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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 09:05

 

Claude Imbert, Le Point du 23 12...

 

Fatalité historique ? Les misères de la crise peuvent-elles ressusciter les ravages politiques nés de la crise des années 30 ? Le soupçon rôde avec ce regain de populisme et l'épanouissement, un peu partout, de droites nationalistes volontiers xénophobes. En vérité, le monde a beaucoup changé, et l'Histoire ne se répète pas. Mais parfois elle bégaie. Des virus inquiètent. Il faut les suivre à la trace. Non pour broyer du noir. Mais pour éviter de mauvais réveils.

" Tout va très bien, madame la marquise... " Ce tube des années 30 moquait l'optimisme des caciques devant la montée des périls. Contre l'optimisme officiel, le populisme d'aujourd'hui s'engouffre dans la fracture béante qui sépare le peuple de la classe politique (1). Son simplisme militant envahit trois chantiers de la vie publique où tout, à l'évidence, " ne va pas bien " : l'euro, l'insécurité et l'immigration.

 

Bouc émissaire de la misère publique, l'euro est devenu, pour les nouvelles droites, et contre toute réalité, l'agent docile de la crise. Celle-ci n'a pas détruit dans le monde le capitalisme, mais elle a amoché le peu qui reste, en France, de la respectabilité de l'argent. Les banques sont d'abord accusées d'avoir conduit le système au bord du gouffre. Puis d'avoir ruiné les Etats, sommés de les sauver.

 

En réalité, toutes les banques n'ont pas cédé à l'enchaînement de crédits virtuels et toxiques. Et les banques ont déjà remboursé à l'Etat leurs emprunts, ce qu'ignore l'homme de la rue. Les réformes pour freiner la dérive spéculative sont tout autant incomprises. D'autant que la finance ne donne pas le sentiment d'avoir guéri tous ses vices. Demeure, devant les yeux écarquillés des pauvres, le spectacle de pactoles financiers dominant de très haut la rigueur imposée au peuple. Que cette rigueur découle surtout, chez nous, de trois décennies de libéralités d'Etat nourries par l'emprunt, c'est encore une réalité ignorée.

 

Le désarroi s'est trouvé son bouc émissaire. Ce sera l'euro et l'Europe, l'un et l'autre protecteurs et prospecteurs d'un avenir pacifique. Autant dire qu'il reste du pain sur la planche pour nos grands partis s'ils veulent affronter ce mauvais procès. Ils doivent clarifier leur politique et, comme on dit, l'" expliquer aux nuls ". Ils doivent tenir, sur l'Europe, le cap que le couple franco-allemand maintient vaille que vaille. Faute de quoi le Front national et l'extrême gauche plaideront pour le protectionnisme national des années 30. Et pour la mort de l'Europe. Un désastre !

 

L'insécurité qui touche les faibles plus que les forts répand partout le sentiment d'une décomposition civique. Dans une société où le frein moral se relâche, où le chômage déverse ses poisons, où les zones dites, par litote, " sensibles " entretiennent non seulement l'irrespect de la loi mais chez leurs " sauvageons " l'envie de la défier, policiers et gendarmes ne sont pas à la fête. Ils affrontent, parfois dans des conditions périlleuses, une délinquance multiforme. Beaucoup se sentent découragés par les juges et, disent-ils, leur " culture de l'excuse ".

 

Pourtant, les juges appliquent, le plus souvent de leur mieux, un code conçu pour un Etat républicain vertueux. Mais les lenteurs de l'institution, des procédures défaillantes, des libérations malheureuses de récidivistes dangereux ont altéré, ici ou là, leur crédit. Il faut coûte que coûte défendre la Justice. Mais elle se défendrait mieux elle-même sans la tonalité idéologue de certains de ses syndicalistes.

 

L'immigration, enfin, devient dans toute l'Europe l'arène des droites radicalisées. Elles progressent partout, jusque dans les démocraties nordiques, jusqu'aux Pays-Bas ou en Suisse, patries de la tolérance. Ces droites populistes et xénophobes s'écartent de l'ancien nationalisme réactionnaire pour faire de la résistance à l'islamisme, voire à l'islam, leur point de ralliement. Leur doctrine, c'est le refus de l'immigration extraeuropéenne et du multiculturalisme.

