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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 19:36

Nicolas Baverez
, Le Point du 23 04 09
...


La campagne pour les élections européennes s'ouvre à un moment clé pour l'histoire de l'Union.
L'Europe est, en effet, frappée de plein fouet par la plus violente crise économique depuis la déflation des années 30 tout en éprouvant les risques du XXIe siècle : regain de l'impérialisme russe adossé à l'arme énergétique-qui repose sur la maîtrise de 25 % de l'approvisionnement gazier du continent-, terrorisme, prolifération des armes de destruction massive, crises sanitaires, menaces pour l'environnement et réchauffement climatique.


Or le contraste est total entre la gravité des enjeux et la routine désespérante
dans laquelle se complaisent l'Union et ses dirigeants. Loin de confirmer l'espoir né de la mobilisation de l'Eurogroupe élargi au Royaume-Uni autour du sauvetage des banques en octobre 2008, le G20 fut un succès pour la mondialisation mais un échec pour l'Union, marginalisée dans les négociations.
Le traité de Lisbonne demeure dans les limbes tandis que la présidence tchèque n'en finit pas de se dissoudre dans le néant d'un gouvernement en sursis. Pendant que se cumulent crise économique et crise écologique, qu'émerge à marche forcée un condominium américano-chinois dominant le capitalisme mondialisé, le débat européen se concentre sur le mode de fabrication du vin rosé, sur les quotas de pêche, sur la répartition des subventions de la politique agricole commune entre céréaliers et éleveurs, avec en toile de fond la réactivation des polémiques sur la candidature de la Turquie lors du sommet de l'Otan. En bref, plus l'Histoire accélère, plus le monde change, et plus l'Union reste immobile, otage d'institutions impuissantes, d'une technocratie déconnectée des réalités, de querelles byzantines. Avec pour conséquence immédiate le déchaînement de l'abstention, de la démagogie et de l'extrémisme.


La faillite de l'Union dans la lutte contre la déflation est d'autant moins compréhensible
que l'Europe est plus touchée que les Etats-Unis et qu'une réponse coordonnée serait plus efficace que les politiques nationales. La croissance de l'Union sera négative à hauteur de 3 % en 2009 avec un taux de chômage dépassant 10 % de la population active. Les moyens qui ont été mobilisés pour endiguer le choc sont loin d'être négligeables : 3 000 milliards d'aides d'Etat ont été mis à la disposition des banques et des plans de relance portant sur 1,5 % du PIB ont été décidés. Pourtant, un important risque de stagdéflation à la japonaise subsiste. Les raisons en sont multiples : d'abord, un retard persistant de la BCE dans la baisse de ses taux directeurs ; ensuite, un recours à des mesures d'assouplissement quantitatif ; enfin, le caractère hétérogène et non coordonné des plans de relance et des mesures sectorielles. Ajoutons à ces facteurs l'absence de solidarité envers les nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale confrontées à une violente crise des changes et des paiements, des tensions croissantes sur le financement des dettes souveraines-alors que 1 000 à 1 800 milliards d'euros d'emprunts devront être levés en 2009 par les Etats européens.
Or l'Europe devrait être au coeur des stratégies d'endiguement de la crise et de réforme du capitalisme. La coordination des plans de relance est une condition déterminante de leur succès. La définition d'un cadre commun pour le sauvetage des banques est impérative pour éviter la renationalisation du crédit qui aggrave la déflation. La prohibition des dévaluations compétitives et l'aménagement concerté des règles de concurrence sont indispensables pour assurer la pérennité du grand marché. L'échelon européen s'impose aussi pour la régulation des marchés, des opérateurs et des produits financiers, qui devrait être confiée à la BCE. En bref, économiquement, l'Europe est partout alors que, politiquement, elle n'est nulle part.


Le débat sur l'Europe doit, dès lors, porter sur les choix stratégiques
qui détermineront sa capacité à figurer aux côtés des Etats-Unis et de la Chine parmi les acteurs majeurs du XXIe siècle. Du fait de la crise, la priorité va au pilotage et à la conversion du modèle économique de l'Union. L'essai du sommet de Paris en octobre 2008 doit être transformé avec la création d'un gouvernement économique de la zone euro élargi au Royaume-Uni, tandis qu'un système de régulation européen serait constitué autour de normes comptables réhabilitant le principe de prudence et d'une supervision des risques par la BCE.
Surtout, le repositionnement du continent dans la perspective de la sortie de crise passe par des gains de productivité intensifs, donc par l'infléchissement des plans de relance au service de l'économie, de la connaissance et d'une croissance respectueuse de l'environnement. Le deuxième axe porte sur la résilience aux chocs et sur la sécurité, qui se décline en augmentation de l'effort de défense, limité à 1,1 % du PIB, mais aussi en réduction de la dépendance énergétique par la diversification des sources d'approvisionnement et par un effort d'investissement dans les infrastructures. Le troisième volet doit être orienté sur la démographie. Son déclin se traduira par une diminution de la population européenne de 50 millions d'habitants d'ici à 2050. Enfin, la remise en marche de l'Union impose de privilégier lors de la prochaine décennie son approfondissement sur son élargissement.

Nicolas Baverez
Le Point 

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Published by Nicolas Baverez, Le Point - dans Europe
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marc d'HERE 28/04/2009 12:08

L'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit (Verts) a reproché mardi au PS et au MoDem de s'intéresser davantage à la présidentielle de 2012 qu'aux élections européennes et de "détourner vers un vote sanction" le scrutin de juin. AFP

marc d'HERE 27/04/2009 23:22

L'UMP est en tête des intentions de vote pour les élections européennes, devançant le PS de quatre points, avec un taux de 26,5%, selon un sondage IFOP pour l'Humanité rendu public lundi.

Le parti majoritaire a progressé d'un demi-point par rapport à février dernier et de 4,5 points par rapport à novembre, selon cette enquête d'opinion.

Deuxième du classement, le Parti socialiste recueille 22,5% des intentions de vote, un taux quasi-stable (0,5 point de moins qu'il y a deux mois et 0,5 de plus qu'en novembre).

Les autres listes soumises aux personnes interrogées évoluent assez peu: 14% (-0,5 point) pour le MoDem de François Bayrou, 7,5% (+0,5%) pour Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, autant pour le FN qui progresse de 1,5 point.

A 7%, le NPA d'Olivier Besancenot fléchit de 2 points par rapport à février, tandis que le Front de Gauche (PCF et Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon) affiche 5,5 point, en hausse de 1,5.

Libertas, bannière sous laquelle sont réunis le MPF de Philippe de Villiers et CPNT de Frédéric Nihous, est stable à 5%, comme L0 à 3%.

Sondage réalisé par téléphone du 23 au 24 avril

Le Point.fr