Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 17:38


Mesdames et messieurs,


Je voudrais d'abord remercier Eric Besson de me donner l'occasion de m'exprimer à nouveau pour conclure ce rendez-vous. Je veux penser qu'il le fait par amitié. Je veux lui dire en tout cas que moi, j'en ai beaucoup pour lui et que si j'ai un conseil à lui donner en ce début d'année, c'est d'oublier immédiatement la résolution qu'il a évoquée et qui consisterait à suivre les avis des médias. C'est la meilleure façon, naturellement, d'échouer en 2010, mon cher Eric, et ce n'est évidemment pas ce que je te souhaite.

Il y a un an presque jour pour jour, en pleine tourmente financière, j'avais eu l'occasion de conclure ici le même rendez-vous en disant que "rien ne devrait plus jamais être comme avant".


L’année qui vient de s’écouler n’a en rien affaibli cette conviction. Mais je voudrais tout de même y porter quelques nuances.


Si rien ne devrait être comme avant, ce n’est pas parce qu’un autre monde différent se serait imposé par la force des événements: c’est parce que cet autre monde, nous avons commencé à le bâtir pas à pas, et il faut être lucides et constater comme vous l'avez fait au cours de ce rendez-vous que les forces de l’habitude restent prégnantes et que la bataille est loin d'être remportée.


Si rien ne devrait plus être comme avant, ce n’est pas parce que je crois que le capitalisme va spontanément se métamorphoser : c’est parce que nous voulons le réorienter.

Naturellement, tout cela ne peut pas se faire en un jour.

Naturellement, le ressort fondamental du capitalisme, c’est la compétition, et il serait naïf, je veux même dire contre-productif, d’imaginer un monde sans concurrence et sans rivalités.

L’année dernière, nous étions à la même époque dans une sorte d’état de commotion. Nous réagissions à l’imprévu. Nous luttions pour éviter que l’onde de choc ne provoque l’effondrement du système financier.


Un an après, j'ai envie de dire que tout reste à faire, et notamment il s'agit prioritairement de panser nos plaies en termes de chômage et en termes d’exclusion. Parce que la principale conséquence de cette crise financière, c'est d'abord d'avoir créé du chômage et de l'exclusion.

Mais cela ne nous interdit pas de reconnaître le chemin parcouru. J'ai entendu tout au long de ces derniers jours les commentateurs parler à propos des discours du Gouvernement, du président de la République sur la gestion de cette crise d'"autosatisfaction". Mais ce n'est pas de l'autosatisfaction que d'énoncer des faits. Y a-t-il eu une intervention coordonnée des Etats ou pas ? Est-ce que cette intervention coordonnée des Etats a réussi ? Est-ce que la France a été l'un des pays à l'origine de cette réaction coordonnée des Etats ? Ce sont des faits, ce n'est pas de l'autosatisfaction, et la vérité, c'est que grâce à la coordination des Etats, grâce à leur réactivité, le spectre d'une spirale dévastatrice a été chassé.


Cette crise a non seulement été d’une ampleur inédite, mais elle a été la première à affecter le système économique mondial né grosso modo il y a une vingtaine d’années, et dont la caractéristique, manifestement insoutenable sur le long terme, est de combiner des marchés globalisés avec une gouvernance qui est fragmentée.


À présent, notre priorité doit être, comme vous l'avez souligné, de conjurer l’économie de bulle et d’éviter à tout prix le retour au "business as usual".

La spéculation financière et immobilière repartant de plus belle; la finance reprenant sa position hégémonique sur la production; le court terme redevenant le seul horizon; la coopération internationale se délitant comme un château de cartes…

Si tout ceci revient, alors tout ceci alimentera la prochaine crise, mais je voudrais dire que la prochaine crise serait plus grave que celle que nous venons de traverser ; elle le serait parce que l'endettement des pays développés et parce que la structure de bilan des banques centrales sont devenues telles que tout nouveau sauvetage en haute mer devient matériellement impossible, au moins pour quelques années.


Nous ne disposerons donc plus pendant quelques années de parade efficace pour lutter contre les bulles spéculatives.

Alors, nous avons d'autant plus le devoir de prévenir le mal. Les crises économiques de l'histoire du capitalisme ont souvent en commun d’être fondées sur la croyance en un nouveau paradigme.