 

Pour nos pouvoirs, l'affaire de l'immigration, ce sera la croix et la bannière ! Contre les séductions populaires d'une résistance, disons plus " ethnoculturelle " que raciste, les droites de gouvernement doivent défendre l'identité évolutive d'une nation ouverte à ceux qui en acceptent les lois et les moeurs. Elles doivent accepter l'islam sans l'islamisation. Pas facile ! Que nos pouvoirs cèdent au multiculturalisme, que notre vigilance laïque se relâche, que le communautarisme s'étale, sans frein, chez les apprentis sorciers de la bien-pensance, alors Marine Le Pen ramassera la mise.

De la mystérieuse " identité nationale " l'impossible débat fut enterré. Mais elle fouaille encore bien des reins et des coeurs.

 

 

 

1. Voir Brice Teinturier, " L'opinion française au crible : une défiance accentuée ",Revue civique, juillet 2010.

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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commentaires

cellobello 26/01/2011 15:38


Article paru sur Egora:

"L’analyse que vient de rendre public le Pr Acar, spécialiste des valvulopathies, aujourd’hui à la retraite (ancien chef de service de cardiologie à l’hôpital Tenon, Paris, et fondateur avec le Pr
JP Maurat du groupe de travail Valvulopathies de la Société Française de Cardiologie) sur les liens entre benfluorex, valvulopathies et décès, jette un pavé dans la mare. En effet, tout en
confirmant le lien existant entre ce médicament et l’apparition de lésions valvulaires parfois sévères, à rapprocher de celles induites par l’isoméride, le Pr Acar souligne plusieurs « points en
discussion » et émet plusieurs réserves sur la méthodologie des deux grandes enquêtes statistiques réalisées par la Cnam. Il aboutit ainsi à une remise en question complète des chiffres de
mortalité publiés par l’Afsaps le 15 novembre dernier, qui faisaient état de 64 décès dans Cnam2, soit, après extrapolation, une estimation de 465 décès.
Selon les propos du spécialiste, rapportés à nos confrères de l’APM le 18 janvier dernier, c’est « par curiosité » qu’il s’est penché sur les études concernant le benfluorex, affirmant n’avoir «
jamais été en contact avec le laboratoire Servier, ni du temps où [il] exerçait [son] activité, ni après ».
« La principale réserve tient au mode de sélection des insuffisances valvulaires ».En effet, la méthodologie choisie est basée sur le Pmsi. Ces critèresapparaissent insuffisants aux yeux du Pr Acar
car reposant seulement sur l’utilisation de 2 codes : non rhumatismal ou rhumatismal. Les étiologies ne sont pas plus précisées. « Il est très regrettable que manquent totalement des informations
fondamentales :les données des échographies ; les comptes-rendus opératoires ; les examens anatomo-pathologiques des valvesexcisées » note le cardiologue.
La deuxième réserve concerne l’analyse au cas par cas de situations de décès. Et là encore, le Pr Acar affirme que « les informations disponibles sont très insuffisantes ». Au total, aucun cas ne
pourrait être relié au benfluorex de façon certaine. Sur les 64 décès, il constate que 7 observations manquent de tout diagnostic cardiologique, et que sur les 57 cas restants, le benfluorex «
n’est pas vraiment en cause », dans 11 cas ; et qu’il « pourrait être en cause au même titre qu’une autre étiologie » dans les 46 autres. « On ne peut évidemment éliminer des causes associées dont
le benfluorex mais cela reste une hypothèse » ajoute le spécialiste.
Il souligne, par ailleurs, l’âge des personnes décédées (69 ans), supérieur à la moyenne des âges des patients sous Médiator (52,8 ans), de même de même que le nombre très élevé des patients en ALD
dans cette étude, suggérant un nombre important de comorbidités.
Jean Acar conclut que « ces enquêtes ne permettent pas une estimation fiable de la fréquence des valvulopathies sévères liées au benfluorex. De ce fait, toute extrapolation sur ces bases à
l’ensemble des patients exposés au benfluorex nous paraît arbitraire ». Il propose de réaliser de nouvelles études en prenant comme base d’études les seuls cas opérés d’insuffisance valvulaire
sévères sans étiologie reconnue, avec un groupe contrôle exempt de tout traitement par benfluorex.
En savoir plus
Le rapport est disponible dans son intégralité sur www.cardiologie-francophone.com"

Vous ne faites pas confiance dans l'analyse faite par vos confrères, Dr.Arié?


