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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 07:15

Claude Imbert, Le Point, 15 juillet 2009
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L'endettement, grand enchanteur, met en vacances le souci du futur où il faudra payer l'addition.
La crise qui nous accable enseigne, à nos dépens, que la légitimité économique de l'emprunt se dégrade lorsque l'euphorie, la spéculation, la fièvre du virtuel refusent les rappels du trouble-fête : le sens commun. Nous pleurons sur sa déroute dans l'enchaînement insensé des crédits privés. Mais trop contents d'avoir échappé à l'abîme par l'intervention des Etats, voici que nous nous jetons avec une inquiétante griserie dans l'endettement public.

Au nom de quelle grâce d'Etat cet endettement-ci pourrait-il, un jour, éviter le sort commun à tous les déficits ? La réponse, vous la connaissez : les bons déficits générateurs de richesses nouvelles paieront les mauvais. Voire ! En admettant que les seconds ne contaminent pas les premiers, à quand la délivrance ? Pour l'heure, une dette de 20 000 euros pèse sur chaque enfant de France, fût-il encore dans le ventre de sa mère. L'addiction au déficit devient le dernier stade du mal français.


Cette vérité-là, tous nos gouvernants la connaissent.
Ils savent de même que l'endettement faramineux de la France n'est pas né de la grande crise. Il vient, depuis longtemps déjà, de ce que les recettes de la nation, dans un monde de plus en plus concurrentiel (l'Inde forme 100 000 ingénieurs par an), ne couvrent plus des dépenses publiques défoncées par un régime d'avantages consentis à l'heureux temps des vaches grasses. Les dépenses sociales, nées dans cette aubaine, ont de surcroît explosé sous le harcèlement du « toujours plus ». Des monstres bureaucratiques immobiles gèrent, contre toute logique, une demande démographique mobile : ainsi le monstre enseignant refuse-t-il d'aligner ses effectifs du secondaire sur la diminution des élèves. Et à l'inverse, la Sécurité sociale puise dans les gouffres du déficit pour répondre, elle, à l'augmentation mécanique de dépenses qu'entraîne la longévité accrue de nos aînés. C'est un système par tous les bouts intenable. Et intenable dans n'importe quel régime, capitaliste ou communiste. L'argent n'a pas d'odeur, le déficit non plus.

Pendant trente ans, l'insouciance populaire a enseveli ces évidences. De Mitterrand à Chirac, les pouvoirs, bon gré mal gré, ont reculé devant les forces conjuguées de la démagogie électorale, des grèves et de la rue. Sarkozy fut élu pour rompre avec cet avilissement. On ne dira pas qu'il fut inerte : le RSA remplace un RMI propice au chômage, la réforme des régimes spéciaux de retraite, celles, branlantes mais engagées, de la justice, de l'hôpital, l'autonomie amorcée des universités sont de bon aloi. Mais les monstres de la dépense publique ravagent toujours nos finances.


Or voici qu'approche ce moment périlleux où le déboulé des déficits souligne et accuse la modestie des grandes réformes. Où le carillon sempiternel du déficit de la Sécurité sociale, où la dégradation internationale infligée à notre enseignement, où les bilans désastreux qui tombent comme grêle dévaluent les emplâtres plaqués sur des jambes de bois.

Notre génération est prompte à battre sa coulpe sur la poitrine de nos aïeux. Comment l'avenir jugera-t-il sa démission et cette masse d'endettements colossaux refilée sans vergogne à nos descendants ?


Ce qui attend Sarkozy, c'est désormais le vif des grandes réformes.
Ce qui pèse sur les escadrons syndicaux de l' « avantage acquis » et du statu quo, c'est une responsabilité nationale qu'ils ne peuvent plus éluder. Sarkozy n'a pas tort de les mettre au pied du mur. Et d'ouvrir le ban de sa nouvelle ère avec la réforme de notre système de retraite. Elle se présente en effet avec une robuste simplicité : de moins en moins d'actifs, à la durée de travail moindre, pour financer des retraités qui ont le mauvais goût, leur longévité aidant, d'être de plus en plus nombreux. Résultat : un déficit désastreux s'annonce. L'Allemagne ne projette pas seulement d'installer dans sa loi constitutionnelle le contrôle du déficit. Elle a, d'ores et déjà, reculé à 67 ans l'âge de la retraite, et de nombreux pays ont installé des régimes mixtes où notre système de répartition devenu ruineux se trouve complété par un système dit de capitalisation dont Jacques Marseille a, ici, démontré les vertus.

Dans le nouveau dialogue social, FO campe toujours sur le refus réactionnaire des évidences. Mais la CFDT, voire la CGT semblent, elles, vouloir quitter ce négationnisme obtus. Deux feuillets préfacent les devoirs de vacances de tous nos caciques. Le premier inscrit la pente vertigineuse des déficits. Le second porte le pronostic du solide Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce : « Le choc social et politique de la crise est devant nous. Il pourrait être énorme. »

Claude Imbert, Le Point

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Published by Claude Imbert, Le Point - dans Réflexion politique
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commentaires

marc d'HERE 21/08/2009 23:58

Selon l'enquête du Washington Post-ABC News, moins de la moitié des Américains -49%- pensent désormais que leur président prendra les bonnes décisions pour le pays. Soit une baisse importante par rapport aux 60% enregistrés lors du passage du cap des premiers 100 jours d'Obama à la Maison-Blanche.La cote globale de popularité d'Obama est de 57%, soit 12 points de moins que son pic d'avril. Et 53% des personnes interrogées désapprouvent la manière dont il gère le déficit budgétaire.