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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 20:37


La Chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy appellent à une mobilisation urgente contre la crise, car «une intervention publique rapide et décisive est nécessaire pour empêcher des dommages irréversibles à nos économies».

Le Figaro du 26 novembre 2008

Il y a onze jours, nous étions à Washington avec les autres chefs d'État et de gouvernement du G20 pour organiser une réponse commune à la pire crise financière depuis des décennies. Après l'explosion de la bulle des « subprimes », la contagion a atteint toutes les économies du monde développé ou émergent. Cette crise mondiale appelait une réponse mondiale. Les dirigeants des vingt principales économies de la planète ont donc décidé de principes communs et d'un plan d'action. Nous avons ainsi jeté les bases d'une réforme fondamentale du système financier international, pour que les excès du passé ne se reproduisent plus.
Nous voulons plus de transparence, plus de responsabilité et une surveillance renforcée de tous les acteurs. Nous avons demandé à nos ministres des Finances d'appliquer ce plan d'action avant le 31 mars prochain. Nous attendons d'eux la mise en œuvre dans leur intégralité des principes et des mesures décidés à Washington.


Tous les participants au sommet de Washington sont tombés d'accord sur « des mesures budgétaires rapides pour soutenir la demande intérieure ». Dans le même temps, ils se sont fermement engagés à garantir la « soutenabilité » de leurs finances publiques. Cela ne doit pas se faire en mettant en péril la stabilité économique et sociale de nos pays.

Or, nous traversons des circonstances réellement exceptionnelles. La crise bancaire internationale est la plus forte des soixante-dix dernières années. La plupart des économies européennes enregistreront leurs pires performances économiques depuis bien longtemps avec un à plusieurs trimestres de croissance négative. Certaines dépasseront le seuil des 3 % de déficit, ce qui est inévitable dans de telles circonstances.

Nous pensons que l'économie mondiale a les moyens de se rétablir en 2009 et de rebondir ensuite. Les économies de la zone euro en particulier restent fondamentalement saines. La dette des ménages est généralement faible. Les bilans des entreprises sont solides. Les tendances à la baisse des prix sont fortes, ce qui devrait améliorer le pouvoir d'achat de nos concitoyens et donner des marges de manœuvre à la politique monétaire.

Mais ce rebond n'ira pas de soi. En dépit du soutien massif apporté au secteur bancaire dans tous nos pays, le fonctionnement des marchés financiers reste très perturbé. Une forte incertitude prévaut aujourd'hui. Les projets d'investissement sont donc révisés ou reportés. La consommation est faible. La confiance s'est dangereusement dégradée.


Dans ce contexte, il est capital de prévenir et d'empêcher une spirale récessive dans nos pays. Nous appelons les banques et toutes les institutions financières à utiliser pleinement les facilités qui leur sont données pour maintenir et soutenir les crédits à l'économie.

L'examen des dernières crises bancaires nous enseigne aussi qu'une intervention publique rapide et décisive est nécessaire pour empêcher des dommages irréversibles à nos économies. La Chine a annoncé un programme important de relance. Les États-Unis se préparent à faire de même pour prendre le relais des mesures ponctuelles déjà prises au premier trimestre 2008.

L'Europe a montré sa capacité à agir. Le sommet de Washington s'est tenu à son initiative. Dans la déclaration de Paris le 12 octobre dernier, nous avons défini une feuille de route pour stabiliser notre système financier puis pour le réformer. De la même manière que nous avions alors mis au point une « boîte à outils européenne » pour le sauvetage du système bancaire, nous devons maintenant construire une approche commune de la relance économique.


Il n'existe en effet pas un modèle unique de plan de relance qui puisse être appliqué par vingt-sept États membres dont les situations économiques et budgétaires sont différentes. Nous croyons en revanche qu'une relance budgétaire coordonnée pourrait rétablir la confiance des consommateurs et des investisseurs et éviter les comportements opportunistes au sein d'un ensemble d'États qui partagent bien davantage que des institutions. Tout doit être entrepris pour soutenir nos économies dans cette période exceptionnelle.


Quelle pourrait être cette approche commune ?

- Les mesures envisagées devraient respecter trois critères : être fortes ; être temporaires ; être ciblées. Elles devraient donc aller au-delà du simple jeu des stabilisateurs automatiques.

