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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 21:03

 

Interview de Jean-Marie Bockel, par Anne Rovan dans le Figaro du 31 05 10...

 

 

INTERVIEW - Secrétaire d'État à la Justice, et président de la Gauche moderne, Jean-Marie Bockel estime que l'ouverture première version «a touché ses limites».

LE FIGARO.- Nicolas Sarkozy a dénoncé la semaine dernière l'héritage de François Mitterrand sur les retraites. En tant qu'ancien ministre du président de la République socialiste, comment réagissez-vous ?

Jean-Marie BOCKEL.- J'étais député socialiste lorsque François Mitterrand a décidé, en 1983, d'abaisser de 65 ans à 60 ans l'âge légal du départ en retraite. J'ai voté le texte et je ne le regrette pas. Autant j'étais en désaccord en 1997 sur les 35 heures, autant j'étais favorable à la retraite à 60 ans. En fait, je ne me retrouve pas dans les critiques de la semaine dernière sur François Mitterrand. Pour juger de son action, il faut se mettre dans le contexte de l'époque.

 

Et que pensez-vous de la riposte de Martine Aubry qui a assimilé Nicolas Sarkozy à Bernard Madoff ?

Elle me paraît outrancière et anachronique.

 

Vous avez plaidé début mai auprès d'Éric Woerth pour le maintien de l'âge légal du départ en retraite à 60 ans. Êtes-vous toujours sur cette position ?

Lors de cette rencontre, avec mes amis de la Gauche moderne, nous avons entendu les arguments d'Éric Woerth à qui j'exprime mon plein soutien. Nous acceptons que l'âge légal soit modifié, mais nous posons une condition : que la réintégration des seniors sur le marché du travail soit réglée. Pour faciliter leur emploi, la Gauche moderne propose de dispenser les entreprises qui les recrutent de cotisations sociales patronales. Souvenons-nous : la réforme doit être juste !

 

Vous avez donc changé d'avis. Est-ce si difficile pour un ministre d'ouverture de faire entendre sa voix ?

Absolument pas. D'ailleurs, je pense que le président de la République a besoin d'une majorité d'idées diverses. C'est pour cette raison qu'il a souhaité, dans la première partie de son quinquennat, nommer des ministres d'ouverture. À mon sens, nous avons touché les limites de l'ouverture première version.

La présence de personnalités d'ouverture au sein du gouvernement, quelles que soient leurs qualités, ne suffit pas à faire vivre la sensibilité de gauche. À moins de deux ans de 2012, les nécessités ne sont plus les mêmes. Il faut à la majorité une aile gauche forte. Les propositions de la Gauche moderne doivent permettre d'enrichir le débat. Ainsi, à l'heure où il est question de rigueur dans beaucoup de pays, je le dis par exemple : «Allegro ma non troppo». Certes, il faut réduire les déficits mais à un rythme qui ne vienne pas casser la croissance. À mon sens, il est salutaire d'entendre les mises en garde du Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz et de l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard.

 

Puisque selon vous l'ouverture «a touché ses limites», quelle est l'utilité de votre présence au gouvernement ?

Un ministre incarnant l'aile gauche de la majorité au sein du gouvernement est une nécessité. Toutes les sensibilités de la majorité doivent y être représentées. A fortiori en période de crise. Nous sommes entrés dans un cycle marqué par les difficultés : la montée de toutes les violences, des entreprises malmenées par la crise et par la concurrence des pays émergents, des emplois détruits, des attaques menées par les marchés financiers contre les dettes souveraines fragilisant la zone euro.

 

Dans la majorité, certains plaident pour la création d'un parti centriste et écolo. Jean-Louis Borloo semble même tenté par une candidature en 2012. Seriez-vous prêt à le soutenir ?

Qu'il s'agisse de Jean-Louis Borloo ou d'Hervé Morin, la question d'une seconde candidature de la majorité au premier tour de la présidentielle de 2012 mérite d'être posée. Mais cette candidature n'aura de sens que si elle pouvait rassembler d'autres composantes. Pourquoi pas la Gauche moderne ? Il y a du pour et du contre. Nous y réfléchissons.

 

En Europe, beaucoup de ministres vont voir leur rémunération baisser. Pas en France. Y seriez-vous favorable ?

Je n'ai pas de problèmes avec cela. Mais il ne faut pas tomber dans la démagogie. N'oublions pas que la rémunération des ministres est indexée sur les traitements de la fonction publique d'État. Baisser les salaires des membres du gouvernement reviendrait donc à laisser entendre que les rémunérations des agents publics vont être diminuées. Ce dont il n'est pas question.

 

 

Jean-Marie Bockel interrogé par Anne Rovan, Le Figaro

 

 

 

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Published by Anne Rovan interroge Jean-Marie Bockel dans Le Figaro - dans La Gauche Moderne
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commentaires

cellobello 02/06/2010 11:48


tout à fait d'accord avec vous...

je m'explique:

