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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 16:59
par Chantal Delsol, philosophe et écrivain, Le Figaro du 22 12 08...

Manque de moyens : tel est le voile pudique sous lequel on camoufle, année après année, le mécontentement des lycéens et étudiants. On sait bien que, dans le domaine éducatif, le pays est pourtant surdoté. Le malaise, qui tourne au désespoir, provient d'autre chose : c'est la vérité qui manque.


Née de parents nantis par le développement des Trente Glorieuses, la jeunesse de ce début de siècle a généralement bénéficié d'une certaine aisance financière familiale. Éduquée par la génération 68, elle n'a guère vu passer d'interdictions et on s'est abstenu de lui réclamer des efforts, lui susurrant au contraire qu'elle avait tous les droits. Ses parents, qui ont acquis un niveau d'études nettement supérieur à celui de la génération précédente, pensaient que l'élan allait se poursuivre avec leurs enfants : ton grand-père n'avait pas son bac, je suis professeur, tu feras Normale, mon fils, ou alors tu es un nul… D'où le ressentiment quand le fils se retrouve dans la masse des AES (1) ou des LEA (2) sous-dotés et sans espoir. L'appréciation d'une situation s'inscrit toujours dans un temps et dans un lieu. La situation actuelle de la jeunesse n'est pas déplorable en soi, mais au regard des attentes et du progrès espéré. Elle s'est imaginé - irréalisme naïf - que la montée vers plus de diplômes, plus d'argent, plus de confort, s'inscrivait dans un Destin inéluctable. Et on s'est bien gardé de la détromper : on a joué d'une démagogie honteuse. Mensonges.


Nous avons au contraire tout organisé pour laisser croire à ce progrès indéfini, en accumulant les trompe-l'œil : par exemple, la multiplication des diplômes qui deviennent des assignats. Nous avons beaucoup trop de diplômés pour le nombre de postes à hautes responsabilités auxquels ils pensent pouvoir aspirer légitimement. Un pays ne peut pas être entièrement peuplé d'avocats, de médecins spécialisés et d'enseignants-chercheurs. Nous avons gonflé nos enfants d'une prétention imbécile en leur inspirant constamment le mépris du plombier. Nous leur avons soufflé qu'ils étaient tous des intellectuels (comme cela est français !), et avaient droit à un job correspondant à leurs désirs. Mensonges.


L'acquisition du baccalauréat d'abord, des diplômes universitaires ensuite, s'est largement «démocratisée» (le mot est absurde mais c'est celui-ci qui est compris). Les universités ont créé à tour de bras des bac + 5 et abaissé considérablement le niveau d'exigence à l'entrée de ces spécialisations. La conséquence : de nombreux étudiants, nantis d'un Master 2, ont tout juste un niveau de secrétaire de direction, si l'on regarde leur maîtrise de la langue, leur niveau culturel et leur éducation générale (ce qui n'est pas rien). Le petit pourcentage (non évaluable) de jeunes brillants et doués n'a certainement pas changé avec le temps : mais la distribution des diplômes a convaincu un grand nombre qu'ils ont atteint ce niveau supérieur. On le leur a fait croire, depuis que Laurent Fabius expliquait qu'en donnant le bac à 80 % des élèves on élèverait le niveau général… Mensonges. Finalement, la grande majorité des étudiants qui expriment leur révolte dans la rue sont frustrés de ne pas obtenir des places qu'on leur a laissé espérer par pure démagogie, car ces places n'existent pas en si grand nombre, et de surcroît beaucoup d'entre eux ne sont pas capables de les occuper. Depuis leur petite enfance, on leur a menti. On leur a menti en leur disant qu'ils pouvaient dire merde à leurs parents et que ce genre de chose tout au long de la vie faisait rire tout le monde. On leur a menti en leur disant que c'était à la société de s'adapter à eux, et non le contraire, parce qu'ils étaient le centre du monde. On leur a menti en jetant de la dérision partout autour d'eux et en leur disant que rien n'avait d'importance, que rien n'était grave, et qu'il suffisait de faire l'imbécile dans la vie pour être heureux. On leur a menti en leur disant qu'ils n'avaient de devoir envers personne (parce qu'ils n'ont pas demandé à naître, et d'ailleurs nous non plus), qu'ils ne devaient rien à personne et pouvaient s'occuper exclusivement d'eux-mêmes. On leur a menti en leur disant qu'une société organisée de cette façon serait beaucoup plus gaie et heureuse parce que débarrassée des devoirs réactionnaires, et embrassons-nous Folleville.