Marc d'Here 26/01/2011 16:24



Merci Cellobello...Attendons la réponse d'Arié...



cellobello 18/01/2011 10:46


@ Elie Arié

Vous avez gagné :
Des milliers de gens ont peur de mourir parce qu’ils ont pris du médiator : c’est difficile de résister à une telle campagne, alimentée par des médecins.
Des millions d’autres n’ont plus confiance dans le système français d’AMM, autrement dit dans les médicaments autorisés en France.
C’est un bel acte citoyen d’inquiéter une population sur sa santé, en lui faisant croire à des milliers de morts de la faute des autorités sanitaires françaises.
Bravo ‘Prescrire’ !
En France et dans le monde, un laboratoire français est discrédité. Servier représente moins de 5% du CA de Pfizer et moins de 10% du CA de Roche. Pfizer continuera à se développer malgré les morts
par Viagra.
L’avenir de Servier ???(20000 salariés dans le monde dont 3000 chercheurs)
Pendant qu’en France nous allons nous battre pour mettre en place une instance bureaucratique dont le critère sera l’absence de liens avec les professionnels du médicament, les laboratoires
étrangers vont s’empresser de rassurer les français en leur vendant leurs médicaments. Avec le soutien des autorités françaises. Elles se contenteront de copier les décisions américaines. En
omettant de prendre en compte qu’aux Etats Unis laboratoires et assurances dirigent le système de santé. Au point de s’opposer à tout système de santé de service public.

On ne sait pas s’il y a un lien de cause à effet entre l’absorption d’Isoméride et le décès par hypertension pulmonaire d’un(e) américain(e) en 1992. L’offensive a démarré à ce moment-là, aux
Etats-Unis.
On ne sait toujours pas s’il a eu, en France, des morts dont la cause déterminante de décès est le médiator.
Il est retiré depuis 2009. Pourquoi faire campagne maintenant ?

Le seul intérêt de cette campagne est d’obliger Sarkozy à prendre acte des affirmations médiatiques de milliers de morts et de réformer les procédures d’AMM.

Il est d’usage que ceux qui règlent un problème soient traités de fautifs par l’opinion qui a réussi à les faire plier. C’est autant de pris pour affaiblir Sarkozy.
A quel prix ?


Marc d'Here 31/12/2010 14:25


Nouvelles droites, mais les militants de gauche sont toujours les mêmes...certainement soutenus par le PS!

Les années se suivent et se ressemblent à la SNCF. Cette année encore, plusieurs syndicats ont déposé des préavis de grève pour la fin de semaine. Ces mouvements aux motifs souvent généraux,
parfois fantasques, sont organisés tous les ans au moment des fêtes pour permettre aux cheminots d'astreinte, qui ne souhaitent pas travailler, de rester chez eux pendant le réveillon. En tout
cette année, ce sont douze préavis de grève qui ont été déposés en France : quatre par FO, six par SUD, un par l'Unsa et un par la CGT et SUD. Les zones concernées pas les mouvements sont
Paris-Est, Paris-Nord, Alpes, Paca, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes mais aussi les villes de Lille et de Marseille.


cellobello 31/12/2010 10:20


MEDIATOR (suite)


@Elie Arié

…/…"les 500 à 2000 morts ne sont pas "une étude", mais une estimation"…/…[Elie Arié]
Nous sommes bien d'accord, IL NE S'AGIT PAS DE CAS REELS. Pour la durée au cours de laquelle il y aurait eu ces décès virtuels, elle varie, selon les communications, entre 10 et 30 ans…c'est dire
la clarté des sources…Merci de nous indiquer comment accéder à ces travaux qui légitiment la polémique.

