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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 20:07

 

Monsieur le Secrétaire général,

 

Lorsque nous nous sommes retrouvés, ici même en septembre de l’année dernière, lequel d’entre nous pouvait imaginer qu’en un an à peine, le monde, déjà bouleversé par une crise économique sans précédent, allait à ce point changer ?

 

En quelques mois, les « printemps arabes » ont fait se lever une immense espérance.

Depuis trop longtemps des peuples arabes soumis à l’oppression ont pu relever la tête et ont réclamé le droit d’être enfin libres. Avec leurs mains nues, ils se sont opposés à la violence et à la brutalité.

A ceux qui proclamaient que le monde arabo-musulman était par nature hostile à la démocratie et aux droits de l’Homme, les jeunes arabes ont apporté le plus beau démenti.

 

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, nous n’avons pas le droit de décevoir l’espérance des peuples arabes.

Nous n’avons pas le droit de briser leur rêve.

Car si l’espérance de ces peuples était brisée, cela donnerait raison aux fanatiques qui n’ont pas renoncé à dresser l’Islam contre l’Occident en attisant partout la haine et la violence.

 

C’est un appel à la justice qui a ébranlé le monde, et le monde ne peut pas répondre à cet appel à la justice par la perpétuation d’une injustice.

Ce miraculeux printemps des peuples arabes nous impose une obligation morale, une obligation politique de résoudre enfin le conflit du Moyen-Orient.

 

Nous ne pouvons plus attendre !
La méthode utilisée jusqu’à présent, je pèse mes mots, a échoué.
Il faut donc changer de méthode !

Il faut arrêter de croire qu’un seul pays, fut-il le plus grand, ou qu’un petit groupe de pays peuvent résoudre un problème d’une telle complexité.
Trop d’acteurs majeurs sont laissés de côté pour pouvoir aboutir.

 

Je voudrais dire que personne ne peut imaginer que le processus de paix ne puisse se passer de l’Europe, que personne ne peut imaginer que le processus de paix puisse se passer de tous les membres permanents du Conseil de Sécurité, que personne ne peut imaginer que l’on puisse se passer des États arabes qui ont déjà fait le choix de la paix.
Une approche collective est devenue indispensable pour créer la confiance et apporter des garanties à chacune des parties.

Alors bien sûr, la paix sera faite par les Israéliens et par les Palestiniens.
Par personne d’autre.
Et nul ne peut prétendre la leur imposer.
Mais nous devons les aider.

 

La méthode ne fonctionne plus.

Reconnaissons ensemble que fixer des préalables à la négociation, c’était se condamner à l’échec.
Les préalables, c’est le contraire de la négociation. Si l’on veut entrer dans la négociation, qui est le seul chemin possible pour la paix, il ne faut pas de préalables.
 

Changeons de méthode !

 

Tous les éléments d’une solution sont connus : la Conférence de Madrid de 1991, le discours du Président Obama du 19 mai dernier, la feuille de route, l’initiative arabe de la paix et les paramètres agréés par l’Union européenne. Alors cessons de débattre à l’infini des paramètres et que les négociations commencent. Adoptons un calendrier précis et ambitieux.

60 ans sans que cela avance d’un centimètre. Est-ce que cela ne nous impose pas de changer de méthode et de calendrier ?

 

– Un mois pour reprendre les discussions ;
– Six mois pour se mettre d’accord sur les frontières et sur la sécurité ;
– Un an pour parvenir à un accord définitif.

Et la France propose d’accueillir, dès cet automne, une Conférence des donateurs afin que les Palestiniens puissent parachever la construction de leur futur État. La France veut vous dire qu’il ne faut pas chercher d’emblée la solution parfaite, parce que de solution parfaite, il n’y en a pas !

 

Choisissons la voie du compromis, qui n’est pas un renoncement, qui n’est pas un reniement, mais qui permettra d’avancer, étape par étape.

Voilà donc 60 ans que les Palestiniens attendent leur État. Est-ce qu’il n’est pas venu le moment de leur donner de l’espérance ?
Voilà 60 ans qu’Israël souffre de ne pas pouvoir vivre en paix.
Voici 60 ans que la question de la coexistence pacifique des deux peuples palestinien et israélien demeure lancinante.

Nous ne pouvons plus attendre pour prendre le chemin de la paix !

 

Mettons-nous à la place des Palestiniens.
N’est-il pas légitime qu’ils réclament leur Etat ?
Bien sûr que si ! Et qui ne voit que la création d’un Etat palestinien démocratique, viable et pacifique serait, pour Israël, la meilleure garantie de sa sécurité ?

