaient en conjectures pour en connaître les raisons : illettrisme ?
Extrême précarité et nécessité de subvenir chaque jour à ses besoins (cad trouver 2 ou 3 dollars)? Soutien silencieux à un régime qui leur a garanti la paix depuis 30 ans ? Peur de la répression
(la sécurité d'Etat là-bas n'a apparemment pas été goûtée par Gil Mihaeli ? etc etc...
Mais je ne dirais qu’une chose seulement : 200 manifestants à Damas demain -compte tenu de la nature d’un régime impitoyable- serait énorme ; de même que 1000 manifestants à Dresde un soir d'hiver
1989 était une chose ENCORE plus inconcevable. Mais non… Monsieur fait de la politique-spéculation sordide sur la nature de " la charge des chameaux et des sbires ". Analyse aussi sordide et
complaisante pour le pouvoir que celle qui avait cru voir dans la descente des mineurs d'Ilescu ou dans les milices nationalistes, ici ou là, une émanation du "pays réel". Allez, je n'ai pas besoin
d'en rajouter car, finalement, c'est certainement le cours des choses qui donnera raison soit à Monsieur Mihaeli... soit à ses contradicteurs. J'espère juste que ce ne sera pas dans un déferlement
islamiste car ‘Causeur.fr’ trouverait encore de quoi nous en remettre un coup … de bâton bien sûr ;-).


Marc d'Here 07/02/2011 22:07



 J'ai hésité à publier cet article, voyant bien ce qu'il pouvait avoir de choquant, voire de tendancieux. Mais je  te trouve sévère. Sans doute, il est manifeste que l'auteur n'a pas le
même enthousiasme délirant que les médias pour les manifestants du Caire...Mais son interrogation est légitime: qui est le peuple ou peut-on assimiler les cris d'1% de la population aux attentes
du peuple?


Et puis, ta dernière phrase! On dirait, à te lire, que tu n'es pas si opposé que ça aux islamistes...Mais j'ai peut-être mal compris.



Larnaudie Patricia 07/02/2011 19:52


Le peuple,effectivement,chacun;ici,en a plein la bouche....
Sauf que le peuple égyptien,qui n'a rien à voir avec "le peuple" de France,exprime son désarroi,à sa manière.
La vie n'est pas simple en Egypte,(j'y suis allée plusieurs fois),mais ce pays vit aussi de commerce et de tourisme,car les Egyptiens sont les gardiens de trésors inestimables!
Ce pays est pauvre,mais les Egyptiens sont fiers et dignes.
Je ne souhaite pour les Egyptiens qu'une réelle amélioration de leur niveau de vie,que tous puissent aller à l'école,qu'ils aient plus de liberté de parole.
Que surtout des apprentis sorciers opportunistes ne fassent pas sombrer ce magnifique pays et ce peuple fier dans l'obscurantisme!
Les Egyptiens méritent le meilleur en accord avec leur culture,leurs traditions,leur courage.
Pas une idéologie sectaire,ni un pauvre "copié-collé"dont rêvent nos pseudos idéologues bien nourris de certitudes occidentales et décalées.