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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:19

Charles Consigny

LePoint.fr

 

 

  

Nicolas Sarkozy  est devenu indéfendable. On ne peut plus prononcer son nom sans déclencher immédiatement la réprobation générale. Il est coupable, ça se voit, tout le monde le sait, et si pour l'instant il n'a été condamné à rien, c'est parce qu'il est malin et qu'il a du pouvoir, et qu'en conséquence il s'est bien défendu. On lui reproche de trop bien se défendre. Comment fonctionne un procès stalinien ? On vous accuse d'une chose absolument infamante que vous n'avez pas commise, mais dont le soupçon vous salit, attente à votre honneur, à votre réputation, à votre dignité. Vous répliquez avec véhémence, vous vous énervez. Et là on vous dit : "Ah, mais vous voyez que vous êtes de mauvaise volonté !" Et on vous condamne non pour l'accusation mensongère initiale, mais pour l'énergie que vous avez mise à vous défendre. C'est, en l'état actuel des choses, ce qui arrive à Nicolas Sarkozy.

On l'a accusé d'avoir profité de la sénilité d'une vieille dame pour la voler. L'accusation était lourde, la menace du pénal planait. Le prévenu s'est défendu autant qu'il le pouvait. Son avocat a cherché à savoir auprès d'un juge qu'il connaissait où en était le dossier. Et là on dit : "Ah, mais vous voyez que vous êtes coupable de quelque chose, puisque vous cherchez à savoir où en est la procédure !" Pour finir, Nicolas Sarkozy a été intégralement blanchi de l'accusation d'abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt qui pesait sur lui. Cette accusation infamante, qui a laissé des traces (calomniez, calomniez...), était donc fausse, mais peu importe : il a fait preuve de mauvaise volonté dans sa défense. Et voilà les grands mots : trafic d'influence, corruption active, dix ans de prison en épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Et on ne veut pas entendre ses explications. Il est forcément coupable, ça se voit, tout le monde le sait, et cette fois il n'y échappera pas.

Personne n'a intérêt à ce qu'il s'en sorte

Quand on a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir été chercher de l'argent chez Mme Bettencourt, on a fait, avant qu'il ne soit mis hors de cause, comme si cette dame n'avait pas financé l'intégralité des courants politiques français depuis cinquante ans. Les juges, les adversaires et les faux amis politiques, les journalistes - bref, tous ceux qui espéraient la perte de M. Sarkozy - ont couvert leurs visages de masques hypocrites. Quand on l'a accusé d'avoir violé le secret de l'instruction, on a fait comme si ce secret n'était pas violé matin, midi et soir par la magistrature et la presse depuis des lustres. Masques hypocrites encore. Parce que c'est lui et que l'opinion croira qu'il est le seul à faire ça. Quand on l'a accusé d'avoir un ami à la Cour de cassation, on a fait comme si juges et avocats, dans tous les tribunaux de France, ne se connaissaient pas, ne se parlaient jamais, vivaient dans des mondes hermétiques. Personne n'a songé à préciser aux non-avertis qu'il était absolument courant, pour un avocat, de s'enquérir auprès des juges qu'il connaît de l'avancée des dossiers dont il a la charge. Et personne n'a relevé, d'une part, que son pourvoi en cassation avait été rejeté par la Cour soi-disant manipulée, et, d'autre part, que le magistrat soi-disant activement corrompu n'avait rien obtenu en échange de ses manoeuvres qui n'ont abouti à rien. Masques hypocrites toujours.

Ce que personne ne dit, enfin, c'est que le délit de trafic d'influence est flou : mettez n'importe quel homme de pouvoir sur écoutes pendant six mois, vous lui trouverez un trafic d'influence si vous en cherchez un. Il rend un service, il aide untel qui l'a aidé par le passé, et hop, délit pénal, 10 ans de prison encourus, opprobre. Sauf qu'on ne met pas n'importe quel homme de pouvoir sur écoutes pendant six mois : on met Nicolas Sarkozy et nul ne s'en émeut. Car personne, à part ses plus fidèles, n'a intérêt à ce qu'il s'en sorte : la gauche veut évidemment sa perte, parce qu'il est un de ses plus farouches opposants idéologiques et parce qu'il a montré sa capacité à conquérir le pouvoir, ce qui n'est pas le cas de ses concurrents à droite. Ceux-ci prient chaque nuit pour que la justice ne fasse qu'une bouchée de ce type qui les écrase dans les sondages. La magistrature, il l'a martyrisée pendant tout son mandat : elle se venge. Idem pour les journalistes qu'il a méprisés allègrement cinq années durant, et plus si affinités. Ni juges ni journalistes ne se remettent en question une seconde. Quand on est méprisé, il faut pourtant parfois se demander si l'on n'est pas méprisable...

Alternative à la gangrène

Je ne dis certes pas que Nicolas Sarkozy est un moine. Après sa victoire de 2007, alors qu'il avait songé à se retirer quelques jours dans une abbaye pour prendre la mesure de son nouveau statut d'héritier de Saint Louis, c'est finalement à bord d'un yacht qu'il a choisi d'accomplir cette retraite, dont les effets lui ont à l'évidence été moins profitables que s'il s'en était tenu à sa première idée. Je dis qu'on lui fait un procès stalinien qui devrait scandaliser les citoyens de bonne foi. Qui ne s'est jamais énervé contre un policier, recevant en retour les grands mots d'outrage à agent dépositaire de l'autorité publique et la violence de quelques heures au poste dans des conditions dégradantes ? On nous accuse de quelque chose qu'on n'a pas commis, on s'énerve, on nous accuse alors de cet énervement.

Nicolas Sarkozy est invité contre son gré à participer à un bal d'hypocrites qui tourne autour de lui dans une valse de haine, de mensonges et de postures. On peut considérer qu'on l'a assez vu, que ses foucades embêtent tout le monde, qu'il faut passer à autre chose. Mais qu'on le combatte sur le terrain politique. Et qu'on veuille bien ouvrir les yeux sur la réalité, qui est que c'est ce gouvernement que l'on a assez vu, que son inaction embête tout le monde, qu'il faut passer à autre chose. C'est la paresse qu'on a assez vue en France, la lenteur, le corporatisme, la médiocrité, la moitié du pays abrutie par l'inefficacité dispendieuse de l'administration socialisée, les petits marquis de l'État qui se gavent sur la bête en prenant de grands airs. Nicolas Sarkozy n'a pas vendu son âme au mensonge généralisé qui a dépouillé notre pays et éteint la flamme de son peuple au nom de quelques concepts creux qu'on agite parce qu'il n'y a plus rien. Ce président tant décrié porte et incarne une alternative à cette gangrène qui profite à quelques nantis petits et grands, et c'est pour ça qu'on use de tous les moyens possibles pour l'étouffer et étouffer avec lui cette alternative. Bas les masques !

 

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Published by Charles Consigny - dans Réflexion politique
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