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PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:15


.....Suite du rapport d'Alain de Vulpian...


3/ laisser faire l’économie.

 

Propulsée par Ronald Reagan aux Etats Unis (1981-1989) et par Margaret Thatcher en Grande Bretagne (1979-1990), la théorie du laisser-faire à plus ou moins imprégné le développement de l’économie et les politiques économiques de tous les pays d’Occident au cours des trois dernières décennies. Elle est inspirée par la conviction que le marché, s'il est laissé totalement libre, résout tous les problèmes dans l'intérêt général.

 

Cette évolution a d’abord bien répondu aux aspirations de liberté et d’expression personnelle qui se répandaient parmi les Européens et les Américains. Des réglementations encadrant l’activité des entreprises ont été supprimées ou allégées améliorant ainsi leur flexibilité et leur réactivité. La pression exercée par les actionnaires et les spéculateurs pour qu’elles atteignent une très forte rentabilité à court terme a conduit beaucoup d’entreprises à faire la chasse aux gaspillages, à s’organiser de façon plus rationnelle et à ainsi améliorer leur compétitivité. Des administrations ont été transformées en entreprises vivantes, réactives et innovantes.


La révolution libérale a spectaculairement dopé le développement économique de pays émergents. Elle a, chez eux, stimulé la croissance d’une immense classe moyenne porteuse de valeurs libérales. Mais elle a malencontreusement (passagèrement ?) orienté leur économie sur les mêmes voies anti-écologiques qu’avait suivies l’Occident.

 

Une nouvelle socio-économie émerge.

 

Une nouvelle socio-économie a été laissée libre de se développer et pourrait ébaucher des voies d’avenir pour l’ancienne économie. Elle émerge au cours des années 1990. Elle est à la pointe de la modernité en ce sens qu’elle est profondément marquée par la nouvelle société des gens et ses valeurs et très habile dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.. Ce sont des organismes vivant souvent en réseaux qui fabriquent de l’efficacité et de la vitalité en s’alimentant aux aspirations des entrepreneurs, des collaborateurs, des clients et de la société . Ce sont des  start ups, des associations, des ONG, des consultants, des entrepreneurs individuels, des organisations « non profit »…. Des recherches de terrain conduites en France et aux Etats-Unis en 2000 montrent que dans ces nouveaux organismes et autour d’eux, l’ensemble des participants est impliqué dans leur développement, le sens ajouté prime sur la valeur ajoutée, la stratégie émane de l’intelligence collective de l’ensemble du corps social, l’organisation est de .plain-pied et hétérarchique, c’est-à-dire que le leadership circule.  Certaines de ces organisations ont été mal menées, voire étranglées, par la Bourse. La veine n’est pas tarie.
Au cours des années 2.000, en Californie notamment, un nouveau type d’organisation hybride émerge qui s’efforce de combiner le « non profit » et le « for profit ». On les appelle souvent « social entreprises » ou « social business ». Ils accomplissent une mission sociale plutôt qu’ils ne cherchent des profits mais à la différence de la plupart des groupes charitables, ces organisations génèrent des revenus durables et ne reposent pas sur la philanthropie. Les revenus sont gardés et réinvestis plutôt que distribués à des actionnaires. Ces nouvelles compagnies, comme des milliers de start up de la Silicon Valley l’ont fait avant elles, démarrent sous la forme de petits groupes de gens intensément motivés par la mission de construire un produit ou un service.

 

 

Un capitalisme hyperfinancier et court-termiste s’installe.

 

Parti des Etats Unis, il a progressivement contaminé l’économie occidentale.

 

Le laisser-faire apporte une extraordinaire liberté au monde de la finance qui va s’auto-organiser en prenant des risques extrêmes pour engendrer de très grands profits. Il donne naissance à un modèle très particulier de capitalisme centré sur la finance et la spéculation. Ce modèle installe une primauté du court terme sur le long terme et de la finance sur l'industriel, le métier, le produit ou le consommateur. Il se donne comme objectif et critère d'évaluation la profitabilité maximum, évaluée selon les évolutions du marché au jour le jour. Dans l’entreprise, il donne un pouvoir déterminant aux actionnaires et les rend exigeants. Il introduit dans les conseils d’administration de nouveaux types d’actionnaires spéculateurs peu concernés par le développement durable de l’entreprise à laquelle ils s’intéressent passagèrement.

 

Les pouvoirs publics ont permis d’installer et d’amplifier une course folle à l’argent et aux profits. Les acteurs du milieu financier, fonds de placement, banquiers, traders, spéculateurs, dirigeants d’entreprises, etc., ont voulu, chacun pour soi, échapper aux régulations et gagner le plus d’argent possible ou faire des profits encore plus mirobolants que le voisin. Salaires, bonus, stocks options, parachutes dorés. 

Le mimétisme s’est centré sur le court terme ; même des dirigeants de fonds de pension, par nature concernés par la préservation à long terme des retraites futures, se sont mis à comparer les résultats au jour le jour de leurs placements à ceux de leurs collègues. Etre trader (et le meilleur trader) est devenu l’objectif de carrière dominant dans un segment particulier de la jeunesse. Les polytechniciens les plus brillants, au lieu de devenir ingénieurs, s’orientent vers la banque et la finance.