 

Mettons-nous à la place des Israéliens.
N’est-il pas légitime qu’après 60 ans de guerres et d’attentats, ils demandent des garanties pour cette paix si longtemps attendue ?
Bien sûr que si ! Et je le dis avec force : si quiconque à travers le monde menaçait l’existence d’Israël, la France serait immédiatement et totalement aux côtés d’Israël. Les menaces à l’endroit d’un Etat membre des Nations Unies sont inacceptables et ne seront pas acceptées.

 

Nous sommes aujourd’hui devant un choix très difficile. Chacun sait bien – et arrêtons avec les hypocrisies ou la diplomatie d’un jour – chacun sait bien qu’une reconnaissance pleine et entière du statut d’Etat membre de l’ONU ne peut être obtenue dans l’immédiat. La raison première en est le manque de confiance entre les principaux acteurs. Mais disons-nous la vérité : qui peut douter qu’un veto au Conseil de Sécurité n’engendrera pas un cycle de violence au Proche-Orient ? Qui peut en douter ?

 

Faut-il pour autant exclure une étape intermédiaire ? Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d’Etat observateur aux Nations Unies ? Ce serait un pas important, nous sortirions après 60 ans de l’immobilisme, l’immobilisme qui fait le lit des extrémistes. Nous redonnerions un espoir aux Palestiniens en marquant des progrès vers le statut final.

 

Pour marquer leur engagement déterminé en faveur d’une paix négociée, les dirigeants palestiniens devraient, dans le cadre de cette démarche, réaffirmer le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Ils devraient s’engager à ne pas utiliser ce nouveau statut pour recourir à des actions incompatibles avec la poursuite des négociations.

 

Mes chers collègues, nous n’avons qu’une alternative : l’immobilisme et le blocage ou une solution intermédiaire qui permettrait de donner de l’espoir aux Palestiniens, avec un statut d’Etat observateur. Parallèlement, une même retenue devrait être observée par Israël, qui devrait s’abstenir de gestes qui préjugent du statut final.

L’objectif ultime c’est bien la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents.

Que cette Assemblée générale, qui en a le pouvoir, décide d’avancer, décide de sortir du piège mortel de la paralysie, décide de renvoyer les rendez-vous manqués et les relances sans lendemain !
 

Changeons de méthode !
Changeons d’état d’esprit !

Que chacun s’efforce de comprendre les raisons de l’autre, les souffrances de l’autre, les angoisses de l’autre.

Que chacun ouvre les yeux et soit prêt à faire des concessions.

 

Et en terminant, je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple palestinien, je veux dire aux Palestiniens : pensez aux mères israéliennes qui pleurent les membres de leur famille tués dans les attentats. Elles éprouvent la même douleur que les mères palestiniennes à qui l’on annonce la mort brutale d’un des leurs.

Je veux le dire avec une profonde et sincère amitié pour le peuple israélien : Ecoutez ce que criait la jeunesse des printemps arabes. Ils criaient : « Vive la liberté ! ». Ils ne criaient pas : « à bas Israël ». Vous ne pouvez pas rester immobiles alors que ce vent de liberté et de démocratie souffle dans votre région.

 

Je le dis avec une profonde et sincère amitié pour ces deux peuples qui ont tant soufferts : le moment est venu de bâtir la paix pour les enfants de Palestine et pour les enfants d’Israël. Mais il serait trop accablant que l’Assemblée générale des Nations unies ne profite pas de l’opportunité du réveil des peuples arabes au service de la démocratie pour régler un problème qui fait le malheur de ces deux peuples qui, de toutes façons, sont condamnés à vivre à côté les uns des autres. Si nous prenons une solution de compromis, nous redonnerons de la confiance et nous redonnerons de l’espoir.

 

Je veux le dire avec gravité aux représentants de toutes les nations. Nous avons une responsabilité historique à assumer. C’est l’Assemblée général des Nations unies qui porte ce rendez-vous avec l’Histoire.

 

Rassurons Israël et donnons un espoir au peuple palestinien. La solution est sur la table. Préférer la solution du compromis à celle du blocage, car le blocage satisfera peut-être tout le monde ici mais elle créera des violences, des amertumes et des oppositions qui mettront en péril le réveil des peuples arabes.

La France vous dit que la tragédie doit cesser pour une raison simple, c’est qu’elle n’a que trop duré.

Je vous remercie.