C’est le mythe récurrent de la "nouvelle économie".

Un mythe qui finit par aveugler certains acteurs.

Un mythe qui leur fait croire qu’ils sont déliés des équilibres traditionnels qui sont ceux d’une économie saine.

C'est ce mythe qui explique les grandes crises consécutives aux engouements spéculatifs de tous ordres : la tulipe au XVIIe siècle, le chemin de fer au XIXe, les matières premières ou les start-up de l’Internet au XXe. Je me souviens toujours d'un ami qui avait créé un des premiers offreurs d'accès à Internet en France et que je félicitais pour cette réussite exceptionnelle, et qui me disait : "je suis quand même un peu inquiet parce que ma capitalisation boursière est supérieure à celle de Renault". Naturellement, depuis, tout cela a disparu.

Résister aux tentations du laisser faire, résister à la fascination des modes et des mythes, c’est une responsabilité de tous, et c’est une responsabilité de tous les instants.


Je pense que s'il y a un vrai point positif à tirer de la gestion de cette crise, c'est cette volonté de résistance, qui me paraît aujourd'hui se dessiner assez largement parmi les acteurs de l'économie. Au fond, on peut dire qu'une éthique et une philosophie politique du capitalisme mondialisé commencent à émerger.

Et je ne veux pas dissocier cette éthique et cette philosophie politique des valeurs gaullistes qui fondent mon engagement personnel : ce refus du fatalisme, qui est l’antichambre du déclin; cette conception du progrès humain qui ne se perd pas dans la course au profit; cette synthèse entre l'efficacité économique et la justice sociale, dans laquelle l’Etat joue un rôle d’arbitre, d'arbitre entre les impératifs du long terme et les pulsion du court terme… Je pense que tous ces principes retrouvent leur actualité.


Le Général de Gaulle aimait à railler les "poisons et les délices" qui ont conduit la IVe République à sa perte.

Eh bien, le capitalisme a ses poisons et ses délices. Et nous devons poursuivre nos efforts pour les conjurer.

Je pense que nous ne sommes en réalité qu’au pied d’un Everest de mauvaises habitudes.

Tout reste à faire pour construire un capitalisme nouveau, et un capitalisme qui, en tout cas selon moi, devrait présenter trois vertus.


D’abord, un capitalisme aux acteurs responsables.

Il est aberrant que nous en soyons arrivés, en matière financière, à dissocier le couple en principe indissociable de toute démocratie, liberté-responsabilité.

La responsabilité, la transparence, l’éthique, ce ne sont pas des mots nouveaux dans la théorie économique. Ce sont simplement des mots oubliés !
Et notre devoir, c’est de les réhabiliter.

En matière de bonus et de rémunérations des opérateurs de marché, le G20 a repris une large partie des propositions françaises.

Ces rémunérations seront désormais mieux encadrées; les bonus garantis seront interdits; et une partie substantielle de ces rémunérations sera différée et versée sous forme d’actions afin que seule la prise de risque, qui crée véritablement de la valeur, soit rétribuée.

Alors je sais bien que les économistes nous expliquent toute la journée que tout cela n'a aucune importance, que c'est marginal et que ce n'est que symbolique, mais les symboles, en politique, cela a aussi beaucoup d'importance.

Et parfois les symboles peuvent faire plus pour faire bouger les choses que les théories économiques elles-mêmes.


En matière de lutte contre les paradis fiscaux, rien n’a été fait pendant des décennies.

Aujourd’hui – ce sont aussi des faits et pas de l'autosatisfaction -, personne ne peut nier qu'on a réussi à faire bouger les lignes en allant suffisamment loin pour qu’il soit désormais difficile aux récalcitrants de revenir en arrière.

Des dizaines d’accords d’échange d’informations ont été signés.

De nombreux pays sont passés de la «liste noire» à la «liste grise», ou de la "liste grise" à la "liste blanche", et ont décidé de mettre fin au secret bancaire.

Première historique: le G20 a décidé que des sanctions pourront être adoptées à partir de mars 2010 contre les Etats qui violeraient les règles internationales.
Quant aux banques françaises, elles ont décidé spontanément – presque spontanément -qu’elles se retireraient totalement des paradis fiscaux identifiés par la communauté internationale.


