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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 12:24


H
enri Guaino
, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, met en garde contre l'inflation que

 pourraient générer les déficits américains et le risque pour l'Europe de rester un îlot de déflation

Le Monde 18 02 09.

La France envisage-t-elle un plan de relance comparable à celui de Barack Obama, qui va octroyer des chèques de 400 dollars (315 euros) pour les plus pauvres ?

Henri Guaino. Face à une crise sans précédent, dont personne ne peut prédire ni jusqu'où elle fera reculer l'économie ni jusqu'à quand, il faut garder son sang froid. Quand la consommation s'effondre, ce type de mesure peut être nécessaire, ce qui pour l'instant est le cas aux Etats-Unis mais pas en France. Ici, pour qu'elle soit pleinement efficace, il faudrait qu'elle s'inscrive dans une relance européenne concertée et qu'elle soit mise en oeuvre au bon moment. Au printemps 2008, Georges Bush a envoyé des chèques à 130 millions de contribuables américains pour plus de 150 milliards de dollars. Au bout de trois mois, les effets se sont évaporés et l'activité a reculé. Quand l'économie est en pleine descente, ce genre de plan ne sert à rien, et il plombe les finances publiques. Si l'on emprunte pour investir on se retrouve avec des dettes et des actifs. Si l'on emprunte pour consommer, à la fin on n'a rien en face des dettes.


Quels risques le plan américain recèle-t-il selon vous ?

Les Etats-Unis n'épargnent pas. Ils vont donc devoir se financer par l'endettement. Le risque est qu'un doute finisse par naître sur leur capacité de remboursement. La situation risque d'être d'autant plus tendue que les excédents, notamment chinois, qui financent leur déficit, pourraient disparaître avec le ralentissement des exportations et la nécessité de stimuler la croissance interne. La seule issue serait alors le recours à la banque centrale et à la création monétaire.


Quelle en est la conséquence ?

La chute du dollar et à terme la hausse de l'inflation qui est depuis toujours le meilleur moyen de ne pas payer toutes ses dettes. C'est le schéma classique des crises de désendettement : la contraction des débouchés contraint à baisser les prix et enclenche un cycle déflationniste dont on sort par l'inflation.


Mais en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a pour mission essentielle de lutter contre l'inflation...

Déflation ou dévaluation, ce fut le grand débat des années 1930. Si la sortie de crise devait inaugurer un cycle d'inflation à l'échelle mondiale, la zone euro ne pourrait pas rester, sans risque majeur, un îlot de déflation. Il faudrait trouver un équilibre entre le risque de déflation et celui de voir la hausse des prix échapper à tout contrôle. La gestion monétaire de la crise est un défi redoutable pour les banques centrales. Pour l'instant, la BCE a plutôt bien fait son travail.


Pour endiguer la crise bancaire, les Américains envisagent de d'isoler les actifs pourris dans une "bad bank", comme les Français l'avaient fait pour le Crédit lyonnais.

Quelle que soit la sophistication du montage financier, les mêmes questions sont posées : qu'est-ce qu'un actif pourri ? Jusqu'à quel point est-il pourri ? Comment fixer son prix ? Au cas par cas, les bad banks peuvent être utiles. Mais compte tenu de l'ampleur de ce qui est envisagé (2 000 milliards de dollars), se tromper sur le prix et la définition des actifs peut avoir des effets systémiques considérables. Si le prix est trop bas, la définition trop large, tous les bilans bancaires du monde peuvent être plombés puisque les mêmes actifs y sont disséminés. Si l'opération était mal montée et échouait, le risque serait double : une nouvelle phase de la crise bancaire pénaliserait un peu plus l'économie mondiale qui est déjà mal en point et la nationalisation d'une grande partie du système bancaire mondial ne serait plus à exclure.


Les Européens jugent le plan de soutien français à l'automobile anticoncurrentiel et protectionniste.

Comme pour les banques, il n'y avait pas le choix. Qui, dans les circonstances actuelles, peut laisser s'effondrer un secteur qui emploie 10 % de la population active ? Mais je ne vois pas en quoi ce plan est protectionniste.


Le protectionnisme est-il une nécessité ou un danger ?

Si l'on ne définit pas en commun des règles de protection et d'intervention raisonnables, si on reste enfermé dans des dogmes on risque d'avoir le protectionnisme le plus déraisonnable, le populisme, la xénophobie... Il faut prendre ce risque très au sérieux. Regardez le fossé qui s'est creusé en Islande entre le peuple et la classe dirigeante ! Regardez les grèves des salariés britanniques dans l'énergie contre l'embauche d'intérimaires espagnols ou italiens ! Regardez ce qui s'est passé en Grèce ! Cette crise déroule tous les chapitres d'un manuel d'économie. Prenons garde à ce qu'elle ne déroule pas aussi tous ceux d'un manuel d'histoire...


