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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 12:52


Par Jean-Louis Caccomo
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Qu’on se garde de donner trop de pouvoir aux politiciens, ils s’en serviront au détriment de l’intérêt général. Malheureusement, la France est une nation qui a donné à l’Etat un rôle central et hégémonique, au détriment de la société civile et de ses acteurs. Et l’Etat veut tout piloter, tout réguler et tout maîtriser…mais personne ne peut plus diriger l’Etat. Le pire est qu’il n’arrive pas non plus à se désengager lorsque ses responsables prennent conscience des limites inhérentes à la centralisation à outrance que ce soit dans le domaine de l’éducation, la recherche ou la santé. Chaque fois qu’il tente de redonner la responsabilité aux niveaux de décision plus proches du terrain, l’Etat rencontre la fronde de la base qui assimile ce désengagement de l’Etat à la casse du service public.

 

Devant la multiplication de ces frondes et contestations, M. Dominique de Villepin donne des conseils au président de la république. On peut le comprendre. Lorsqu’il fut aux affaires, la jeunesse est descendue dans la rue pour rejeter les « contrats-jeunes » (CPE). Et il a reculé ! Au lieu d’être solidaire, Sarkozy a laissé son premier ministre s’engluer dans cette affaire, jouant sa carte personnelle, sur fond de durcissement et de blocages des lycées et des campus. Du point de vue de la stratégie politique individuelle, c’est de bonne guerre ; mais les conséquences en termes de capacité à gouverner pour le futur sont toujours lourdes. Car aujourd’hui, c’est le retour du boomerang ou l’arroseur arrosé ! Les syndicats veulent donner une suite à la grande manifestation de jeudi et Villepin savoure les difficultés du président. Il est à craindre que le manque de solidarité au sein des familles politiques engendre des dirigeants incapables de diriger. Les français seront passés d’une vague bleue à une vague rose. Ils porteront demain la gauche au pouvoir après avoir empêché Sarkozy de mettre en œuvre sa politique. Mais ne nous leurrons-pas car la gauche ne sera pas en mesure non plus de gouverner. Le scénario s’est déjà reproduit dans le passé. En 1981, Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme de relance qui sera mis en œuvre par Mauroy. Rapidement, il a fallu revenir sur d’autres bases, après trois dévaluations et un creusement du déficit public et commercial.

 

Que ce soit à gauche ou à droite, les hommes et femmes politiques sont animés par des intérêts personnels bien éloignés des intérêts collectifs qu’ils prétendent incarner et défendre. Parions que Ségolène Royal attend Martine Aubry au tournant, et/ou le contraire. Les responsables politiques se divisent sans cesse au sein des mêmes familles pour arriver au pouvoir. Mais quand ils sont au pouvoir, non seulement ils doivent affronter la rue et l’opposition, mais ils doivent surtout se méfier de leurs pires amis. Les hommes et femmes politiques s’épuisent ainsi en alternances factices et quand ils arrivent aux commandes, ils n’ont plus l’énergie pour tenir la barre. A force de penser aux intérêts du parti, on en oublie les intérêts de la nation.

C’est que la plupart des hommes et femmes politiques n’échappent pas à la condition des êtres humains en général. Ils sont comme ces traders qu’ils clouent au pilori chaque jour. Ils ne sont pas au-dessus de la mêlée. C’est pourquoi il faut veiller à ne pas trop leur déléguer de pouvoir arbitraire, notamment dans le domaine économique et social. C’est d’ailleurs l’hypothèse centrale du raisonnement économique : les individus cherchent d’abord à maximiser leurs propres intérêts.

 

C’est en raison de cette hypothèse que les économistes aussi sont raillés par d’autres disciplines des sciences humaines qui prêteraient aux individus des mobiles plus nobles. Mais l’intérêt personnel n’est pas un mobile ignoble comme l’a très bien démontré Adam Smith dans sa « théorie des sentiments moraux ». Un individu raisonnable peut estimer qu’il est dans son intérêt personnel d’apporter du bien autour de soi, d’être généreux, de se consacrer à des activités artistiques sociales ou humanitaires. Mais l’attrait du pouvoir fait souvent perdre la raison.

 

 

Jean-Louis Caccomo

 

http://caccomo.blogspot.com/

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Published by Jean-Louis Caccomo - dans Réflexion politique
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