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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 08:55

 Le Figaro du 06 08.
TRIBUNE de Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre, président d'honneur du PRG - «Désormais le savoir-plaire importe autant que le savoir-faire.»

Une des principales déviations de la Ve République - la personnalisation excessive de la politique - serait-elle en train de gagner la gauche ? Selon certains de ses responsables, qui se sont déjà déclarés candidats à l'investiture présidentielle mille jours avant l'échéance, cette personnalisation, pourtant si critiquée depuis 1958, serait le principal remède aux maux que connaît l'opposition. Et celle-ci devrait se convertir aux usages du camp adverse pour avoir une chance de l'emporter en 2012.


Aujourd'hui, en effet, tout serait affaire de leadership, le choix des électeurs se portant beaucoup plus sur un profil que sur un projet et sur un parti. Dans cette optique, l'élaboration d'un programme serait utile mais non prioritaire. De même, les structures partisanes, jugées archaïques, devraient faire l'objet d'une profonde «rénovation» pour ne pas faire obstacle à l'émergence d'un destin présidentiel.

Bref, il faudrait désormais préférer le singulier au pluriel, l'individuel au collectif. En acceptant que la société politique devienne une société de l'ego qui remplace le «nous» par le «je».


En réalité, ce qui sous-tend implicitement cette démarche, c'est surtout la prise en compte des techniques actuelles de communication. D'abord le remplacement de la presse écrite, support privilégié des débats d'idées, par la télévision comme principal vecteur d'information. C'est-à-dire le passage d'un média à contenu intellectuel et rationnel à un média de type beaucoup plus affectif et personnalisé. Dorénavant, l'image supplante le message. Et le ressort émotif prime l'analyse logique. Devenu plus sommaire, plus superficiel, le débat public est axé avant tout sur la personnalité et le style des dirigeants. Quitte à voir l'apparence l'emporter sur la substance.


Ensuite, les conseillers en communication, désormais très présents dans les campagnes électorales, ont imposé leurs analyses et leurs méthodes. En France comme aux États-Unis. Dès 1989, un des fondateurs et maîtres du genre, Roger Ailes, media advisor notamment de Ronald Reagan, publie à l'intention des candidats un livre au titre significatif : You Are the Message. À sa suite, tous les spin doctors partagent cette conviction : désormais, le message, c'est le candidat lui-même. Sa personnalité. Et non plus son programme qui ne compte guère. Pour être efficace, une campagne doit donc chercher non à convaincre mais à séduire, non à argumenter mais à faire impression. Désormais le savoir-plaire importe autant que le savoir-faire.


Faut-il céder à ces facilités et est-on assuré qu'elles garantissent le succès ? Rien n'est moins sûr. Au moins pour deux raisons. D'abord, les télévisions - qui réduisent souvent au strict minimum l'information et le débat politiques, les jugeant peu attractifs et donc préjudiciables à leur taux d'audience - connaissent une concurrence croissante d'Internet qui commence à changer la donne en offrant un nouveau support au dialogue politique. Blogs, chats, forums de discussion : la Toile apparaît comme une gigantesque tribune, comme un nouvel «espace public» où circulent contributions, jugements et opinions sur les principaux enjeux du présent.

Surtout, ce nouveau vecteur interactif - qu'Obama a utilisé intensément dans sa campagne électorale - rompt avec la communication unilatérale, avec le monologue des acteurs politiques. En rendant possible un échange à double sens entre candidats et électeurs. En permettant de prendre l'avis de ceux-ci, de connaître leurs réactions, de recueillir leurs propositions. Bref, la démocratie en ligne démode l'État-spectacle.

 

Au demeurant, loin de vouloir une hyperpersonnalisation de la politique, les électeurs ont toujours souhaité pouvoir choisir entre de véritables programmes, définissant avec précision les mesures à mettre en œuvre. Pour décider eux-mêmes effectivement de leur avenir collectif. Au lieu de s'en remettre à des leaders qui, une fois élus, seraient libres d'agir à leur guise. Pour l'électorat, il ne s'agit pas seulement de décider qui gouvernera. La vraie question, la question complète est : qui gouvernera pour quoi faire, pour mener quelle politique ?


Les victoires politiques de ces dernières années ne se fondent pas seulement sur la personnalité du candidat élu. Elles résultent aussi du programme présenté par celui-ci. François Mitterrand en 1981 ne l'a pas emporté seulement sur l'image de la «force tranquille», mais aussi sur ses «110 propositions». Lionel Jospin a remporté les législatives de 1997 certes sur la crédibilité de son leadership, mais aussi sur son programme «Changeons l'avenir», qui préconisait une série de réformes : parité, emplois-jeunes, 35 heures, CMU. Nicolas Sarkozy s'est fait élire à l'Élysée en 2007 certes grâce à une forte présence médiatique, mais aussi sur la base d'un projet procédant d'un important travail doctrinal accompli par l'UMP sous sa direction.


Il serait donc erroné de croire que la victoire aux élections peut dépendre seulement d'une image personnelle, façonnée avec l'aide de conseillers en communication et surexposée sur les plateaux de télévision. Se rallier à cette analyse risque, au contraire, de conduire à des déboires. Car, à gauche plus encore qu'ailleurs, la démocratie ne peut devenir une egocratie et tourner au narcissisme politique. Le culte du moi n'a pas d'avenir dans la famille politique qui fut celle de Blum et de Mendès France.

Roger-Gérard Schwarzenberg
 dans Le Figaro du 6 août

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Published by Roger-Gérard Schwarzenberg - dans Réflexion politique
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commentaires

marc d'HERE 01/09/2009 09:27

Le Pnud précise que Royal n’est pas son ambassadrice. Contrairement à ce qu’affirme le site Désirs d’avenir, Ségolène Royal n’a jamais été nommée ambassadrice contre le réchauffement climatique par le programme des Nations unies pour le développement (Pnud). À l’Élysée, on s’étonne d’une telle affirmation. On rappelle que Carla Bruni, qui a été nommée ambassadrice du Fonds mondial contre le sida, a dû «signer quelques engagements écrits, et être adoubée par des personnalités compétentes, ce qui n’a pas été le cas de Mme Royal». Recherches faites, un communiqué du Pnud mettait déjà les choses au point dès le 19 juin : «Le Pnud a effectivement eu des discussions avec Mme Ségolène Royal dans le cadre de la coopération entre les collectivités régionales et locales de pays développés et de pays en voie de développement» . Mais, tranche le communiqué, «Mme Royal n’a pas été désignée ambassadrice du Pnud». À l’Élysée, on s’amuse du culot de l’ancienne rivale de Nicolas Sarkozy, comparée à une pique-assiette un peu envahissante : «Mme Royal est comme ces gens qui s’invitent et s’installent chez leurs hôtes parce qu’ils s’y trouvent bien.»Les confidentiels du Figaro