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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 09:28

O. Galz.- Il se veut l'aile gauche du Gouvernement, il a fondé son mouvement, "La Gauche moderne", qui a tenu son conseil national ce week-end. Bonjour, Monsieur Bockel.
 
Bonjour.
 
- C'est quoi "La Gauche moderne", c'est un parti, c'est un mouvement ?
 
 Jean-Marie BOCKEL. C'un parti politique qui existe depuis un an, qui était présent déjà aux municipales, qui est présent d'ailleurs dans pratiquement toutes les régions, dans 80 départements, et nous sommes, là, maintenant très engagés dans la campagne pour les élections européennes. Nous sommes l'aile gauche de la majorité. Beaucoup d'entre nous ont été au Parti socialiste, d'autres débutent dans la vie politique sans engagement mais se sentent une sensibilité de gauche mais ne se retrouvent pas dans l'archaïsme du PS, et nous nous voulons évidemment force de propositions pour les réformes auxquelles nous croyons.
 
- Vous appartenez à un gouvernement de droite, vous êtes pour les européennes sur les listes de la majorité présidentielle. Ca veut dire qu'une gauche moderne, selon vous être de gauche aujourd'hui, être moderne, c'est être à droite ?
 
La gauche européenne, en dehors du Parti socialiste, a évolué. Très souvent d'ailleurs le Président, la majorité, se retrouvent pour réformer sur les mêmes positions que les sociaux-démocrates, là où ils ont su changer, appréhender le monde tels qu'ils étaient. Si vous regardez le programme de la majorité présidentielle, vous retrouvez un certain nombre de thématiques de gauche sociale que le Parti socialiste n'arrive plus à porter, tellement il est divisé, tellement il est supplanté par l'extrême gauche, faute d'avoir su vraiment proposer une réforme de sa pensée politique. Je vais être très concret : la régulation du capitalisme financier que le président Sarkozy a fortement portée pendant la campagne européenne, nous avons des propositions. Prenez la dimension de solidarité ; les socialistes parlent toujours, et depuis très longtemps, de l'Europe sociale, mais est-ce que l'Europe sociale ça veut dire simplement qu'il faut réduire les protections sociales qui existent en France, surtout en ces temps de crise pour se mettre à une moyenne européenne, car nous sommes la plupart du temps socialement le pays le plus avancé, ou est-ce que cela veut dire, et c'est notre idée, qu'il faut à la fois protéger notre modèle social en le faisant évoluer, et puis trouver des terrains d'entente avec nos partenaires européens sur des points concrets pour que peu à peu cette Europe de la solidarité se mette en place ? C'est nous qui proposons ça. Donc, nous sommes de gauche mais nous nous retrouvons bien dans le projet politique de la majorité, qui nous écoute et qui prend en compte nos propositions.
 
- Alors, il prend en compte à une hauteur très précise : deux places éligibles pour les européennes. Vos anciens amis socialistes disent « c'est le prix de la traîtrise ». Vous comprenez leur ressentiment ?
 
Je pense qu'il faut souvent balayer devant sa porte pour progresser, et je pense qu'ils ont trahi certains de leurs idéaux et ils en font aujourd'hui la démonstration tous les jours. Regardez, ils parlent du vote sanction, mais ils sont complètement à côté de la plaque. Qu'est-ce qu'ils veulent sanctionner : l'Europe ? Est-ce qu'ils veulent simplement masquer leur absence de propositions ? Ils ont trahi leurs idéaux. Moi-même, je suis fidèle à mon engagement politique depuis près de quarante ans. Chaque fois que je me retrouve...
 
- ... mais, c'est quand même un peu paradoxal, il faudrait que l'UMP fasse un bon score pour que vos personnes de "La Gauche moderne" soient élues. C'est pas paradoxal, ça ?
 
Oui, mais, vous savez, je vais vous dire...
 
-...est-ce que c'est paradoxal, selon vous ? 
 
Mais pas du tout ! C'est l'ouverture. Et, l'ouverture, au début on plaisantait ou on tournait l'ouverture en dérision. Aujourd'hui, on voit bien que c'est un choix stratégique du Président, on voit que ce Président veut faire bouger les lignes, prendre les bonnes idées là où elles sont. Il sait que réformer le pays...
 
