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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 10:03
Par Elie Arié...


"Bien entendu, avec 6% de notre PIB qui lui est consacré, et un budget
en hausse annuelle supérieur à celui de l'inflation, l'hôpital n'a
jamais bénéficié d'autant de moyens qu'aujourd'hui.

Les erreurs dénoncées depuis quelques jours par les médias sont
évidemment en rapport avec la discussion prochaine du projet de réforme
des hôpitaux, pour réclamer "toujours plus de moyens".

Certaines sont totalement inventées en tant qu'"erreurs": une femme de
85 ans qui s'étouffe en mangeant n'a rien d'une "erreur hospitalière",
même si elle s'est produite à l'hôpital.

D'autres, comme la recherche d'un endroit où un coronararographiste
était disponible pour un homme qui avait fait plusieurs arrêts
cardiaques, relèvent évidemment d'un problème de coordination, puisque,
depuis lors, plusieurs centres disposant ce soir-là d'un
coronarographiste de garde ont indiqué qu'ils n'avaient pas été contactés.

L'affaire de l'infirmière qui s'est trompée de flacon de perfusion est
beaucoup plus intéressante.

Pour éviter ce type d'erreurs, dans les pays anglo-saxons,,existent
depuis longtemps des procédures copiées sur celles de l'aviation: tout
le monde est encouragé à signaler la moindre petite erreur qu'il a
commise, en étant assuré qu'il n'y aura pas de sanction, le but étant de
chercher les moyens pour qu'à l'avenir ni lui, ni personne d'autre, ne
puisse commettre à nouveau la même erreur (depuis 3 ans, l' Assistance
Publique-Hôpitaux de Paris tente d'implanter cette méthode dans ses
hôpitaux : cela s’appelle « les réunions de morbi-mortalité »).

Mais il est bien évident que la stupidité consistant à avoir mis 48
heures en garde à vue (et pas simplement en examen) une infirmière qui
était venue d'elle-même signaler cette erreur n'encourage pas ce type de
comportement!

(stupidité doublée par celle de l'avoir provisoirement interdite
d'exercice: parce que s'il y a une infirmière dont on peut être sûr
qu'elle ne commettra plus cette erreur, c'est bien elle!).

Ce n'est pas de moyens supplémentaires dont les hôpitaux ont besoin, mais
d'intelligence supplémentaire.

La sensation, vécue par chacun, de "manque de moyens" vient du fait

-que nous avons la plus forte densité d'hôpitaux au monde par habitant,

- et que, du coup, des moyens largement supérieurs à ceux de la plupart
des autres pays sont dispersés entre un trop grand nombre d'hôpitaux,

-qui manquent effectivement, chacun d'eux, de moyens,

-alors que nous consacrons une somme énorme aux hôpitaux (6% de notre
PIB: seuls les Etats-Unis et la Suisse font un peu plus).

La solution consiste à faire ce que font tous les autres pays développés:

-regrouper les moyens financiers, techniques et humains dans un plus
petit nombre d'hôpitaux de haut niveau,

-et transformer les autres en centres de moyen et long séjour,
(convalescence, rééducation, maisons de retraite médicalisées) dont nous
manquons cruellement, qui demandent beaucoup moins de moyens, et pour
lesquels la proximité avec le lieu de résidence est bien utile (visites
de la famille et des amis, sorties, etc.).

On ne compte pas le nombre de maires

-qui sont obligés de manifester contre la fermeture de leur petit
hôpital local, en sous-activité et donc à risques (en médecine, on ne
fait bien que ce que l'on fait souvent),

-uniquement pour sauvegarder l'emploi local,

- mais qui n'y enverraient pas se faire soigner leur chien, et qui,
lorsqu'ils sont eux-mêmes malades, se gardent bien d'y mettre les pieds,
et vont se faire soigner au CHU le plus proche (et ils ont bien raison)."

Elie Arié

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commentaires

Elie Arié 16/01/2009 22:54

Tintin, pouvez-vous m'expliquer:

-le rapport entre les dessous de table et les problèmes des urgences?

-en quoi les dessous de table ou les dépassements d'honoraires jouent un rôle sur les dépenses de l'assurance-maladie?

Je ne vois pas où est votre cohérence...si cohérence il y a, c'est pourquoi le débat est impossible avec vous: on ne sait pas de quoi on parle.

tintin 15/01/2009 17:47

Dommage que vous en restiez là et pourtant les visites privées au sein des hôpitaux publics et les dessous de table sont un scandale. Pour beaucoup de médecins et de professeurs, la sécu, les patients et le budget des hopitaux publics sont une vache à lait. Lorsque le pouvoir politique aura le courage de lutter contre tous ces abus, on obtiendra des résultats.

Elie Arié 15/01/2009 01:22

Je cherche vainement le rapport entre le problème des urgences et celui des dessous de table des grands patrons.

Bon, en ce qui me concerne, j'en resterai là.

tintin 14/01/2009 21:31

"donc, le problème se situe en amont des urgences, et la solution ne consiste pas à mettre plus de moyens dans les urgences, comme le réclame Pelloux."

