Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 10:43

 

Cet article a été écrit en Février 2009...Je n'y change rien, même si certains faits sont liés à l'actualité de l'époque...

 

Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.

A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant. Espérons que la réunion du 18 février les fera changer d'attitude. 
 

Marc d’Héré 

Partager cet article

Repost 0
Published by Marc d'Here - dans Economie et social
commenter cet article

commentaires

Elie Arié 17/10/2011 09:23


Petit rappel de l'"immobilisme archaïque" du PS: l' Acte Unique Européen (libre circulation des capitaux), traités de Maastricht, de Nice et d' Amsterdam; OUI au TCE; pas de vote contre la
ratification du traité de Lisbonne; ;privatisations massives sous le gouvernement Jospin; baisse de la fiscalité sur les revenus du capital (Bérégovoy, 1990) loi sur le régime fiscal favorable aux
stocks options (DSK, 1998); programme actuel: hausse des durées de cotisations pour les retraites en fonction de l'allongement de l'espérance de vie (retraite à 60 ans avec décote pour ceux qui
n'auraient pas atteint la totalité des années de cotisations), etc.

(j'ajouterais, pour la plus grande partie de cette liste, "hélas!" en ce qui me concerne, mais la question n'est pas là).


Marc d'Here 17/10/2011 12:12



Ces quelques décisions, étalées sur PLUS DE 20 ANS, la plupart du temps rendues nécessaires par la situation, et en général non revendiquées, ne viennent certainement pas contredire l'idée d'un
PS "conservateur et immobile"!. Pas plus que les vagues orientations que tu évoques...



Elie Arié 16/10/2011 15:39


François Fillon fait semblant de ne pas comprendre ce qu'il sait très bien.

I-Le CAPITALISME est le seul système économique qui s'est constitué spontanément, sans avoir été préalablement théorisé; il est constitué par l'accumulation du capital généré par les plus-values,
grâce à l'exploitation du travail sous -payé.

II - Le COMMUNISME est le seul système qui s'oppose au capitalisme; il a pour objectif de mettre fin à l'exploitation du prolétariat ( = ceux qui ne vivent que de leur travail) par l'appropriation
collective de tous les moyens de production et d'échange, pour aboutir à la dissolution des Etats et au "à chacun selon ses besoins par chacun selon ses moyens".

III- Le SOCIALISME est une étape préalable au communisme, par la nationalisation progressive des moyens de production et d'échange (l'Union Soviétique considérait qu'elle était socialiste, mais
n'avait pas encore atteint le stade du communisme).

Il se distingue aussi du communisme parce qu'il estime qu'il est possible d'atteindre le communisme par la voie démocratique, sans passer par l'étape intermédiaire de la dictature du
prolétariat.

Le socialisme français, avec ses nationalisations, s'inscrivait dans cette démarche (rupture avec le capitalisme) jusqu'en 1983, alors que les partis socio-démocrates de Grande-Bretagne,
d'Allemagne et des pays scandinaves avaient depuis longtemps rompu avec elle (voir plus bas).

IV - Il existe différents MODES DE GESTION DU CAPITALISME:

1-le CAPITALISME D’ÉTAT (Chine actuelle), qui exclut les mécanismes de la loi du marché pour fixer la valeur des prix, la valeur de la monnaie, la circulation des capitaux, des marchandises et des
travailleurs, etc, lois du marché auxquels se substituent les décisions du gouvernement;

2- le LIBERALISME, qui lutte contre les tendances monopolistiques et protectionnistes du capitalisme en combattant tout ce qui peut entraver la loi du marché et la concurrence libre et non
faussée;

3-la SOCIAL-DÉMOCRATIE , qui redistribue les richesses créées par le capitalisme par l'intermédiaire des impôts ("Etat-Providence"), mais n'a pas recours aux nationalisations; elle s'appuie sur des
partis politiques issus de syndicats puissants, et, en Allemagne, par la cogestion employeurs-salariés des entreprises.

La France n'a jamais eu de syndicats puissants, et ses syndicats ont toujours refusé d'assumer des responsabilités politiques depuis la charte d'Amiens (1910), et on peut dire qu'idéologiquement,
le PS français est directement passé du socialisme au social-libéralisme.