- Ces mesures pourraient concerner le financement de l'investissement et des infrastructures, le soutien aux petites et moyennes entreprises et le soutien direct aux ménages. Il reviendrait à chaque pays de construire son propre plan et de décider son propre dosage, tout en privilégiant les mesures qui ont un impact aussi fort et aussi rapide que possible.

- Ces mesures devraient rester cohérentes avec la stratégie de Lisbonne parce que les réformes structurelles restent plus que jamais nécessaires à nos économies.

- Ces mesures devraient également être cohérentes avec notre objectif de « soutenabilité » budgétaire à long terme. C'est pourquoi il est essentiel que nos politiques s'inscrivent dans un cadre commun. Nous allons y travailler avec nos partenaires dans les jours qui viennent. Nos concitoyens doivent savoir que nous ne les laisserons pas seuls face au plus grand choc économique de ces dernières décennies. Ils doivent aussi être assurés que nous ne renoncerons pas à notre responsabilité budgétaire et à l'objectif de stabilité à moyen terme des finances publiques.

- Les institutions européennes devraient prendre leur part de la relance.

D'abord en permettant la concertation sur les mesures à prendre. Un point du produit intérieur brut européen est une bonne cible et les plans nationaux devront s'y adapter selon les circonstances. Nous n'avons besoin ni d'une approbation formelle ni d'une surveillance tatillonne, mais de lignes directrices que le Conseil européen des 11 et 12 décembre pourrait adopter. Certains pays ont déjà pris des mesures qui vont dans ce sens.

L'Union européenne devrait ensuite venir en complément des actions décidées dans chaque pays. L'industrie automobile et le secteur de l'énergie pourraient ainsi être soutenus en mobilisant de nouveaux moyens de la Banque européenne d'investissement. La mobilisation des fonds structurels devrait également être accélérée par le préfinancement de certains programmes, comme celui en faveur des économies d'énergie. Plus de souplesse, à titre temporaire, dans l'application des règles européennes sur les aides d'État et des objectifs plus ambitieux en matière d'infrastructures, par exemple dans le domaine du haut débit et des réseaux de transport et de distribution d'énergie, pourraient aussi être des sources de croissance supplémentaire. Enfin, le Pacte de stabilité et de croissance devrait être appliqué avec souplesse. Le débat pourrait être rapide sur ce point, puisque le Pacte prévoit des marges de manœuvre à court terme qu'il faut utiliser. Il sera bien temps de construire ensuite un véritable plan de rétablissement budgétaire.

Enfin, l'Union peut aider à une mise en œuvre rapide, parce que la vitesse de réaction est cruciale en matière de relance économique. Les États membres ne doivent pas être ralentis par les procédures communautaires dans la mise en œuvre de leurs plans de relance. De même, si des dépenses communautaires supplémentaires sont nécessaires, elles doivent être autorisées rapidement dans le respect des perspectives financières 2007-2013.


Nous nous engageons à tout faire pour accélérer la reprise. Nous le ferons en gardant en mémoire la nécessité de continuer les réformes structurelles et veiller à la consolidation des finances publiques.


Nous invitons les États membres de l'Union à adopter ces principes simples et forts lors du prochain Conseil européen pour constituer la contribution de l'Europe unie à l'appel du sommet de Washington en faveur de la relance économique
.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, dans Le Figaro du 26 11

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Published by Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, dans Le Figaro - dans Europe
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commentaires

marc d Here 06/12/2008 19:32

Nicolas Sarkozy et les membres est-européens de l'UE ne sont pas parvenus à un accord sur un mécanisme de solidarité qui permette aux pays les plus pauvres de ne pas être trop pénalisés par les objectifs européens en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, hôte de la réunion, a fait état de progrès sur le sujet mais pour ajouter aussitôt qu'il y avait "encore beaucoup de travail" pour surmonter le principal obstacle restant à un accord sur le "paquet climat-énergie" lors du conseil européen des 11 et 12 décembre.

"Nous avons beaucoup travaillé et progressé mais nous ne sommes pas encore au bout de la discussion", a dit de son côté Nicolas Sarkozy au cours d'une conférence de presse commune.