…/…"il est très difficile (en fait, quasi-impossible) de démontrer, au cas par cas, l'imputabilité de telle valvulopathie chez tel malade précis qui a pris du Mediator"[Elie Arié]
Voilà qui est clair. Merci Docteur.

"il est très facile de prouver que les valvulopathies et hypertensions artérielles pulmonaires sont statistiquement plus fréquentes, avec une différence statistique significatives, chez la
population qui a pris du Mediator que chez le reste de la population."[Elie Arié]
Merci de me communiquer les références de ces travaux.
En effet, tel que vous l'écrivez, on pourrait comprendre que vous comparez une population à risques cardio-vasculaires qui consulte et prend du Médiator à l'ensemble de la population, tous âges
confondus.
D'autre part vous avez oublié d'indiquer la durée d'absorption du Médiator qui entraîne de telles pathologies.


VOUS CONFIRMEZ DONC QU'IL EST TOTALEMENT IMPOSSIBLE DE SE REFERER A DES CAS REELS.


"Instituer, comme aux Etats-Unis, la possibilité de « class actions » : cette procédure permet aux victimes d’un produit industriel de se regrouper pour intenter un procès commun à l’entreprise
responsable ; elle serait particulièrement adaptée aux médicaments, car s’il est très difficile (et parfois quasi-impossible), de faire la preuve, au cas par cas, de l’imputabilité à un médicament
d’un accident survenu chez un malade particulier, il est facile de faire la preuve qu’un type d’accidents est statistiquement plus fréquent chez la population qui a consommé ce médicament que chez
la population générale. Certains des rares malades qui se lanceront dans une procédure judiciaire de façon isolée obtiendront peut-être des indemnisations, mais, globalement, ils seront peu
nombreux, et la Sécurité Sociale, en se retournant ensuite contre le laboratoire, ne pourra pas récupérer grand-chose : il ne s’agit là que d’effets d’annonce." [Elie Arié]
extrait:
"CAR S’IL EST TRES DIFFICILE (ET PARFOIS QUASI-IMPOSSIBLE), DE FAIRE LA PREUVE, AU CAS PAR CAS, DE L’IMPUTABILITE A UN MEDICAMENT D’UN ACCIDENT SURVENU CHEZ UN MALADE PARTICULIER, IL EST FACILE DE
FAIRE LA PREUVE QU’UN TYPE D’ACCIDENTS EST STATISTIQUEMENT PLUS FREQUENT CHEZ LA POPULATION QUI A CONSOMME CE MEDICAMENT QUE CHEZ LA POPULATION GENERALE"[Elie Arié]

Il s'agit donc de choisir quels malades vont être inquiétés par la concurrence, par les idéologues, ou tout simplement par ceux qui ont besoin de nuire.

Vous savez bien que tous les médicaments, sans exception, sont susceptibles de provoquer des accidents, en raison de la multiplicité de combinaisons de facteurs provoquant des contre-indications.
Et cela malgré le sérieux des longues années d'expérimentation d'avant mise sur le marché.

Reste à choisir ceux que les faiseurs de polémiques donnent en pâture aux médias. En utilisant les victimes potentielles(impossible à démontrer qu'elles sont victimmes de tel ou tel médicament
comme vous l'expliquez si bien) pour attaquer tel ou tel laboratoire.