 

Nicolas Sarkozy

 

Voir aussi: "un discours qui marque le leadership de la France sur la scène internationale": http://libertesegales.canalblog.com/archives/2011/09/21/22114073.html

 

 

 

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Published by Nicolas Sarkozy - dans Relations internationales
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commentaires

Marc d'Here 03/01/2012 12:56

Nicolas Sarkozy a répété aujourd’hui, 3 janvier 2012, que le président syrien Bachar el-Assad devait "quitter le pouvoir" et "laisser son peuple décider librement de son destin", estimant que ses
"massacres" suscitaient "à juste tire l'écœurement et la révolte".

Marc d'Here 23/11/2011 07:54

"Nous applaudissons l'initiative du président français Nicolas Sarkozy de rassembler les pays dans le monde entier pour sanctionner la banque centrale d'Iran et suspendre les achats de pétrole
iranien", indique le sénateur républicain Mac Cain. "Nous espérons que le président Obama apportera le soutien entier des États-Unis à l'initiative Sarkozy, en travaillant avec nos alliés français,
et d'autres partenaires...Ajoute-t-il.

plus que 191 jours 29/10/2011 18:56


"Cela vient me semble-t-il, de la propension qui est la vôtre - et qu'on retrouve chez d'autres- à penser que l'Islam et la dictature sont liés...Les arabes seraient incapables de quelque sorte de
démocratie qui soit...Idée pernicieuse et un peu "suspecte"! "

Oui, lorsque le religieux s'immisce dans la politique, il y a un grave danger pour la démocracie. Ce n'est pas pour rien qu'en Occident, nous avons fait des lois pour séparer l'église de l'Etat.
Citez moi un pays où un parti politique islamiste est aux pouvoirs et où il y a une véritable démocratie. Je n'ai aucune idée pernicieuse et suspecte comme vous dîtes et je sais que parmi ceux qui
manifestaient lors des printemps arabes, beaucoup aspiraient à la démocratie. Malheureusement, le résultat dans les urnes ne correspond pas à ces aspirations. Si le fait que 40 % des tunisiens de
France ont voté pour un parti islamiste ne vous inquiète pas, tant mieux pour vous. Il y a plusieurs années, nous avons mis au pas le clergé, ce n'est pas aujourd'hui qu'on doit laisser les barbus
faire de la politique.


Marc d'Here 29/10/2011 23:03



Je n'ai pas dit qu'il n'y avait aucun danger...La France a raison de dire qu'elle est à la fois confiante et vigilante...


Je dis ( à la différence de vous) qu'il est salutaire et heureux que la dictature de  Kadhafi et d'autres aient été abattues...Je dis (à la différence de vous) qu'il est bon
que le peuple s'exprime et choisisse ses représentants...Je dis (à la différence de vous) que le fait qu'un parti islamique PARTICIPE  au pouvoir, ne signifie pas
forcément dictature...Et que l'action diplomatique de la France peut jouer un rôle utile pour empêcher cela.


Nous sommes là-dessus sur des positions bien différentes...Je voudrais être sûr que cela ne traduit pas des positions différentes vis à vis des musulmans ou des peuples arabes...qui seraient
condamnés, d'après vous (pour des raisons obscures...ou trop claires!) à la dictature qu'elle soit religieuse ou non.


 



plus que 195 jours 25/10/2011 19:39


Ah ça y est, voila que vous me traitez de raciste parce que je ne fais que constater qu'un pouvoir islamiste est forcément dangereux pour la démocratie et pour les libertés. Vous connaissez
l'Indonésie Monsieur d'Here ? Etudiez un peu l'évolution de ce pays depuis que le pouvoir est aux mains des islamistes. Parce que je suis un observateur comme bon nombre de mes concitoyens de
l'évolution du monde, vous me traitez de raciste. Avouez que vous avez un sacré toupet.


Marc d'Here 26/10/2011 10:44



La situation en Libye reste confuse et par certains côtés on peut être préoccupés.


Pourtant je persiste à penser que la chûte de Kadhafi est une bonne chose, et je confirme qu' accuser la libye de dictature islamiste, ne correspond pas , aujourd'hui en tous cas, à la
réalité...Cela vient me semble-t-il, de la propension qui est la vôtre - et qu'on retrouve chez d'autres- à penser que l'Islam et la dictature sont liés...Les arabes seraient incapables
de quelque sorte de démocratie qui soit...Idée pernicieuse  et un peu "suspecte"! 



plus que 195 jours 25/10/2011 16:48


Vous confirmez donc que cela ne vous dérange pas qu'un état bascule dans une dictature islamiste à partir du moment où cela se fait pas le vote des habitants ... comme en Iran. Donc, cela ne vous
dérange pas qu'on lapide les femmes pour adultère et qu'on pende les voleurs ou qu'on leur coupe la main.


