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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 17:55

Nathalie Kosciusko-Morizet dans Le Figaro du 24 08 09

La secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique se saisit de cette question, qui revient au cœur des débats en période de crise.

 

Le débat public français vient de se saisir de la question du déclassement. C'est une bonne chose. Le « déclassement », c'est l'inversion de l'ascenseur social. Si les générations se succèdent de telle sorte que les enfants sont mieux lotis que les parents, en termes de revenus, d'éducation ou de bien-être, alors l'ascenseur monte. Dans le cas contraire, l'ascenseur social descend : on est «déclassé». La lecture de l'étude récentede Camille Peugny (1) m'a incitée à solliciter les experts du Centre d'analyse stratégique (CAS), qui m'ont remis leur rapport (2). Leur travail corrige quelques idées reçues par trop alarmistes et plaide pour un triple refus : celui du déni, celui de la dramatisation et celui de la résignation.


Le phénomène de déclassement existe et il progresse : il a augmenté ces dernières années (on compte aujourd'hui 22 à 25 % de déclassés), et il est accentué par un déclassement de type contextuel, lorsque des enfants exercent une profession semblable à celle de leurs parents, mais avec des contraintes sociales plus fortes et des moyens qui s'en trouvent proportionnellement amoindris. Il s'agit donc d'une réalité objective, qui affecte une partie non négligeable de la population ; il s'agit également d'une réalité subjective, parce que la crainte du déclassement est diffuse. Il fallait donc en prendre une mesure exacte, sans déni. Mais l'ascenseur fonctionne encore en France : la mobilité ascendante des générations reste majoritaire. À la différence de ce que l'on observe dans de nombreux pays développés, les classes moyennes maintiennent leur position. Pas de dramatisation, donc, et pas davantage de résignation, parce que l'action publique n'est pas dépourvue de ressources. Le rapport le montre, en proposant quelques pistes. Je voudrais toutefois attirer l'attention sur deux de ses leçons.


L'une concerne la manière dont les jeunes perçoivent leur avenir, l'autre le statutdes femmes. Le rapport dresse un constat préoccupantde la manière à tout le moins pessimiste dont les jeunes perçoivent leur avenir. C'est une crainte partiellement fondée : le chômage des jeunes en France est un fléau. Sous une forme scolaire, le déclassement touche, trois ans après l'entrée dansla vie active, environ 10 % d'une classe d'âge. Le déclassement professionnel est plus fréquent aujourd'hui qu'hier à l'issue d'une période de chômage,puis dans la seconde partie dela carrière professionnelle. C'est le signe d'une insuffisance des dispositifs d'accompagnement des transitions professionnelles et, parmi eux, de l'accèsà la formation continue. Voilà qui conforte la nécessité d'une réforme de l'orientation scolaire et professionnelle, et qui demande encore de développer des formes innovantesde financement de la formation. En la matière, je croisque le prêt à remboursement contingent au revenu est une piste à approfondir. Les projets législatifs sur la formation continue joueront leur rôle, notamment par la mise en place d'un fonds nationalde sécurisation des parcours professionnels.


Trois priorités stratégiques devront guider l'action publique : l'amélioration des perspectives d'insertion initiale et d'évolution sur le marché de l'emploi ; la correction des défauts de marché conduisant à un accroissement de la part des dépenses contraintes ou pré-engagées dans le budget des ménages (au premier rang desquelles le logement) ; le rétablissement d'un rapport de confiance dans l'avenir qui suppose une plus grande lisibilité des mécanismes d'investissement et d'assurance de l'État-providence.


Ce seront les leviers d'une action qui va donc se heurter au « ressenti » de déclassement. Que l'inquiétude sociale diffuse suscite un sentiment de déclassement supérieur à sa réalité objective mérite toutefois qu'on s'y attarde. Que l'inquiétude soit exacerbée par la crise et par l'effondrement actuel de l'emploi est bien sûr compréhensible, mais le déclassement touche davantage les femmes, les jeunes et les chômeurs de longue durée.

Voilà qui est parfaitement choquant et qui doit être pris en compte par le débat public, au moment où l'emprunt national nous donne l'occasion de réfléchir collectivement à nos priorités. Je m'emploierai à ce qu'une meilleure connaissance du déclassement y apporte sa contribution.


(1) « Le Déclassement », Grasset (2009). (2) « La mesure du déclassement. Associer une action et une pédagogie sur les nouvelles réalités sociales ».

