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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 12:36

Entretien paru dans Le Monde daté du 09 11.  Propos recueillis par Daniel Psenny

Producteur, exploitant, distributeur et fondateur de MK2 spécialisé dans le cinéma indépendant, Marin Karmitz a été membre de la commission Copé sur l'avenir de la télévision publique.

 Comment jugez-vous le débat sur la réforme de l'audiovisuel public qui s'est ouvert à l'Assemblée nationale ?

Je le juge en tant que citoyen. Je trouve ce débat irresponsable à l'égard des Français qui aimeraient savoir ce que sera l'avenir de la télévision publique et sa stratégie d'entreprise. Or, on assiste à une vaine guérilla parlementaire de la part de la gauche qui n'a jamais proposé de solutions pour l'audiovisuel public. Elle bloque le débat au risque de mettre en péril la télévision publique en prolongeant l'insécurité qui plane sur l'entreprise. Quant à la droite, elle cède aux nombreux lobbies. Il est urgent de moderniser l'audiovisuel public face aux défis de la révolution numérique, en lui en donnant les moyens. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a peut-être sauvé France Télévisions !


 C'est-à-dire ?

 En annonçant la suppression de la publicité, il a engagé inévitablement la restructuration de France Télévisions, son mode de financement et sa transformation en média global. S'il avait continué à être financé par la publicité, le service public aurait perdu la moitié de son budget publicitaire. Qui aurait payé la différence ?

 

C'est un revirement spectaculaire de votre part. Fin novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde, vous dénonciez "un sentiment de trahison"...

 

J'ai le sentiment que l'essentiel, c'est-à-dire la restructuration de France Télévisions vers un média global, n'est pas au coeur du débat à l'Assemblée. Les interventions et les amendements font perdre de vue l'essentiel. La commission Copé a proposé des solutions financières telles que l'indexation de la redevance, les taxes sur les fournisseurs d'accès Internet et le financement de 450 millions par l'Etat qui sont dans la proposition de loi. Personnellement, j'étais opposé à la taxation des chaînes privées pour ne pas faire dépendre le public du privé. Aujourd'hui, elles sont dans un mauvais état financier et il est inutile de les affaiblir davantage. La cohabitation d'un privé fort et d'un public également fort est un gage de pluralisme. La seconde coupure publicitaire pour les chaînes privées est une aubaine pour le service public, qui pourra montrer sa différence éditoriale. Mais, pour cela, France Télévisions doit bénéficier d'un financement pérenne de l'Etat et, pour le moment, il n'y a aucune garantie.

 

La nomination du PDG de France Télévisions en conseil des ministres ne vous inquiète pas pour l'indépendance du service public ?

 

J'ai été très surpris par la décision de Nicolas Sarkozy qui allait totalement à l'encontre de notre recommandation. Mais, finalement, pourquoi pas ? Cela mettra fin à l'hypocrisie, car tout le monde sait que cette nomination a toujours été décidée avec l'accord du pouvoir politique. En le nommant lui-même, Sarkozy sera donc en première ligne sans fusible.

 

C'est ce qui se pratiquait du temps de l'ORTF avec les dérives politiques et les pressions financières...

 

Il n'y a aucun risque de revenir au temps de l'ORTF. Aujourd'hui, avec le pouvoir du numérique, les contre-pouvoirs sont partout. Y compris, et surtout, au sein de France Télévisions avec les syndicats et les sociétés de journalistes. Sur un sujet aussi sensible médiatiquement, le président s'y reprendra à deux fois avant de virer le président de France Télévisions parce qu'une émission lui a déplu.

 

N'est-ce pas illusoire ? Tout comme de croire que le pouvoir ne s'ingérera pas dans les programmes ?

Les programmes relèvent de la responsabilité de ses dirigeants. La droite compte encore dans ses rangs quelques personnalités qui ont de vieux réflexes. Il ne sert à rien, par exemple, de dire que le service public ne doit pas diffuser de télé-réalité. La télé-réalité est un format comme un autre, mais tout dépend ce qu'on en fait. La réforme de l'audiovisuel public ne peut être viable que si on se dirige vers un média global, question qui soulève des passions, notamment chez certains syndicats, dès qu'il est question de repenser l'organisation de l'information ou celle de France 3.