D'ailleurs vous n'hésitez pas à désinformer pour ce faire, en vous servant de votre notoriété de médecin,
-"que le Mediator n'avait comme indication de mise sur le marché que son action sur le diabète,pas celle de coupe-faim, et que son utilisation comme coupe-faim était un détournement de
l'interdiction de l' Isoméride du même Servier, molécule très voisine et dont la responsabilité dans les maladies valvulaires et l'hypertension artérielle pulmonaire n'est plus contestée par
personne;"[Elie Arié]
Le Médiator a été mis sur le marché dès 1977, 8 ans AVANT l'Isoméride. L'Isoméride a été retiré en 1997, 20 ANS APRES la mise sur le marché du médiator.
Lors de sa commercialisation, le Médiator a été utilisé par les endocrinologues (dont des endocrinologues hospitaliers reconnus) en raison d'une MOLECULE DESTINEE A MODIFIER LE METABOLISME DES
LIPIDES.
Il en a été de même pour l'Isoméride. L'UTILISATION COMME UN COUPE-FAIM DE PLUS(que ce soit pour le Médiator ou pour l'Isoméride) EST DE LA SEULE RESPONSABILITE DES MEDECINS CLIENTELISTES.
Cette recherche de modification du métabolisme des lipides n'a rien de diabolique.
Comme vous l'expliquer, l'imputabilité des accidents n'a pas pu être prouvée.
Les médicaments de Servier sont retirés de la vente.
Depuis, le puissant laboratoire suisse Roche, vend une grossière molécule qui évacue les graisses. Elle est même en vente libre depuis peu. La régulation du surdosage est supposée se faire grâce
aux désagréments des diarrhées. Je n'ai connaissance d'aucune étude sur la nocivité d' effets secondaires.
Il est plus facile de s'amuser à casser une petite entreprise qu'une multinationale.

Le Médiator et l'Isoméride étant interdits à la vente, ils ne présentent plus aucun danger.
ALORS, COMMENT EXPLIQUER CETTE POLEMIQE A POSTERIORI?

Depuis 1977, càd depuis 33 ans, vous n'avez pas jugé utile de vous opposez publiquement à la vente du Médiator puis de l'Isoméride ou à leurs modalités d'AMM. Ni en qualité de médecin, ni en
qualité d'homme politique.
Vous avez omis d'interpeller Giscard, Mitterrand et Chirac.
Aujourd'hui vous rendez Sarkozy responsable d'accidents dont vous affirmez qu'ils sont impossibles à prouver.
Et vous exigez des procédures permettant d'inquiéter des malades et de les manipuler pour qu'ils fassent le procès d'entreprises ou de politiciens de votre choix. C'est une bien piètre utilisation
de la liberté offerte dans les pays industrialisés.
Les médecins, sans les entreprises du secteur sanitaire qui assurent la recherche et la fabrication (médicaments, outils d'investigation, matérel chirurgical, etc...), seraient réduits aux
diagnostics et moyens de soins d'avant l'industrialisation.
Si, comme beaucoup de médecins le rêvent en crachant dans la soupe, ce secteur n'avait plus les moyens de rechercher, de fabriquer et de vendre, nous en serions réduits à l'offre de soins de Corée
du Nord ou de Cuba.


Marc d'Here 31/12/2010 10:46



Formidable Cellobello...


Le docteur Arié, termine mal l'année, et aurait dû s'abstenir de surfer sur  cette polémique



Elie Arié 30/12/2010 18:48


Si l’essentiel a été maintenant dit sur l’affaire du Mediator, et, d’une façon générale, sur les dysfonctionnements majeurs, passés ou à venir, de notre système de prévention des accidents liés aux
médicaments dans le rapport de la commission des affaires sociales du Sénat rendu public en juin 2006, comme le rappelait Sandrine Blanchard dans « le Monde » du 29.12, on ne peut que se poser,
avec elle, la question : « Alors, en 2011, on fait quoi ? ».

Trois mesures essentielles sont à prendre, et, comme elles ne le seront pas pour des raisons idéologiques, vraies ou fausses, d’autres accidents de ce type continueront à se reproduire :

1- Instituer, comme aux Etats-Unis, la possibilité de « class actions » : cette procédure permet aux victimes d’un produit industriel de se regrouper pour intenter un procès commun à l’entreprise
responsable ; elle serait particulièrement adaptée aux médicaments, car s’il est très difficile (et parfois quasi-impossible), de faire la preuve, au cas par cas, de l’imputabilité à un médicament
d’un accident survenu chez un malade particulier, il est facile de faire la preuve qu’un type d’accidents est statistiquement plus fréquent chez la population qui a consommé ce médicament que chez
la population générale. Certains des rares malades qui se lanceront dans une procédure judiciaire de façon isolée obtiendront peut-être des indemnisations, mais, globalement, ils seront peu
nombreux, et la Sécurité Sociale, en se retournant ensuite contre le laboratoire, ne pourra pas récupérer grand-chose : il ne s’agit là que d’effets d’annonce.

