Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 16:19

Editorial de Claude Imbert dans le Point paru le 31 12 08...



Des voeux de Nouvel An, on en redemande !
Car la fatalité, pour 2009, fait la grimace. Elle nous expédie des Etats-Unis ce crash de crédits pourris et de milliards escroqués qui met toute la planète en court-circuit. Avec cette évidence : dans le monde nouveau chacun dépend du Tout : la finance, les climats, les espèces, le sort des riches et des pauvres, tous brassés dans une même centrifugeuse. Et rien ou presque rien pour en régler le cours.

Alors, voici quatre voeux en l'air, dans l'ordre décroissant de nos quatre appartenances. Voeu pour le monde. Puis pour l'Occident, pour l'Europe, pour la France.


Une gouvernance mondiale, si elle advient jamais, n'est pas pour demain matin.
Premier voeu, donc : que la conscience des effets de la globalisation favorise des concertations nouvelles. Le G20 a donné là-dessus quelque espérance. Les grandes nations émergentes (Chine, Inde, Brésil...) y ont heureusement élargi le directoire informel du G8. Ses recommandations pour améliorer la représentativité et les moyens des institutions financières mondiales doivent et peuvent faire leur chemin. Le meilleur n'est pas garanti, mais le pire n'est pas sûr !

De même quant aux prémices fragiles d'une politique écologique mondiale. On y voit les réticences des pays pauvres pour consentir à l'écologie les sacrifices d'économies chétives : l'idée d'une relance économique dopée par le souci écologique-la « croissance verte »-est encore une idée de vieux riches. Elle fait son chemin en Occident, mais piétine ailleurs.

L'Onu, embryon d'un cénacle mondial, a montré ses limites. L'exécutif clignotant de son Conseil de sécurité se trouve soit contourné, soit oublié dans les conflits les plus graves. L'Onu garde la vertu d'un forum mondial. Mais, au-delà, le « machin » reste le « machin ».


L'Occident, lui, aborde l'année 2009 sous les pires auspices.
Grand promoteur du capitalisme libéral qui apporta des progrès prodigieux pour le sort des hommes, l'Occident voit son chef de file, les Etats-Unis, dévoyer sa mission, son modèle, son influence. La catastrophe financière est un gouffre où s'engloutissent, à la face du monde, une morale élémentaire et le sens commun. De quoi ranimer, chez des masses médiatisées, cette phobie du renard capitaliste dans le poulailler mondial. De quoi souffler sur les braises jamais éteintes des passions élémentaires.

Ici, donc, un seul voeu pressant : que l'Amérique d'Obama se ressaisisse ! L'Amérique, si déconfite soit-elle, maîtrise toujours le verrou de sécurité sur nos valeurs et intérêts communs. Alors, fasse le ciel que le « rêve américain » retrouvé efface le cauchemar qu'elle fait vivre à ses amis ! Le déclin de l'empire américain ne réjouit, en Occident, que les têtes légères.


L'Europe des Vingt-Sept, déjà fragile par temps calme, n'a pas craqué sous la tempête.
Elle fit au contraire, sous sa présidence sarkozyste, bonne figure. On n'en déduira pas qu'elle marche sous la crise d'un seul pas. Les fourmis (comme l'Allemagne) et les cigales (comme la France) ne voient pas d'un même oeil les largesses consenties à la relance. Un écart dangereux ! Le voeu, c'est ici que l'euro, vrai ciment européen, enviable et envié, ne s'empoisonne pas un jour de ces divergences !


Pour la France, le voeu collectif sera vite trouvé :
que la crise et ses détresses sociales ne soumettent pas la nation aux folies de la rue. Le recours à la rue, pour de modestes causes, est déjà chez nous une maladie. Lorsqu'un vrai malaise national, comme celui qui s'annonce, gagne la nation, l'irrationnel menace. La jeunesse entre en scène, s'emporte contre n'importe quel pouvoir et sous n'importe quel prétexte. Des apprentis sorciers-partis ou syndicats exténués-se refont une santé aux ardeurs de la jeunesse. Elle porte les pancartes, ils les écrivent. Et du désordre général ils escomptent un ténébreux miracle. Le diable, pour toute démocratie, est au coin de la rue. Lorsque la tempête s'y engouffre, une mer envahit la cité, « une mer aveugle et sourde » (1) ...


Enfin, après ces quatre voeux dans les nuages,
je forme les miens, plus proches, pour nos lecteurs. Pour leur communauté réfléchie d'hommes de bonne volonté.


1. Victor Hugo, « Napoléon II ».

Claude Imbert
Le Point paru le 31 12 08

Par Claude Imbert, Le Point - Communauté : Pour un libéralisme humaniste - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Réflexion politique
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