... et vous êtes d'accord avec tout ?
 
... rassembler les gens dans un temps de crise, c'est avec tout le monde, y compris avec des gens de bonne volonté, de sensibilité de gauche qui croient dans la réforme juste. C'est un paradoxe apparent.
 
On parle d'ailleurs de l'arrivée peut-être prochaine de C. Allègre. Qu'est-ce que vous en pensez ?
 
De toute façon, je ne n'en sais rien, mais c'est la démonstration...
 
... ça serait une bonne idée ?
 
L'ouverture va continuer.
 
- Ça serait ça qui est la bonne idée ?
 
Moi, je n'ai pas à me prononcer sur les personnes. Les personnes ont de grandes qualités.
 
- Mais vous avez un avis quand même.
 
Ecoutez, c'est un homme de qualité, mais ce qui compte, si vous voulez, mais ce n'est pas moi qui décide, qui choisis, ce qui compte c'est que cette ouverture progresse, et ce qui compte c'est que cette ouverture au-delà des personnes soit porteuse de sens. Et c'est ça qu'une formation politique digne de ce nom, comme "La Gauche moderne", apporte à la majorité.
 
- Alors, sur le fond, justement, sur le sens politique, être de gauche dans un parti de droite aujourd'hui est-ce que ça veut dire que vous êtes d'accord avec tout ce que fait le Gouvernement ou il y a des points sur lesquels vous êtes pas d'accord ? Je pense à la sécurité, par exemple.
 
Vous savez, la petite critique pour tacler, qui ne sert à rien et qui n'est pas écoutée, ce n'est pas mon truc. Moi, je suis maire depuis vingt ans, donc ces problèmes de sécurité je les connais bien, j'y ai beaucoup travaillé, c'est d'ailleurs le sujet sur lequel je me suis à l'époque, alors que j'étais au PS, rapproché de N. Sarkozy.
 
- Justement, à Mulhouse, dans votre ville, vous faites des propositions de prévention.
 
Oui !
 
- Ca ne ressemble pas à ce que fait le Gouvernement.
 
Je pense qu'aujourd'hui on est allé jusqu'au bout de ce qu'il est possible de faire en matière de sécurité, de réforme de la justice, et on voit bien qu'il y a un noyau dur, qu'on du mal à progresser, notamment sur la délinquance des mineurs, il faut donc aller plus loin. Aller plus loin c'est quoi ? C'est donner un contenu concret à cette idée de prévention dont la gauche parle tout le temps sans jamais rien proposer, et à laquelle une partie de la droite a du mal à croire. Moi, je l'ai mise en oeuvre. Je sais, par exemple, que il faut arriver à traiter en temps réel entre police, justice, mairie, acteurs sociaux, écoles, un certain nombre de jeunes, d'adolescents, mais aussi leurs familles, les victimes, qui vont vers la délinquance. Et donc, j'ai mis en place dans ma ville une organisation depuis quelques années autour des collèges et des lycées qui permet d'avoir des résultats. Et j'ai essayé de réfléchir à ce qu'au niveau national, cette dimension de vraie prévention avec des éducateurs de rue...
 
- ... ce n'est pas le discours de Madame Dati à la Justice, par exemple. Vous partagez toute sa politique ?
 
Mais, si vous voulez...
 
- ... est-ce que sur le fond vous êtes d'accord avec ce qu'elle fait ?
 
Je suis d'accord avec un certain nombre de réformes qui ont été initiées parce qu'il fallait vraiment que la dimension de sanction qui s'applique effectivement soit mise en place. Donc, là-dessus, je suis d'accord. Mais je dis simplement qu'on ne peut pas en rester là, qu'il ne peut pas y avoir de prévention s'il n'y a pas la sanction, mais au-delà de la sanction, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait pour ces milliers de jeunes qui basculent dans la délinquance avant même un premier contact avec le tribunal ? Evidemment, c'est là qu'il faut agir et c'est le sens de mes propositions. Je ne suis pas contre mais je veux aller plus loin.
 
- Autre point sur lequel vous n'êtes pas totalement en phase avec le Gouvernement, c'est la politique africaine de N. Sarkozy. Il n'a pas rompu avec ce qu'on a appelé les "réseaux de la Françafrique" que vous vouliez enterrer quand vous étiez à la Coopération. Ca vous a déçu ?
 
