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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 19:12

Sur la crise internationale et sur ses répercussions en France, règne un discours unique et convenu, qui occulte ou refuse de reconnaître un certain nombre d’évidences que je vais essayer de mettre en lumière.

 

La crise que nous vivons est une crise internationale, venue des Etats-Unis, d’une ampleur que nous  n’avons jamais connue, et il est donc impossible que la France puisse  y échapper. Cela doit être constamment rappelé et devrait rester en toile de fond de toute explication ou recherche de solution.  Or, quand il est question de la crise en France, cet aspect est de plus en plus souvent « oublié », notamment par les divers opposants. On a presque l’impression à les écouter (vérifiez-le, c’est saisissant), que la responsabilité principale de la crise incombe à Nicolas Sarkozy et qu’elle ne touche la France que parce que les solutions qu’il propose et met en pratique sont inadaptées.
A l’inverse il semble, à lire certains, que  l’application des « solutions » du PS ou des syndicats (si elles étaient cohérentes entre elles et applicables !) agirait instantanément et que les Français se trouveraient alors miraculeusement transportés dans un monde « hors crise ».  Ce n’est pas dit comme cela, mais il suffit d’entendre les leaders de l’opposition, certains syndicalistes médiatiques (et la plupart des journalistes du service public) pour sentir que cela est largement sous-entendu.

 

 

La crise internationale n’épargne personne, aucun pays. Pourtant, la France est sans doute un des pays qui a été le moins touché par la crise financière et aujourd’hui par la crise économique. Cette réalité, fort peu souvent relevée en France, mais remarquée par la presse anglo-saxonne, n'est jamais reconnue par l’opposition, et toujours exclue des débats lorsqu’un orateur a la malencontreuse idée de la rappeler. Les raisons  de cette relative protection de notre pays sont diverses, dues certainement à notre organisation économique et sociale, mais on ne peut tout à fait exclure que la politique menée par le gouvernement depuis deux ans et sa réactivité depuis six mois n’y soient pour quelque chose.

 

Loin de rester inerte face à la crise (les bras ballants disait Mme Royal avec la justesse habituelle de ses expressions !), Nicolas Sarkozy a réagi très vite, a tout fait pour entraîner les autres Européens, a favorisé au  maximum la coordination des plans européens, et a provoqué la réunion du G20, qui devrait tenir une nouvelle réunion à Londres le 2 avril, dont l’objectif est tout simplement de lancer les bases d’une refondation du capitalisme. Si l’on a, bien sûr, oublié et passé par profits et pertes cette action particulièrement efficace (il est de bon ton dans le discours unique d’aujourd’hui de nier l’importance de la présidence française  de l’Europe !), il serait utile, au lieu de la dénigrer, de soutenir la volonté de Nicolas Sarkozy, de parvenir à faire de cette réunion capitale de Londres un succès et une étape vers une nouvelle régulation du capitalisme. Un appui des forces politiques  et sociales françaises et européennes donneraient à Sarkozy et à Angela Merkel, un poids, une légitimité et une capacité de convaincre supplémentaires.

 

Le plan de relance de 26 milliards (dont 75% doivent être utilisés en 2009) venant après les plans de soutiens aux institutions financières, suivi du plan de 7 milliards pour l’automobile, ainsi que par le milliard et demi d’ores et déjà annoncé pour le 18 février, représente un effort important, d’application rapide, et dirigé en priorité vers ce qui est essentiel, l’investissement, condition de la modernisation de l’économie, du renforcement et de la survie des entreprises,  de la préservation de l’emploi. J’ai beaucoup de mal à penser que les syndicats puissent croire qu’une autre orientation basée sur la consommation (à l’aide de primes versées une fois et dont l’effet s’évanouit immédiatement, ou d’augmentation du SMIC qui provoque hausse des coûts et, dans la situation des entreprises,  risques de licenciements), puisse être envisagée.

 

 

Les Français, sont forcément atteints par la crise internationale, mais ils le sont relativement moins, d’une manière  et dans des proportions, qui ne justifient guère l’allure des manifestations que diverses corporations animent  chaque semaine, ou de celle  que l’on nous annonce déjà pour le 19 mars !

