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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 10:13


par Paul Henri du Limbert, le Figaro du 03 novembre 2008...


C'est la motion cachée du congrès de Reims. Appelons-la la «motion Sarkozy». Elle n'existe pas, mais ces temps-ci, sa petite musique sonne agréablement aux oreilles des militants socialistes. À Reims, sur le papier, elle aurait de nombreux atouts à faire valoir : retour de l'État, condamnation du capitalisme financier, création d'un fonds souverain, appel à un gouvernement économique européen, volontarisme, interventionnisme. Tonnerre d'applaudissements assuré !

Nul besoin d'une interminable «nuit des résolutions», on parviendrait à la synthèse en deux temps trois mouvements et on repartirait contents en se disant que Jean Jaurès et Léon Blum seraient fiers !

Mais Nicolas Sarkozy n'est pas candidat au poste de premier secrétaire, et en plus il n'est pas socialiste. Parce que la situation est exceptionnelle, il prend des mesures exceptionnelles, mais sa vision à long terme n'est pas celle d'une société où l'État régirait tout, durablement et systématiquement.

C'est le danger qui guette les signataires des motions de Reims. Pousser le curseur plus à gauche, confusément et par opportunisme, parce que Nicolas Sarkozy a pris pied sur leurs terres. Et donner, une nouvelle fois, de fausses illusions au «peuple de gauche», qui s'y connaît en déceptions et en amertumes.

À ce jeu-là, Benoît Hamon a pris quelques longueurs d'avance. Mais Martine Aubry n'est pas en reste. Elle sait que les congrès socialistes, c'est d'abord une question de posture, où il est plutôt conseillé de malmener le principe de réalité. Alors, on la sent prête à en faire beaucoup à la tribune de Reims, et d'abord contre le chef de l'État. Prête aussi à justifier son alliance baroque avec Laurent Fabius et à ironiser sur Bertrand Delanoë qui, dans une fâcheuse erreur de timing, avait jugé opportun, en juin dernier, de s'appliquer à lui-même le qualificatif de «libéral».

Que n'avait-il pas dit ! Depuis, le maire de Paris, présenté comme le favori, s'est «justifié» auprès de ses camarades, mais chacun sent bien que le mot qui fâche pourrait faire la différence en sa défaveur. Et puis, il y a Ségolène Royal. Où est-elle ? Personne ne sait très bien. Elle était un peu à droite du PS, mais ces derniers jours, lorsqu'il s'agit de s'attaquer à Nicolas Sarkozy, à sa prétendue «connivence» avec les banquiers, elle sait doubler ses amis sur leur gauche. Comme Aubry et Delanoë, elle peaufine ses arguments pour prouver qu'elle est à des années-lumière de la nouvelle politique voulue par le chef de l'État. Bref, Nicolas Sarkozy risque d'être l'acteur principal du congrès de Reims. Le phénomène n'est pas nouveau. Depuis son élection, il hante et malmène le vieux parti d'Épinay, l'obligeant à s'adapter tant bien que mal à l'évolution du monde. La crise financière aurait pu donner un nouvel espace au PS, mais Nicolas Sarkozy s'y est installé. Depuis, les camarades retravaillent leur motion.

P.H. du Limbert, Le Figaro du 03 11

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Published by Paul-Henri du Limbert, Le Figaro - dans Chroniques
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commentaires

marc d Here 07/11/2008 08:13

Les résultats provisoires du vote des militants PS conduisent à quelques remarques:
1- Malgré l'importance de l'enjeu et la dramatisation, les votants n'ont pas été très nombreux, ( moins de 140.000!) ce qui traduit bien le déclin du parti.
2- Delanoë est battu. Lui qui prévoyait un score de 50%, fait autour de 25%....C'est une défaite personnelle, et une défaite de la vieille sociale démocratie ( Hollande, Moscovici, Ayraud, Jospin...qui n'a même pas voté).
3- La "gauche" du parti fait un gros score, ce qui empêchera toute modernisation.