La masse des mensonges dont ils sont recouverts les laisse à peine respirer. On n'aperçoit au milieu de ce tas d'ordures que des regards apeurés et haineux. Et toute cette boue de mensonge, c'est nous qui l'avons mise. En tout cas, qui ne sommes pas parvenus à la nettoyer, car certains d'entre nous ont passé leur vie entière à clamer comme des Cassandre qu'une génération nourrie au mensonge finit en buvant le fiel de la haine.

Le principe de plaisir, qui était l'armature des idéologies utopiques, est resté l'armature de l'éducation une fois disparus les grands récits. Car on peut se libérer des contenus, mais les esprits demeurent construits par une forme dans laquelle les nouveaux contenus se glissent, toujours de la même manière. La génération précédente attendait, selon le principe de plaisir, une société où chacun travaillerait selon son envie et serait payé selon ses besoins. La génération actuelle attend, selon le principe de plaisir, une société où l'État verserait des salaires (corrects) à des dizaines de millions de psychologues simplement parce que ceux-ci ont désiré s'inscrire dans ces formations, sans se demander une seconde s'il existait une demande suffisante pour répondre à leurs désirs.


Pourquoi tant de Français ont-ils tendance à dire que cette situation provient d'un déficit d'allocations (il faudrait payer les étudiants pour étudier) et d'un capitalisme asocial (les salaires sont trop bas) ? Parce que nous voulons nous cacher à nous-mêmes les mensonges que nous connaissons trop bien. Et parce que nombre d'entre nous sont si matérialistes qu'ils regardent tous les problèmes en terme de manque d'argent. Des valeurs immatérielles comme l'effort ou le mérite paraissent stériles et surannées. Il y a des pays où l'allocation étudiant existe, mais elle est corrélée à l'effort, on ne la donne qu'à ceux qui travaillent et réussissent leurs examens, et ces conditions seraient pour nous discriminantes !


En France, la sélection est un gros mot. Le baccalauréat est largement distribué, l'entrée à l'université automatique. Tout se passe comme si tous étaient également capables et également travailleurs, et comme si la sélection ne devait pas s'instaurer en fin de compte, et durement, au moment de la recherche d'emploi. Mensonges, mensonges. Le lycée, en dépit de nombre d'enseignants compétents et dévoués, accepte par une démagogie honteuse que des adolescents fassent la grève, ce qui les laisse croire qu'ils sont déjà, avant de l'avoir mérité par eux-mêmes, des partenaires responsables dans le jeu social : mensonges… L'université est devenue une sorte de parking où l'on vient refaire ses forces en attendant la galère de la recherche de travail. Nous regorgeons d'étudiants fantômes, qui s'inscrivent (parfois après avoir passé la sélection de Master 2) pour deux ou trois centaines d'euros, puis profitent de tous les avantages du statut étudiant et n'assistent pas aux cours ni ne viennent passer l'examen. Ou encore, nombre d'étudiants qui ont raté en juin ne viennent pas passer la session de septembre. Ils préfèrent redoubler plutôt que passer l'été à réviser. Mais on tait cela pudiquement, car les étudiants doivent tous être considérés comme des victimes épuisées, jamais comme des profiteurs. Mensonges.


Trop longtemps cachée, la vérité n'est-elle pas souvent cruelle ? Quand elle finit par affleurer à la conscience, ceux qui ont été trompés se retournent ordinairement contre les falsificateurs. Habités par le désespoir et la haine, ils casseraient bien le leurre qu'on leur a construit. Il va nous falloir un jour prochain assumer les fruits amers d'une démagogie peu glorieuse : mentir à la jeunesse, c'est la pire des démagogies.


(1) AES : Administration économique et sociale. (2) LEA : Langues étrangères appliquées. 


Chantal Delsol, Le Figaro du 22 12 08.    