La possibilité de class-actions a été envisagée par Chirac et promise par Sarkozy (mais, à ma connaissance, par aucun dirigeant socialiste), mais toujours enterrée « pour ne pas handicaper
l’industrie française » ; il est étonnant de constater à quel point ceux de nos dirigeants qui vantent le modèle économique libéral américain ont l’admiration sélective...

2- Créer un organisme d’information des médecins sur le médicament indépendant de l’industrie pharmaceutique (à l’image de ce qu’est la revue « Prescrire », la seule qui ne dépende pas de sa
publicité) ; là encore, il y a une forte contradiction entre le discours « libéral » de l’industrie pharmaceutique, et sa pratique très antilibérale consistant à monopoliser l’information des
médecins (et qu’elle voudrait, depuis peu, étendre à celle des malades).

3- Lors de la procédure d’ Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) d’un médicament, ses effets ne sont comparés qu’à ceux d’un placebo, pour prouver qu’il s’agit d’un vrai médicament ; mais ce
n’est qu’une fois cette AMM acquise qu’il est procédé à l’évaluation de l’ Amélioration du Servie Médical Rendu (ASMR) , consistant à le comparer aux autres médicaments déjà existants pour le même
usage. Ces deux procédures (AMM et ASMR) devraient être simultanées, et il faudrait pouvoir refuser la mise sur le marché d’un médicament moins efficace ou plus dangereux (même potentiellement,
s’il n’est pas plus efficace) que ceux qui existent déjà : si tel était le cas, l’ AMM du Mediator ne lui aurait été jamais accordée. Mais ceci supposerait de donner la priorité à la logique de
santé publique sur celle de la libre concurrence par le marketing.

On cherchera vainement de tels engagements dans le programme de n’importe quel candidat aux présidentielles, de n’importe quel parti politique, alors que tout ceci est parfaitement connu depuis
longtemps, et rend inutiles les énièmes missions d’information lancées à grand renfort de déclarations musclées ; voilà pourquoi de nouvelles victimes de nouveaux Mediator continueront à être
sacrifiées à notre étrange libéralo-protetionnisme, une autre de nos « spécificités culturelles » à laquelle nous continuerons à payer un tribut aussi lourd que régulier : jusqu’à quand ?


Elie Arié 30/12/2010 18:44


Tu es assez bien placé pour savoir qu'on peut m'accuser de tout, sauf de corporatisme, et je viens de situer assez précisément la responsabilité des médecins; mais que ne ferais-tu pas pour
exonérer les politiques de toute responsabilité, quitte à sauver en même temps la mise à Aubry?


Marc d'Here 30/12/2010 20:36



Pas corporatiste toi?  Tant mieux, mais je ne vois pas quand et comment je l'aurais constaté!


Et où as-tu vu que j'exonérais  Martine Aubry?



Elie Arié 30/12/2010 16:32


Dans ce commentaire qui ne saurait être exhaustif, la responsabilité du corps médical est double:

-avoir utilisé le Mediator comme coupe-faim, indication pour laquelle il n'avait pas son AMM (Autorisation de Mise sur le Marché)-comme indiqué dans mon commentaire;

-ne pas avoir porté alors sur l'ordonnance, comme la loi les y oblige, la mention "hors AMM", ce qui aurait entraîné le non-remboursement de leurs patients.(et ils vont maintenant découvrir ce
qu'ils ignorent: lorsqu'un médicament est prescrit hors AMM, le patient ne peut se retourner que contre son médecin: la responsabilité du labo n'est pas engagée dans l'usage que l'on fait de son
médicament).

