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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 17:50

par Charles Jaigu, Le  Figaro du 30 01 2009
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Le président de la République devrait s'exprimer jeudi à la télévision, une semaine après la journée de grèves et de manifestations.

Ce fut la première grande manif du quinquennat. D'abord minorée par l'Élysée, elle a ensuite été réévaluée en fin de journée. Et dès jeudi soir, Nicolas Sarkozy a décidé de publier un communiqué prenant acte de la mobilisation, et rappelant sa détermination à «agir». Agir, et non pas réformer, car les mots ont été soigneusement pesés pour ne pas provoquer les manifestants. La réponse du président de la République dans les prochains jours se veut donc prudente et graduée.


Le premier temps, pour l'Élysée, est évidemment
celui de l'écoute : «une inquiétude s'est manifestée sur fond de crise, et c'est complètement normal. Les Français craignent pour leur emploi. Le président va convier les partenaires sociaux à la mi-février», note sobrement Claude Guéant. Une réunion qui était prévue de longue date, sur le thème de l'agenda social. Mais l'Élysée, par la voie du conseiller social Raymond Soubie, s'est empressé de préciser qu'il y serait question des revendications syndicales du 29 janvier. D'ores et déjà, les syndicats, la CGT en tête, ont fait part de leur scepticisme.


Le deuxième temps est celui de la pédagogie des mesures déjà prises, et qui, selon le gouvernement, anticipent sur les revendications des manifestants. Ce sont tous les petits «coups de pouces» déguisés qui ont été mis en œuvre sans forte visibilité : «Le chômage partiel, qui est l'un des grands sujets de préoccupation des Français, est désormais mieux indemnisé», pointe le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant.

Autres exemples : le RSA, qui sera versé avant le mois de juin, ou la nomination de 5 000 médiateurs chargés de faire l'interface entre l'école et les familles dans 175 quartiers sensibles. Une mesure qui était prévue dans le plan de relance du gouvernement voté jeudi, et que Xavier Darcos a jugé utile d'anticiper. Le ministre de l'Éducation nationale conduit aussi en ce moment une réforme sur la revalorisation de la condition enseignante - un dossier qui n'est pas censé susciter la colère des profs…


Mais, il est évident que cela ne sera pas suffisant. Outre les deux déplacements de terrain prévus cette semaine, le président a donc décidé de sortir l'artillerie lourde, sous la forme d'une longue intervention télévisée. L'idée était dans l'air depuis longtemps, mais désormais, il considère que les esprits sont mûrs. Il s'exprimera donc jeudi prochain, sur TF1 et France 2. Sarkozy veut donc répondre aux mouvements sociaux du 29 janvier en expliquant et justifiant sa stratégie de relance par l'investissement.

 

La carte de la légitimité démocratique

 

«Nous avons déjà évité la faillite du système bancaire, ce qui signifie que les entreprises endettées n'ont pas été asphyxiées, et que les salaires ont pu être payés», plaide déjà Brice Hortefeux, le nouveau ministre des Affaires sociales qui a apprécié, vendredi, son premier «bizutage». Il pourrait ajouter que le gouvernement ne croit pas à une relance par le pouvoir d'achat dans un pays dont les habitants ne sont pas endettés. Tout l'espoir du gouvernement est en effet d'entraîner les Français, dont le taux d'épargne est l'un des plus élevés d'Europe, à tirer un peu sur leurs économies.


Enfin, l'Élysée devrait, dans un troisième temps, rester attentif à conduire les réformes de société qui ne présentent pas d'aspérités économiques : la réforme de la justice ou celle des hôpitaux. Vigilant, l'entourage du président souligne néanmoins que rien n'est fixé dans l'opinion publique, dans un sens ou dans un autre. Tout l'art politique de Nicolas Sarkozy et François Fillon sera donc de ne provoquer aucune réaction en chaîne. «Il y a beaucoup de Français qui ont protesté contre la politique du gouvernement le 29, mais ils étaient aussi très nombreux à se dire simplement préoccupés par la situation économique en général.» En dernier ressort, l'Élysée entend jouer la carte de la légitimité démocratique. «Ceux qui ont été élus au suffrage universel, ce ne sont pas les syndicats. Nicolas Sarkozy a été élu par 53 % des Français pour réformer. Il se tient à son mandat.»

Charles Jaigu, Le Figaro 30 01 2009

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Published by Charles Jaigu, Le Figaro - dans Economie et social
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commentaires

Patrick Joly 31/01/2009 23:07

Effectivement, ça j'avais compris. Mais je crois que c'est beaucoup plus périlleux que de répondre concrètement à une demande concrète.

Patrick Joly 31/01/2009 20:20

Comment prendre en compte les motivations des manifestants quand la première motivation des manifestants est de montrer leur inquiétude face à la crise ?

Marc d'Here 31/01/2009 22:31


En répondant du mieux possible à leur inquiétude... c'est à dire en expliquant la politique suivie, ses objectifs et ses justifications. En faisant comprendre la raison des mesures
prises, en précisant que l'on est prêt à en prendre d'autres si nécessaire. En montrant qu'il y a un pilote dans l'avion, et que tout sera fait pour limiter les effets négatifs de la crise, en
terme de chômage et de perte de pouvoir d'achat.