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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 13:54

Le Figaro du 22 04 09

Entretien avec Nathalie Kosciusko-Morizet

Propos recueillis par Cyrille Lachèvre,  

INTERVIEW - Pour la secrétaire d'État au Numérique et à la Prospective économique, il faut déjà travailler à la période de l'après-crise, «en 2010-2012».

Le gouvernement a lancé un site Internet pour recueillir les avis des experts et des citoyens sur les nouvelles valeurs qui vont émerger au lendemain de la crise.

LE FIGARO. - Comment faire de la prospective économique dans le contexte actuel ?
Nathalie KOSCIUSKO-MO­RIZET. - La crise que nous vivons change le monde et nous oblige à modifier le champ de la prospective. Mon prédécesseur, Éric Besson, avait lancé un vaste exercice baptisé France 2025, pour préparer notre pays aux défis de demain. Les constats dressés par ces experts restent vrais mais la crise économique force à raccourcir l'horizon et à élargir le spectre. Nous devons nous projeter dans un futur proche, celui de la sortie de crise en 2010-2012. De même, il faut dépasser le seul domaine économique, pour interroger des sociologues ou croiser d'autres regards, jusqu'à des auteurs de science-fiction, ou des tendanceurs de mode…

On le perçoit très bien à travers les changements de sémantique : en octobre, les gens parlaient de crise bancaire. Puis cela a évolué et on s'est mis à parler de crise économique, puis de crise morale, de crise de modèle et désormais de crise de représentation. C'est toute cette évolution-là que j'ai demandé au Centre d'analyse stratégique (CAS) de capter dans un travail sur la crise et la sortie de crise. C'est aussi l'objet du colloque que j'organise fin avril où l'on parlera de l'évolution des valeurs des Français depuis la crise.

Quelles seront les caractéristiques de ce rapport ?
Nous avons lancé hier un site Internet (www.sortiesdecrise.fr) destiné à recueillir les points de vue et propositions des experts qui ont participé au projet France 2025. Les internautes sont invités à les commenter et à indiquer leur préférence. Ces contributions nourriront le prérapport du CAS qui sera publié durant la première quinzaine de juin, pour une version définitive en septembre.

Quels autres rapports avez-vous commandés au CAS ?
J'ai commandé un rapport sur «les nouvelles pauvretés et le déclassement». Il s'agit de dépasser la problématique du pouvoir d'achat, faussement objective puisque les paniers des consommateurs évoluent toujours au fil du temps, afin de voir comment chaque individu peut, à un moment ou un autre, se sentir déclassé au regard de son environnement familial, professionnel, ou encore de ses diplômes. Un deuxième groupe de travail traitera de «la santé mentale et des déterminants du bien-être». Il est important de mieux cerner les critères d'épanouissement de la société contemporaine. C'est l'idée du bonheur économique.

Vous êtes également restée très proche des sujets écologiques…
En effet, je rendrai public, le 5 mai prochain un rapport rédigé par Bernard Chevassus-au-Louis, l'ancien président du Muséum d'histoire naturelle, sur «le chiffrage de la biodiversité ordinaire». L'idée est de donner des instruments de mesure précis et objectifs qui permettront aux juges de déterminer le montant des préjudices subis par la biodiversité lors de pollutions ou autres accidents industriels. On sait relativement bien mesurer le coût pour le tourisme ou la pêche, lorsque des plages sont polluées, mais combien coûte le mazoutage des espèces animales ou des plantes ? Jusqu'à très récemment, on n'évaluait pas ce qui est strictement naturel. La mouette mazoutée n'appartenait à personne donc n'était pas prise en compte. Ce problème traverse le monde : nous avons réussi à faire émerger dans le grand public le thème du réchauffement climatique à partir du moment où nous avons pu lui donner un coût économique, grâce au rapport de Nicolas Stern.

 

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Published by Nathalie Kosciusko-Morizet - dans Economie et social
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Alceste 29/04/2009 16:33

Critères d'épanouissement de la société contemporaine

Au début de l'une des crises répertoriées, celle de 1974, qui avait engendré ce tunnel dont on attend toujours la fin, Philippe d'Iribarne avait publié LA POLITIQUE DU BONHEUR. Identifié à la croissance, le bonheur reste toujours une finalité inatteignable. Comment échapper à la fatalité d'une poursuite sans fin ?
Je souhaite que les travaux poursuivis il y a une bonne trentaine d'années par le CEREBE soient repris et profitent à l'époque actuelle où l'on ne croit plus à une "sortie du tunnel" ni au "tunnel" - c'est la banalité de la vie faite de crises qui s'est imposée.