Par contre , les médecins n'ont aucune responsabilité dans l'incapacité où ils sont de faire la relation entre la prise de ce médicament et l'apparition, plusieurs mois ou années plus tard, d'une
valvulopathie; seuls l' Affsaps et le Ministère de la Santé ont les moyens de déceler ça, et vouloir les en exonérer, c'est là qu'est ton corporatisme (politique).

D'autant que c'est en 1998 que les trois médecins chefs des trois grands régimes de l' Assurance-Maladie ont attiré l'attention de l' Agence du Médicament sur un risque possible...et que rien ne
s'est passé.

Quant à l'"excuse" des Ministres responsables (de par leurs fonctions), à savoir: Aubry, Kouchner, Bertrand, Gillot, et Bachelot : "je n'ai pas été personnellement mis au courant" est, comme l'a
signalé Bernand Debré, le degré le plus lamentable de l'irresponsabilité et de la politique du parapluie; je pense que cette affaire du Mediator compromettra sérieusement les chances de Martine
Aubry d'être la candidate du PS à la Présidentielle.

À noter la réaction, tranchant avec les précédentes, de Martin Hirsch (à l'époque directeur du cabinet de Kouchner, secrétariat d'État à la Santé et à l'action sociale, et conseiller chargé de la
santé au cabinet de Martine Aubry au ministère de l'Emploi et de la solidarité): «oui, je suis certainement responsable»; mais il n'est évidemment pas le seul.


Marc d'Here 30/12/2010 18:36



Bref, médecins pas trop responsables dans ce problème médical...Merci de votre diagnostic, docteur Arié!



Elie Arié 30/12/2010 13:43


(suite)

Et sachez aussi que s'il est très difficile (en fait, quasi-impossible) de démontrer, au cas par cas, l'imputabilité de telle valvulopathie chez tel malade précis qui a pris du Mediator, il est
très facile de prouver que les valvulopathies et hypertensions artérielles pulmonaires sont statistiquement plus fréquentes, avec une différence statistique significatives, chez la population qui a
pris du Mediator que chez le reste de la population.

C'est pourquoi de telles affaires se reproduiront tant que les class actions ne seront pas autorisées en France, comme elles le sont aux USA (où l' Isoméride a déjà coûté plusieurs milliards à
Wyeth,labo auquel Servier a vendu sa commercialisation).


Marc d'Here 30/12/2010 16:07



Ah bon!...



Elie Arié 30/12/2010 13:16


Il n'est pas possible de répondre dans ce cadre à des arguments ...si peu argumentés, n'en déplaise à Marc.

Sachez simplement:

-que les 500 à 2000 morts ne sont pas "une étude", mais une estimation sur la seule France et sur les 10 dernières années, sur la base de la proportion de cas où le Mediator peut entraîner une
maladie des valves cardiaques ou une hypertension pulmonaire, de la proportion de gens qui en décèdent et au bout de combien de temps;

-que le Mediator n'avait comme indication de mise sur le marché que son action sur le diabète,pas celle de coupe-faim, et que son utilisation comme coupe-faim était un détournement de
l'interdiction de l' Isoméride du même Servier, molécule très voisine et dont la responsabilité dans les maladies valvulaires et l'hypertension artérielle pulmonaire n'est plus contestée par
personne;

-que rien ne justifiait le maintien sur le marché du Mediator depuis 1997, où son utilité dans le diabète a été prouvée comme étant...nulle;une simple suspicion de risque est suffisante pour
retirer du marché un médicament à efficacité nulle (alors que des médicaments à risque élevé peuvent être quand même utilisés s'ils sont très utiles).

-que Servier se foutait pas mal des ventes des ventes de Mediator en France, où il réalisait moins de 15% du CA de ce médicament, mais que l'AMM française lui servait de caution scientifique dans
les pays où il réalisait l'essentiel de ses ventes et qui sont ceux où il n'existe pas de système sérieux de surveillance des médicaments, notamment en Afrique (vendre des coupe-faim en Afrique,
faut le faire...).