Moi, je me retrouve pleinement dans le discours du Président de la République et dans ses perspectives. Encore récemment, il a eu l'occasion de l'affirmer, et simplement ça ne se fait pas en huit jours, ça n'est pas facile. Il y a aussi la prise en compte de ce qu'on appelle "les amis de la France", dont on a besoin sur la scène internationale. Moi, je dis simplement que les choses progressent, elles doivent continuer à progresser. Je ne regrette pas d'avoir parlé haut et fort à une certaine époque, j'étais tout à fait dans l'esprit de ce que le Président lui-même avait dit. Simplement, par moment, il y a ce qu'on appelle la raison d'Etat, je peux l'accepter. Si je ne l'avais pas acceptée, je serais parti. Je suis d'ailleurs très heureux dans la fonction que j'occupe actuellement au Gouvernement. Et je suis persuadé que nous poursuivrons l'évolution de notre relation à ce grand continent, qui est un continent vraiment plein de potentialités, et sur lequel le Président a une véritable vision.
 
- La raison d'Etat, est-ce que c'est aussi de ne pas s'intéresser à l'origine des biens acquis par certains chefs d'Etat africains, ceux qui ont eu, dit-on, votre tête à la Coopération, par exemple ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
 
Ecoutez, moi, je ne vais pas revenir sur cette période maintenant ancienne, mais nous sommes dans un pays où la justice fonctionne.
 
- Vous êtes pour cette enquête sur les biens, par exemple du président gabonais en France ?
 
Ecoutez, moi, je me retrouve pleinement dans les décisions qui ont été prises au niveau judiciaire et au niveau du Parquet. Je ne ferai pas d'autre commentaire sur ce sujet.
 
- Le Parquet a fait appel, il ne souhaite pas qu'il ait enquête. Vous êtes sur la position du Parquet ?
 
Je ne ferai aucun commentaire. Je respecte les décisions de justice.
 
- Pourquoi vous êtes gêné sur cette question ?
 
Mais je ne suis absolument pas gêné, mais je veux dire, vous me faites évoquer des sujets qui ne relèvent pas de ma compétence ministérielle. Je vous ai dit tout à l'heure ce qu'il en était, il faut que la relation à l'Afrique progresse, certaines habitudes sont très anciennes, ce n'est pas en deux jours que nous réglerons ces questions, mais nous n'allons pas non plus nous fâcher avec toute l'Afrique. Je vous ai donné la réponse, je vous ai parlé très clairement, au contraire.
 
-Merci Monsieur Bockel.

Jean-Marie BOCKEL

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Published by Jean-Marie BOCKEL, sur France 2 - dans Vie Politique
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commentaires

marc+d+HERE 21/05/2009 13:28

Appel de Jean-Marie BOCKEL en faveur de Aung San Suu Kyi
l’Union européenne doit se mobiliser
pour Aung San Suu Kyi, dont la vie est en danger.

Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991, inculpée par la junte militaire birmane au pouvoir d’avoir enfreint les règles de son assignation à résidence, risque une nouvelle peine de trois à sept ans de prison, alors que sa période d'assignation décrétée en 2003 devait expirer le 27 mai.

Outre son exclusion du paysage politique, et par conséquent des élections prévues en 2010 en Birmanie, la fondatrice de la Ligue nationale pour la démocratie survit dans des conditions inhumaines : elle ne reçoit pas les soins qui lui sont indispensables.

Aung San Suu Kyi, qui a toujours lutté pacifiquement, qui a toujours défendu les valeurs humanistes de la liberté, qui a utilisé les subsides reçus pour établir un système de santé et d’éducation pour son peuple, ne doit pas être abandonnée.

L’Union européenne - France en tête - doit donner l’exemple en se mobilisant pour sauver l’opposante birmane:
La Gauche Moderne appelle tous les leaders d’opinion européens à se réunir et à manifester pour défendre la dignité et la vie d’Aung San Suu Kyi.

« Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de resurgir encore et toujours, car la peur n'est pas l'état naturel de l'homme civilisé. »
(extrait du discours de Aung San Suu Kyi « Se libérer de la peur »)

Jean-Marie Bockel