Propos recueillis par Daniel Psenny

Article paru dans l'édition du Monde daté du 09.12.08.

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Published by Marin Karmitz, entretien avec Daniel Psenny, Le Monde - dans Culture - loisirs -Médias
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marc d'Héré 04/03/2009 00:15

À l'issue de la délibération du Conseil constitutionnel qui a eu lieu ce matin, l'essentiel de la loi audiovisuelle a été validé. Nicolas Sarkozy pourra donc nommer les présidents de l'audiovisuel public conformément à la procédure prévue (avis conforme du CSA et non-veto du Parlement). De la même façon, les taxes sur les chaînes privées, les FAI et les télécoms ont été jugées conformes à la Constitution.
Lepoint.fr

Et bien voilà encore une bonne réforme adoptée, malgré les résistances sans justification de la gauche et de Bayrou. Ils voulaient ne rien changer...La réforme est enfin validée et, semble t-il, convient bien aux français.

marc d Here 13/01/2009 13:38

Le président Nicolas Sarkozy a estimé que les nouveaux horaires de France Télévisions étaient "plébiscités par les Français", et il a présenté la réforme de l'audiovisuel public comme "une des plus importantes" de son quinquennat, mardi lors de ses voeux au monde de la culture à Nîmes. "Quand je vois le plébiscite des nouveaux horaires de la télévision (avancés à 20h35 sur les chaînes de France Télévisions en raison de la suppression de la publicité après 20h00), je me dis +devant un tel unanimisme, on se demande pourquoi ils n'ont pas eu l'idée plus tôt+", a déclaré le président de la République.
Le chef de l'Etat a estimé que les Français étaient "beaucoup plus réformateurs que les élites. Le statu quo, le conformisme, c'est l'affaire des élites", a-t-il poursuivi.
Il s'est dit "heureux de la capacité d'adaptation de l'audiovisuel public, de ses programmes", et a présenté la réforme, annoncée il y a un an à la surprise générale, comme "une des grandes réformes" de son quinquennat", qui aura "rendu au service public les moyens de sa spécificité".

AFP

Et pendant ce temps les sénateurs pinaillent et discutaillent...

marc d Here 11/01/2009 22:57

Un sondage ébouriffant publié ce matin par Le Parisien ! Contre toute attente, ce sont les jeunes (de 18 à 24 ans) qui apprécient le plus les nouveaux horaires de France Télévisions : 85 % d'entre eux sont satisfaits que les programmes commencent désormais à 20 h 35. Les moins enthousiastes se recrutent chez les plus de 75 ans (favorable à 65 %) et les retraités (69 % d'opinions favorables).

Sur l'ensemble de la population, la satisfaction est très large : 78 % d'opinion favorable contre 14 % qui n'approuvent pas. Chez les personnes satisfaites, ceux qui pensent que c'est une "très bonne" chose sont 32 % et 46 % estiment que c'est une "assez bonne chose".

LePoint.fr

Voilà une réforme qui satisfait les Français. Je serais étonné que la gauche qui s'y oppose brutalement la remette en cause si elle revient (un jour lointain!) au pouvoir.

marc d Here 06/01/2009 12:50

Le journal de France 2 a diffusé hier des images d'une vidéo amateur censée illustrer l'offensive israélienne à Gaza, mais qui datait en fait de 2005 et n'avait pas été filmée à l'endroit indiqué, selon la chaîne publique, qui va présenter des excuses lors du JT de 13h00
Source AFP

C'est dire le niveau de sérieux du service public! On peut parier que le journaliste "responsable" et son chef de service ne seront pas sanctionnés!

marc d Here 05/01/2009 16:49

Les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé aujourd'hui qu'elles refusent la Légion d'honneur, après avoir découvert avec "étonnement" leur nom sur la promotion du Nouvel an de cet ordre.

Elles ont eu raison de refuser...On a eu tort de les choisir. Absolument rien dans leur activité professionnelle ne peut en effet les destiner à la moindre récompense ou distinction qui soit.

peaceonearth 11/12/2008 21:29

Oui, peut être qu'il a sauvé France TV, mais fallait il le faire ? Dans quel but le fait il ?
Les français y gagnent ils quelque chose ? Je ne crois pas.