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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 09:50

Bernard-Henri Levy
, Le Point du 1er octobre 2009
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Retour en Afghanistan avec un groupe de journalistes emmenés par le ministre de la Défense, Hervé Morin. Vision limitée puisque ne concernant que les vallées de Surobi et de Kapisa. Mais observations, néanmoins, précieuses car en rupture avec ce que l'on entend presque partout.


Première étape, Tora, fortin posé dans la caillasse, à 20 kilomètres de Kaboul. Accueil par le colonel intello Benoît Durieux, patron du régiment et auteur d'un excellent « Relire "De la guerre" de Clausewitz ». Mouvement vers Surobi, où nous attend l'assemblée des malek , des sages de la région, pour l'inauguration d'une petite école de garçons. Et échange de discours sur le thème de l'alliance franco-afghane face à la poussée des talibans. Le nombre de blindés mobilisés pour le déplacement, l'extrême nervosité des hommes, ainsi que le vol en rase-mottes, parfois à 10 mètres du sol, de l'hélicoptère Caracal qui nous a conduits ici de bon matin, ne laissent pas de doute quant au sérieux de la menace. Mais pas de doute non plus sur le fait que la stratégie des militaires repose sur une idée simple et qui n'a pas grand-chose à voir avec la caricature donnée dans les médias : montrer qu'on est, certes, là pour faire la guerre mais que cette guerre a, aussi, pour enjeu la sécurité, la paix, l'accès aux soins et au savoir d'une population dont la coalition est l'alliée.


Fort Rocco, au coeur de la vallée d'Uzbeen, 10 kilomètres en amont du point où ont trouvé la mort, en août 2008, les dix légionnaires du RPIMA. C'est un autre fort de western, encore plus isolé, entouré par les montagnes. Les 159 hommes du capitaine Vacina y logent dans des tentes renforcées de contreplaqué en prévision de l'hiver. A peine s'y sont-ils installés, raconte Vacina, qu'arrivent les élections, le pilonnage taliban des bureaux de vote, la riposte des forces régulières afghanes appuyées par les légionnaires-et l'incroyable spectacle, alors, des paysans qui viennent voter dans le fracas des bombes et de la mitraille. Force d'occupation, vraiment ? Néocolonialisme, disent les idiots utiles de l'islamo-progressisme ? Les armées, comme les peuples, ont un inconscient. Et je ne nie pas que la tentation puisse exister. Mais ce que j'observe là c'est, pour l'instant, ceci : une force militaire qui vient pour, littéralement, permettre aux gens de voter et qui est donc là, non moins littéralement, en renfort d'un processus démocratique.


Tagab, au coeur de la vallée de Kapisa, plus au nord, où je retrouve le colonel Chanson qui se souvient de m'avoir, il y a quinze ans, jeune Casque bleu à Sarajevo, bloqué l'accès au mont Igman. Même configuration qu'à Rocco. Même paysage de montagnes avec, en contrebas, une vallée verdoyante mais infestée de groupes armés. Le fort a été bombardé hier. Deux jours plus tôt, une attaque plus dure a provoqué une sortie. Et Chanson de raconter la montée vers la position adverse ; l'occupation des deux crêtes ; l'accrochage de la colonne, au retour, par une unité djihadiste ; le combat, très dur ; et la déroute, enfin, des assaillants. Bilan de l'opération, demandons-nous ? Nombre exact des victimes ? Justement... Il sourit... « Je suis, et resterai, le seul, ici, à le savoir. Car voici un autre principe. Chaque taliban tué égale un nouveau taliban qui naît. Chaque victoire claironnée provoque, mécaniquement, humiliation et vendetta. En sorte que gagner ne doit plus signifier tuer mais rester, juste rester-être juste le dernier à rester sur le terrain et le montrer. »


