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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 08:53

Au moment où les ministres des finances du G20 se réunissent pour préparer la réunion capitale de Londres, il peut être intéressant de relire cet article  d'Henri Guaino...

Le Monde 18 02 09.

La France envisage-t-elle un plan de relance comparable à celui de Barack Obama, qui va octroyer des chèques de 400 dollars (315 euros) pour les plus pauvres ?

Henri Guaino. Face à une crise sans précédent, dont personne ne peut prédire ni jusqu'où elle fera reculer l'économie ni jusqu'à quand, il faut garder son sang froid. Quand la consommation s'effondre, ce type de mesure peut être nécessaire, ce qui pour l'instant est le cas aux Etats-Unis mais pas en France. Ici, pour qu'elle soit pleinement efficace, il faudrait qu'elle s'inscrive dans une relance européenne concertée et qu'elle soit mise en oeuvre au bon moment. Au printemps 2008, Georges Bush a envoyé des chèques à 130 millions de contribuables américains pour plus de 150 milliards de dollars. Au bout de trois mois, les effets se sont évaporés et l'activité a reculé. Quand l'économie est en pleine descente, ce genre de plan ne sert à rien, et il plombe les finances publiques. Si l'on emprunte pour investir on se retrouve avec des dettes et des actifs. Si l'on emprunte pour consommer, à la fin on n'a rien en face des dettes.


Quels risques le plan américain recèle-t-il selon vous ?

Les Etats-Unis n'épargnent pas. Ils vont donc devoir se financer par l'endettement. Le risque est qu'un doute finisse par naître sur leur capacité de remboursement. La situation risque d'être d'autant plus tendue que les excédents, notamment chinois, qui financent leur déficit, pourraient disparaître avec le ralentissement des exportations et la nécessité de stimuler la croissance interne. La seule issue serait alors le recours à la banque centrale et à la création monétaire.


Quelle en est la conséquence ?

La chute du dollar et à terme la hausse de l'inflation qui est depuis toujours le meilleur moyen de ne pas payer toutes ses dettes. C'est le schéma classique des crises de désendettement : la contraction des débouchés contraint à baisser les prix et enclenche un cycle déflationniste dont on sort par l'inflation.


Mais en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a pour mission essentielle de lutter contre l'inflation...

Déflation ou dévaluation, ce fut le grand débat des années 1930. Si la sortie de crise devait inaugurer un cycle d'inflation à l'échelle mondiale, la zone euro ne pourrait pas rester, sans risque majeur, un îlot de déflation. Il faudrait trouver un équilibre entre le risque de déflation et celui de voir la hausse des prix échapper à tout contrôle. La gestion monétaire de la crise est un défi redoutable pour les banques centrales. Pour l'instant, la BCE a plutôt bien fait son travail.


Pour endiguer la crise bancaire, les Américains envisagent de d'isoler les actifs pourris dans une "bad bank", comme les Français l'avaient fait pour le Crédit lyonnais.

Quelle que soit la sophistication du montage financier, les mêmes questions sont posées : qu'est-ce qu'un actif pourri ? Jusqu'à quel point est-il pourri ? Comment fixer son prix ? Au cas par cas, les bad banks peuvent être utiles. Mais compte tenu de l'ampleur de ce qui est envisagé (2 000 milliards de dollars), se tromper sur le prix et la définition des actifs peut avoir des effets systémiques considérables. Si le prix est trop bas, la définition trop large, tous les bilans bancaires du monde peuvent être plombés puisque les mêmes actifs y sont disséminés. Si l'opération était mal montée et échouait, le risque serait double : une nouvelle phase de la crise bancaire pénaliserait un peu plus l'économie mondiale qui est déjà mal en point et la nationalisation d'une grande partie du système bancaire mondial ne serait plus à exclure.


Les Européens jugent le plan de soutien français à l'automobile anticoncurrentiel et protectionniste.

Comme pour les banques, il n'y avait pas le choix. Qui, dans les circonstances actuelles, peut laisser s'effondrer un secteur qui emploie 10 % de la population active ? Mais je ne vois pas en quoi ce plan est protectionniste.


Le protectionnisme est-il une nécessité ou un danger ?

Si l'on ne définit pas en commun des règles de protection et d'intervention raisonnables, si on reste enfermé dans des dogmes on risque d'avoir le protectionnisme le plus déraisonnable, le populisme, la xénophobie... Il faut prendre ce risque très au sérieux. Regardez le fossé qui s'est creusé en Islande entre le peuple et la classe dirigeante ! Regardez les grèves des salariés britanniques dans l'énergie contre l'embauche d'intérimaires espagnols ou italiens ! Regardez ce qui s'est passé en Grèce ! Cette crise déroule tous les chapitres d'un manuel d'économie. Prenons garde à ce qu'elle ne déroule pas aussi tous ceux d'un manuel d'histoire...


