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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 16:05

 

Extraits du livre « Plus belle la gauche – Pour une gauche moderne » de Marc d’Héré et Gilles Casanova

 

 

Il est vain d’opposer l’exigence de liberté à celle d’égalité, car, « la liberté n’a de sens que lorsqu’elle est associée à l’égalité [1]». Donner toute sa place à la liberté, interdit évidemment d’en refuser l’exercice à d’autres. Vouloir la liberté, c’est la vouloir pour tous, ce qui passe par la recherche de l’égalité ou de l’équité, ou, selon la belle expression de Monique Canto-Sperber « par la construction de libertés égales ».

 

De quelle égalité parlons-nous ? Certainement pas de l’égalité radicale des situations. Difficilement réalisable, elle n’est pas davantage souhaitable. L’inégalité est une réalité biologique comme une constante de nos sociétés, et, reconnaissons le, elle est aussi un de ses moteurs. Le nivellement, conséquence de l’égalitarisme, déviation et « maladie infantile » de l’égalité, est contre productif, ne pouvant se faire évidemment que vers le bas et ne poussant pas à progresser.

 

Cette constatation ne contredit pas notre volonté de voir se réduire les inégalités, car autant une société de « l’égalité parfaite » serait une société immobile et déjà « morte », autant les inégalités excessives déchirent les sociétés et peuvent les faire mourir.

 

Au-delà d’un certain niveau d’inégalités, il n’y a plus de monde commun, disait Orwell. Il y a des inégalités inacceptables, il peut y en avoir de légitimes ou de tolérables, notamment celles résultant de l’effort, du travail, ou du talent. Si toute inégalité n’est pas une injustice, la suppression des inégalités injustifiées et la réduction des inégalités excessives constituent des exigences.

Nous refusons la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes, celles s’appuyant sur une origine sociale ou ethnique, celles liées à une orientation sexuelle ou une façon de vivre sa vie privée, celles encore résultant d’une situation privilégiée prédéterminée. Nous refusons les inégalités héritées, bien différentes de celles résultant d’un travail, ou d’une prise de risques.

Nous refusons l’idée d’inégalités dont on ne pourrait pas sortir. La gauche française se satisfait de l’existence d’une inégalité de fait au sein de la société en refusant de remettre à plat, dans une perspective de progrès équitable pour tous, les avantages que les salariés du secteur public possèdent sur ceux du privé, en terme d’emploi, de conditions de travail, de retraites, de revenus même pour certaines catégories.

Comment se prétendre les défenseurs de l’égalité quand, pour des besoins électoralistes, on fait de la perpétuation de ces inégalités, un objectif politique !

 

L’égalité à laquelle nous aspirons, au-delà de l’égalité de droits et qu’une défense cohérente de la liberté exige, est l’égalité des chances ou, mieux encore, celle que le sociologue Éric Maurin appelle « l’égalité des possibles ». C’est la possibilité, quelle que soit son origine, sa situation, son handicap éventuel, de s’insérer dans la vie sociale ou professionnelle, d’accéder aux biens collectifs – éducation, culture, emploi, santé – et de pouvoir en tirer un même profit. C’est l’égalité dans les opportunités offertes à chacun, et régulièrement renouvelées, d’utiliser au mieux sa capacité d’autonomie, ses talents et sa volonté.

 

De même que notre conception d’une liberté pour agir dépasse la liberté formelle, notre conception de l’égalité nous sépare de l’égalité de principe qui sert d’horizon abstrait à nombre de politiques sociales traditionnelles. Est-ce l’égalité que de vouloir la même école et les mêmes moyens pour tous, alors que l’on sait que les possesseurs d’un patrimoine culturel et vivant dans un environnement privilégié seront ainsi avantagés ? Est-ce égalitaire de laisser chaque individu dans la même situation face à l’emploi quand un jeune d’origine immigrée a trois fois moins de chances d’être embauché qu’un Français « de souche » ? Est-ce égalitaire d’attribuer, pour aider à élever leurs enfants, davantage aux familles aisées qu’aux familles défavorisées, avec des allocations familiales également réparties, ajoutées à un quotient familial qui avantage les hauts revenus? N’est-il pas plus conforme au concept d’égalité, à la nécessité de l’équité, de construire des dispositifs qui aident concrètement certains individus à combler leur retard ?

L’égalité formelle – curieusement baptisée républicaine par certains de ses défenseurs – pensée à travers le prisme de l’uniformité, est en elle même porteuse d’inégalités et vouloir traiter de la même manière des situations différentes est porteur d’injustice. C’est Louis Maurin, animateur de l’Observatoire des inégalités qui déclare « dans la pratique, l’égalité formelle proclamée par le droit est souvent un paravent qui laisse prospérer les inégalités réelles, compte tenu des avantages dont bénéficient certains. »

 

On ne peut poser le principe d’égalité en faisant comme si il n’y avait pas de différences au départ entre les individus, et que tous, passant dans le même moule, devaient en retirer le même profit. Quand une inégalité existe à l’origine, l’égalité de traitement est une manière de prolonger cette inégalité, alors qu’une forme d’inégalité compensatrice peut l’atténuer[2]. Il faut donner plus à ceux qui partent avec moins si l’on veut que tous aient des chances comparables de réussite et d’épanouissement. C’est le moyen de lutter contre l’exclusion sociale. C’est aussi la juste signification de la solidarité et la condition réelle de sa mise en œuvre.

 

Enfin, alors que la gauche traditionnelle ne se propose (d’ailleurs sans y parvenir) que de corriger par la redistribution les inégalités de l’organisation sociale, nous proposons d’intervenir en amont et de faire en sorte que la production de ces inégalités ne survienne pas, ou soit limitée.

Plutôt que de consacrer tous nos efforts à la redistribution, à aider ceux qui ne peuvent obtenir des revenus suffisants ou des situations acceptables, mieux vaut agir pour les en rendre capables, mieux vaut donner aux moins favorisés les moyens d’échapper à un destin qui bien souvent apparaît tracé dès les premières années de la vie. Il ne suffit pas d’agir par une redistribution financière quand bien d’autres inégalités que celles de revenus existent – inégalités d’accès à la culture, inégalité devant la santé, ou même l’espérance de vie.

Plutôt que de recourir à la correction ou à la compensation des injustices et des inégalités mieux vaut développer une logique d’incitation et de prévention, fondée sur la capacité donnée au plus grand nombre de prendre sa vie en main…  

 

 Agir en ce sens, c’est limiter les occasions qui peuvent favoriser la naissance des inégalités : c’est à l’école, et certainement avant, c’est dans les politiques du logement et celles de l’emploi, dans le rapport à la justice, dans la politique d’insertion et la lutte contre les discriminations, dans l’accès à la culture que cette action s’impose. C’est aussi mettre en œuvre des actions incitatives, qui poussent les individus à agir et à prendre des initiatives plutôt que de se borner à réclamer et attendre des allocations et des indemnités. Plutôt que de privilégier l’assistance aux plus faibles et aux plus démunis nous voulons diminuer les raisons qui poussent à avoir besoin d’assistance.

….

Marc d’Héré et Gilles Casanova

 

Extrait de « Plus belle la gauche - Pour une gauche moderne »

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Published by Marc d'Here et Gilles Casanova - dans Réflexion politique
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commentaires

Marc d'Here 27/08/2011 12:34


Ce n'est pas l'égalité mais la responsabilité qui doit servir de socle à une démocratie moderne. Une démocratie n'est pas, n'a jamais été, et doit moins que jamais être une société égalitaire, mais
une société responsable...le thème du livre que je suis entrain d'écrire...péniblement!