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Published by Chantal Delsol - dans Education - recherche
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marc d Here 13/01/2009 18:38

La nomination de Martin Hirsch comme Haut commissaire à la Jeunesse est "une bonne nouvelle" et "un signe fort", mais il doit mener "une politique innovante et ambitieuse qui produise des changements effectifs", a réagi aujourd'hui la Confédération étudiante (Cé), dans un communiqué.

"C'est à ces conditions que la Cé est prête à s'engager dans les travaux que doit ouvrir le Haut commissaire avec les organisations de jeunesse", a-t-elle ajouté.

La Cé publiera début février les résultats de son enquête "Qu'est-ce qui change pour nous?", menée auprès de 250.000 étudiants pendant trois mois et "qui révèle les préoccupations des étudiants quant à leur situation quotidienne comme quant à l'avenir des jeunes générations de ce pays".

"C'est dans la capacité à répondre sur ces deux registres que les étudiants attendent le nouveau Haut commissaire", conclut la Confédération étudiante.
AFP

marc d Here 12/01/2009 22:53

Le nouveau Haut commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch a déclaré aujourd'hui qu'il n'était "ni le chouchou ni le gadget de personne" et qu'il allait s'occuper de "tous les jeunes" pour lesquels il faudra "inventer" des mesures d'aide spécifiques.
"Je ne suis ni le chouchou, ni le gadget de personne. C'est logique, le temps est venu de traiter des problèmes des jeunes autrement. C'est un sujet transversal", a affirmé M. Hirsch en marge d'une visite dans un centre de formation d'apparentis dans le XVIIe arrondissement à Paris.
"La mission qui m'est confiée n'est pas de se concentrer soit sur les jeunes en difficulté, soit que sur des jeunes qui n'ont pas de problème (mais de) tous les jeunes. Je ne doublonne personne, je n'élimine aucune catégorie de la jeunesse", a poursuivi l'actuel Haut commissaire aux Solidarités actives.

AFP

marc d Here 12/01/2009 17:22

En France, dans le secondaire, il y a une moyenne de 12,2 élèves par enseignants (pas tous devant une classe hélas!)quand il y en a 14,1 en G.B., 15,1 en Allemagne et 13,4 pour la moynne de l'OCDE...Mais comment faire admettre cela aux manifestants lycéens poussés par les syndicats d'enseignants et le PS.

marc d Here 12/01/2009 17:09

Un professeur du lycée professionnel Pierre-et-Marie-Curie de Château-Gontier (Mayenne) a été poignardé et grièvement blessé cet après-midi dans sa salle de classe par un élève qui a été aussitôt interpellé, a-t-on appris de sources judiciaires.
source AFP

marc d Here 12/01/2009 16:00

En plus de ses fonctions de haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch exercera aussi dorénavant celles de haut-commissaire à la Jeunesse. Nicolas Sarkozy a confirmé cette nomination lundi en présentant à Saint-Lô ses voeux au monde enseignant, déclarant que le premier ministre et lui-même lui demandaient «de porter, en accord avec ses collègues (.

..), une politique de la jeunesse».

«Nous devons essayer de répondre à cette demande d'autonomie de nos jeunes, pour leur donner les moyens de choisir. Et choisir, c'est être libre, et être libre, c'est être responsable. Voilà comment j'aimerais que nous puissions construire une politique de la jeunesse»,a ajouté le chef de l'état.
Le Parisien.fr

marc d Here 05/01/2009 17:48

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a débuté une "vaste concertation" sur la réforme du lycée qui prendra plusieurs semaines et aura lieu tant au niveau national que local, a-t-on assuré au ministère de l'Education nationale.

M. Darcos "a commencé à recevoir de manière informelle des leaders syndicaux" et ceci "va se poursuivre toute la semaine et la semaine prochaine", dans le but de "poser un constat indiscutable sur les améliorations qu'il est nécessaire d'apporter au lycée général et technologique". "La plupart des rendez-vous des semaines à venir" concernera la réforme du lycée, le ministre rencontrant aussi dès mardi le recteur chargé de piloter cette réforme, Jean-Paul de Gaudemar, précise-t-on au ministère.

La consultation concernera aussi les acteurs de la société civile et la base de départ "demeure les points de convergences, d'objectifs et les principes directeurs de la réforme signés avec les syndicats et les organisations lycéennes en juin et juillet dernier".
Source AFP