Les banques, par ailleurs, vont voir leur régulation renouvelée.
Les moyens de supervision seront renforcés. Nous sommes en train de le faire en France en créant une autorité unique de contrôle des banques et des assurances.

Nous allons doter ces superviseurs de nouveaux pouvoirs, comme nous l’avons fait en matière de bonus, pour leur permettre de sanctionner les politiques de rémunération qui conduisent à des prises de risque inconsidérées.
Nous exigerons des banques qu’elles se dotent des capitaux propres suffisants pour couvrir leurs risques.


Je pense que c’est une exigence économique mais que c’est surtout un impératif d’ordre éthique: les banques doivent assumer les conséquences des risques qu’elles prennent !

Il n’est plus question que les gains des bons jours soient pour les seuls actionnaires, et les pertes des mauvais jours soient à la charge de la collectivité !
Mais, je pense mesdames et messieurs que ces mesures de régulation, pour impérieuses qu’elles soient, ne sont pas en elles-mêmes suffisantes.


C’est la raison pour laquelle nous avons pris l’initiative de renforcer nos systèmes de protection des épargnants, en finançant ce renforcement par une taxe assise sur les bonus distribués aux opérateurs de marché. Le Royaume-Uni a pris une initiative analogue.

Et au plan international, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, d’Angela Merkel et de Gordon Brown, une réflexion a été engagée pour mettre en place les instruments qui permettront de faire en sorte que le secteur financier compense les coûts engendrés par la spéculation.


La deuxième vertu, selon moi, du nouveau capitalisme, c’est sa régulation collective.

En 1933, la Conférence de Londres a été un échec.

Elle n'a pas permis pas d’enrayer la crise des années 30.

Elle porte au fond une très lourde responsabilité dans les années noires qui s’en sont suivies. Parce que c’est bien l’incapacité des nations à s’entendre face à la crise qui a précipité le monde, d'abord dans la récession, puis, dans le chaos.
L’histoire ne doit pas se répéter !

Nous ne devons pas retomber dans la routine des égoïsmes nationaux.

Il faut donc créer une nouvelle règle du jeu mondial, fondée sur la coordination des politiques économiques.

Il est impensable que la croissance du monde s’alimente sainement de l’excès de consommation des uns et de l’excès d’épargne des autres !

Il n’est pas possible que la prospérité repose durablement sur des déficits abyssaux des uns et les excédents de balances des paiements des autres !


Donc, mieux se coordonner c'est un impératif absolu dans au moins trois domaines.

D'abord en matière de commerce international, où nous devons tout faire pour éviter la montée des protectionnismes.

Derrière des justifications apparemment légitimes, se cache la spirale des mesures de rétorsion et des dévaluations compétitives.

Et, nous savons bien qu'à ce compte-là, la seule gagnante, c’est la ruine. Je pense que nous devons méditer l’exemple, l'expérience, des années 30 !

Il faut donc poursuivre les efforts menés dans le cadre de l’OMC pour limiter les barrières protectionnistes et développer les accords de libre-échange.

Il faut aussi coordonner les stratégies nationales d’assainissement des finances publiques.


Nous voyons bien que le risque est réel de voir certains pays aller trop loin dans les déficits.

Et comment peut-on espérer répondre durablement à une crise de l’endettement privé en portant l’endettement public à des niveaux excessifs ? Je pense que ce n’est pas possible.

Et puis, si l’on veut se coordonner, il faut faire en sorte que les parités monétaires reflètent davantage les fondamentaux économiques.

Je l’ai dit il y a quelques jours à Pékin : de telles distorsions perturbent l’allocation des ressources et la division du travail au niveau mondial.

Elles créent du chômage. Et elles finiront par nourrir le populisme et la démagogie.

C’est la raison pour laquelle la régulation du marché des changes aurait vocation, de mon point de vue, à être intégrée à l’agenda du G20.


Enfin, la meilleure façon de renforcer la coordination des politiques économiques, c’est encore de raffermir les enceintes qui en ont la charge - et dont nous savons bien que certaines d'entre elles sont totalement inadaptées parce qu'elles remontent à l'après-guerre, c'est-à-dire à un monde qui n'a plus grand-chose à voir avec celui dans lequel nous vivons.

L’économie mondialisée ne peut pas se passer d’une instance de décision politique digne de ce nom.