4-le SOCIAL-LIBERALISME, né du constat que l' Etat-Providence est condamné par la mondialisation (imposant la baisse des prélèvements obligatoires qui le finançaient), et, faute de pouvoir
compenser la pauvreté, cherche à empêcher son apparition par de bons systèmes d'éducation et de santé accessibles à tous et par la flexisécurité; il a été théorisé en Grande-Bretagne par Anthony
Giddens et en France par Dominique Strauss-Kahn (sa distinction entre "socialisme de production", remplaçant le "socialisme de distribution"), et mis en œuvre par Tony Blair ; tous les partis
socialistes européens sont aujourd’hui socio-libéraux (et non plus socio-démocrates).


Marc d'Here 17/10/2011 08:39



Cours intéressant...Avec cette erreur, à la fin, le parti socialiste français n'est certainement pas social-libéral, mais partagé entre un discours  "socialiste archaïque" et une pratique
qui se voudrait sociale démocrate, mais que le discours tenu,  les promesses faites et les alliances viennent contrecarrer...Il se retrouve donc plongé dans le conservatisme et
 l'immobilisme, seuls moyens de ne pas éclater en faisant apparaître son incohérence...



Marc d'Here 14/10/2011 18:38


Selon François Fillon, "tout le problème du socialisme français, c'est qu'il fut conçu et qu'il reste conçu pour distribuer les richesses de la croissance. Or, tout l'Occident est entré dans une
période où ni la croissance, ni les richesses ne sont assurées".

Fillon a comparé le PS aux socialistes allemands qui ont eux "fait leur mue depuis un demi-siècle" sur les questions économiques. "Chez nous, le Parti socialiste cherche toujours des échappatoires:
la crise, c'est la faute aux spéculateurs, le chômage, la faute à la mondialisation, les inégalités, la faute aux plus fortunés, l'endettement, la faute à la droite", a-t-il dit. "C'est bien connu,
celui qui cherche des boucs émissaires ne cherche pas la vérité, mais le moyen de protéger ses illusions", a-t-il lancé.


Marc d'Here 11/10/2011 13:49


En visite ce mardi matin dans un centre de formation Proméo de Senlis (Oise), le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, accompagné de la ministre en charge de l’apprentissage, Nadine Morano, a une
nouvelle fois affirmé ses priorités en matière d'immigration du travail : «Il vaut mieux former les demandeurs d’emplois en France plutôt que de faire appel à la main d’oeuvre étrangère, affirme le
ministre de l’Intérieur. Il faut se battre contre les idées reçues qui voudraient que l’Europe ait besoin d’une main d’oeuvre venant d’au delà de ses frontières. Il y a 20 millions de demandeurs
d’emplois dans l’Union Européenne, c’est d’abord à eux qu’il faut trouver du travail.»


Marc d'Here 10/10/2011 09:48


La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont promis dimanche des propositions "rapides" pour régler la crise en zone euro, mais ne sont pas entrés dans
les détails. Nicolas Sarkozy a annoncé, à Berlin lors d'une conférence de presse commune, "des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois" pour que "l'Europe arrive au G20 unie et
avec les problèmes résolus".


Elie Arié 07/10/2011 01:59


La crise ne vient pas seulement des Etats-Unis: le défaut de paiement désormais inévitable de la Grèce, l'explosion de la bulle immobilière espagnole, etc., n'ont rien à voir avec la titrisation
des subprimes américains.

Le fond de la crise réside dans le fait que la mondialisation entraîne un transfert massif de croissance de l'Europe et des Etats-Unis vers la Chine et, à un moindre degré, vers les autres
économies émergentes; que toute l' UE et les Etats-Unis ont tenté, depuis lors, de maintenir leur niveau de vie (sinon de croissance)par l'endettement; et que ce système atteint maintenant à ses
limites.


Marc d'Here 07/10/2011 07:28



L'article date de février 2009...Et la crise,cette première crise, avant celle de l'Euro, venait bien des Etats-Unis...