La situation sociale en France vous préoccupe-t-elle ?

La crise économique génère beaucoup d'angoisses et de souffrances sociales, mais aussi un grand sentiment d'injustice parce que ceux qui souffrent ont le sentiment de payer à la place des responsables. C'est une situation dangereuse qui offre un terreau favorable à tous les extrêmes. On sait où peut mener l'anticapitalisme extrémiste. C'est pourquoi le combat pour la moralisation du capitalisme est si important.


Quelles décisions attendez-vous lors de la deuxième réunion du G20, qui réunira les vingt principales puissances de la planète à Londres le 2 avril ?

Ce ne sera sans doute pas encore le grand soir du capitalisme financier. Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables politiques sont davantage conscients de la nécessité du changement. Pour refonder le capitalisme, ils doivent imposer des solutions non pas techniques mais politiques.


S'il n'y avait qu'une mesure à prendre, laquelle serait-elle ?

Il faut que les banques soient de nouveau incitées à faire leur métier qui est d'analyser le risque crédit. Par conséquent, il faudra bien finir par répondre à certaines questions : quelle part de risques la banque doit-elle conserver dans son bilan quand elle titrise ses crédits ? Dans quelle mesure peut-elle être autorisée à financer de la spéculation en particulier les hedge funds ? Comment s'assurer de la transparence de leurs opérations à travers les paradis fiscaux ? Comment rémunérer les opérateurs pour qu'ils ne soient pas incités à prendre des risques excessifs ? Comment contrôler les agences de notation pour que personne ne puisse prendre de risques sans savoir lesquels ? Les activités de crédit et les activités de marché doivent-elles ou non être totalement séparées ?


Henri Guaino

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Arnaud Leparmentier

Le Monde daté du 18 02 2009

 

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Published by Henri Guaino, Le Monde - dans Réformes
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commentaires

marc d'Héré 12/03/2009 16:33

La Belgique va supprimer son secret bancaire dès l'an prochain avec les autres pays de l'Union européenne, puis le fera progressivement ensuite avec les autres pays, a annoncé aujourd'hui devant le parlement belge le ministre des Finances, Didier Reynders.


Après le Liechtenstein et Andorre, la Belgique est le troisième pays à lâcher du lest sur le sujet des paradis fiscaux, alors qu'il a été indiqué mercredi que le pays se trouvait sur une liste provisoire de l'OCDE de pays "non-coopératifs" en matière d'échange d'information fiscale.

Elle risquait de se retrouver sur le banc des accusés lors d'une réunion du G20 à la fin du mois, ont souligné des députés belges.

AFP

L'action internationale et notamment celle de Nicolas Sarkozy, contre les paradis fiscaux commence à avoir des effets.

marc d Here 01/03/2009 19:25

Les pays de l'UE sont arrivés aujourd'hui à un accord-cadre sur le traitement des actifs toxiques des banques, jugés responsables de la paralysie persistante du crédit, a indiqué le président français Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet européen.
AFP

Elie Arié 25/02/2009 11:56

Remarquable analyse, qui rompt heureusement avec le discours monétariste frydmanien ("les USA n'ont pas à se préoccuper de leur dette, puisqu'elle est libellée en dollars", etc.)de ces dernières années; ils étaient quelques uns (dont Guaino et Chevènement) à le tenir avant la crise, mais sans réussir à se faire entendre.

Il est intéressant, par exemple, de voir qu'actuellement les experts de Bruxelles, après avoir voué aux gémonies la Politique Agricole Commune (protectionniste, antilibérale, subventionniste, faussant le jeu de la concurrence), etc.) la redonnent comme modèle de l'"économie réelle" (l'argent public au service d' objectifs et de moyens bien définis) dont il aurait fallu s'inspirer...

peaceonearth 24/02/2009 22:10

Moraliser le capitalisme, cela ne veut rien dire, ou bien il faut développer précisément ce qu'on entend.
La nouvelle morale que nous créent les politiques me semblent d'une hypocrisie criante.

Marc d'Here 24/02/2009 22:59


Seules des décisions  vous convaincront peut-être...Attendons,  le 2 avril donnera je l'espère un début de réponse à votre scepticisme.


marc d Here 24/02/2009 13:45

La consommation a AUGMENTE en janvier de 1,8%! ( après 0,5% au dernier trimestre 2008). Ce qui prouve bien que Sarkozy a raison. C'est l'investissement qu'il faut pousser et non la consommation.

Comme le dit très justement Henri Guaino, nous sommes dans une situation différente de nombre d'autres pays qui, eux, ont raison d'appuyer sur une consommation en difficulté.