Si l'affaire du Mediator est grave, c’est qu’on est dans le cas d'un médicament à peu près inutile, dont aucun avantage ne méritait donc la prise de risques, même simplement suspectée et non
démontrée, ce qui pose deux questions :

1- Pourquoi le laboratoire Servier n'a-t-il pas pris, de lui-même, la décision de le retirer du marché, ce qui ne nécessitait aucune décision d'aucune autorité administrative, et comme d'autres
laboratoires le font souvent (retrait du Vioxx par le labo Merck, en 2004, sans qu'aucune autorité ne l'y contraigne) ?

2- Pourquoi l'Affsaps (ex-Agence du médicament) n'a-t-elle pas pris, depuis longtemps et comme bien d'autres pays, la décision de retirer du marché un médicament sur lequel pesait une suspicion de
risques, ce qui est largement suffisant et ne nécessite pas de preuves lorsqu'il s'agit d'un médicament inutile?


Marc d'Here 30/12/2010 15:13



Les arguments de Cellobello restent très pertinents malgré tes remarques "poussives".


 Par ailleurs, la  responsabilité du corps médical semble fortement engagée...Mais le corporatisme continue à faire des siennes!



cellobello 30/12/2010 12:38


@Elie Arié

Je suis étonnée que quelqu'un de votre compétence prenne au sérieux une dite étude dont la marge d'erreur est de 1500 morts sur 2000, selon le scénario imaginé par la CNAM. La cause de mortalité
des 500 communément admis étant, de surcroît, une simple hypothèse (façon journaliste: lorsque 2 facteurs sont présents, on affirme qu'il y a un lien de cause à effet).
Les coûts annoncés sont tout aussi approximatifs. C'est une première d'envisager qu'un groupe pharmaceutique devrait rembourser des médicaments prescrits par des médecins.
Ce qui est sûr c'est que la supposée indépendance de l'étude a du plomb dans l'aile.

Pour les médias, les décisions américaines sont une référence. Ce serait sans doute malveillant d'envisager que le boycott de médicaments français aurait à voir avec la puissance des groupes
pharmaceutiques américains.

Au même moment où des gens bien intentionnés affolent les gens qui ont absorbé du médiator, le professeur Lecerf nous a communiqué les résultats d'une étude démontrant que les prescriptions d'
alimentation restrictive(qu'elle soit sélective ou simplement hypocalorique) sont inefficaces et que, dans certains cas, elles entraînent l'aggravation des surpoids et des obésités.

Ce qui est vraiment préoccupant, c'est que, pour de nombreux médecins français, faire maigrir soit une fin en soi, quitte à prescrire des coupe-faim. Voire en mutilant des gens à vie.
Ce qui est vraiment préoccupant, c'est que des médecins français (nombreux, Lecerf est très minoritaire), sont totalement crédules quand les sociétés d'assurances américaines sortent des études
faites à la louche, sur des données approximatives, études dont l'objectif est de justifier les risques liés au surpoids: leurs tarifs d'assurances sont directement liés au poids des assurés'en
calcul de risques). Considérer que c'est de la faute aux assurés concernés assure la pérennité de ce mode de facturation. De plus c'est très commode pour les médecins.
Les sociétés d'assurances américaines ont imposé leurs normes (IMC et tour de taille) au monde entier. Ils savent faire simple!

Ce qui est surtout préoccupant, c'est qu'un médicament délivré sur ordonnance ait pu faire des victimes sans que les médecins prescripteurs ne s'en aperçoivent...

Quant à l'héroîne nantaise qui a dénoncé une mort dont la seule cause aurait été le médiator, il est tout à fait possible qu'elle ait raison. Il aurait toutefois été souhaitable qu'elle trouve(au
moins) un cardiologue partageant, publiquement, la même analyse concernant ce cas.

Dommage que les notions élémentaires de "toutes choses égales par ailleurs" soient aussi étrangères aux chargés d'études de la CNAM qu'aux institutions ultra-libérales américaines!
Il est difficile d'isoler une variable.
Quand c'est impossible il serait préférable de se dispenser d'inquiéter inutilement les gens.


Marc d'Here 30/12/2010 12:57



Merci et bravo pour ce commentaire argumenté.