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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 13:08

Par Nicole Bacharan, pour Le Figaro du 11 04 08
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Nouvelle publication d'un texte tojours d'actualité....


Atlantisme ! Voilà une fois encore le grand mot lâché ! La décision française de réintégrer pleinement l'Otan s'apparenterait donc, selon nombre de commentaires, à une trahison, l'indépendance nationale serait menacée, l'esprit du général de Gaulle, que la gauche invoque avec dévotion, bafoué… Et on agite le spectre de la soumission honteuse à l'Amérique.


Outre leur démagogie évidente (en France, on croit toujours payant auprès de l'opinion de fustiger l'Amérique, mais est-ce si sûr ?), ces protestations se fondent sur un certain nombre de contrevérités, souvent doublées d'hypocrisies.


Première contrevérité : «Si la France avait fait partie de la structure militaire intégrée de l'Otan en 2003, elle se retrouverait aujourd'hui engagée en Irak.» C'est faux : l'Otan n'est pas présente en Irak. Plusieurs pays membres de l'Alliance, dont l'Allemagne, en sont absents et ont fait valoir leur opposition à la guerre. Les décisions au sein de l'Otan se prennent à l'unanimité. En conséquence, aucun État membre ne peut être contraint de participer à une intervention qu'il désapprouve.


Deuxième contrevérité : «L'Otan n'aurait plus de raison d'être depuis la fin de la guerre froide.» Une telle vision conduit à renoncer sans état d'âme à toute intervention extérieure au nom de l'Alliance qui ne s'est pourtant engagée, jusqu'à présent, que dans des opérations de maintien de la paix en liaison avec l'ONU. Cela revient aussi à dire que la Russie de Poutine et de Medvedev, de la guerre en Tchétchénie et des assassinats de journalistes, ne devrait en rien nous inquiéter. Exit toute menace à l'Est, vraiment ? Certains vont même jusqu'à affirmer que, si la Russie se durcit, c'est parce qu'elle se sent «encerclée». Par qui ? Croit-on vraiment qu'elle ait à craindre les ambitions de ses anciens satellites ? Ou que les États-Unis voudraient faire de l'Otan un outil de conquête de la Russie ?


Troisième contrevérité : «l'élargissement de l'Otan aux anciens pays de l'Est ne servirait qu'un dessein purement américain.» C'est faire bon marché de l'intérêt et de la volonté des peuples des anciennes démocraties populaires et républiques soviétiques qui désirent s'ancrer dans un ensemble démocratique, à la fois dans l'Europe et dans l'Alliance atlantique. C'est oublier qu'ils recherchent ainsi une garantie de leur souveraineté face aux éventuelles tentations de domination russe. Il est vrai que nous, Européens de l'Ouest, avons rarement raté l'occasion, dans l'histoire, de montrer que leur liberté ou leurs choix nous importaient peu.


Quatrième contrevérité : «l'Afghanistan serait un problème exclusivement américain.» La France ne serait donc pas concernée par le creuset terroriste afghan ? Serions-nous en train de nous boucher les oreilles pour ne pas entendre les terroristes eux-mêmes proclamer leur haine «des Juifs et des croisés» où qu'ils se trouvent ? Il ne s'agit pas ici d'approuver sans discuter l'envoi de nouveaux soldats français, qui vont risquer leur vie dans un conflit aussi dangereux qu'incertain. Mais toute réflexion sur ce sujet doit commencer par cette prise de conscience : les terribles menaces dont est porteuse la situation afghane concernent toutes les démocraties, France incluse.


Cinquième contrevérité : «Le plein retour de la France dans l'Otan signerait la fin de la défense européenne.» Si la France réintègre l'Otan, n'est-ce pas précisément parce qu'il n'y a pas de défense européenne ? Le général de Gaulle a quitté l'Organisation militaire intégrée de l'Otan en 1966 ; pendant ces quarante-deux ans, l'Europe n'a pas pour autant construit une défense ou une politique étrangère communes. Il n'existe actuellement qu'une juxtaposition de budgets de la défense et d'équipements nationaux redondants et souvent incompatibles entre eux. Le seul espoir de bâtir une vraie politique européenne de sécurité et de défense (Pesd) se trouve dans la concertation et non dans une concurrence vaine avec l'Otan.