"Les pays qui sont ici souhaitent que la solidarité, qui est un des fondements de la construction européenne, soit prise en compte de façon un peu plus ambitieuse", a-t-il ajouté.

Lepoint.fr et Reuters

Elie Arié 04/12/2008 18:30

http://www.marianne2.fr/Relance-les-arrogants-de-Paris-contre-les-gnomes-de-Bruxelles-_a93987.html?PHPSESSID=b2409559e356fab9dbab8b4c1d75e9b3

"Mais l’annonce du plan de relance aujourd’hui 4 décembre est l’occasion pour Nicolas Sarkozy de pousser le bouchon plus loin. A Douai, le président français a réclamé fermement la mise entre parenthèse des règles de la concurrence.(...)

Sarkozy a néanmoins senti le vent tourner, il cherche désormais à rogner les pouvoirs de Bruxelles en matière de concurrence. La France n’est pas seule. Le même jour, Angela Merkel, qui elle aussi attend que Nelly Kroes approuve son plan bancaire, s’écriait : « pendant la crise, changeons la réglementation sur les aides publiques ». C’est attaquer la commission au cœur, puisqu’en la matière elle a un pouvoir indépendant des gouvernements des Etats membres.

Pour Nicolas Sarkozy, annihiler Bruxelles est d’autant plus stratégique que les aides françaises à l’automobile auront comme condition un engagement de non délocalisation, y compris en Europe, ce qui serait contraire au droit européen".

Heureusement que, grâce aux Irlandais, le traité de Lisbonne n'a pas été ratifié, sinon ce combat aurait été difficile à mener.

Marc d'Here 04/12/2008 18:40


Tout à fait d'accord avec l'action de Sarkozy.

J'espère que le traité de Lisbonne qui ne donne aucun pouvoir particulier à la Commission, mais au contraire au Président du Conseil Européen, pourra entrer prochainement en vigueur...Il semble que
les choses ne se présentent pas trop mal à cet égard.


marc d Here 04/12/2008 14:40

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi d'abaisser de 0,75 point de pourcentage à 2,50% son principal taux directeur, la plus forte réduction de son histoire, a annoncé un porte-parole.

Son président, Jean-Claude Trichet, doit tenir une conférence de presse à Bruxelles à partir de 13H30 GMT pour expliquer la décision du conseil des gouverneurs, qui s'est réuni dans la capitale belge.

La majorité des économistes misait sur une réduction d'un demi-point du principal taux. Mais face à la dégradation rapide de l'économie et la chute brutale de l'inflation, certains avaient espéré un geste plus ferme de la BCE, sous la forme d'une baisse de trois quarts de point.

Plusieurs de ses homologues européennes ont d'ailleurs choisi de frapper de nouveau un grand coup jeudi, signe de l'ampleur de la crise économique.
Lepoint.fr

Elie Arié 03/12/2008 01:20

Effectivement -et c'est une bonne nouvelle- la Commission a fait volte-face en 24 heures par rapport aux premières déclarations de Barroso:

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/12/01/bras-de-fer-entre-paris-et-bruxelles-autour-du-plan-de-soutien-aux-banques-francaises_1125242_0.html

Il est dommage qu'il est fallu une crise de cette ampleur pour que l'on comprenne que le rôle des États est irremplaçable en économie, et pour qu'on se félicite que le TCE et le traité de Lisbonne n'aient pas été adoptés.

Marc d'Here 03/12/2008 07:14


Tu rabaches tes obsessions.

C'est en période de crise grave et seulement en ce cas que le rôle des Etats devient essentiel. Quand au traité de Lisbonne, il est probable que l'on se dirige vers son adoption,  (les signes
en provenance d'Irlande sont nets) ce qui représentera un progrès important.


marc d Here 02/12/2008 22:37

Sous pression de Paris et Berlin, la Commission a accepté de revoir sa copie, d'ici à Noël, pour permettre aux États de recapitaliser leurs banques.

Les États membres sont en train de triompher des règles tatillonnes de la «bureaucratie» bruxelloise en matière de concurrence. Voici ce qu'ont suggéré mardi, plusieurs ministres des Finances aujourd'hui en butte avec la Commission européenne à propos de leurs plans de sauvetage bancaire....
Le Figaro.fr