Nijrab, 18 kilomètres au nord, toujours dans la Kapisa. C'est là, dans ce quatrième fort, qu'est stationné le 3e bataillon de l'armée nationale afghane commandé par le colonel Khalili. Je me souviens comment, dans mon « Rapport afghan » de 2002 commandé par Jacques Chirac, ma première recommandation était : aider à la constitution d'une armée nationale afghane et lui laisser, dès que possible, la responsabilité d'isoler, puis de défaire, les néofascistes talibans. Eh bien, c'est ce qui est en train de se passer si j'en crois les explications de Khalili. C'est à lui que revient l'initiative des sorties. C'est lui qui décide, ou non, de requérir le renfort du bataillon français. Et c'est sous son commandement que sont placés les fameux « conseillers » américains dont me parlait, un peu plus tôt, le colonel américain Scaparotti. De nouveau, le contraire du cliché. De nouveau, l'inverse de l'image convenue d'une guerre franco-américaine dont les Afghans ne seraient que les figurants.


Bagram, enfin. La base américaine de Bagram. La terrible prison secrète, impossible à approcher, à 200 mètres de l'endroit où je me trouve. Et les 42 hommes du détachement français Harfang chargés, cette fois, des deux drones SIDM, pilotés depuis le sol par des navigants formés sur Mirage et fournissant aux troupes toutes informations susceptibles de réduire la part d'aléa des opérations. Image d'une guerre « technique » fondée sur une extrême économie de moyens. Conflit de « basse intensité » dont chacun est bien conscient que l'issue ne peut être seulement militaire. Et tendance au « zéro mort », tant pour l'adversaire que pour les soldats de la coalition elle-même. Je n'ai pas tout vu, naturellement. Mais ce que j'ai vu, c'est ceci. Une guerre moche, comme toutes les guerres ; mais une guerre juste ; moins mal engagée qu'on ne le dit ; et que les démocrates afghans peuvent, avec leurs alliés, gagner.

Bernard-Henri Levy, dans Le Point du 1er octobre 2009

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Published by Bernard-Henri Levy, pourLe Point - dans Relations internationales
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Marc d'Here 30/03/2010 23:34


"Nous soutenons la stratégie du président Obama" en Afghanistan, a déclaré ce soir Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse conjointe avec le président américain à la Maison-Blanche.
"Sur l'Afghanistan, nous soutenons la stratégie du président Obama: nous ne pouvons pas perdre", a affirmé le chef de l'Etat français. "Bien sûr que nous avons à déplorer des jeunes soldats qui
meurent", a-t-il regretté, tout en soulignant qu'il n'y a "pas d'autre stratégie".
"En se battant en Afghanistan, nos soldats se battent pour la sécurité dans le monde", a-t-il insisté.
La France dispose actuellement d'environ 3.750 hommes (soldats et formateurs) en Afghanistan, mais a rejeté les appels lancés par les Etats-Unis l'an dernier pour renforcer sa présence, alors que
dans le même temps, Obama décidait de déployer 30.000 soldats supplémentaires dans le pays d'ici l'été, pour porter les effectifs militaires américains à environ 100.000 hommes.

A.P.


marc d'Héré 23/03/2010 22:38


Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a affirmé aujourd'hui devant le Sénat que la France avait résisté à une "injonction très ferme" sur l'envoi de renforts en Afghanistan,
réclamés fin 2009 par Washington et l'Otan.

"Vous savez très bien que nous n'avons pas obéi à ce qui semblait une injection très ferme", a-t-il déclaré, interpellé par l'opposition, dans une claire allusion à ces renforts. "Ce n'est pas
parce que nous avons repris notre place dans l'Otan, sauf dans le comité des plans nucléaires, que nous avons perdu toute autonomie et capacité d'initiative sur la sécurité européenne, bien au
contraire", a souligné Bernard Kouchner, rappelant cet "exemple récent" de l'Afghanistan.

La France s'était contentée d'annoncer début février l'envoi de 80 instructeurs supplémentaires alors que l'Italie promettait 1.000 hommes et le Royaume-Uni et l'Allemagne, 500 chacun.

