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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 17:12
Par Marc Lazar...Le Figaro du 26 05 09...

À l'instar de la gauche réformiste européenne, le PS est confronté à un vide d'identité.

Chaque parti qui compose le socialisme européen présente des points communs avec les membres de cette famille et des particularités déterminées par une longue histoire et son insertion dans le système politique national. Le socialisme en France, quel que soit le nom que le parti ait pris au fil du temps, a néanmoins d'indéniables singularités au regard des partis sociaux-démocrates d'Allemagne, d'Autriche et des pays scandinaves.

À la différence des puissantes machines sociales-démocrates, le PS, doté d'une fragile organisation, n'entretient que des liens lâches avec les confédérations syndicales, à l'exception de ceux noués avec les syndicats des enseignants. De même, il n'a toujours eu qu'un faible enracinement dans la société, hormis dans le Nord-Pas-de-Calais. Son électorat était et reste moins important qu'ailleurs en Europe et la classe ouvrière y occupe une portion congrue.

 

Le tournant des années Mitterrand

 

En outre, le PS a été confronté à la vive concurrence du PCF, qui, de 1945 à la fin des années 1970, l'a largement dominé. Cela a accentué ses propres caractéristiques idéologiques et politiques : l'obsession de ne pas avoir d'ennemi sur sa gauche, le refus du réformisme, la réticence au compromis, l'inclination à la radicalité, un goût prononcé pour l'intransigeance doctrinale, une propension à la division, la difficulté à assumer l'exercice du pouvoir comme l'ont montré Alain Bergounioux et Gérard Grunberg dans L'ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir.

Les années Mitterrand, de 1971, lorsque celui-ci s'empare du nouveau PS, à 1995, date de la fin de sa seconde présidence, représentent un tournant. Dans un premier temps, la stratégie de l'union avec le PCF accentue ses traits avec sa volonté de rompre avec le capitalisme, son vaste programme de nationalisations et sa critique de la «timidité» sociale-démocrate. Pa­reil­le continuité coexista avec les ruptures introduites par François Mitterrand, comme l'assimilation de la lo­gique présidentielle des institutions de la Ve République.

 

Crise du leadership

 

Dans un second temps, à partir du tournant de la rigueur, en 1983-1984, s'amorce une conversion forcée à une culture pragmatique de gouvernement, assez semblable à celle des autres socialistes européens, et, de manière quasi honteuse, au réformisme comme référence identitaire. Débarrassé du défi communiste (le PCF s'est effondré en quelques années), le PS se rapproche alors des partis sociaux-démocrates. Un rapprochement facilité par sa pleine intégration au sein de l'Internationale socialiste et du Parti socialiste européen (PSE).

La situation présente du PS est proche de celle du reste de la gauche réformiste européenne. Comme les autres partis, le PS est confronté à un dilemme de stratégie : faut-il s'allier avec les forces centristes ou avec celles qui sont sur sa gauche ? Son électorat présente une structure comparable à celle de la plupart des autres partis de gauche : des salariés de plus de 50 ans, appartenant plutôt au secteur public, vivant dans des grandes villes, diplômés, partageant des valeurs «libertaires» ; en revanche, il ne comporte guère de jeunes, de catégories populaires, de précaires ou de salariés du privé.

Le PS, à l'instar de toute la gauche européenne, est confronté à un vide d'identité : son réformisme ne s'avère guère tranchant ni mobilisateur et encore moins son socialisme. Enfin, il butte sur la question du leadership, non point par manque de talents mais parce que l'autorité du leader est affaiblie par sa traditionnelle culture des égaux et la compétition entre les ego.

 

Le poids considérablede la fonction publique

 

Connaître des tourments comparables signifie-t-il pour autant que le PS est désormais un parti socialiste comme les autres ? Le PS conserve encore des traits qui le spécifient. Ses traditionnelles faiblesses organisationnelles continuent de le différencier comme son positionnement idéologique. La grande entreprise de rénovation de la gauche des années 1990, symbolisée par le blairisme, visait à relancer une social-démocratie en voie d'épuisement par l'assimilation du libéralisme, la reconnaissance de l'économie de marché sans approuver la dérégulation généralisée et le déploiement de politiques publiques innovantes, notamment en matière d'éducation, de recherche et de formation professionnelle. Alors qu'elle a partout nourri discussions et controverses, le PS a majoritairement choisi de l'esquiver ou de la dénigrer. Aujourd'hui, avec la crise financière et économique, il pense que le «social-libéralisme» est mort et que le temps de l'État est de retour, ce qui lui donnerait rétrospectivement raison.

Le PS, qui n'a jamais procédé à un vrai bilan historique de la gauche et du communisme, cède une fois encore à ses vieilles inclinations : il gauchit son discours contre le capitalisme sous la pression de la gauche radicale désormais plus trotskiste que communiste. Les autres partis socialistes et sociaux-démocrates cherchent quant à eux à inventer de nouvelles formes de régulation et à lutter contre les inégalités sociales qui se sont creusées sans renoncer à leur acceptation de l'économie de marché, à l'impératif de la réforme de l'État et au refus de l'esprit d'assistance.

Enfin, le PS est plus dépendant du secteur public et de la fonction publique qui exercent un poids considérable et, en un certain sens, se servent désormais de lui pour imposer leurs propres intérêts. Ainsi, bien que le PS adhère au manifeste du PSE pour les élections européennes, il s'avère à la fois un parti socialiste comme un autre et irréductiblement différent.



Marc Lazar
* Professeur des universités à Sciences Po
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Published by Marc Lazar - dans Parti socialiste
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commentaires

marc+d'HERE 11/06/2009 15:04

Le PS est confronté à un piège dont il ne peut pas sortir. C'est pourquoi son déclin est inéluctable. Soit il choisit une voie "réformiste", réaliste et responsable, mais alors il ne peut qu'adopter un projet proche de celui de Sarkozy et perd toute possibilité de représenter une alternative. Soit il va plus franchement vers la gauhe radicale, mais alors il perd une grande partie de sa crédibilité et ses électeurs sociaux démocrates et sociaux libéraux. Dans les deux cas, il n'a rien à espérer et continue à perdre ses militants...

marc+d'HERE 11/06/2009 14:57

Le PS est confronté à une crise d'identité qui représente un piège insoluble.

Elie+Arie 02/06/2009 19:42

C'est un article qui tourne autour du pot: ce n'est pas l'économie de marché qui pose problème au PS -et à tous les autres PS européens, même les scandinaves qui perdent les élections alors qu'ils y étaient une quasi-institution - mais sa globalisation et ses conséquences ( délocalisations, baisses des prélèvements obligatoires qui finançaient l' Etat-Providence).