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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 12:58



Par Jean-Louis Caccomo...

Personne ne peut dire si le plus dur est désormais derrière nous. Il est difficile d’avoir une vision exacte des événements à chaud, surtout quand les plus grands experts sont eux-mêmes pris en défaut. Il est cependant un fait remarquable : les Etats européens, mobilisés par le président français, vont venir en aide aux banques en leur prêtant de l’argent qu’ils auront eux-mêmes empruntés…aux banques.

 

Ces événements que nous venons de vivre doivent nous rendre plus modestes, nous incitant à abandonner toute posture par trop idéologique. L’effondrement de l’Union Soviétique a montré au monde entier que l’Etat ne pouvait pas et ne savait pas tout faire. L’omniprésence de l’Etat entraîne son incompétence conformément au principe « trop d’Etat tue l’Etat ». Mais la crise financière mondiale montre de la même manière les limites du marché, le marché ne pouvant pas tout faire tout seul. « Trop de liberté tue la liberté ». Et ce sont précisément les marchés qui en appellent à l’intervention étatique, l’action coordonnée des Etats européens étant saluée par les bourses mondiales. Ce sont également les banques qui sont disposées à prêter de l’argent à l’Etat alors qu’elles ne se prêtent plus entre elles dans ces périodes d’irrationalité collective.

Il convient de prendre en considération ces éléments pour considérer que le sempiternel débat entre plus ou moins de régulation, plus ou moins d’Etat, est largement dépassé. La question n’est pas : faut-il plus réguler ou faut-il moins de régulation dans l’économie ? Mais plutôt : quelles sont les bonnes régulations ? Et comment faire évoluer les régulations alors que l’économie elle-même est en constante mutation, les crises provoquant généralement l’accélération des changements. On doit pouvoir se débarrasser des réglementations qui étouffent le développement économique tout en trouvant les régulations qui empêchent le marché de se nuire à lui-même.

 

L’économie est un peu comme la médecine : la connaissance de l’objet conduit à faire évoluer l’objet. Autrefois, l’humanité était régulièrement terrassée par des épidémies de peste ; la mortalité infantile était grande et l’espérance de vie courte. Puis nos connaissances médicales nous ont permis de vaincre des maladies et d’allonger la durée de vie. Aujourd’hui, l’homme vit plus longtemps en longue santé mais de nouvelles maladies plus complexes sont apparues face auxquelles la science est pour l’instant sans réponse définitive.

Il en sera toujours ainsi : le progrès fait disparaître des anciens problèmes pour en faire émerger de nouveaux. C’est le propre de l’évolution. Il en est de même de l’économie qui est un phénomène éminemment évolutif, et singulièrement de l’économie de marché dont le dynamisme contribue à sa propre transformation. La crise est un signe de l’évolution de l’économie. L’économie n’est pas au bord du gouffre, elle est en mutation. Il y a plus d’un siècle, quelques pays ont connu la croissance, ce qui a permis d’apporter la prospérité et le bien-être à des populations qui furent condamnées à la misère pendant de nombreux siècles. Aujourd’hui, de plus en plus de pays se sont ouverts à l’économie mondiale, profitant d’un processus de croissance autrefois réservé aux seuls pays occidentaux. Dans le même temps, les processus financiers, technologiques et managériaux se sont grandement complexifiés, évoluant et s’adaptant à l’occasion des crises. Il serait étonnant qu’il en soit autrement alors que des pays aux cultures différentes, aux aspirations différentes, aux histoires différentes, se retrouvent à s’ouvrir à un processus de globalisation économique qui les rend solidaires et interdépendants à une échelle sans précédent dans l’histoire.

Ces phénomènes interpellent la science économique de la même manière que la médecine progresse en voulant s’attaquer aux nouvelles maladies.

 

Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

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Published by Jean-Louis Caccomo - dans Economie et social
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marc d Here 23/10/2008 09:15

La consommation des ménages en produits manufacturés a augmenté de 0,6% en France en septembre après une baisse de 0,2% en août, selon des données CVS/CJO publiées par l'Insee.

Vingt-neuf économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à un repli de 0,1% en septembre.




Le chiffre d'août a été révisé à -0,2% au lieu de -0,3% en première estimation, après un gain confirmé à +0,4% en juillet.

Par rapport à septembre 2007, les dépenses des ménages en produits manufacturés progressent de 1,5%, selon l'Insee.

La consommation des ménages en produits manufacturés représente le quart de la consommation totale des ménages en biens et en services.

Dans le champ "commerce" (ventes au détail hors automobile, pièces détachées et produits médicaux), les dépenses ont augmenté de 0,6% également en septembre, après -0,2% (révisé de -0,3%) en août.

Les dépenses de consommation en biens durables - matériel de transport et équipement du logement - ont progressé de 0,4%, avec notamment un rebond de 0,7% des achats en automobiles .

Les dépenses en textile-cuir ont quant à elle rebondi de 2,8% après un recul de 1,9% le mois précédent .

