Social-libéral
Le blog de Marc d'Héré
Le blog de Marc
d’Héré
Je lisais ce matin, dans le Nouvel Observateur de fin d’année, un débat entre Blandine Kriegel et Emmanuel
Todd. Celui-ci intellectuel militant « de gauche », a connu sa petite heure de gloire lorsque sa théorie, un peu floue, sur la
« fracture sociale » a été remarquée et utilisée par Chirac en 1995. Selon ce sociologue et politologue, il y aurait en France aujourd’hui une « dérive
autoritaire », une « dynamique sécuritaire, de répression », il estime possible une « tentative autoritaire » qui conduirait
ses auteurs « en Haute Cour », et dit estimer « bizarres » certaines violences n’hésitant pas à évoquer des « provocations » du pouvoir….Bref, la démocratie
serait en danger !
Dans ce débat, Blandine Kriegel reste posée mais ne peut s’empêcher de dire qu’elle « trouve cette vision apocalyptique assez insensée ». Ces déclarations d’Emmanuel Todd n’ont en elles-mêmes que peu d’importance, et d’autant moins qu’aucune de ses affirmations ou prédictions n’est étayée ! Mais elles reprennent une critique que l’on trouve couramment sous la plume des responsables socialistes ou d’extrême gauche (et de Bayrou évidemment !), et des médias d’opposition comme Le Monde, à savoir que la démocratie serait en recul, pour ne pas dire (mais ils le disent souvent) en danger.
C’est absurde et cela fait partie de la propagande de la gauche institutionnelle, mais il n’est pas inutile de temps en temps de s’efforcer de remettre les choses au point.
Non seulement Nicolas Sarkozy n’a pas fait reculer la démocratie, aucun fait réel et sérieux allant dans ce sens ne peut être cité (aucun n’est d’ailleurs cité), mais l’action qu’il mène depuis 18 mois a fait progresser la démocratie. De mémoire, on peut citer, entre autres :
- Le gouvernement qui est plus ouvert et plus divers que jamais.
- Une réforme de la Constitution, qui limite les pouvoirs du Président, augmente les capacités d’initiative et de contrôle du Parlement, les possibilités d’un débat constructif sans obstruction, les capacités d’expression citoyenne.
- Une pratique parlementaire qui accorde plus de pouvoirs à l’opposition : présidence de la commission des finances, temps égal accordé dans les questions orales à la majorité et à l’opposition.
- Libertés des médias, qui n’ont sans doute jamais eu davantage dans l’histoire, la possibilité (dont ils se servent abondamment) de critiquer le Président et le gouvernement et de se livrer à des investigations de toutes sortes (souvenons-nous du temps où Mitterrand les faisait écouter, en toute illégalité !).
- Etats Généraux de la presse, voulus par le Président qui vont sans doute permettre de sauver la presse et sa liberté quand son existence était de plus en plus menacée.
- Fin apportée au fichage clandestin des services de police et de l’action politique des R.G.
- Lutte contre l’insécurité, baisse de grande ampleur, par rapport « à l’époque Jospin », de la délinquance qui représente un danger mortel contre la démocratie.
- Les discussions, négociations syndicales, accords syndicaux, ont atteint un niveau rarement atteint dans notre pays (et particulièrement pas sous les gouvernements Jospin et Villepin, tout le monde en convient), ce qui permet d’ajouter une part de démocratie sociale à la démocratie politique.
- Réformes en cours de l’école, pour permettre une plus grande égalité
des chances et limiter l’échec scolaire qui touchant essentiellement les plus défavorisés, protége les plus aisés.
- L’action, y compris ministérielle, pour
permettre le développement de la « diversité », (ignorée des précédents gouvernements) sans
laquelle la démocratie est incomplète, à tous les niveaux, politiques, administratifs, universitaires, scolaires, économiques…
Entendre ou lire que l’on ne serait pas libre en France, que la démocratie n'existerait pas ou, expression à la mode mais
absurde et teintée de racisme, que la France serait une « République bananière », est véritablement intolérable.
Que les opposants socialistes et Bayrou utilisent ce genre de formules ou d’arguments, ne surprend pas quand on les connaît un peu, mais il est dommage que de nombreux journalistes se laissent aller, par facilité, ignorance, ou militantisme non avoué, à propager ce genre de sottises. La démocratie exige bien sûr qu’ils aient le droit de les dire ou de les écrire, elle n’interdit pas de leur répondre et d’apporter la preuve de leur « erreur ».
Marc d’Héré
Contact: ies1@hotmail.fr
Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé le club politique social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le secrétaire général jusqu’en 2006..
Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure l’organisation et le développement.
Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée avec quelques amis socialistes et centristes, un mouvement politique réformiste, de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES) que je préside depuis janvier 2006.
Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin, j’ai choisi de m’inscrire dans la majorité présidentielle. A nouveau membre de Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel
Je viens de publier (novembre 2007) « de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr
Commentaires