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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:36

Par Elie Arié
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L'échec retentissant du gadget de la « démocratie participative »
de Ségolène Royal amène à s’interroger sur la nature même de la démocratie, sur les rapports entre démocratie directe et démocratie représentative ; problème ancien s’il en est, puisque l’échec de la démocratie athénienne fut celui de la démocratie directe (toute fonction politique était exercée par un homme libre tiré au sort pour un an, l’existence d’une « classe politique » et de partis politiques était interdite) contre les « oligarques » partisans de notre démocratie représentative (décisions prises par un Conseil élu des Cinq Cents) .

Rappelons rapidement, tant elles ont déjà été ressassées, les trois étapes successives de l’échec de la pseudo-expérience de Ségolène Royal :

1-Pseudo-élaboration de son programme présidentiel par les contributions du tout-venant, ayant abouti à des synthèses dont rien n’a évidemment pu être retenu et qui devaient déboucher sur la rédaction d’un « livre-programme rédigé par les citoyens-experts » attendu depuis plus de deux ans et que l’on attendra toujours ;
 
2-« Débats participatifs » sans préparations ni conclusions (l’auteur de ces lignes a eu la curiosité d’assister à quelques uns d’entre eux), caricatures de la célèbre boutade « la démocratie, c’est : cause toujours »; une tentative de coordination un peu plus poussée sur un sujet imposé à tous les groupes, « la politique de la ville », a abouti à un document de synthèse qu’il a été jugé préférable, par charité chrétienne, de classer dans  le vide-ordures du boulevard Raspail ;

3-Aujourd’hui, tout ce qu’il en reste, c’est l’étrange appellation d’ «Universités Participatives Populaires » des colloques organisés sous la forme la plus classique et la plus convenue qui soit, utilisée par tous les partis politiques depuis la nuit des temps : prise de parole, à tour de rôle, de quelques  « sachants » (experts ou hommes politiques), synthèse (rédigée à l’avance) par un politique ségolèniste, et réponses à quelques questions de la salle…

Bien sûr, ce thème tient trop à l’image de marque de Ségolène Royal pour être officiellement abandonné, et il sera toujours brandi comme un étendard ; mais gageons qu’il restera vidé de tout contenu concret, surtout si, comme tout le laisse supposer,  elle quittera  le PS, ce qui transformera « Désirs d’Avenir » en un parti aussi hiérarchisé et rigide que les autres.

L’échec de cette « démocratie participative », au-delà des raisons propres liées à la façon dont Ségolène Royal  l’a organisée ou non-organisée ( naïveté de ceux qui ont pu croire qu’ils pourraient, à 6 000 citoyens, n’ayant comme seul point commun leur absence d’engagement militant politique ou syndical, construire un programme politique national) témoigne, en réalité, d’une confusion entre les possibilités et les champs d’application de la démocratie directe et de la démocratie participative :

1.La démocratie directe s’applique à tout ce qui relève de la gestion, c’est-à-dire de l’échelon local, fût-il aussi vaste qu’une Région: elle ne remet pas en cause le cadre politique général dans lequel s’exerce cette gestion : qui peut prétendre que l’Alsace, Région gouvernée par la « droite », est moins « sociale » que les Régions gouvernées par les « socialistes » (avec son assurance-maladie autonome et plus généreuse, elle le serait même davantage…); Rien n’empêcherait une Région, un département, une ville, une commune d’être dirigés par une « liste d’intérêt local » regroupant PS et UMP si ce n’est le rôle de ces deux formations de machines à distribuer des postes;

2.Le politique ne peut relever que de la démocratie représentative, car il doit être capable d’initiatives momentanément impopulaires : partout où la peine de mort a été abolie, elle l’a été contre l’avis de la majorité de la population (espérons qu’en France,  la loi organique permettant l’organisation de référendums d’initiative populaire ne verra jamais le jour…); Des politiques de rigueur, des conflits armés, des mesures bouleversant des habitudes anciennes auxquelles tout le monde est attaché sont parfois nécessaires, et c’est le propre de la politique et même sa noblesse que d’être capable d’affronter l’opinion publique, l’impopularité, les manifestations, en privilégiant l’intérêt général à long terme.

Mais alors, à quoi sert la démocratie représentative, si elle doit parfois être capable d’aller à l’encontre des vœux de la majorité des citoyens? Où réside sa différence avec une dictature ou une monarchie absolue héréditaire ?

Elle réside dans le fait fondamental qu’elle rend les citoyens co-responsables des choix du pouvoir, car ce sont eux qui l’ont choisi, et ce sont eux qui auront le pouvoir de la chasser à la date prévue : le suffrage universel a transféré au peuple un droit dont seule bénéficiait, jusque-là, la monarchie de droit divin : celui de décider qu’il s’est trompé et de changer radicalement de choix politiques sans avoir à se justifier. (En fait, il constitue la laïcisation d’un principe tenu par tous comme sacré : le droit divin qui n’a de comptes à rendre à personne est passé du Roi au peuple).
Oui, les Allemands ont une certaine responsabilité dans l’arrivée de Hitler au pouvoir, mais ils ont cessé d’être responsables de la politique nazie à partir du moment où Hitler a supprimé les élections : dans une démocratie, tout peuple est co-responsable de la politique de son gouvernement tant qu’il conserve la possibilité d’y mettre un terme à échéances fixes : et cette responsabilité n’a aucun rapport avec la démocratie directe, les nunucheries de la «démocratie représentative des citoyens-experts», l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, et, demain,  les primaires qui dépolitiseront encore davantage une vie politique française qui n’en avait vraiment pas besoin.

Elie Arié
publié aussi sur Marianne 2

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Published by Elie Arié - dans Réflexion politique
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commentaires

Elie Arie 09/11/2009 21:17


Que serait ce blog sans les apports des chevènementistes?