La retraite sans abattement au seul motif de l'âge était, à ce moment là, extrêmement importante pour les populations dont l'espérance de vie était à 60 ans. Et pour eux seulement...et au
minimum.
Ce qui nécessitait que le gouvernement veuille bien étudier les modalités d'application: pour qui et sous quelles conditions.
Par ex., allonger le nombre d'annuités dès le 1er avril 83 aurait été indolore à ce moment là -cela entérinait la réalité- et aurait contribué à limiter les accumulations de pertes de ce dernier
quart de siècle. En portant, par exemple, la durée de cotisations à 40 ou 42 ans(c'était à négocier et à calculer), on ajoutait une mesure favorable à ceux dont l'espérance de vie était à 60 ans(40
ou 42ans au lieu de 46ans) tout en contribuant à préserver l'avenir des retraites.
J'ai en plus la conviction que la retraite à 60 ans pour tous a créé un sentiment d'injustice irréversible dans la population ouvrière, puisque la mesure généralisée gommait la retraite à 60 ans
pour ceux qui ont un travail pénible et usant( la pénibilité était repérable puisqu'elle figurait dans les conventions collectives), la reconnaissance de la dureté de leur travail et de leur
utilité sociale.
Ce qui me pose problème c'est l'effet contre-productif de "il faut faire payer les riches" comme slogan.
C'est bien ce qui s'est passé en 82-83. Les caisses de retraite(gérées de façon paritaire employeurs/salariés) avaient déjà pris les premières mesures financières pour assurer les retraites à
horizon 2010. Autrement dit, ils ont adapté leurs placements. Tout au long des années 80, ils ont étudié et négocié les futures réformes. Ils les ont appliquées par étapes entre 1992 et 2000.
Au même moment, le couple gouvernement/organisations syndicales(gestionnaires de la SecSoc, donc de sa branche vieillesse), avait pour principe que l'argent des institutions publiques doit être
dépensé et que si on en manque les patrons n'auront qu'à payer. Avec des nuances pour la CFDT, nuances qui lui ont fait perdre beaucoup de plumes.
Cet entêtement à jouer à "nous avons le pouvoir de faire plier les riches" a abouti à un gouffre. Et à la CSG pour sauver notre système de protection sociale. CSG qui, certes, concerne l'ensemble
des revenus et des placements.Mais dans cet ensemble il y a aussi une population aux revenus très très moyens. La magie "les riches paieront" ne fonctionne pas.
Donc oui à un large financement assuré par un montage technique durable, mais "stop danger" aux mobilisations visant à faire croire qu'il est possible d'assurer la pérennité en taxant x,y, et
z,
sans modifier la situation actuelle.


cellobello 02/06/2010 09:05


quelles sont vos réserves?


Marc d'Here 02/06/2010 10:03



Je ne suis pas persuadé que la réforme de 83 était une si bonne chose...Rocard à l'époque émettait d'ailleurs des craintes, sachant que le financement de cette mesure n'était pas
évident...On aurait pu prévoir une solution moins radicale et  différenciée en fonction des professions et de la "pénibilité"...Mais bon c'était une demande forte,  et la gauche
qui arrivait au pouvoir après 23 ans, se devait de pendre certaines mesures "sociales" fortes.


Deuxième réserve: des financements supplémentaires sont nécessaires et je ne crois pas que la seule prolongation de cotisation, même couplée avec une amélioration de l'emploi des séniors
suffisent. Il faudra trouver d'autres sources de financement, qui devront porter en totalité sur les "hauts revenus" et les revenus du capital.



cellobello 02/06/2010 08:06


retraite SANS ABATTEMENT à 60 ans

L'OUVERTURE DES DROITS A LA RETRAITE A 60 ANS SANS ABATTEMENT AU MOTIF DE L'AGE, à partir du 1er avril 1983, est une excellente mesure.
Jusqu'au 1er avril 1983, le départ à la retraite entre 60 et 65 ans entraînait un abattement de 4% par année avant 65 ans. Donc 20% à 60 ans. Même en ayant cotisé pendant les 37ans1/2 requis. Même
en ayant atteint les 37,5 annuités à 52 ans et en ayant cotisé 8ans de plus sans contrepartie dans le régime général. C'était le cas de millions de salariés qui ont commencé à travailler à 14
ans.
En 1983, l'espérance de vie des ouvriers (hommes) venait d'atteindre 60ans.

PERSONNE, AUJOURD'HUI, NE PROPOSE UN ABATTEMENT AU MOTIF DE L'AGE, CUMULE AVEC LE MONTANT DE LA RETRAITE PROPORTIONNEL AUX ANNEES DE COTISATIONS.

Ce qui pose problème, ce sont les responsables politiques qui veulent nous faire croire que l'allongement de la durée de la vie n'aurait pas d'incidence sur le budget des retraites.

Ce qui pose problème c'est que pendant des années les gouvernements ont encouragé des départs anticipés(contrats FNE) au lieu de régler le maxi problème du non-emploi des seniors.
JMBOCKEL PROPOSE DE DISPENSER LES ENTREPRISES QUI RECRUTENT DES SENIORS DES COTISATIONS PATRONALES. C'est plus important que de faire de l'âge d'ouverture des droits un préalable non
négociable.

Ceux qui nous font croire que le maintien de l'ouverture des droits à la retraite à 60ans est un point essentiel qui ne tolère aucune modification sont dangereux: ils sont prêts à prendre le risque
de baisser le montant des retraites des générations futures.
CEUX QUI BRICOLENT EN CHERCHANT DES SOURCES DE FINANCEMENT MULTIPLES ET ALEATOIRES METTENT EN CAUSE LE SYSTEME PAR REPARTITION ALORS QU'IL EST LE PLUS SUR DES REGIMES EXISTANTS.


Marc d'Here 02/06/2010 08:54



Assez d'accord avec vous.



Elie Arié 01/06/2010 16:10


Ces souhaits me semblent bien en contradiction avec ce que sera la stratégie sarkozyste jusqu'à la présidentielle: "revenir aux fondamentaux de la droite" pour la rassembler derrière lui.


Marc d'Here 01/06/2010 16:24



Ah Bon? Ce serait bien curieux, compte tenu de la politique menée par le Président...