Social-libéral
Le blog de Marc d'Héré
Le blog de Marc
d’Héré
Immédiatement après la défaite subie lors de l’élection présidentielle de 2007, les socialistes avaient appelé à la
refondation de leur parti et annoncé leur volonté de reconstruire un puissant parti d’opposition, réuni et rénové, doté d’un vrai projet de gauche.
Deux années ont passé et non seulement le parti socialiste n’a pas avancé sur cette voie, mais il s’est même encore enfoncé.
Beaucoup de responsables du parti socialiste se sont éloignés, souvent pour rejoindre la majorité présidentielle, ou lui apporter son aide dans la courageuse politique de réforme qu’elle mène sous l’impulsion du Président de la République. C’est le cas aussi de nombre de ses militants, qui s’éloignent, collectivement comme ceux qui ont fondé le Parti de Gauche avec Mélenchon, ou individuellement comme ceux qui se contentent, déçus, écoeurés, de ne plus se manifester. Se sont éloignés aussi ses sympathisants et ses électeurs, comme l’a montrée la récente élection européenne, au cours de laquelle les socialistes sont passés de 30 à 16% des voix !
Cet affaiblissement, ce rétrécissement, n’ont pas atténué les divisions au sein d’un parti en miettes, plus déchiré que jamais entre les ambitions contradictoires et implacables d’Aubry, Royal, Delanoë, Hollande, Fabius, Hamon, Valls ou Moscovici, pour ne citer que celles qui s’expriment le plus ouvertement. Aucune coopération ne peut s’y exercer. Chacun n’agit que pour son intérêt personnel, dans le but d’être le mieux placé pour 2012 et cherche donc essentiellement à neutraliser et à contrer tous les autres. Aucun leader incontesté ne peut se dégager et se faire accepter dans le parti, d’autant moins qu’aucun d’entre eux, n’a l’envergure ou le talent de s’imposer sur la scène nationale.
Quand à la « rénovation » et au « projet » ! C’est le troisième échec du parti, le plus grave certainement et qui, pour une grande part, conditionne les deux autres.
Depuis 2007, aucun début de rénovation n’est intervenu, ni dans les méthodes ni dans les propositions. Et cela ne changera pas. Les socialistes n’ont aucune possibilité d’élaborer un projet novateur et réaliste. A cause de leurs divisions bien sûr mais surtout parce qu’ils sont pris dans un piège dont ils ne sortiront pas. Il n’y a pas place, face à la politique menée par Nicolas Sarkozy, pour un autre projet fondamentalement différent et pouvant alimenter une opposition de type « gouvernemental ».
Parti de gouvernement (ou du moins se considérant encore comme tel), le parti socialiste, ne peut, malgré son envie, adopter les positions de l’extrême gauche, ou se contenter des éructations populistes d’un Bayrou. Il est dans l’obligation pour être crédible, de présenter des propositions, un projet qui apparaisse cohérent, novateur et applicable. Or il n’y en n’a pas d’autre que celui de Sarkozy et de la majorité, ou du moins pas d’autre qui puisse apparaître comme une véritable alternative.
S’il confirme son abandon d’un projet « révolutionnaire », le PS doit se résoudre à accompagner la réponse de Sarkozy à la crise, à approuver ses principales réformes, à adopter ses grandes orientations. Son opposition ne pouvant alors se manifester que par une éventuelle contestation de l’ampleur, des modalités, du rythme des réformes, par un désaccord éventuel sur les méthodes et par quelques autres propositions marginales. Il n’y a pas d’autre voie sérieuse. Mais cela exigerait que, comme ailleurs en Europe, le Parti socialiste fasse le choix d’une opposition moins « théologique », moins brutale, moins frontale que celle qu’il adopte et à laquelle il ne veut manifestement pas renoncer. D’ailleurs, s’il le faisait, il perdrait immédiatement ses alliés de la gauche radicale dont il a un impératif besoin au second tour, pour avoir une chance d’être élu. Seule la voie de l’archaïsme, et du conservatisme flou paraît s’ouvrir devant lui, mais elle est sans issue.
Alors, pour lui point de salut. Il ne sortira pas du piège. Avec quelques hauts et beaucoup de bas, son déclin, inéluctable et sans doute plus rapide qu’on ne pouvait le penser il y a deux ans, se poursuivra. Il se transformera en une petite SFIO, en attendant qu’un vrai parti de gauche, réaliste, responsable et rassembleur vienne (en partie avec certains de ses membres actuels) le remplacer. C’est l’objectif de La Gauche Moderne.
Marc d’Héré
Contact: ies1@hotmail.fr
Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé le club politique social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le secrétaire général jusqu’en 2006..
Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure l’organisation et le développement.
Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée avec quelques amis socialistes et centristes, un mouvement politique réformiste, de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES) que je préside depuis janvier 2006.
Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin, j’ai choisi de m’inscrire dans la majorité présidentielle. Adhérent de La Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel , je suis membre du Comité Permanent, chargé du Projet, et Coordonateur de la Région "Pays de la Loire"
J'ai publié fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr
La gauche Moderne veut rénover la gauche et faire naître un projet de gauche. S'intègrera-t-il à une majorité?...On verra bien...
L'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a estimé aujourd'hui que le Parti socialiste était en "hibernation comateuse", alors qu'il a été récemment nommé par Nicolas Sarkozy à la tête d'une commission sur l'emprunt national.
Interrogé par le site capital.fr sur cette mission, M. Rocard juge "stupide" que le PS, à cause de sa "longue tradition contestataire et d'opposition", "ne participe pas à de tels débats de société", alors que "dans toutes les démocraties, les parlementaires de tous bords travaillent ensemble sur les grands sujets nationaux". "Le PS est en hibernation comateuse, pour se réveiller il doit dépasser les luttes internes, travailler collectivement et enrichir le débat intellectuel", explique M. Rocard qui garde toujours sa carte du parti.
Il assure qu'"en tout cas", il "reste un social-démocrate et c’est une pensée de gauche qui (l') anime quand (il) participe à de tels travaux".
Face à des écologistes ayant le vent en poupe, le PS, "à bout de souffle", voit son hégémonie ébranlée par l'échec des européennes et lance des appels sans succès au rassemblement de la gauche, vécus par certains comme un "prélude à un dépôt de bilan".
A huit mois des régionales, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, demande que toute la gauche "se retrouve autour d'une table", les anciens ministres PS Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès souhaitent un "comité national de rassemblement" en vue de 2012, et l'ex-numéro un communiste Robert Hue, au côté des socialistes Vincent Peillon et François Rebsamen, appelle à "un pacte unitaire de progrès" au-delà des partis.
François Hollande a lancé récemment "un appel au rassemblement" : "seul, le PS ne peut pas permettre l'alternance. Faible, c'est toute la gauche qui est empêchée".
Pour Benoît Hamon la "responsabilité" socialiste est de "reconstruire la tâche historique réussie par François Mitterrand, une nouvelle synthèse socialiste". Alors que les socialistes dirigent 20 régions sur 22, le porte-parole propose même des présidences de région à ses partenaires, avec "listes communes" au premier tour, appelées "Gauche-Ecologie" par Harlem Désir.
Que les socialistes "arrêtent de nous casser les pieds!", riposte le leader charismatique d'Europe-Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, qui, fort de son succès aux européennes (16,3% contre 16,5% au PS), revendique l'autonomie au premier tour.
"L'appel à l'union ne sert absolument à rien sauf à se recevoir des claques", tranche le politologue Gérard Grunberg pour qui les socialistes, "démoralisés, divisés" et "sans leader", "sont dans une position défensive qui n'est pas tenable et feraient mieux de réfléchir à une base d'alliance commune pour le deuxième tour".
M. Grunberg évoque la "peur excessive" du PS "de voir les écolos devant lui" et "ce fantasme socialiste depuis 1971 (Congrès d'Epinay) selon lequel on ne peut exister qu'en faisant alliance avec la gauche+".
Le député Pierre Moscovici prévient que "discuter alliances dans une situation de grand trouble est un terrible aveu de faiblesse, voire le prélude à un dépôt de bilan". Pour l'ancien ministre, le PS "vit son +année zéro+".
Lepoint.fr
Pour l'instant, nous n'en voyons que ce qui nous déstabilise:
- la fin de nos "avantages acquis" (nous avions oublié que, dans la vie, rien n'est jamais acquis);
- la fin de la social-démocratie, ce mélange d'enrichissement et de redistribution qui a sans doute été le système qui, jusqu'à présent, a le mieux permis aux hommes de vivre;
-la montée de l'islamisme intégriste, qui est la seule forme d'altermondialisme (tous musulmans, la charia pour tous, et tous les Etats-nations fondus dans l' Oumma) qui recrute des masses importantes sur un projet défini, sinon réaliste -une autre forme de "la fin de l' Histoire" chère à Fukuyma;
-les limites de l'emprise du politique sur l'économique.
Je crois qu'il est probable que la mondialisation est irréversible-mais qu' elle connaîtra des évolutions et une histoire qui ne sont pas encore écrites.
Mais je crois aussi que personne n'est encore capable de la penser; que les réponses que nous tentons d'y apporter sont celles d'un monde disparu -qu'il s'agisse de la naïveté du "paradis ultralibéral", de celle du "capitalisme moralisé" ou de celle la gauche ou de l'extrême-gauche: nous regardons l'avenir dans le rétroviseur.
Peut-être est-il simplement trop tôt pour repenser le monde: tout cela est trop récent, trop rapide, trop imprévisible, trop instable; peut-être n'est-ce tout simplement pas encore possible?