En fait, la crise peut avoir des répercussions plus ou moins fortes dans deux domaines : l’emploi et le pouvoir d’achat.  Les actions envisagées par le gouvernement visent très précisément à aider les victimes de l’un et de l’autre.

 

 On peut constater d'abord que certains ne sont en rien exposés directement à la crise, qu’ils traverseront sans rien perdre, ce sont les membres de la fonction publique. 5 millions de personne que la crise ne touchera ni dans leur emploi ni dans leur pouvoir d’achat. Et pourtant, curieusement ce sont eux  qui manifestent. Est-ce par altruisme ? Ou plutôt pour une autre raison dont nous parlerons plus loin, en tous cas, dans ces circonstances encore, le terme de « salariés protégés » les définit parfaitement bien.

Les plus aisés des Français, possesseurs d’actions qui ont perdu une grande partie de leur valeur, titulaires de revenus financiers qui se sont écroulés,  chefs d’entreprises  en difficulté, commerçants atteints par la baisse de la consommation, ont eux été directement touchés par la crise…Mais ils devraient arriver à maintenir un niveau de vie suffisant et de toutes façons ils ne font pas partie de ceux que l’on « plaint », que l’on « défend », ils ne manifestent pas et ne sont donc pas considérés comme victimes de la crise.

 

Reste le cas des  autres salariés du privé cadres, employés, ouvriers. La hausse des prix qui sera vraisemblablement inférieure à 1% en 2009, permettra à l’énorme majorité des salariés de voir maintenu au cours de cette année son pouvoir d’achat. Pour ceux qui risqueraient de connaître des difficultés, des mesures on été prises : doublement en fin d’année 2008 de la prime de rentrée,   prime à la cuve, tarif social du gaz, RSA à partir de juin,  avec une prime « avance » de 200 euros fin mars, augmentations prévues de 5% (comme l’an dernier) de l’allocation adultes handicapés, de l’allocation vieillesse. A ces mesures s’en ajouteront d’autres que le président a prévu de négocier le 18 février avec les syndicats (exonérations fiscales pour 2 millions de personnes, augmentations des allocations familiales, développement de la participation…), peut-être d’autres encore si nécessaire. Au total,  quasiment tous devraient donc voir maintenu en 2009 leur pouvoir d’achat, malgré la crise mondiale. Pourquoi ne le dit-on pas ?

 

Reste le cas de ceux qui perdront leur emploi. C’est la vraie gravité de cette crise, son effet le plus cruel, le plus douloureux. C’est pourquoi tout le plan de relance du gouvernement est tourné vers la préservation de l’emploi, grâce à la poursuite de la politique de réforme et de modernisation de notre pays,  grâce aux efforts faits pour maintenir un  crédit utile à l’économie, grâce à une vigoureuse relance par l’investissement. Cette politique, avec le plan en faveur de la filière automobile, devrait permettre de limiter au maximum le nombre de ceux qui perdront leur emploi, même si, nous le savons ils sont déjà et seront encore trop nombreux.  C’est pourquoi l’autre volet relatif à l’emploi consiste à mieux défendre la situation et le revenu de ceux qui verront leur emploi menacé ou supprimé. Améliorer fortement l’indemnisation du chômage partiel, indemniser les jeunes sans emploi ou en fin de CDD qui se voient mal pris en charge aujourd’hui, augmenter les Contrats de Transition Professionnels qui permettent un maintien intégral du salaire, et une reprise plus rapide  d‘emploi, développer les emplois aidés, accélérer le "plan banlieues"….Tous ces éléments et d’autres que le Président est prêt à négocier avec les syndicats, devraient parvenir à limiter l’augmentation inéluctable du nombre de chômeurs, limiter la perte de revenus pour ces derniers et favoriser leur retour à l’emploi.