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Published by Nathalie Kosciusko-Morizet - dans Société
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commentaires

marc d' Héré 05/09/2009 11:22

Les Français ont plus confiance dans l'avenir qu'il y a un an : 55% d'entre eux se disent optimistes, contre 33% en 2008, selon un sondage Ifop à paraître dans Dimanche Ouest-France. En août 2008, 33% des Français interrogés se déclaraient optimistes et 39% au mois de décembre 2008, ce qui, selon l'analyse de l'Ifop, revèle "une rupture avec une année particulièrement morose". AFP

sergiozz 26/08/2009 21:29

"Et en plus ça marche !"C'est une plaisanterie j'espère. Le sarko a laissé filer les déficits comme jamais. Le chômage ne cesse d'augmenter. Plus de 6 % des diplômés de 2008 n'ont pas de boulot. On licencie à la pelle les + De 50 ans dans les boîtes. Ouvrez les yeux un peu pour voir la réalité en face. Sarkozy, c'est la faillite du pays et la bérézina.

Marc d'Here 27/08/2009 00:02


La politique de Sarkozy permet à la France d'être la moins touchée de tous les pays développés, par la crise. La croissance est repartie à la hausse, la consommation se maintient bien, au cumul des
deux derniers mois le chômage a baissé...Et en plus les réformes nécessaires continuent à se faire. Oui, la politique de Sarkozy ça marche!


Elie Arie 26/08/2009 13:19

"en revendiquant ouvertement la nécessité d'une politique industrielle pilotée par l'État.": tu ne vois pas le problème, par rapport à la doctrine libérale pour laquelle la main invisible du marché régule tout pour le mieux dans le meilleur des mondes possible?

Marc d'Here 26/08/2009 15:29


Mais non,  mais non...Ca n'a rien à voir...Le libéralisme n'a jamais signifié l'abandon de toute politique...ou de toute règle.
Ta conception est, purement abstraite, et livresque. Aucun gouvernement libéral, le plus libéral soit-il, n'a jamais renoncé à toute action de l'Etat...Jamais et particulièrement pas en période de
crise! Sarkozy n'est certainement pas un ultra libéral. C'est un libéral pragmatique et intelligent. Sa politique convient tout à fait aux sociaux libéraux que nous sommes à La Gauche Moderne...Et
en plus ça marche!


Elie Arie 26/08/2009 11:01

Voir la composition de la commission destinée à réfléchir sur l'emprunt , et, surtout, la mission que lui fixe Sarkozy: "Parmi les défis majeurs que le pays doit relever, le chef de l'État, en a cité trois : l'économie de la connaissance, avec notamment le développement de "ressources propres" pour les universités, la compétitivité des entreprises, les équipements industriels innovants – "nanotechnologies, biotechnologies, stockage de l'énergie electrique" – en revendiquant ouvertement la nécessité d'une politique industrielle pilotée par l'État."Difficile, après ça, de parler encore de "libéralisme économique"...Ouf, un bon point pour Sarkozy, s'il persévère!

Marc d'Here 26/08/2009 12:53


Je ne vois pas le problème...Cela dit, d'accord avec toi, encore un bon point pour Sarkozy!


Victor 26/08/2009 09:14

Le déclassement de certains "fils à papa" sans talent ni ardeur au travail peut également parfois être le signe d'une plus grande mobilité entre les couches sociales. A vouloir les protéger et les déresponsabiliser, on risque de figer l'ascenseur social et d'entraver ainsi l'ascension des éléments les plus méritants parmi les classes populaires.Il n'est d'ailleurs guère étonnant que les opposants gauchistes à la sélection dans les facs soient toujours issus de milieux sociaux privilégiés et que leur point de vue soit souvent mal compris par les étudiants d'origine plus modeste. La "conscience de classe" de ces étudiants de l'UNEF ou de l'UNEF ID leur suggère que leur réussite sociale sera d'avantage le fruit de leurs relations et des années passées à l'université que celui des efforts qu'ils consacreront à leurs études.

Elie Arie 25/08/2009 22:44

C'est très gentil, tout ça: mais n'oublions pas que nous maintenons actuellement notre niveau de vie, notre système économique  et notre solidarité grâce à la dette, les déficits (et, demain, peut-être l'emprunt) que les jeunes devront rembourser: la promesse de leur déclassement est là.

Marc d'Here 25/08/2009 23:12


Il y a d'autres possibilités: remboursement par la croissance ( peut-être très rapide) et économies dans les dépenses publiques.