Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 12:29


...Suite du rapport d'Alain de Vulpian...


5/ La crise de la planète.

 

Il devient de plus en plus visible que la planète, l’espèce humaine et la biosphère fonctionnent comme des ensembles vivants. La vie de la société et de l’économie planétaire s’intensifient. Les défis les plus redoutables qui planent sur le XXIème siècle concernent la planète dans son ensemble et l’espèce humaine toute entière et non pas tels ou tels de leurs fragments. Comme la crise économique mondiale que nous vivons, ils appellent des réponses urgentes et globales. Face à cet impératif,  le pouvoir politique est toujours, pour l’essentiel, ancré dans les Etats nationaux. Il en résulte de graves turbulences et une paralysie du pilotage qui pourraient conduire à la catastrophe.

 

La planète en voie d’unification.

 

La planète fonctionne de plus en plus comme une entité complexe et vivante. L’évolution, en ce sens, s’est accélérée au cours du siècle dernier et plus encore au cours des dernières décennies.

 

Il a fallu environ 100.000 ans pour que la diaspora humaine, partie d’Afrique de l’est, peuple la Terre entière. Homo Sapiens s’est installé en Europe il y a quarante mille ans. Marco Polo est parti de Venise pour découvrir et nous conter l’Extrême Orient au XIIIème siècle et l’Europe a découvert l’Amérique à la fin du XVème siècle.

 

Les progrès des communications, ont rétréci l’espace, le temps et la Terre. Philéas Fog a fait le tour du monde en 80 jours. Un avion supersonique le fait en moins de 24 heures. Alors que les monarques devaient attendre des jours pour qu’un courrier à cheval leur apprenne la victoire ou la défaite de leur armée ou de leur flotte, les télécommunications nous informent instantanément des événements du monde. Internet nous permet à tout instant d’interagir en temps réel avec notre ami ou collègue aux antipodes. Les photos prises par satellites nous ont permis de voir la planète Terre comme de l’extérieur et nous ont aidé à la  percevoir comme un tout petit monde dans lequel nous sommes enfermés.

 

Les oppositions de territoires et de camps se sont diluées. Depuis la découverte de l’élevage et de l’agriculture et la sédentarisation, la planète s’est scindée en territoires. Dans la ligne des traités de Westphalie, l’Europe s’est divisée en nations gouvernées par un Etat souverain détenteur de l’autorité et de la violence. Elle a créé d’autres nations qu’elle a colonisées. Les nations se sont battues. Le monde industrialisé, des années 1950 aux années 1980, a été bi-polaire, séparé en deux ensembles idéologiques antagonistes par un rideau de fer. A la suite de l’implosion de l’URSS, on a pu penser qu’il devenait unipolaire sous leadership américain. Mais l’impuissance de la force américaine en Irak et en Afghanistan, la montée en puissance de la Chine et de l’Inde, le réveil de la Russie et la menace islamique font penser à un monde multipolaire alors qu’il devient peut-être si complexe que des pôles stables et clairement établis ne peuvent s’y installer.

 

 

La politique de laisser-faire et la libéralisation de la finance et du commerce international ont favorisé la libre circulation des biens, des monnaies et des personnes. Les régions du monde se sont reliées les unes aux autres par des flux monétaires, économiques et humains. Nos économies ont atteint un niveau d’interdépendance dont nous n’étions pas pleinement conscients et que la crise en cours rend tangible. Dans chaque pays et chaque région les faillites bancaires, les dépôts de bilans, les taux de chômage dépendent de ce qui se passe ailleurs et ont des répercussions ailleurs. Pour ne pas susciter (globalement ou localement) des chocs, des blocages ou des dégâts trop dangereux, ces interdépendances demandent à être régulées. Nous avons besoin de gouvernances continentales et planétaires.

Les situations économiques et sociales respectives des différentes régions et populations de la Terre changent et peuvent provoquer des déséquilibres intolérables. Trop de tensions entre les riches et les pauvres à l’échelle de la planète, entre les bénéficiaires et les exclus de la modernisation. Trop de différences entre ceux qui possèdent des sources d’énergie, d’eau ou d’alimentation et ceux qui en sont dépourvus. Entre ceux qui pâtissent ou bénéficient des changements climatiques. Ces disparités peuvent alimenter des replis nationaux, continentaux ou idéologiques et déboucher sur des conflits dévastateurs. Le développement de la socio-économie planétaire est sans doute insuffisamment piloté.

