Mercredi 19 novembre 2008



Deux textes, de nos amis Jean-Louis Caccomo et Christophe Chomant, avant le vote de jeudi

 

Il est pour le moins cocasse de voir les leaders socialistes, qui n’ont de cesse de décliner le refrain « des dégâts de l’individualisme et de la compétition effrénée qui sous-tend la logique capitaliste », s’étriper dans une compétition féroce pour prendre la direction du parti socialiste entretenant ce parti dans une crise permanente.

 Les partisans du tout-collectif et de la fraternité entre les hommes seraient-ils finalement comme quiconque habités par un égo incontournable les conduisant à mettre au second plan l’intérêt général de leur propre organisation, ou l’intérêt général tout court dont ils sont pourtant les ardents défenseurs (car il est dans l’intérêt général d’une démocratie saine d’avoir une opposition solide et organisée).

L’individualisme de fait des ténors de l’anti-individualisme ne surprendra pas un économiste si on admet l’idée que la politique constitue un marché. Et sur ce marché des idées et des projets politiques, il est sain qu’existe une concurrence entre différents porteurs de projets afin de faire émerger le meilleur candidat sachant que l’on ne connait jamais le meilleur par avance. C’est la fonction des primaires aux USA. Dans ce domaine aussi, le monopole serait la pire des choses puisqu’il signifierait la dictature.

Les socialistes seraient en tout cas les premiers à redouter un effondrement du capitalisme car ils n’existent que dans la critique de l’économie de marché. Mais pour peu que celle-ci s’effondre vraiment – ce que je ne crois nullement -, qu’auraient-ils à proposer comme alternative ? Oseraient-ils sérieusement nous dévoiler le commencement d’un projet d’une économie fondée sur les principes socialistes ? Il faudrait avoir le courage de présenter à l’opinion la réalité de ces principes car leur mise en application a toujours et partout produit les mêmes effets désastreux.

En tout état de cause, une économie socialiste n’aurait même pas le luxe d’entrer en crise car une économie socialiste n’a jamais fonctionné du tout. Pour entrer en crise, il faut d’abord exister ! La crise, comme la crise d’adolescence qui caractérise l’évolution et la mutation d’un individu, est la manifestation d’une évolution, ce qui est la caractéristique profonde des économies de marché (fondée sur l’innovation perpétuelle).

Par contre, l’innovation ne semble pas caractériser le discours socialiste figé dans des canons d’un autre âge. Or, le discours socialiste aura grandement besoin d’évoluer si le PS veut s’approcher un jour du parti travailliste britannique ou du parti démocrate américain dont le leader Obama, devenu président des Etats-Unis, a tant séduit les socialistes (et pas seulement les socialistes).

 Jean-Louis Caccomo

 

Ah, le beau spectacle ! Il faut dire qu’on a une sacrée équipe : entre
un premier secrétaire dont l’envergure intellectuelle se résume à
critiquer le moindre fait de N. Sarkozy ; une ex-épouse de premier
secrétaire qui s’échine à faire le grand écart entre ouverture
sociale-libérale et vieux boniments marxistes ; un maire de Paris qui se
prétend libéral… mais décide d’augmenter les impôts ; une maire de
grande ville favorable à une interdiction des licenciements… qui
provoquerait un doublement du chômage ; un ex-premier ministre ayant
rejeté l’Europe uniquement pour faire parler de lui ; un président de
FMI qui n’a jamais eu le courage de s’afficher clairement social-libéral ;
de jeunes loups dont les fausses colères n’ont d’autre ambition que de
servir leur propre carrière ; et des élus locaux qui n’en pensent pas
moins mais dont l’opinion est verrouillée par leur baron… Une belle
équipe, que nous envient les droites du monde entier !


Cette élite pensante qui, au 21ème siècle, n’a toujours pas compris que
l’économie de marché est celle qui fonctionne le moins mal ; que
l’entreprise est la première créatrice de biens, de richesse et
d’emplois ; que le chômage ne peut être combattu que par un allègement
des charges pesant sur l’entreprise ; que seule la maîtrise des dépenses
publiques permettra non seulement d’alléger ces charges mais également
d’insuffler une nouvelle politique sociale digne de ce nom ; que les
citoyens doivent être responsabilisés dans leurs dépenses de santé ; que
l’augmentation de l’espérance de vie imposera celle du temps de travail…

Qui n’a toujours pas compris que la prise en compte de ces contingences
n’empêche nullement d’être épris de justice sociale, d’équité et de
solidarité, en un mot d’être de « gauche ». Que l’engagement
progressiste n’interdit pas d’être lucide ou de responsabiliser les
citoyens, loin de là.


Et c’est ainsi que notre parti socialiste reste le dernier parti  européen à ne
pas s’affirmer clairement social-libéral, à demeurer embourbé jusqu’au
cou dans des refrains et démagogies marxistes hors d’âge.
Qui n’a pas compris… ou pire : qui fait semblant de ne pas comprendre.
Par électoralisme.

Mauvais calcul ! Car les citoyens, bien plus intelligents que ne le croient les apparatchiks, sanctionnent dans les urnes tout programme incohérent, médiocre, trompeur ou  
périmé, a fortiori les quatre à la fois comme ce fut le cas pour les dernières présidentielles.


Comment a-t-on pu en arriver là, vingt-cinq ans après Mitterrand ?
Prenez un zeste de militant soucieux de ne pas perdre de voix
communistes ; versez une dose de dirigeant plus égotiste que visionnaire ;
rajoutez un soupçon d’élu local dont l’opinion sincère est verrouillée
par des enjeux de carrière. Secouez énergiquement le tout, versez sur un
lit de glace pilée et rangez au congélateur.


Les vrais progressistes – Rocard, Allègre, Kouchner, Bockel, Besson…
Ils sont partis depuis longtemps ! Pour survivre intellectuellement,
pour rester progressistes. Ce qui fait qu’à présent, hormis quelque trop
rare Valls ici ou là, il ne reste plus au PS beaucoup de neurones qui  bougent.


Allez…! Bonne continuation sur le chemin de l’horizon radieux et de la
pensée zéro… et que le dernier éteigne derrière lui en sortant !


Christophe Chomant

Par Jean-Louis Caccomo et Christophe Chomant - Communauté : Politique française - Voir les 6 commentaires
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 Quittant le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalismeet la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion, je crée  avec quelques amis socialistes  et centristes,  un mouvement politique réformiste,  de centre gauche « Initiative Européenne et Sociale » (IES)  que je préside depuis janvier 2006.

 

 Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle. A nouveau membre de Gauche Moderne, le parti de Jean-Marie Bockel 

 

 Je viens de publier (novembre 2007) « de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant. Les personnes intéressées par ce livre peuvent s’adresser à l’éditeur : christophe.chomant@wanadoo.fr ou m’adresser un mail à ies1@hotmail.fr

 

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