Alors que l’inadaptation du G8 à la mondialisation est criante depuis des années, le G20 est resté très longtemps embryonnaire.

Jamais cette instance n’a vraiment assumé son rôle de coopération et de régulation.

En novembre 2008, la France a obtenu que, pour la première fois de son histoire, le G20 se réunisse au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement.
Puis en avril 2009, le G20 de Londres a posé les premières fondations d’un nouvel ordre économique et financier mondial, notamment en renforçant les moyens des institutions multilatérales.

Le Fonds monétaire international aura désormais de vrais pouvoirs d’évaluation et de régulation. Il représentera mieux les pays émergents. Et la Banque mondiale, Madame la Directrice Générale, sera réformée selon les mêmes principes.

Enfin, le sommet de Pittsburgh a validé des mesures concrètes, et confirmé la volonté de la communauté internationale de rester soudée.

2010 va être une année de transition: le Canada pour le G8, et la Corée du Sud pour le G20 vont co-présider des sommets conjoints.


Et c’est à la France que reviendra l’honneur de conduire le processus de rapprochement des instances, avec un sommet unique sous notre présidence en 2011.


Je crois que d’une façon plus générale, nous avons le devoir de tracer les contours d’une démocratie mondiale. Il faut repenser les modes de décision au niveau international.

Je me souviens d'ailleurs qu'il y a quelques années, le Premier ministre, Michel Rocard avait prononcé à New York une conférence sur ce sujet, passionnante, à laquelle il avait eu la gentillesse de me convier. Je ne sais pas s'il s'en souvient, mais comme souvent Michel Rocard a raison longtemps à l'avance. Je pense que c'était au début des années 90.

L’économie s’est en effet mondialisée, mais la politique est restée l’apanage des Nations.

A nous de réfléchir au meilleur moyen de favoriser des politiques globales, non seulement volontaristes, mais aussi respectueuses des peuples et des Etats.

Et je pense que l’issue du sommet de Copenhague ne peut que nous inciter à méditer sur ce sujet, et à faire preuve d'imagination.


Enfin le capitalisme de demain reposera, mesdames et messieurs, comme toujours, sur l’investissement, sur l’innovation. Bref, sur le goût de l’avenir.
Jusqu’à présent, la place démesurée accordée à la spéculation financière et à des activités non directement productives qui concentrent les richesses, n’est pas saine. Et en réaction à cette dérive, un nombre croissant d’utopistes et d’idéologues s’élèvent pour appeler à une économie dépourvue de croissance économique, voire en "décroissance".

C’est une vision que je ne peux pas partager.

Je la trouve illusoire, je la trouve rétrograde et pour tout dire, je la trouve défaitiste.


Ce que je crois, c’est qu’un nouveau capitalisme fondé sur une éthique du progrès est possible.

Franchement, en quoi le progrès technique d’aujourd’hui serait-il moins susceptible d’être mis au service du développement humain que celui d’hier ?
Nous avons les ressources, l’intelligence pour ne pas compromettre le sort de nos enfants par des excès au présent. Nous sommes, je le crois, suffisamment responsables pour comprendre qu’il faut consentir des efforts pour préparer un avenir dont je me refuse à penser qu’il puisse être nécessairement sombre.


C’est d'ailleurs ce que nous faisons avec les dépenses d'avenir que nous avons initiées en France, et dont nous avions confié la réflexion à Michel Rocard et à Alain Juppé. Nous avons fait le choix d’investir 35 milliards d’euros dans l'enseignement supérieur, dans la recherche, dans les projets d'avenir en matière de recherche industrielle, comme la voiture ou l'avion du futur.

On a tenu sur cet emprunt national bien des propos erronés.

Cet emprunt, c’est principalement la constitution d’actifs, d'actifs qui ne dégraderont pas le bilan patrimonial de l’Etat ; c’est un soutien aux forces vives de notre économie, c'est-à-dire à celles qui préparent la compétitivité de demain ; c’est une sélection extrêmement rigoureuse de projets ; c’est donc tout sauf une entorse à notre stratégie de maîtrise des finances publiques, à laquelle je suis particulièrement attaché.

Ce goût de l’avenir, c’est évidemment à 27 qu'en Europe nous devons l'avoir.

Dans ce nouveau monde qui se dessine, je ne consentirai jamais à voir l’Union européenne jouer les seconds rôles.