 

En définitive, si la situation sera difficile, difficile pour tous les pays du monde, la politique du gouvernement, les plans de relance, la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux devraient en  limiter, pour les Français, les effets négatifs et douloureux. Dans ces conditions, voir annoncer, avant même que ne se tienne la réunion du 18 février, une grande manifestation pour le mois de mars, animée par  une fonction publique protégée des effets de la crise, n’a pas beaucoup de logique et peu de sens, sinon un sens politique.
Autant la grève du 29 janvier pouvait se comprendre et se justifier, manifestant un cri d’inquiétude et une demande d’explication et de mesures sociales, autant celle annoncée pour mars, n’a qu’un sens politique : arrêter toutes les réformes de modernisation en cours, conforter tous les petits intérêts corporatistes qui veulent avant tout que demain ressemble à hier, quel qu’en soit le prix et punir la majorité politique actuelle d’avoir osé lancer une politique de réformes pour la menacer d’une alternance qui promettrait un impossible immobilisme. Que des syndicats, comme la CFTC et surtout la CFDT,  prêtent la main à ces manœuvres par crainte de continuer à perdre des adhérents et des soutiens, est  bien triste et bien déconcertant. Espérons que la réunion du 18 février les fera changer d'attitude. 
 

Marc d’Héré 

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Published by Marc d'Here - dans Réformes
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commentaires

marc d Here 26/02/2009 13:47

La garde des Sceaux Rachida Dati a annoncé aux syndicats pénitentiaires qu'elle recevait, la création de 177 nouveaux postes de surveillants de prison cette année, a-t-on appris auprès de la Chancellerie. Ces 177 nouveaux postes s'ajouteront aux 1.087 dont le budget 2009 prévoit déjà la création, a assuré le porte-parole de la ministre, Guillaume Didier.

AFP

marc d Here 24/02/2009 09:20

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a indiqué lundi à la télévision américaine que les prévisions de son ministère pour le produit intérieur brut en 2009 seraient meilleures que celles du Fonds monétaire international et de la Commission européenne. "La prévision pour 2009 est selon la Commission de moins 1,8%, moins 1,9% si l'on se base sur le FMI. Ma propre prévision, que j'annoncerai prochainement, est légèrement meilleure que celle-là", a expliqué Lagarde, lors d'un entretien avec la chaîne de télévision Fox Business News.
"Nous comptons fortement sur les ménages et la consommation. Jusque-là, ça ne se présente pas trop mal", a-t-elle précisé.
AFP

Yves Le Gall 23/02/2009 14:59

D'accord, sur le fond, avec ton article.
Il n'empêche que l'on ne peut pas faire évoluer un pays contre son gré.
Et, ds certains cas, des maladresses de langage sont de vraies fautes politiques (cf le statut des chercheurs).
Le vrai danger pour Sarkozy, c'est Sarkozy lui-même.
Bien cordialement,
Yves Le Gall

Marc d'Here 23/02/2009 18:05


Il y a des phrases qu'il vaudrait mieux éviter en effet....


marc d Here 21/02/2009 12:49

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy prône une position commune européenne pour le sommet du G20 de Londres et déclare qu'il ne s'associera pas à une réponse sans ambition.

"Il faut une position commune pour le sommet à Londres" le 2 avril, a dit à la presse le président français à la veille du sommet de Berlin organisé entre pays européens du G20.

"Je ne m'associerai pas à une position qui ne réponde pas de manière ambitieuse" à la crise, a-t-il ajouté à l'issue de sa visite au 46e Salon de l'agriculture.

Selon lui, "le paroxysme de la crise est peut être derrière nous mais il reste encore beaucoup de choses à faire".

"La violence de la crise nous impose de changer, il faut rénover, réguler le marché financier", a-t-il ajouté.

Laure Bretton, édité par Jean-Baptiste Vey
Liberation.fr

Elie Arié 17/02/2009 22:55

Je te conseille de lire l'excellente interview d' Henri Guaino, dans "le Monde" d'aujourd'hui:

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/17/l-elysee-pointe-un-double-risque-inflation-et-protectionnisme_1156483_0.html

nettement moins optimiste que toi, aussi bien:

- sur les possibilités réelles de "moraliser le capitalisme" (paradis fiscaux, etc.),

-que sur tous les problèmes sur les banques qui n'ont même pas été encore posés,

-et que sur la probable sortie de la crise par l'hyperinflation (et qui trinquera, alors?).

Marc d'Here 17/02/2009 23:14


Je l'ai lu. Il est excellent. Et je ne me sens pas en contradiction avec lui...Je le publierai sans doute demain.