 

 

Vers une confluence des civilisations. Après les « dragons », les BRIC sont entrés dans le concert économique mondial. La progression du niveau de vie, dans les pays s’ouvrant à l’économie de marché, a été spectaculaire. Des centaines de millions de Chinois ou d’Indiens,

peuples de très anciennes civilisations, ont adopté des objets et des techniques inventés par l’Occident. Ils ont accédé aux classes moyennes et se sont modernisés. Ils sont devenus des consommateurs libres de choisir entre des produits modernes en même temps qu’ils devenaient des utilisateurs de téléphones mobiles et d’Internet, communiquant aisément entre eux. Ce faisant, leur psychologie, leurs aspirations et leur sociologie ont changé. Ils sont devenus un peu plus autonomes, en quête de marges de liberté, de petits bonheurs, d’affections, d’harmonie, de sens, etc. Ces transformations ont des parentés avec celles qui se sont produites en Occident. Mais il ne s’agit pas, à proprement parler d’une occidentalisation. Ces peuples cherchent à se moderniser et se modernisent effectivement à la façon de leur culture, selon les cas chinoise, indienne, brésilienne ou autre.

 

Vers une société civile mondiale. Parallèlement un peu plus autonomes et, dans le même temps, plus directement et individuellement reliés les uns aux autres par Internet et téléphones mobiles, ils donnent naissance à une nouvelle société civile qui prend de plus en plus de poids. La télévision, Internet, les ONG et quelques communautés d’aspiration relient les sociétés civiles nationales les unes aux autres. Une société civile mondiale semble en voie de d’émergence. Les gouvernants devront compter avec elle. La puissante vague d’intelligence collective mondiale en faveur d’un développement respectueux de l’écologie terrestre en est aujourd’hui l’une de ses manifestations les plus visibles.

 

 

Un processus mondial de civilisation pourrait être en train de s’installer. La civilisation de la Terre deviendrait au XXIème siècle une coproduction poly-culturelle. L’influence culturelle de l’Occident s’estompe. La démocratie et le capitalisme, tels que nous les pratiquons, ne suscitent plus l’adhésion de nos populations ni celle des peuples d’autres civilisations. L’Occident hésite de plus en plus à imposer sa civilisation au reste du monde. Simultanément, un métissage culturel se produit. On s’imite et on s’inspire les uns les autres. Par exemple, le besoin de sens et d’harmonie que nourrit le  processus de modernisation réveille une quête spirituelle et parfois d’anciennes religions. Le christianisme, dépérissant en Europe, prend vie ou se renforce en Asie, en Afrique, en Amérique latine. C’est sans doute en Europe et en Amérique que le renouveau du bouddhisme est le plus visible. Le Confucianisme, qui se réveille en Asie, pourrait trouver un écho en Europe. Et l’on se demande si l’Islam pourra un jour être soluble dans la modernité.

Une résurgence néo-spirituelle et morale est perceptible en Occident comme en Russie ou en Asie. Elle se manifeste par un réveil du besoin de sens et de la recherche d’expériences spirituelles/émotionnelles et la mise en marche d’une « machine sociale » à produire de nouvelles valeurs et une nouvelle morale de la vie quotidienne. Elle pourrait trouver des synergies avec cette version du christianisme qui se centre sur « aimez vous les uns les autres », avec le bouddhisme, avec le confucianisme, …

 

Ces amorces d’unification sont fragiles.

 

La planète et l’espèce en danger.

 

Le défi est écologique et géopolitique. Il exige une régulation planétaire.

 

L’Occident a inventé un mode de développement scientifique, industriel, productiviste et centré sur la compétitivité de la consommation qui s’est avéré extrêmement performant. Il a été  récemment adopté par une bonne partie des peuples de la terre. Mais il épuise la planète. En deux siècles, l’espérance de vie a plus que doublé. La population de la terre est passée de ***** en 1900 à 6 milliards en 2000 ; elle atteindra 9 milliards en 2050. Il sera difficile de la nourrir et de lui fournir l’eau potable et l’énergie dont elle aura besoin. Le nombre d’automobiles en service sur la terre est passé de **** en 1900 à ***** en 2000 et toutes dépendent encore du pétrole et produisent du CO². Nous commençons à sentir les effets de la croissance sur les équilibres climatiques. La communauté scientifique comprend de mieux en mieux que l’écosystème planétaire est une totalité dont dépend, entre autres, la survie de notre espèce. Elle s’inquiète, de façon de plus en plus explicite, de la détérioration de cet  écosystème qu’elle attribue, au moins en partie, aux formes de développement industriel que nous avons choisies. Certains scientifiques se demandent si le seuil de basculement au-delà duquel des catastrophes majeures sont inévitables n’est pas déjà dépassé. Nos formes d’industrie et notre voracité de consommateurs ne peuvent être durables.