Venons-en aux hypocrisies. La première, c'est d'oublier que depuis 1945, la défense et l'indépendance françaises se sont construites à l'abri du parapluie nucléaire américain. Cette protection fut bien utile à la France pour construire sa force de frappe et conduire une diplomatie indépendante.
La seconde hypocrisie, c'est aussi d'oublier que, même «au rabais», la France est restée membre de l'Alliance atlantique et n'en a jamais quitté les instances politiques. De surcroît, depuis 2003, des officiers français sont à nouveau «insérés» au sein du Shape (état-major des puissances alliées en Europe). En somme, un retour complet dans l'Otan n'est pas un changement de politique majeur, mais plutôt une clarification. Et c'est pour cela qu'elle suscite tant de hargne : toutes ces voix effarouchées veulent bien d'une alliance avec l'Amérique, mais surtout que cela ne se voit pas.


La France dans l'Otan perdra-t-elle vraiment sa liberté d'action et d'expression ? Rassurons-nous : à peine a-t-elle annoncé son retour dans l'Alliance que la France s'oppose et c'est bien dommage à la demande américaine d'ouvrir les portes de l'Otan à la Géorgie et à l'Ukraine. Et elle réclame une place de choix pour l'Europe et pour elle-même dans le commandement militaire de l'Otan, ce qui serait justice (elle a toutes les chances d'être entendue). Sont-ce vraiment des marques de vassalisation ?


Reconnaissons-le : en absence d'une Europe de la défense, qu'il serait urgent de mettre en œuvre, la seule option réaliste qui s'offre à la France est de construire un atlantisme équilibré, dans lequel l'Europe, France en tête, jouera un rôle de partenaire fiable et actif avec les grandes démocraties, dont les États-Unis. Il faut en finir avec les postures de matamore d'un autre temps et cet antiaméricanisme hypocrite. La France ne doit pas feindre de se démarquer de l'Otan. Elle doit redevenir l'un de ses leaders, et elle aura assurément plus d'influence en étant à l'intérieur. À l'évidence, dans le monde incertain d'aujourd'hui, indépendancese conjugue avec alliance.

Nicole Bacharan
Le Figaro 11 04 08

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Published by Nicole Bacharan, Le Figaro - dans Relations internationales
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commentaires

marc d'Héré 10/03/2009 18:52

Une majorité (58%) de Français se prononce en faveur du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan après plus de 40 ans d'absence, selon un sondage Ifop/Paris Match à paraître demain. 37% sont contre et 5% ne se prononcent pas.

AFP

marc d'Héré 10/03/2009 12:11

Le vice-président américain Joe Biden a assuré aujourd'hui les alliés des Etats-Unis réunis au siège de l'Otan à Bruxelles qu'il était venu "écouter" ce qu'ils avaient à dire sur l'Afghanistan et le Pakistan pour "parvenir à une stratégie commune" dans la région.

"Je suis ici pour consulter et écouter afin de parvenir à une stratégie commune" en Afghanistan, "c'est aussi simple et direct que cela", a-t-il déclaré en ouverture de sa première réunion avec le Conseil de l'Atlantique nord.

"Quand nous bâtissons ensemble une stratégie, elle fonctionne", a-t-il ajouté.

AFP

yl74 06/03/2009 19:23

Cela m'eut paru bien plus intéressant que l'on dépense de l'énergie et de l'encre pour promouvoir une défense européenne que de retourner dans tous les sens la question de l'atlantisme: en effet, si l'atlantisme n'est pas qu'un concept du passé, on ne peut en faire un concept d'avenir pour autant.
Autrement dit, n'est-il pas temps de faire de l'Europe de la défense une question d'actualité ? (et non une question renvoyée dans les limbes d'un futur lointain...)

Marc d'Here 06/03/2009 19:32


Bien sûr. Cela malheureusement ne dépend pas que de la France, mais des 26 autres Etats et c'est un des sujets les plus difficiles car de nombreux pays européens ne veulent pas financer cette
défense européenne et ne veulent pas autre chose que le parapluie américain et celui de l'OTAN. L'entrée complète de la France dans les organes dirigeants de l'OTAN, rassurera ces pays en leur
faisant comprendre que la défense européenne (dans laquelle la France aura par la force des choses un rôle capital) ne se bâtit pas contre l'OTAN.



marc d'Héré 06/03/2009 14:14

Le premier ministre avait promis le mois dernier que les députés auraient leur mot à dire sur le délicat dossier du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan.

François Fillon a annoncé jeudi qu'à l'occasion du débat le 17 mars prochain à l'Assemblée nationale sur le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'OTAN, il entendait engager la responsabilité de son gouvernement, au titre de l'article 49-1 de la Constitution.

Le Figaro.fr