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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 18:58


...suite du rapport d'Alain de Vulpian...

4/ Divorce entre la société des gens et le capitalisme tel que nous le pratiquons.

 

Le fossé se creuse entre, d’une part, le capitalisme centré sur les profits financiers à court terme qui domine depuis les années 1990 et, d’autre part, les gens et la société des gens qui s’est auto-organisée en Occident.

 

Malaise de l’entreprise et dans l’entreprise.

 

L’entreprise, et notamment la grande entreprise, fonctionne mal et ne s’épanouit pas dans la société moderne qui l’environne et en constitue le corps social.

 

° Au cours des années 1990 et 2000 des entreprises, de plus en plus nombreuses, ont  été entraînées dans une culture de management centrée sur la compétition pour l’extrême profitabilité à court terme. Presque partout et à tous les niveaux, on se met à parler le langage de la finance plutôt que celui du métier ou du marché et les regards sont braqués sur les résultats à court terme plutôt que sur les visions de développement. Les dirigeants sont souvent de passage, choisis par un conseil d’administration pour leur capacité à produire des résultats. Ce sont moins des professionnels du métier que du management. Ce sont moins des animateurs d’équipe que des financiers. Il en résulte une massive perte de sens de l’entreprise et du travail à une époque où enfle le besoin de trouver du sens à ce qu’on fait.

Beaucoup d’entreprises ont des stratégies implicites ou explicites dans lesquelles le court terme pèse trop lourd par rapport au long terme. Elles délaissent la culture de vision à moyen/long terme de leur développement industriel et stratégique et ne voient pas venir précocement les menaces et les opportunités qu’un environnement changeant leur prépare. Encore perte de sens !

 

° De très nombreuses entreprises ont serré les boulons au-delà du raisonnable. Elles ont rationalisé et bureaucratisé leur organisation. Elles ont réduit leur personnel et accru les charges de travail. Elles ont achevé de détruire chez bon nombre de leurs collaborateurs l’ambition de pouvoir s’épanouir en travaillant. Elles ont induit du stress et de l’insatisfaction.

Il y a dix ou quinze ans que les sociologues essayent d'attirer l'attention sur ce dangereux clash en train de se constituer. Cela fait deux ans que la médecine du travail tire, à son tour, la sonnette d'alarme. Et l’on voit dans la presse, notamment dans la presse française, des commentaires de médecins et de psychologues du travail qui sont terrifiants et qui nous disent que non seulement le stress s'accumule mais que l'insurrection pointe. « Ce manager, j’ai envie de le tuer ! ». Des germes de révolte s’accumulent. Des états-majors d’entreprises commencent à prendre conscience du problème. Ils passent de la situation de dénégation (qui était la situation dominante dans nos entreprises : "Oh pas chez nous ! Oh C'est pas tout à fait vrai. Bien sûr, avec l'informatique, y a un peu de stress mais ça va pas très loin, etc."), .à l’inquiétude sinon à l’action pleinement avisée.

 

° Des entreprises se coupent en deux. Pas toutes mais chez certaines la coupure est claire. La pratique des rémunérations exorbitantes, des bonus et des stock options isole du corps social de l’entreprise la petite minorité qui fait cause commune avec les actionnaires. D’un côté, nous trouvons des dirigeants (patrons et collaborateurs très proches) qui s’engagent pleinement dans la course aux résultats : les meilleurs profits trimestriels, les meilleures rémunérations personnelles. De l’autre, l’ensemble du personnel.

 

° Les tentatives de manipulation psychologique ont souvent des effets boomerang dans des populations qui deviennent très habiles à les détecter. Par exemple, l’affichage de préoccupations écologiques a été souvent perçu comme une tentative de manipulation du public. De même, des politiques de communication interne, cherchant à convaincre les personnels que leur entreprise est conduite par des valeurs humaines ou qu’ils y sont heureux, ont souvent des effets délétères.

 

° Ces réactions de rejet interfèrent avec le management. Le stress et le désenchantement ont fleuri. Des personnels plus nombreux ont pris leurs distances par rapport au travail et à leur entreprise et ont centré tous leurs efforts d’épanouissement sur la réussite de leur vie personnelle. Ce sont souvent des gens modernes, autonomes, créatifs, socio-perceptifs et capables de pressentir les opportunités intéressantes, ce sont des réservoirs d’initiatives et de germes de réseaux constructifs. En serrant les boulons, l’entreprise stérilise ces richesses.

L’entreprise qui fixe son attention sur sa profitabilité à court terme, qui réduit ses efforts de réflexion et d’imagination centrés sur le moyen et le long termes, n’écoute plus intensément ses consommateurs et anticipe mal leurs évolutions. Elle les insatisfait souvent et n’invente pas les produits, les services et les modalités d’avenir.

Des réseaux de complicité ont émergé ici et là dans des entreprises pour traîner les pieds ou bloquer certaines tentatives de réorganisation. Les jeunes et les cadres à haut potentiel sont devenus plus difficiles à attirer et à conserver durablement dans l’entreprise. En France, lorsqu’on interroge les jeunes sur leurs ambitions de carrière, peu sont attirés par la grande entreprise telle qu’elle est devenue, quelques uns espèrent arriver à prospérer dans la finance, beaucoup aimeraient pouvoir créer leur propre entreprise, beaucoup rêvent de donner du sens à leur vie en travaillant pour une association ou une ONG, beaucoup ambitionnent la sécurité et la tranquillité d’un statut de fonctionnaire. Et ceux qui vont vers une grande entreprise la voient plutôt comme une étape dans une carrière que comme un investissement durable.

 

 

Rejet des grandes entreprises, des dirigeants de l’économie et des profiteurs de la finance.

 

Le « soft capital » de la grande entreprise en général et de certaines entreprises en particulier a été fortement endommagé.

 

° L’idée que l’entreprise capitaliste méprise et écrase ses collaborateurs, néglige ses consommateurs et parfois les empoisonne, pollue et épuise l’environnement fait son chemin. Des mouvements de protestation se sont d’abord focalisés sur le respect des droits de l’homme (et des enfants) dans les pays du Sud. Ils concernent de plus en plus les licenciements, le stress et les discriminations. Il s’y ajoute fréquemment l’idée que telle ou telle entreprise, telle ou telle banque ont été mal gouvernées par des dirigeants incompétents.

 

° Un sursaut moral. A une époque où le besoin de sens alimente l’ébauche d’une nouvelle morale sociale, une impression de scandale enfle à l’encontre de ce qui est perçu comme un enrichissement indu et comme un enrichissement des très riches aux dépens des pauvres. Ce n’est pas la lutte des classes qui se réveille mais plutôt une profonde hostilité de la masse de la population à l’égard  des hyper-riches de la finance.

L’intelligence collective semble en passe d’identifier la finance et la spéculation au mal et l’économie réelle au bien.

 

° La crise économique, avec le chômage, les baisses de revenus, les crédits impossibles à rembourser, les saisies de logements est déjà très durement ressentie. Mais cette crise, à la différence d’autres, ne semble pas une fatalité. On lui voit des responsables. Il y a des coupables, méchants et/ou incompétents. Ici ou là, une explosion sociale est possible. Les financiers, les banquiers, les très riches et éventuellement « nos dirigeants » pourraient être des boucs émissaires.


....Suite à venir....

Alain de Vulpian

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Published by Alain de Vulpian - dans Réflexion politique
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