Mais le défi est énorme. Il n’est pas certain que nous sachions inventer en temps voulu des modèles de développement et des modes de vie qui permettent à 9 milliards d’humains de vivre dans l’harmonie et la paix. Des intérêts économiques et financiers très puissants et la protection des positions nationales freinent le changement. Jusqu’à il y a peu, les Etats-Unis étaient franchement hostiles au processus de Kyoto qui s’attache à concevoir les régulations nécessaires et à répartir les efforts entre les pays et les régions du monde.

Cependant, une vague d’intelligence collective mondiale se forme et prend de l’ampleur. Pendant 40 ans, on a parlé d'écologie et de développement durable mais le thème était entre les mains d'idéologues, de spécialistes et de militants et n’affectait guère les gens ordinaires. Depuis trois, quatre ans, pas beaucoup plus, un énorme mouvement d'intelligence collective s'est tissé : les populations de la planète ont soudain et tardivement pris conscience que nous l’avons laissé péricliter et qu’elle est gravement menacée. Les sondages montrent que les menaces environnementales sont devenues la préoccupation dominante de 45 à 66% des Européens de l’Ouest et de 70% des Chinois. La proportion des Américains qui partagent cette opinion a plus que doublé en cinq ans et approche de 40% (Pew Research).

Cette vague d’intelligence collective débouche, au niveau même des gens ordinaires, sur de nouvelles représentations de la réalité, de nouveaux comportements et de nouvelles demandes. Nous comprenons que le problème est extrêmement sérieux et que, par exemple, si le dérèglement des climats ou le gaspillage de l’eau se poursuivent, nous devrons faire face, à relativement court terme, à des crises majeures. Nous sentons que ce sont, toutes ensemble, les populations de la Terre qui sont confrontées à ce défi et que nous devons trouver à agir tous ensemble de façon coordonnée. La conscience apparaît très progressivement que, nous les humains, nous vivons tous dans le même appartement. Il y a des chances pour que nous ne laissions pas nos gouvernants et nos dirigeants d’entreprises s’endormir face à ce défi.

 

L’espèce humaine est confrontée à un autre défi planétaire. Il est géopolitique. Dans ce monde imbriqué et interdépendant, l’extrême dangerosité des armements que nous avons inventés devrait nous contraindre à régler les conflits avant qu’ils s’enveniment et à concentrer nos énergies sur la construction d’une planète pacifique.

Les armes dont nous disposons, chimiques, biologiques et surtout nucléaires ont un pouvoir destructeur énorme. La prolifération de l’arme nucléaire est particulièrement alarmante. Les traités et les organismes internationaux nous en protègent mal. Le nombre des Etats possédant la bombe et des fusées pour la porter ne cesse d’augmenter. Certains d’entre eux  sont engagés dans d’intenses conflits de territoire, d’influence ou de religion avec des voisins. Les conflits peuvent être exacerbés par de graves crises écologiques. Tel ou tel d’entre eux peut déclencher un feu nucléaire qui, même si limité au départ, pourrait mettre en danger la planète entière. La miniaturisation et la portabilité de certaines armes pourraient les mettre à la disposition de réseaux terroristes.

Les populations de la Terre sont mises au défi de gérer et de réguler la géopolitique de la planète. Certaines d’entre elles (en Europe, en Chine ?) semblent en voie de prendre conscience que la gamberge géopolitique doit mettre l’harmonie planétaire au premier plan de ses préoccupations. Verrons-nous, comme dans le domaine de l’écologie, se former une vague mondiale d’intelligence collective susceptible de peser sur nos gouvernants ?

 

 

Vers une gouvernance planétaire ?

 

Le pouvoir des Etats souverains a été très affaibli par l’Histoire du Xxème siècle. Il n’en reste pas moins que le champ d’exercice privilégié du pouvoir politique reste national et que les opinions publiques se forment encore souvent dans le cadre de la nation. Il est primordial que nous parvenions, au cours des prochaines années, à opérer un saut de gouvernance. L’urgence extrême du défi des crises à surmonter peut nous y aider.


.......Suite et fin à venir dans la prochaine publication...

Alain de Vulpian 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Alain de Vulpian - dans Réflexion politique
commenter cet article

commentaires