AFP


marc d'HERE 06/03/2010 15:25


Faqir Mohammed, un des principaux commandants talibans au Pakistan, a vraisemblablement été tué dans une frappe aérienne de l'armée, a-t-on appris aujourd'hui auprès de responsables des
renseignements pakistanais.

Le maulvi Faqir Mohammed figurerait parmi la vingtaine d'insurgés tués hier dans une frappe dans la région tribale de Mohmand, dans le nord-ouest du pays, selon deux responsables des services de
renseignements ayant requis l'anonymat.

Le ministre pakistanais de l'Intérieur Rehman Malik a affirmé que ni le corps de Faqir Mohammed, ni celui d'un autre chef taliban, Qari Ziaur Rehman, n'avaient été identifiés pour l'heure, mais que
tous les militants qui se cachaient dans le bâtiment visé vendredi avaient été tués.

"Si Faqir Mohammed et Qari Ziaur Rehman sont vivants, alors je serais surpris", a-t-il déclaré sur la chaîne d'information pakistanaise Express. Faqir Mohammed est l'un des commandants de
l'organisation Tehrik-e-Taliban Pakistan ("Mouvement taliban pakistanais"), en charge des opérations du mouvements dans les régions tribales de Bajur et Mohmand. Il est réputé proche du numéro deux
d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahri.

Plusieurs chef des talibans pakistanais ont été tués ou capturés au cours des derniers mois dans des frappes pakistanaises ou américaines. En janvier, Hakimullah Mehsud, désigné pour diriger
Tehrik-e-Taliban Pakistan, aurait ainsi été tué dans une frappe américaine. Les talibans ont démenti, mais n'ont pour autant fourni aucune preuve qu'il ait survécu.

AFP


marc d'Héré 21/02/2010 21:46


L'un des 10 dirigeants talibans les plus recherchés a été récemment arrêté dans le nord-ouest du Pakistan, grâce à des informations fournies par leur chef militaire dans ce pays, lui-même capturé
il y a quelques jours, rapporte aujourd'hui le site internet de la chaîne Fox.

Mulvi Kabir, qui était gouverneur de la province de Nangahar (est de Kaboul) durant le régime Taliban, a été appréhendé par les forces de police pakistanaises dans la province de la
Frontière-du-Nord-Ouest, ont indiqué à Fox deux sources américaines haut placées ayant requis l'anonymat. Il s'agit du quatrième leader taliban capturé en quelques jours.

Selon Fox, sa capture a été possible grâce à des renseignements obtenus auprès du mollah Abdul Ghani Baradar, chef militaire des talibans pakistanais et second du mollah Mohammed Omar, chef suprême
des talibans, et dont l'armée pakistanaise a annoncé mercredi l'arrestation.

AFP


marc d'Héré 17/02/2010 10:16


L'armée pakistanaise a confirmé aujourd'hui l'arrestation du chef militaire des talibans afghans, le mollah Abdul Ghani Baradar, dont la capture avait été annoncée par des médias américains.

"Au terme d'une procédure d'identification détaillée, il a été confirmé qu'une des personnes arrêtées est bien le mollah Baradar", indique l'armée dans un bref communiqué. "Le lieu de l'arrestation
et les détails opérationnels ne peuvent être divulgués pour des raisons de sécurité", ajoute le texte.

AFP


marc d'HERE 17/10/2009 09:34


Des troupes de l'armée ont commencé à faire mouvement en direction du principal bastion des talibans dans le Waziristan du Sud, dans le nord-ouest du Pakistan, après l'intensification des attaques
des extrémistes ces derniers jours.

Des forces se dirigent vers le territoire des Mehsud, il ne s'agit pas pour l'instant de la totalité de nos troupes mais quelques éléments qui doivent prendre pied là-bas", a déclaré  un haut
responsable de l'armée dans le nord-ouest, sous couvert de l'anonymat.
AFP


marc d'HERE 13/10/2009 21:25


Il semble que le Nobel de la Paix, Obama ait pris la décision d'envoyer 17.000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Il a eu raison, et aurait même dû moins hésiter avant de le dcider...mais ça
fait un peu tache.