Social-libéral
Le blog de Marc d'Héré
Le blog de Marc
d’Héré
Combien de militants, combien de citoyens de gauche sont aujourd'hui désorientés et désabusés... Comment ne pas l'être, devant les divisions et les déchirements que le Parti socialiste étale jour
après jour. Comment ne pas l'être en découvrant l'incapacité durable de ce parti et de ses alliés à bâtir un projet, élaborer des propositions pour répondre à la demande sociale avec d'autres
perspectives que celles de la droite, au lieu de se réfugier dans la critique systématique et l'opposition frontale, sans proposer d'alternative.
Comment ne pas l'être enfin, lorsque nombre d'entre eux sont conscients des immenses difficultés que traverse notre pays du fait de la crise internationale, et observent objectivement les efforts faits par le président de la République pour y répondre. Sans se fondre dans une unité nationale factice, beaucoup souhaitent que l'ensemble des forces politiques renoncent à la politique d'obstruction et participent, dans des conditions politiques claires, à l'effort commun.
La Gauche moderne comprend le trouble de ces citoyens de gauche. D'autant mieux qu'elle se sent proche de ces militants, notamment socialistes, dont elle a longtemps partagé les combats, de ces citoyens de gauche dont elle partage les valeurs et les objectifs fondamentaux.
Sans renoncer à notre identité, nous avons fait un choix audacieux. Nous avons décidé de soutenir la politique de changement et de réforme du président de la République et nous nous efforçons de rendre cette politique toujours plus équitable, plus juste et plus ouverte. Ce choix n'était pas le plus facile, et l'on peut tout à fait comprendre que, par fidélité, par habitude ou par un fort sentiment d'appartenance affectif, beaucoup ne puissent envisager de s'éloigner de la gauche traditionnelle ou du PS.
C'est leur camp, leur famille parfois, et quels que soient leurs critiques, leurs déceptions, leurs désaccords profonds, ils ont le sentiment qu'on ne quitte pas sa famille. Il vaut mieux avoir - un temps - tort avec les siens, que raison avec d'autres, semblent-ils dire. Tous ne pensent pas ainsi, mais on peut comprendre chacun de ceux qui le font.
Pourtant, c'est à tous ces citoyens de gauche, qu'ils envisagent ou non de s'éloigner un jour de leur formation de référence, que s'adresse La Gauche moderne. Elle veut leur proposer un débat et une réflexion commune. Sans préalable, elle veut leur dire son ambition d'agir pour réformer et relancer notre pays mais aussi sa volonté de prendre toute sa place dans l'oeuvre de rénovation de la gauche. Tous la savent nécessaire et l'appellent de leurs voeux.
SIX ORIENTATIONS
Cette rénovation de la gauche, la Gauche moderne veut la faire autour de six orientations fortes : 1. un développement économique durable qui est la condition de la solidarité et prend sa source dans l'initiative, la responsabilité, la concurrence régulée, un soutien conditionnel aux entreprises ; 2. un nouveau pacte social, basé sur l'égalité des chances, l'insertion, la mise en place d'une affirmative action à la française et une flexisécurité aujourd'hui appelée sécurité sociale professionnelle ; 3. une politique pour l'emploi, visant à soutenir les individus, notamment par la formation, et à faciliter le retour à l'emploi plutôt que de chercher le maintien artificiel des activités dépassées ; 4. un Etat capable de fixer les grandes orientations et d'intervenir en cas de circonstances exceptionnelles, décentralisé, allégé, agissant de manière ciblée et davantage par l'incitation et le contrôle que par la réglementation ; 5. des services publics rénovés, dotés d'une réelle autonomie, et agissant de manière efficace au service des usagers, dans le cadre de partenariats public/privé si nécessaire ; 6. une Europe capable de décider, de mener des politiques et de peser dans la mondialisation, pour le développement durable, une rénovation du capitalisme et pour la paix...
C'est à mieux définir ces orientations que nous voulons travailler, c'est autour de ces valeurs que la Gauche moderne souhaite débattre avec tous ceux qui veulent la rénovation de la gauche. Avec ceux aussi qui souhaitent voir la gauche s'éloigner d'une opposition muette sur les solutions alternatives, pour s'engager, sans renoncer à ce qu'elle est, dans une action positive pour permettre la sortie de crise la plus rapide possible, la mise en oeuvre de "la réforme juste" et le développement d'une société libre, équitable et solidaire.
Jean-Marie Bockel est président de La Gauche moderne.
Article paru dans l'édition du Monde du 20.12.08
Contact: ies1@hotmail.fr
Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé le club politique social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le secrétaire général jusqu’en 2006..
Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure l’organisation et le développement.
Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée avec quelques amis socialistes et centristes, un mouvement politique réformiste, de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES) que je préside depuis janvier 2006.
Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin, j’ai choisi de m’inscrire dans la majorité présidentielle. A nouveau membre de Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel
Je viens de publier (novembre 2007) « de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr
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