Véronique Tison
Le Monde .fr et Reuters

Deux remarques: La situation est peut-être un peu meilleure que la presse et l'opposition ne l'annonçaient.
Les prévisions des économistes n'ont strictement aucune valeur. C'est une confirmation.

marc d Here 22/10/2008 14:39

Le président de l'assurance-chômage (Unedic), Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé aujourd'hui que la France allait connaître "une légère remontée du chômage, entre 7% et 8%" à suite de la crise financière, mais que la France ne devrait pas connaître de chômage de masse "à court terme".

"A court terme, je ne pense pas - je m'engage avec prudence - qu'on voit ce qu'on appelle un chômage de masse. On est à 7,2%, les prévisions nous mettent à 7,5%, 7,6%, 7,7% de la population active. Je ne crois pas (au chômage de masse) sur 2009, sauf si on subit une crise terrible avec une décroissance de 2% ou 3%, ce qui n'est pas le scénario actuel", a-t-il précisé.

Source AFP

marc d Here 21/10/2008 10:14

Le spectre d'une "catastrophe" financière mondiale s'éloigne après la décision des gouvernements d'injecter des liquidités pour éviter une crise sur la marché bancaire, a estimé le gouverneur de la Banque de réserve d'Australie.

"Dans des moments comme ceux que nous traversons, il est hasardeux de faire des prévisions. Néanmoins, il me semble que des éléments clés pour traiter à la racine les problèmes de cette crise se mettent en place", a déclaré Glenn Stevens. "Les responsables politiques des grands pays ont fait ce qu'il fallait", a-t-il jugé faisant allusion aux différents plan de sauvetage des banques adoptés par les gouvernements....

Source AFP

rachid 17/10/2008 11:44

Vive la crise !

Une des grandes leçons de cette crise mondiale venue des Etats-Unis, où le laisser-faire est élevé à la hauteur d’une divinité, c’est que l’Etat n’est pas cette structure ringarde que les libéraux ne cessent de dénigrer. D’ailleurs, les libéraux eux-mêmes ne se sont pas privés d’appeler l’Etat au secours, partout de Wall Street à Paris, de Londres à Berlin. Alors on ne critiquera pas l’activisme de Nicolas Sarkozy en tant que président de l’Europe. Il fallait le faire. Cela ne doit pas nous empêcher de nous poser des questions. La plus simple : pourquoi l’Etat ne serait-il légitime que lorsqu’il vient au secours des entreprises ? Pourquoi n’aurait-il pas de légitimité pour contrôler les secteurs clefs de notre économie que sont les transports, la santé, l’énergie, etc. ? On remarquera d’ailleurs qu’une rencontre européenne a eu lieu récemment à Colombey-les-Deux-Eglises, sous le haut patronage de De Gaulle. Ce qui était bien vu puisque De Gaulle a été l’un des grands acteurs des nationalisations en France au lendemain de la guerre et qu’il a voulu un service public fort au service des citoyens. Bien vu mais un brin cynique, puisque ses « héritiers » actuels n’ont de cesse de vouloir détricoter ce que le général a fait. Ce qui prouve que le Parti socialiste n’est pas le seul parti à avoir perdu tout repère. Il semble bien que l’UMP elle aussi navigue à vue, disant tout et son contraire au fil des mois. L’avantage, avant la crise, c’est que ça ne se voyait pas. Et l’on prenait pour lucidité et pragmatisme ce qui à l’usage se révèle une posture. La crise aura eu au moins cela de bon, de remettre les pendules idéologiques à l’heure. Le PS doit savoir qu’il n’a rien à gagner à se baigner dans les eaux trop libérales. Quant à l’UMP, elle ferait mieux de renforcer l’héritage de De Gaulle plutôt que de vouloir le brader au nom d’une idéologie américaine dont on voit désormais ce qu’elle coûte à la planète.

Jacques Heurtault 16/10/2008 18:51

Il n'est pas exact de dire que nous sommes en période d'irrationalité ... Ce qui motive l'économie et ses acteurs, ce n'est évidemment pas l'existence préalable des profits mais l'espérance de profits ...
Un entrepreneur investit car il espère gagner de l'argent, pas parce qu'il a de l'argent.
Le problème vient du fait que les banques ne prêtent plus car elles ne savent pas très bien ce que valent leurs bilans respectifs alors même qu'elles doivent respecter des règles (les ratios Cook). Si un entrepreneur a une idée de génie mais pas d'argent à investir en propre, il va voir son banquier, qui croit en lui ou pas ...

ascensi 16/10/2008 17:00

Je voudrais développer l'argument sur la "complexification" des processus financiers. Il s'agit aussi et surtout d'une "opacification" qui ouvre la porte à tout les abus, y compris des possibilités d'évasion fiscale. si l'on en juge par les scandales récents, tous ont révélé, à un moment ou un autre, un problème concernant la nature des transactions (Enron, Clearstream, Subprimes). De l'argent circule et on ne sait plus ce que c'est, d'où ça vient, et ce que cela représente exactement. Cela est confirmé par les accusations de certains capitalistes qui se veulent les défenseurs d'une économie plus réelle et moins "spéculative" (Bébear, Soros). Une vieille école en somme.