La situation sociale en France vous préoccupe-t-elle ?

La crise économique génère beaucoup d'angoisses et de souffrances sociales, mais aussi un grand sentiment d'injustice parce que ceux qui souffrent ont le sentiment de payer à la place des responsables. C'est une situation dangereuse qui offre un terreau favorable à tous les extrêmes. On sait où peut mener l'anticapitalisme extrémiste. C'est pourquoi le combat pour la moralisation du capitalisme est si important.


Quelles décisions attendez-vous lors de la deuxième réunion du G20, qui réunira les vingt principales puissances de la planète à Londres le 2 avril ?

Ce ne sera sans doute pas encore le grand soir du capitalisme financier. Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables politiques sont davantage conscients de la nécessité du changement. Pour refonder le capitalisme, ils doivent imposer des solutions non pas techniques mais politiques.


S'il n'y avait qu'une mesure à prendre, laquelle serait-elle ?

Il faut que les banques soient de nouveau incitées à faire leur métier qui est d'analyser le risque crédit. Par conséquent, il faudra bien finir par répondre à certaines questions : quelle part de risques la banque doit-elle conserver dans son bilan quand elle titrise ses crédits ? Dans quelle mesure peut-elle être autorisée à financer de la spéculation en particulier les hedge funds ? Comment s'assurer de la transparence de leurs opérations à travers les paradis fiscaux ? Comment rémunérer les opérateurs pour qu'ils ne soient pas incités à prendre des risques excessifs ? Comment contrôler les agences de notation pour que personne ne puisse prendre de risques sans savoir lesquels ? Les activités de crédit et les activités de marché doivent-elles ou non être totalement séparées ?


Henri Guaino

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Arnaud Leparmentier

Le Monde daté du 18 02 2009

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Published by Henri Guaino, Le Monde - dans MONDIALISATION
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commentaires

marc d'HERE 08/07/2009 10:55

La première Dame de France Carla Bruni-Sarkozy a appelé les dirigeants du G8, qui se réunissent à partir de mercredi en Italie, à conserver leur soutien aux programmes de santé en Afrique, dans une tribune publiée mercredi par le quotidien britannique The Guardian.
L'épouse du président français Nicolas Sarkozy, italienne de naissance, souligne que d'importants progrès ont été réalisés depuis l'engagement pris par le G8 en 2001 d'un effort multilatéral contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
"Cette révolution commence à transformer l'Afrique, cependant la plupart des progrès réalisés dans la réduction de la pauvreté au cours des décennies passées est menacée par les effets de la crise économique mondiale", écrit Mme Bruni-Sarkozy.
"Les investissements en matière de santé réduisent les inégalités cependant, et dans une période de difficultés économiques, ils sont plus importants que jamais pour préserver la stabilité sociale", ajoute-t-elle.
Selon Mme Bruni-Sarkozy, ambassadrice du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les dirigeants du G8 devraient se sentir fiers de la révolution qu'ils ont entamée il y a huit ans dans la santé mondiale".
"J'espère qu'ils vont célébrer leur réussite en accroissant leur investissement dans le sauvetage de vies et la réduction des inégalités", poursuit-elle....Lepoint.fr

Elie Arié 18/03/2009 01:46

@ paceonheart

Sauf que ça s'appelle de la concurrence faussée (dans l' UE, c'est interdit et très surveillé...ou plutôt ce l'était jusqu'à la crise, qui a fait voler en éclat tous les dogmes libéraux) et incompatible avec le libéralisme économique...

Marc d'Here 18/03/2009 08:28


La crise n'a pas fait sauter tous les dogmes libéraux.
D'abord parce qu'il n'y a pas de dogmes libéraux, ce seul mot de "dogme" est totalement contradictoire avec l'idée même du libéralisme.

parce que le libéralisme sait parfaitement s'adapter à une stuation de crise, quitte à adopter , pendant cette période et pour en sortir le plus vite possible, des solutions exceptionnelles, qui
seront progressivement abandonnées avec le retour à la croissance et à une situation plus apaisée. Notamment limiter à nouveau toutes les distorsions de concurrence...