Attendons la naissance du premier qui sera capable de penser une mondialisation de droite autrement que Pangloss ("la main invisible du marché arrange tout pour le mieux dans le meilleur des mondes possible") ou de gauche autrement qu'en vœux généreux...Aspirants à la succession d'Hayek ou de Karl Marx, à vos claviers!
Aucune trêve estivale au Parti socialiste. Alors que le 14 Juillet se place traditionnellement sous le signe de la concorde nationale, le temps est toujours à l'orage dans la principale formation d'opposition. Comme le révèle Le Parisien de mercredi, Martine Aubry a choisi ce jour pour adresser un courrier musclé à Manuel Valls, le député-maire PS d'Evry qui critique régulièrement son parti, tient ses propres meetings, anime un club («A gauche, besoin d'optimiste !») et n'hésite pas à dialoguer avec la droite.
Les mots employés - durs et inhabituels en public pour Aubry, et en rupture totale avec la méthode Hollande - ressemblent à un ultimatum : «Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer, la fin du Parti socialiste. Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste», tranche la maire de Lille, qui peine à imposer son leadership.
lefigaro.fr
afp
...où Oskar Lafontaine a fait scission pour créer Die Linke...
Pas très en forme, Rocard!
"À quoi bon se voiler la face ? On est à la fin d'un cycle. Le PS est dans la situation du PCF de la fin des années 1970, quand la désintégration s'amorçait et qu'on tentait de la conjurer par des formules incantatoires sur - déjà - la refondation , la rénovation ", déclare le philosophe. Lepoint.fr
Pour 41% des sondés (52% en mars 2009) le PS est proche des préoccupations des Français, contre 59% qui pensent le contraire. Pour 40% (47% en mars) il s'oppose suffisamment au gouvernement, 59% sont d'un avis contraire.
Pour 31% (39% en mars), il a des dirigeants de qualité, 69% pensent le contraire. Pour 27% il un projet pour la France contre 72% qui sont d'un avis opposé.
Le pourcentage de sondés qui pensent que la situation du PS s'est "améliorée" depuis l'élection de Martine Aubry à sa tête a baissé: pour 7% (ils étaient 19% en mars) elle s'est améliorée, pour 20% elle s'est détériorée (6% en mars), et pour 72% (74% en mars) elle n'a pas changé.
AFP
La situation empire pour le PS!
Le leader d'Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit (Verts) a reproché mercredi à Ségolène Royal de "faire la jeune outrée" alors qu'elle sait comme Martine Aubry que "ça fait maintenant trente ans qu'on triche au Parti socialiste".
Ségolène Royal a demandé mardi à la direction du PS d'engager une "action" contre l'ouvrage "Hold-uPS, arnaques et trahisons", si les accusations de fraude lors de l'élection de la première secrétaire du PS sont fausses et des sanctions contre les fraudeurs si les faits sont avérés.
"Ségolène Royal et Martine Aubry savent que ça fait maintenant trente ans qu'on triche au Parti socialiste", a déclaré l'eurodéputé Verts sur France-Info.
"Bourrer les urnes c'est une tradition d'une certaine gauche française", a-t-il poursuivi estimant que ça avait été le cas pour "Martine Aubry dans le Nord" et pour "Ségolène Royal dans l'Hérault, en PACA" lors du scrutin interne de novembre 2008.
"Ségolène Royal fait la jeune outrée alors qu'elle-même, elle participait de ce jeu dans les mêmes élections", a-t-il dit.
AFP
Près d'un sympathisant socialiste sur deux (48%) souhaite une alliance du PS avec les autres partis de gauche, y compris le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, plutôt qu'avec le Modem de François Bayrou, selon un sondage paru samedi dans Le Figaro.
Selon cette enquête d'OpinionWay, la proportion des sympathisants du PS favorables à une alliance avec le NPA est en hausse de dix points par rapport à un précédent sondage paru en mai.
Ils sont 20% à être partisans d'une alliance à gauche excluant le NPA.
Une entente électorale avec le Modem n'est souhaitée que par 15% des sympathisants.
AFP
Si la direction du PS écoute ses militants, le parti va s'enfoncer encore un peu plus.
Lepoint.fr
"Je réunirai le mouvement après les élections régionales", a expliqué l'ex-candidate PS à la présidentielle. Qui précise : "D'ici là, j'ai confié à un sage, Jean-Louis Bianco, avec Najat Belkacem et Gaëtan Gorce, la responsabilité d'animer le courant, avec bien sûr tous ceux qui le voudront, pour que les choses se passent de façon très paisible", a poursuivi la présidente PS de la région Poitou-Charentes.
Vincent Peillon a immédiatement réagi, expliquant: "Nous n'allons pas nous laisser congédier. C'est d'ailleurs impossible car la direction du courant résulte statutairement du vote des militants". Sur BFM TV, il a été plus violent, parlant de "psychiatrie lourde" à l'égard de Ségolène Royal.
AFP