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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 18:10


Dans une tribune parue dans le journal La Croix,  du 16 décembre, Hervé Morin tire les leçons de deux crises qui ont ébranlé l'Europe, la crise géorgienne et la crise financière. Il affirme notamment qu'il est urgent de replacer la politique au cœur du jeu européen et qu'une Europe qui protège est indissociable d’une Europe capable de se projeter pour peser sur les affaires du monde
.



L'Europe, notre espérance


A l’heure du bilan de la présidence française de l’Union européenne, chacun mesure les progrès substantiels engrangés au cours des six derniers mois. Les objectifs fixés ont tous été remplis : la création de l’Union pour la Méditerranée, le bilan de santé de la politique agricole commune, un pacte européen de l’immigration, un nouvel élan donné à l’Europe de la défense, un accord unanime sur le plan « énergie-climat » et la relance du processus de ratification du traité de Lisbonne. Et deux événements majeurs – la crise géorgienne et la crise financière – ont révélé à tous que l’Europe n’était pas morte et qu’elle était capable de peser sur les affaires du monde autant que les Etats-Unis . Dans ces circonstances exceptionnelles, la présidence française a activement œuvré au rassemblement des Européens dont l’unité retrouvée tranche avec les divisions du passé. 

De ces deux crises, je veux tirer cinq leçons pour l’Europe :


- Première leçon : si l’Europe est si souvent critiquée dans sa façon de se construire, l’idée européenne triomphe aujourd’hui. Les opinions publiques, qui ont souvent un temps d’avance sur leurs dirigeants, exigent une Europe plus ambitieuse, plus réactive et plus efficace. Elles sont en train d’être entendues.


- Deuxième leçon : il est urgent de replacer la politique au cœur du jeu européen. On se trompe quand on pointe le déficit démocratique de l’Union. Ce qui est en cause, ce n’est pas l’absence d’institutions démocratiques et légitimes, mais l’absence de vie politique européenne, comme nous la connaissons dans nos démocraties nationales. L’Europe est malade de son obsession du consensus. Elle a besoin de créer du clivage politique et de susciter de la confrontation entre une majorité et une opposition. A six mois des élections européennes, on ne peut plus d’un côté se lamenter sur un taux de participation qui décline à chaque scrutin depuis trente ans et de l’autre se satisfaire de l’idée que, quels que soient les résultats de ces élections, la politique menée à Bruxelles sera toujours la même.  


- Troisième leçon : qui peut contester désormais que l’Europe nous protège mieux que les Etats des chocs extérieurs, qu’ils soient géopolitiques, économiques et sociaux, financiers, sanitaires et environnementaux ? Ce besoin de protection s’exprime fortement dans le contexte d’une mondialisation dont les excès suscitent l’inquiétude de nos concitoyens. Mais l’Union nous protégera d’autant mieux qu’elle cessera d’ériger la concurrence en dogme voire en idéologie, alors que le contrat collectif européen est fondé sur l’économie sociale de marché. Car l’Europe, c’est le projet politique qui opère la meilleure conciliation  –  même si elle n’est pas parfaite –  entre l’homme et l’économie de marché. Notre projet est différent de celui des Etats-Unis, comme il est bien entendu différent des modèles asiatiques ; à mon sens, il est le meilleur pour l’homme. 


- Quatrième leçon : une Europe qui protège est indissociable d’une Europe capable de se projeter pour peser sur les affaires du monde. Car notre Union n’est pas seulement un projet pour les Européens, c’est aussi un projet pour le monde. Le fait d’être porteurs d’une vision solidaire et coopérative de l’organisation du monde nous place à l’avant-garde sur de nombreux fronts : la lutte contre le changement climatique – avec une diplomatie environnementale qui a déjà permis de faire bouger les lignes –,  la promotion de la diversité culturelle et linguistique, la reconnaissance de normes sociales internationales, le dialogue des cultures et des civilisations. Pour remporter ces combats, les Européens doivent se donner les moyens de leur influence. Le temps est révolu où l’Europe pouvait se limiter à commenter en spectatrice les événements du monde. Le temps est désormais venu de prendre nos responsabilités dans les affaires du monde. A cet égard, la refondation prochaine du système financier international aura valeur de test. L’Europe doit parvenir à imprimer de sa marque et de son code de valeurs la définition des futures règles de la gouvernance mondiale.
 