Oui, je suis d'accord avec vous mais il faudra bien mettre des moyens quelque part si on n'accepte plus le "tout venant" aux urgences. Il faudra bien une autre structure à côté des urgances. Vous savez, je ne suis pas contre l'immobilisme et je ne parle pas que d'accroissement des moyens. Comme vous connaissez bien le projet du gouvernement, pouvez-vous me dire si dans le projet, il est prévu de supprimer les visites privées au sein de l'hopital public ? Est-ce qu'il est prévu d'interdire le paiement de dessous de table à des médecins pour faire une opération à l'hopital public ?
Un rapport de la Cour des comptes présenté en 2006 par Philippe Séguin a dénoncé les multiples abus sur lesquels les instances de contrôle, notamment les directions hospitalières, fermaient les yeux. Un seul exemple est éclairant : en 2005, plus de 100 médecins de l’AP-HP déclaraient des revenus annuels dépassant 100 000 € et un médecin dépassait même 1 000 000 € !
Si le projet prévoit l'arrêt de telles pratiques qui sont très courantes au sein de l'hopital public,je suis prêt à dire bravo Sarko !

Elie Arié 14/01/2009 13:32

À Tintin: donc, le problème se situe en amont des urgences, et la solution ne consiste pas à mettre plus de moyens dans les urgences, comme le réclame Pelloux.

Ou alors, il faut les débaptiser, et les appeler "consultations de médecine tout-venant, ouvertes 24 h sur 24" -et supprimer la médecine de ville, tant qu'à faire.

À noter qu'une des raisons de la saturation des urgences par des non-urgences est le fait qu'on n'y paye que le ticket modérateur - ou, plutôt, le fait qu'en médecine de ville, il faut acquitter la totalité de la somme, sans parler des dépassements non remboursés: ce système n'existe nulle part ailleurs; même aux Etats-Unis, lorsqu'on a la chance d'avoir une assurance, on ne paye que la franchise.

tintin 14/01/2009 12:09

Je ne vous visais absolument pas puisque je précisais ensuite :
"Quand je dis cela, je pense en particulier à la réforme des lycées ou plus exactement la réforme de la seconde qui est une absurdité. "
Par contre, vous semblez ne pas prendre en considération les propos de Pelloux mais hier soir à France 3 Normandie, le directeur du CHU de Caen disait sur le plateau que les urgences étaient saturées. Bien sûr qu'on trouve de tout aux urgences mais quand il n'y a pas de médecin de garde, ni aucune structure alternative, que fait-on ? On les refuse à l'entrée des urgences ?

Elie Arié 13/01/2009 19:08

Mon cher Tintin, vous écrivez:
"Elie Arié a son point de vue (...)Moi, je préfère lire le point de vue de gens du terrain que politiques ou de hauts fonctionnaires qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis".

Ce n'est pas pour autant que j'ai raison, mais il se trouve que j'ai derrière moi 32 ans d'exercice médical hospitalier, 44 si on compte les années d'étude et le service militaire dans les hôpitaux militaires,et 5 ans de consultant pour les hôpitaux qui voulaient se restructurer.

tintin 13/01/2009 16:41

"Vos critiques sont toujours aussi systématiques et sans le moindre intérêt."

je préfère avoir un esprit critique que d'avoir une admiration béate pour l'agité de l'Elysée, ... surtout de la part de quelqu'un qui se dit de gauche. Mais en vérité, vous n'êtes pas de gauche. Je suis sûr que vous n'êtes aucunement choqué du retour aux affaires de Rachida Dati, si peu de temps après une césarienne. Eh bien, moi, je trouve cela absolument inadmissible par rapport au droit des femmes et surtout vis à vis de cette petite fille que sa mère abandonne au bout de 5 jours. Vous allez encore me dire qu'il s'agit de sottises, mais c'est un exemple de la différence entre être vraiment de gauche et être de droite ou de la gauche caviar.

Marc d'Here 13/01/2009 16:46


Au fait où en est votre feuilleton passionnant sur le bilan de Sarkozy?


tintin 13/01/2009 14:09

M.d'Here,
c'est particulièrement énervant de lire vos réponses à mes commentaires sur le fil "la gauche moderne veut rénover la gauche". En effet, vous vous permettez de dire qu'il s'agit de sottises lorsque je cite une interview d'un directeur d'hôpital et d'employés d'un hôpital. Elie Arié a son point de vue sur la question mais nous sommes en démocratie (pour l'instant encore !) et on a donc le droit d'avoir un point de vue différent sur la question. Moi, je préfère lire le point de vue de gens du terrain que politiques ou de hauts fonctionnaires qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis. Quand je dis cela, je pense en particulier à la réforme des lycées ou plus exactement la réforme de la seconde qui est une absurdité.

http://lamouette.blog.lemonde.fr/2009/01/10/2009-annee-de-reforme-de-lhopital/

Marc d'Here 13/01/2009 14:14


Vos critiques sont toujours aussi systématiques et sans le moindre intérêt.

Continuez à écrire si vous le voulez et si vous trouvez un intérêt à nous faire connaître vos opinions...Je continue, comme vous le voyez à publier vos commentaires.


Elie Arié 13/01/2009 01:01

Ce qu'il faut avoir le courage de dire, c'est que la réforme hospitalière, pour être efficace, ne doit pas prendre en compte l'aménagement du territoire, et ce qui va avec: les emplois locaux, l'activité économique locale...et les fameux généralistes qu'on n'arrive pas à faire s'installer à la campagne, parce que, quand tout est parti (hôpital, écoles,vie culturelle, commerces, etc.), ils s'en vont aussi.
La politique, c'est toujours choisir entre différents maux.

Marc d'Here 13/01/2009 07:43


Je ne vois pas pourquoi...Au contraire, il faut permettre un maillage plus complet du territoire avec maintien des petit hôpitaux mais réaffectés et  installation de médecins dans des zones
démunies. D'ailleurs si l'on excepte les toutes petites communes, il y a un certain regain de la vie locale au moins pour les villes petites et moyennes.