Au regard des principaux paramètres qui fondent la force d’une civilisation - la démocratie, la richesse, l’éducation et la formation, la cohésion sociale, les technologies, les infrastructures - j’ai la conviction que l’Europe peut être l’un des espaces les plus prospères et les plus influents du monde de demain.

Alors, certes, la montée en puissance du continent asiatique et indien constitue une césure historique qui bouscule notre "vieille Europe". Mais le dynamisme flamboyant de ces continents est appelé à s’équilibrer au fur et à mesure que leurs sociétés civiles s’enrichiront.


Mais dans l’immédiat, il est absolument capital que l’Union européenne, qui est enfin débarrassée de ses débats institutionnels, initie une vraie véritable politique de croissance.

Il faut qu’elle affiche clairement ses priorités.

Ses priorités, selon moi, c'est d'abord aider ses Etats membres à faire les réformes et les investissements qui s’imposent.

Favoriser la recherche et l’innovation en Europe, face au dynamisme des autres parties du monde.

Accompagner l’industrie automobile, en particulier vers le défi de la voiture électrique.

Faciliter l’adaptation des industries vitales comme la chimie ou l’électronique.

Le nouveau Président du Conseil européen Herman Van Rompuy a convoqué pour le 11 février un sommet extraordinaire pour élever le potentiel de croissance de l’Europe et pour financer son modèle social. Et la présidence espagnole de l’Union européenne, sous l'autorité de José Luis Zapatero, a fait de ces objectifs l’une de ses priorités.


Donc tous les éléments sont réunis pour que ce premier semestre 2010 soit l'occasion de mettre enfin sur les voies, une politique économique européenne, cohérente, qui permette aux Européens d'avancer et d'avancer de concert, puisque les compétences économiques sont partagées naturellement entre l’Europe et les Etats membres.

C'est à Bruxelles qu'il revient d’adapter le cadre réglementaire des entreprises aux nouveaux défis mondiaux ; c'est à Bruxelles qu'il revient de revoir toutes ses politiques communes (politique industrielle, politique énergétique, environnementale, commerciale, politique de change) pour qu’elles aient en ligne de mire cette nouvelle croissance et qu'elle puisse nous donner l'occasion de rassurer les citoyens face à tous les dumpings sociaux, fiscaux et environnementaux.


Et puis, aux Etats membres revient de se coordonner pour poursuivre les réformes structurelles, pour élever les taux d’emploi des jeunes, des femmes, des seniors ; pour rendre la fiscalité plus favorable à la création de richesses ; pour donner la priorité à la formation, à la recherche et à l’enseignement supérieur ; pour préparer un retour crédible à des finances publiques et à un endettement qui soient soutenables.


Voilà, ensemble, nous avons le devoir de mettre sur pied ce véritable gouvernement économique européen. Voilà, il y a des mots, comme ça, qu'on ne pouvait pas prononcer il y a quelques années, et que petit à petit, même s'ils suscitent encore des réactions, je ne sais pas des Gallois, mais en tout cas certainement des Anglais, qu'il faut que nous répétions inlassablement, parce que nous avons besoin d'un gouvernement économique européen, sans lequel aucune coordination des politiques, ni aucune réassurance des chocs internes ou externes de la zone euro ne peut exister.


Voilà, mesdames et messieurs, les réflexions que je voulais partager avec vous.
Contre toute attente, et loin de tous les scénarios qui nous annonçaient la fin de l’Histoire, la vérité c'est que cette crise a montré qu'on entrait de nouveau dans l’ère du politique.

Ce retour du politique, je pense qu'il nous place devant nos responsabilités. Nos responsabilités nationales, nos responsabilités européennes et nos responsabilités mondiales.


En l’absence d’une prise de conscience internationale partagée, nous courons tous le risque de subir les conséquences gravissimes d’une mondialisation totalement dépourvue de repères.

Mais en revanche, si comme vous l'avez fait durant 48 heures, grâce à l'initiative heureuse d'Eric Besson, la lucidité et le courage des hommes de bien l’emportent, alors je pense que nous avons le pouvoir de bâtir un monde plus équilibré et un monde plus juste.

François Fillon

Par François Fillon - Communauté : Soutenir les réformes - Voir les 9 commentaires - Publié dans : Réflexion politique
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