Devenant une branche majeure de l’économie, la spéculation a envahi les marchés de l’énergie, des matières premières et des denrées agricoles, déstabilisant l’économie mondiale.


Bon nombre de ces acteurs, happés par la finance, ont contribué à l’invention de produits toxiques et de secteurs d’activité dégagés des normes prudentielles de la banque traditionnelle. Ils ont prêté de l’argent à ceux que leurs revenus ne permettaient pas une vie convenable et qui risquaient de ne pouvoir rembourser leur crédit. Ils ont installé des paradis fiscaux opaques où ont prospéré des monstres financiers. Les agences de notation, portées par le mouvement, l’ont alimenté.


Il est très probable que personne, parmi les acteurs de la finance, n’a voulu explicitement construire un système qui permette au peuple américain de vivre à crédit. Système qui progressivement augmente les revenus des plus riches et de ceux qui vivent de profits au détriment des salariés et des plus pauvres, qui permet de gagner beaucoup plus d’argent en jouant dans une sorte de casino plutôt qu’en produisant ou en créant,  qui dissimule les risques réels de crédits et de placements sous plusieurs couches de camouflage. Il est possible que personne n’ait explicitement cherché à  construire des systèmes de notation et de régulation qui créent plus de brouillard que de clarté. Mais les interactions entre les acteurs assoiffés de profits ont, au cours des années 1990 et 2000 fait émerger un tel système. 

 

Le capitalisme financier et court-termiste a contaminé de nombreuses entreprises anciennes.

 

Il les a orientées dans des directions exactement inverses de celles qu’avaient défrichées, au début des années 1970, des entreprises comme Volvo, Shell, L’Oréal ou Renault.

 

°  Le laisser-faire et le climat de compétition pour l’argent ont favorisé la montée en puissance d’actionnaires exigeants, voire prédateurs, et de dirigeants centrés sur le profit trimestriel de leur entreprise, voire sur leurs bonus personnels. La pression des actionnaires, les risques d’OPA et le mimétisme de la réussite au sein de leur milieu professionnel ont conduit les équipes dirigeantes de grandes entreprises et de certaines PME à centrer leur attention sur un objectif de profitabilité très élevée à court terme.

 

° Des entreprises découvrent que, dans le contexte de l’époque, elles peuvent tirer plus de profit d’un habile management de leurs finances que d’innovations et d’investissements industriels finement adaptés aux marchés porteurs d’avenir. Ces dernières années, les marchés financiers, au lieu d’apporter aux entreprises des capitaux pour financer leur croissance, ont eu tendance à les vider de leurs ressources (par exemple, par des distributions records de dividendes) ou en les conduisant à racheter leurs propres actions. Des banques ont gagné plus en spéculant qu’en prêtant de l’argent aux PME.

 

° Beaucoup d’entreprises ont des stratégies implicites ou explicites dans lesquelles le court terme pèse trop lourd par rapport au long terme. Elles délaissent la culture de visions à moyen/long terme de leur développement industriel et stratégique et ne voient pas venir précocement les menaces et les opportunités qu’un environnement changeant leur prépare. Elles exploitent à fond l’immédiatement accessible aujourd’hui aux dépens de ce qui prépare les succès de demain.

 

° Au cours des deux dernières décennies, la plupart des entreprises n’ont pas pris au sérieux les menaces liées à la détérioration de l’écosystème terrestre. Ces menaces ont été l’occasion de communications destinées à attirer la sympathie du public mais ont rarement orienté de véritables stratégies de développement. Elles n’ont pas anticipé les catastrophes écologiques qui se préparaient et ont tardé, au-delà du raisonnable, à mettre en œuvre des contre-mesures.

 

° L’exigence d’extrême rentabilité à court terme a conduit de très nombreuses entreprises à serrer les boulons au-delà du raisonnable pour comprimer les coûts. Elles sont passées à côté de l’opportunité de tirer partie des potentiels personnels d’implication et d’initiative de collaborateurs, devenus des personnes à part entière, et des potentiels d’auto-organisation des réseaux et des socio-systèmes au sein de l’entreprise. Elles en sont revenues à des pratiques hiérarchiques et bureaucratiques. Elles ont organisé le travail dans une perspective étroitement rationnelle sans prendre en compte la vie et le stress de leur personnel. Elles ont utilisé les progrès de l’informatique et de la télématique pour mieux encadrer le travail au lieu de le libérer. Elles ont diminué la qualité des services clients.

 

° Confrontées à des difficultés, beaucoup ont systématiquement choisi de licencier du personnel (et de grossir les rangs des chômeurs) plutôt que de réduire momentanément leurs profits.

 

° Des entreprises vivantes, à la personnalité marquée, où le sentiment d’appartenance était vivace, ont fusionné ou ont été absorbées lors d’une OPA inamicale ou ont été dépecée.

 

 

Croyant aveuglément aux bienfaits de la libre auto-organisation et malgré la prolifération des signes annonciateurs, les pouvoirs publics, notamment américains, n’ont pas vu venir la crise. Ils n’ont pas cherché à tempérer en temps réel les emballements de la finance et de l’économie, ni à éviter les bulles spéculatives, ni à freiner les effets de systèmes..


......Suite à venir.....

Alain de Vulpian

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Published by Alain de Vulpian - dans Réflexion politique
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