Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 08:23

 

Un article de Philippe Cohen dans Marianne 2, du 07 septembre...

 

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'état à la Justice, a fait la une avec d'autres sarkozystes de gauche sur le thème : pourquoi restent-ils ? Sous-entendu évident du quotidien : pourquoi les ministres d'ouverture la ferment ? Comment rester au gouvernement quand l'Elysée foule au pied les principes et les valeurs qui vous ont conduit à constituer l'aile gauche du sarkozysme ?

Jean-Marie Bockel n'en a cure. La question est sans doute pertinente pour Fadela Amara ou Bernard Kouchner, droits-de-l'hommistes estampillés. Mais lui, « le premier blairiste français », est tout sauf choqué par ce que la gauche appelle la tendance « sécuritaire » de Nicolas Sarkozy. Il a toujours manifesté son plein accord avec le Président sur la sécurité, loin d'un angélisme de gauche qu'il déplorait déjà au PS. Encore que, sur le plan de l'efficacité, même s'il a choisi de se taire, on devine qu'il n'est pas sûr que le discours de Grenoble - il était sur place et a pu constater de visu les réserves de Claude Guéant sur le discours - ait été profitable au Président.

Aussi, dès le 2 août, il a proposé ses services à Nicolas Sarkozy. Hortefeux et Besson incarnent la trique ? Lui peut représenter la dimension sociale de la sécurité. Une politique de la ville qui s'appellerait autrement. Vingt ans qu'il fait ça à Mulhouse. Surprise : le kaiser l'écoute quelques minutes et se montre même enthousiaste. Il lui concocte vite fait sur le gaz une mission sur « la prévention de la délinquance » que Claude Guéant, présent à l'entretien, s'empresse de lui finaliser.

Et Jean-Marie Bockel part en vacances rasséréné : il s'attendait déjà à rejoindre en octobre le groupe chevènementiste du Sénat et voilà qu'il peut à nouveau s'imaginer un avenir dans le gouvernement remanié. Lequel ? Ce ne sera pas en tout cas à un secrétariat d'Etat dépendant de la place Vendôme. La cohabitation avec Mam s'est avérée difficile et de fait ce ministère régalien n'a pas besoin de secrétariat d'état. Bockel ne demande rien, trop profil bas pour ça. Mais il rêve d'un ministère des transports...

Reste que, même s'il est bizarre de confier une mission à un secrétaire d'état - que faisait-il jusqu'alors ? du bridge ? - Jean-Marie Bockel est heureux d'avoir vu sa feuille de route confirmée à son retour de vacances, Claude Guéant le pressant de déboucher au plus vite sur des états généraux aboutissant à quelques mesures phares en octobre, avant la date annoncée du remaniement (novembre selon Guéant, mais est-ce bien crédible ?). Objectif : montrer que, contrairement à ce que prétend la gauche, le gouvernement tient bien les deux bouts de la chaîne, répression et prévention, même si cette dernière ne saurait se confondre, dans l'esprit de Bockel, avec l'angélisme de la gauche.

Mais au-delà de la lutte des places, il y a la politique. Et finalement, de tous les sarkozystes dits de gauche, Bockel se félicite d'avoir été le seul à avoir construit une force politique, Gauche Moderne. Oh, ce n'est pas un truc énorme, mais, comme avait dit le Che - son mentor - quand il s'est carapaté du PS, « mon royaume est petit mais c'est mon royaume ». Soit 1500 adhérents, une soixantaine de fédérations, un site internet et quelques élus, c'est quand même mieux qu'un parti de poche. Et en tout cas plus indépendant que le club d'un Eric Besson qui a fini par rejoindre l'UMP..

Jean-Marie Bockel joue donc sa partition à deux mains. La première sera, espère-t-il, ministérielle, et la seconde politique. Elle se joue sur la stratégie de l'Elysée pour 2012, à travers le choix entre deux options. La première serait une simple répétition de la séquence 2006-2007 avec, d'abord, la consolidation du socle électoral « à droite toute » et le grignotage des territoires du Front National. C'est la voie empruntée par le discours de Grenoble, sans doute à l'instigation de Patrick Buisson et de Maxime Tandonnet, le conseiller immigration de l'Elysée.
 

Bockel espère que la séquence actuelle, peu convaincante, finira par persuader le Président de ce qu'il faut passer tout de suite à une séquence plus « soft », qui permettrait au Parti Radical et à Gauche Moderne d'aider la majorité à gagner des voix au centre-gauche. Ce n'est pas pour rien que le parti valoisien l'a invité à son université d'été.

 

Philippe Cohen

Marianne 2

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Philippe Cohen, Marianne 2 - dans La Gauche Moderne
commenter cet article

commentaires

Elie Arié 08/09/2010 15:22


Bockel a certainement une cohérence (il est blairiste depuis longtemps), mais je crois qu'il n'a aucune influence sur l'action du gouvernement.

Par ailleurs, il traîne certaines idées thatchériennes (la flat-tax) dont ni Sarkozy ni Blair n'ont jamais voulu.