Marc d'Here 25/10/2011 22:56



Je pense que rien ne vaut la démocratie: vous êtes manifestement d'un autre avis...


Vous parlez d'une dictature...Il n'en n'est pas question pour l'instant ...Ce réflexe d'assimiler Islam et dictature est détestable!



plus que 195 jours 25/10/2011 13:11


Au lieu de faire preuve d'un optimisme béat, je vous invite à lire l'édito de Christophe Barbier. Peut-être que vous ne le prendrez pas pour un imbécile, lui !

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/apres-le-printemps-arabe-l-hiver-islamiste_1044350.html


Marc d'Here 25/10/2011 18:05



Pourquoi parlez-vous d'optimisme béat? Je me contente de regarder la réalité (et il est vrai qu'elle n'est pas totalement rose...) et je continue à me féliciter de la chûte de Kadhafi, et son
remplacement par un pouvoir qui résultera sans doute d'élections...Les libyens choisiront, et si les islamistes avaient un pouvoir trop important je m'en inquièterais...Mais nous n'en sommes pas
là...


Et puis voyez-vous, je ne pense pas, comme vous le faites, que l'Islam soit synonyme de dictature...Vous employez ce mot ...Attention au racisme sous-jacent qui fait, sans que rien A PRIORI ne le
justifie, employer cette expression...Attention...



plus que 195 jours 25/10/2011 13:02


Toujours à interpréter à votre façon les propos de vos interlocuteurs. Merci de me dire où vous avez vu dans mon commentaire que je regrettais Kadhafi. A l'évidence, vous ne savez pas ce qu'est la
charia. La Libye va vers un régime à l'iranienne, c'est une évidence. Il n'y a que les intellos comme BHL, Sarko et Cameron qui ne l'ont pas vu. BHL avait toute confiance aux dirigenants de la CNT
allors que de nombreux observateurs disaient qu'on y trouvait de nombreux islamistes purs et durs. Kadhafi était une pourriture mais pas sûr qu'il était plus dangereux que les islamistes qui vont
prendre le pouvoir dans tous les pays arabes.


Marc d'Here 25/10/2011 15:53



Vous confirmez ce que je disais, vous préfériez un dictateur comme Kadhafi à un régime, quel qu'il soit, qui résultera du vote des libyens...Seulement parce que c'est grâce à Sarkozy que ce
dictateur a été vaincu...Cela vous ne pouvez l'accepter!



plus que 196 jours 24/10/2011 18:36


"Les pourparlers en vue de former un gouvernement de transition après 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi sont entrés lundi dans le vif du sujet, les nouveaux dirigeants assurant d'ores et déjà que
la nouvelle Libye serait régie par la charia. "

J'ai hâte d'entendre la réaction de BHL et de Sarko à cette nouvelle. On remplace une dictature à une autre, c'était totalement prévisible et pourtant BHL pavanait l'autre soir à la télé en disant
qu'il avait entièrement confiance au CNT.


Marc d'Here 24/10/2011 22:22



Il n'est pas question de dictature, pour l'heure...Il y a d'autres pays musulmans dont la charia représente la base du droit...Vous vous mettez à regretter Kadhafi...Où l'anti sarkozysme va-t-il
se nicher!



Marc d'Here 19/10/2011 12:50


Le président du Consistoire Central Joël Mergui, se dit "particulièrement surpris et choqué" par la teneur du communiqué publié par le Parti Socialiste suite à la libération de Gilad Shalit dans
lequel il dit se "réjouir" de la libération des prisonniers palestiniens. Joël Mergui déplore que "ce communiqué mette sur le même plan la libération d'un jeune Israélien, innocent, enlevé sur le
sol de son pays et retenu en otage depuis plus de cinq ans dans des conditions inhumaines par des terroristes, et des assassins ayant pour la plupart d'entre-eux du sang sur les mains et condamnés
à la prison à perpétuité par des tribunaux réguliers".


Marc d'Here 19/10/2011 09:17


Les quelque 200 premiers militaires français quittent l'Afghanistan aujourd'hui, dans le cadre du début de retrait annoncé en juillet par le président Nicolas Sarkozy, qui prévoit le départ de 1000
soldats d'ici à la fin 2012 et de l'ensemble des troupes françaises en 2014.