- Cinquième leçon : notre démarche européenne s’inscrit dans une perspective de long terme, qui oblige à expliquer à nos concitoyens les tenants et les aboutissants de ce que nous faisons. L’engagement pour l’Europe fait partie du code « génétique » philosophique, politique et moral de la famille centriste. Plus que jamais, à l’approche du grand rendez-vous électoral européen du printemps prochain, la poursuite de notre idéal nous conduit à porter haut et fort nos valeurs européennes et à nous engager sur le chemin d’un fédéralisme sui generis, porteur d’une ambition commune dans le respect des identités nationales. Il appartient désormais à chacun d’emprunter à son rythme et selon sa volonté, à travers des coopérations souples et pragmatiques, le chemin de l’intégration politique. Que ceux qui souhaitent progresser ensemble puissent le faire sans délai car  le monde n’attendra pas l’Europe. 

Hervé Morin, Président du Nouveau Centre
Tribune publiée dans La Croix et sur le site du Nouveau Centre.
 

 

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Published by Hervé Morin, tribune dans La Croix - dans Europe
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commentaires

marc d Here 24/01/2009 19:42

Le président de la République a lancé samedi la campagne de l'UMP pour les élections européennes du 7 juin en demandant aux élus de sa majorité de s'engager pour «faire bouger» l'Europe.
Il confie être venu en «ami». Un «ami» qui a retrouvé «sa famille» politique. Nicolas Sarkozy a pris visiblement beaucoup de plaisir samedi après-midi à la Mutualité à Paris, en s'adressant devant la convention nationale de l'UMP et le nouveau patron du parti majoritaire, Xavier Bertrand. Le président de la République en a profité pour lancer la campagne de l'UMP pour les élections européennes de juin en estimant que ce scrutin constituait «un rendez-vous essentiel».

«Qu'est-ce que c'est que cette attitude qui consisterait à dire que l'Europe ce n'est pas ce qu'il y a de plus important pour l'avenir de notre continent ?», a lancé le chef de l'Etat. «Dans notre famille politique, j'ai plus de respect, d'amitié, de reconnaissance pour ceux qui conduiront le combat que pour ceux qui suivent le combat des autres», a-t-il encore ajouté. «Quand il faut gagner, on n'a pas besoin de suiveurs. On a besoin de gagneurs.»

Le Figaro.fr

Jean-Pierre 20/12/2008 17:31

Pour ma part, je ne sais pas bien ce qu'est l'économie "sociale" de marché.

Un machin ? Un couvercle hermétique sur la liberté d'entreprendre ? Une façon de dire qu'on n'est pas libéral au Centre ? On est quoi au Centre, alors ? Anodin et inodore ?

Marc d'Here 20/12/2008 19:21


Les termes parlent d'eux-mêmes...Cela dit il faut creuser et voir ce que chacun y met, comme toujours. En tous cas je ne pense pas qu'ils soient anodins et inodores.

Et pourquoi seraient-ils opposés à Libéral: c'est dans la presse d'opposition,  que l'on oppose en général social à libéral. Ne vous laissez pas prendre à cette propagande, même s'il
est vrai que certains, par réflexe, ou facilité le répètent. 
 
En tous cas Morin montre bien que le Nouveau Centre est bien, en ce qui concerne l'Europe le vrai successeur de l'UDF...Le MoDem n'ayant plus grand chose d'Européen ou de centriste, obnubilé par
l'opposition systématique au Président de la République.


marc d Here 20/12/2008 14:05

Suite de ma réponse: evidemment que tout ne reviendra pas comme avant, il ne le faut pas. Mais l'intervention de l'Etat, comme actuellement, pour sortir de la crise, sera provisoire, c'est une évidence.
Même si tu persistes à penser que les libéraux sont devenus socialistes! Remarque, si cela te pousses à soutenir l' action du gouvernement, tant mieux, après tout...

Elie Arié 20/12/2008 12:48

"Mais l’Union nous protégera d’autant mieux qu’elle cessera d’ériger la concurrence en dogme voire en idéologie".

Bien d'accord: une phrase qu'on n'aurait pas entendue, dans la majorité, il y a deux mois...

Nous assistons actuellement à un virage, celui de "Sarkozy sans le sarkozysme", voir:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/12/19/nicolas-sarkozy-sans-sarkozysme-par-patrick-jarreau_1133093_3232.html

et plus personne ne croit à la thèse d'"une intervention provisoire et limitée de L'État, le temps de passer un cap difficile, après quoi tout reprendra comme avant".

Le libéralisme, sous la forme qu'il a adoptée depuis 20 ans, tel qu'il était glorifié par Sarkozy durant sa campagne, ne reviendra pas avant longtemps; des gens comme Madoff, qui n'est pas n'importe qui (ancien président du Nasdaq) ont le mérite d'avoir révélé qu'il n'était plus viable sous sa forme actuelle.

Marc d'Here 20/12/2008 13:58


Tu te trompes (encore!) C'est Nicolas Sarkozy qui a fait enlever des Valeurs et principes du traité de Lisbonne, ( il y a un an!) la concurrence...

Nous nous méfions beaucoup de ce qui peut devenir des "dogmes"...