Enfin, le libéralisme sait (ou saura je pense) tenir compte de l'évolution du monde et des sociétés, et comprendre quelles   erreurs ont eté commises,  afin
d' orienter davantage  la mondialisation financière et économique et mettre en place le minimum de régulation nécessaire. Le libéralisme ne peut s'exprimer que dans le cadre de règles,
qui doivent correspondre à la situation du moment.


peaceonearth 17/03/2009 13:17

Si un individu lambda décide de donner de l'argent à une entreprise ou à un autre individu sans aucune contrepartie, c'est son problème à lui.
De la même façon, si un état décide de donner de l'argent à une entreprise ou un individu sans contrepartie, c'est le problème de l'état pas de celui qui reçoit l'argent.

Elie Arié 16/03/2009 18:32

@ paceonheart

Par morale, on entend justification idéologique avec ses effets sur la vie sociale.

Ça fait un certain temps que le discours idéologique du capitalisme a radicalement changé.

Pendant longtemps, c'était: " le capitalisme récompense la réussite: ceux qui sont riches, comme ceux qui sont pauvres, l'ont mérité".

Il y a quelques années, avec les parachutes dorés, c'est devenu: "le capitalisme récompense aussi bien la réussite que l'échec"; autrement dit, la récompense financière est dissociée du mérite, ce qui est une vraie révolution;

Avec le sauvetage des entreprises par le contribuable, c'est devenu: "c'est à ceux qui ne sont pas riches d'assurer la fortune de ceux qui le sont, que ces derniers réussissent ou qu'ils échouent"

Il me semble

- que lorsque l’inacceptable devient tellement ouvertement et cyniquement étalé, une situation révolutionnaire se trouve créée

- mais, comme avec la mondialisation, il n’y a pas de Révolution possible (dans quel pays ? contre qui ?)

- cela débouche sur une légitimation de tous les vols, cambriolages, attaques à main armée, etc. : lorsque l’immoralité est affichée et assumée au plus haut niveau, et qu'il n’y a pas de réponse violente politique et collective possible, il ne reste que la violence individuelle.

Marc d'Here 16/03/2009 19:34


 Légitimation?....


peaceonearth 16/03/2009 12:39

Peu importe. Si un état verse de l'argent à une entreprise sans contrepartie c'est avant tout le problème de l'état pas de l'entreprise.
Ou bien, il faut expliquer précisément ce qu'on entend par moralisation du capitalisme, et dans quelle mesure on considère qu'il est nécessaire d'introduire la morale là où la loi devrait suffire.
On pourrait tout aussi bien parler de moralisation de la politique, de la médecine, du cinéma...et de tout un tas d'autres domaines.

Elie Arié 16/03/2009 10:24

@ peaceonearth : Vous faites une confusion entre capitalisme et libéralisme économique.

peaceonearth 16/03/2009 09:51

Je ne vois pas le rapport avec la moralisation du capitalisme.
Lorsque l'Etat donne de l'argent aux banques ou aux assureurs, ce n'est pas du capitalisme.

Elie Arié 16/03/2009 02:01

Çà ne m'a pas l'air très bien parti:

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/03/15/04015-20090315ARTFIG00130-aig-170-milliards-d-aide-450-millions-de-primes-.php

AIG : 170 milliards d'aides, 450 millions de primes.

Sauvé de la faillite par Washington à coups de milliards de dollars, l'assureur américain va verser cette année 450 millions de dollars de primes aux responsables de ses activités financières. L'administration Obama est furieuse.

Un constat d'impuissance d'ailleurs partagé par le principal conseiller économique de Barack Obama, Lawrence Summers : «Nous sommes un pays où la loi prévaut. Il y a des contrats. Le gouvernement ne peut pas tout simplement les annuler», avant d'ajouter que Timothy Geithner prenait «toutes les dispositions légales possibles pour limiter ces bonus».

Des explications qui n'ont pas franchement convaincu le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. «C'est une situation scandaleuse», a-t-il estimé sur ABC, accusant l'administration Obama de vouloir échapper à ses responsabilités. «Le message, j'en ai peur, pour toutes les entreprises qui cherchent à prendre l'argent du gouvernement, c'est : ‘signons un paquet de contrats très vite, et les contribuables paieront les bonus de nos employés».

Marc d'Here 16/03/2009 06:51


Effectivement...les difficultés continuent à venir des américains.


Elie Arié 15/03/2009 15:26

Il me semble que la proposition de Bruxelles de contraindre les banques qui rémunèrent trop leurs traders à augmenter leur ratio fonds propres/prêts consentis va dans le bon sens, même si, dans un premier temps, elle risque de rendre encore plus difficile l'accès au crédit.

de lignieres 15/03/2009 12:21

et si l'on moralisait les syndicats????????