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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 09:54
Marc de Scitivaux avait publié le 21 septembre dernier  dans le JDD (et je l'avais repris sur ce blog) un article intitulé "la crise financièr est finie"....!.....Il y revient aujourd'hui, toujours dans le JDD...



Par Marc de SCITIVAUX
Pour Le Journal du Dimanche du 12 octobre 2008

 
Les politiques ont beau multiplier les annonces, les bourses financières plongent chaque jour un peu plus. L'économiste Marc de Scitivaux analyse pour le JDD l'effet de l'adoption retardée du plan Paulson. Maintenant que le congrès a voté la loi, l'heure est à l'espoir, tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Mais les marchés sont encore dominés par une "exubérance" irrationnelle.


Dans le JDD du 21 septembre, je disais: "Aujourd'hui, on peut considérer que la crise financière est terminée. Cela n'empêchera pas d'autres organismes financiers de connaître des problèmes dans les mois à venir. Mais ceux-ci seront réglés sans la psychose de fin du monde que nous avons connue cette semaine." Et puis, patatras, l'élément inattendu se produit: le plan Paulson est rejeté et même si, quatre jours après, il est adopté, il aura suffi de ces quatre jours pour que non seulement la psychose de fin du monde se renforce, mais aussi qu'elle se répande sur la planète financière. Avec trois manifestations brutales: les banques ne veulent plus prêter aux banques (c'était déjà le cas, mais la situation s'aggrave très fortement); les particuliers commencent à vouloir retirer leur dépôt; les investisseurs veulent vendre leurs actions. A part ce fabuleux contre-pied qui permet de se rappeler que les Etats-Unis sont une vraie démocratie avec les avantages et les faiblesses d'un tel régime, doit-on changer le fond du raisonnement? Non.

Je disais qu'"il fallait enrayer une mécanique infernale qui transforme des pertes virtuelles (purement comptables tant que les actifs ne sont pas vendus) en sinistres réels à cause des règles de comptabilité et de notation". Est-ce que le plan Tarp (Troubled Asset Relief Program), nom officiel du plan Paulson, le permet? Oui. Est-ce que son application permettra de mettre fin à la spirale mortifère: baisse des prix, provisions, baisse des prix, etc.? Encore oui. Est-ce que cela permettra même à certaines banques des reprises de provisions? Toujours oui. Est-ce qu'en attendant son application les autorités américaines ont mis en oeuvre des mesures pour permettre le bon fonctionnement du système financier? Définitivement oui. Lesquelles?

Premièrement, le Trésor américain augmente sans limites le montant des bons du Trésor mis à la disposition de la Réserve fédérale (FED). Il peut d'autant le faire que le monde se rue pour lui prêter, avec des taux à trois mois de 0,5%!

Deuxièmement, avec ces bons du Trésor, la FED refinance toutes les banques qui ont besoin de liquidités (le 8 octobre, elle a ainsi mis à la disposition des banques américaines 138 milliards de dollars pour quatre-vingt-cinq jours au taux annuel de 1,39%).

Troisièmement, elle a créé, toujours le 8 octobre, un Commercial Paper Funding Facility pour financer les emprunts courts que les entreprises émettaient elles-mêmes et qui ne trouvaient pas d'acquéreurs. En termes simples, la finance américaine est entre des mains aux ressources illimitées et qui ne tremblent pas. Je dirais même, au risque de paraître paradoxal, que la panique a conduit les autorités à renforcer leur soutien à un tel niveau que cela devrait accélérer le moment de sortie de crise...

En Europe maintenant? Les mains sont moins fortes, moins coordonnées, le lien entre gouvernements et Banque centrale (la BCE) infiniment moins symbiotique mais le pas principal a été franchi. Les Etats garantiront le système bancaire. Il n'y aura pas donc de fin du monde, même s'il faudra du temps pour retrouver la santé économique, surtout en zone Euro.

Alors, pourquoi les marchés paniquent? Parce que c'est leur nature de passer de l'"exubérance" irrationnelle à la hausse (qui les faisait acheter le pétrole à 145 dollars en juillet parce que "juré craché" il va monter jusqu'à 200 dollars, alors qu'il valait moins de 80 dollars vendredi) à la panique à la baisse tout aussi irrationnelle. Quand on a du sang-froid, on s'appelle Warren Buffett, on achète quand tout le monde vend et ce n'est peut-être pas le fruit du hasard si on est l'homme le plus riche du monde.

Marc de Scitivaux
Le Journal du Dimanche du 12 octobre 2008

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Published by Marc de Scitivaux, Le Journal du Dimanche - dans Economie et social
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marc d Here 13/10/2008 09:22

Assez d'accord avec ton commentaire Elie. A ceci près que je ne crois pas à un retour de l'étatisme. La fixation de nouvelles rgles du jeu, et un meilleur contrôle de leur respect, certainement (et c'est souhaitable), d'ailleurs émanant aussi d'autres entités que le Etats (institutions internationales, Europe...), mais pas d'interventionnisme direct de l'Etat dans la gestion des entreprises et des banques.

L'Etat (et les organisations internationales), renforceront leur rôle d'arbitre et de contrôleur, pas celui d'acteur ( une fois la crise et ses conséquences directes passées).

Elie Arié 13/10/2008 03:25

@ le_vrai-débat

Non, je ne crois pas que le capitalisme soit en train de s'effondrer, ni même la globalisation financière.

Le capitalisme a toujours avancé par crises, dont certaines dramatiques pour des dizaines de millions de gens: je dirais même qu'elles sont consubstantielles au capitalisme.

Mais la globalisation de l'économie n'est pas encore assez avancée pour laisser penser à une mutation ...globale du système; pour l'instant, on n'en est qu'à une redistribution du travail avec la main d'œuvre des services et de l'industrie de plus en plus concentrée dans les pays pauvres, une désindustrialisation et une financiarisation de l'économie croissantes de l'économie des pays riches,un transfert global de la richesse des pays riches vers les pays pauvres (vraie raison profonde de la crise) et un accroissement vertigineux des inégalités de revenus dans tous les pays.

On va simplement entrer dans une longue phase de plus grande étatisation des économies, un retour partiel du protectionnisme, et une crise payée, d'une façon ou d'une autre (impôts et surtout inflation) par les particuliers.

Avec, comme dans toutes les crises du capitalisme, une probabilité accrue de phénomènes irrationnels dangereux et imprévisibles (l' Histoire ne se répète jamais).

le_vrai_debat 12/10/2008 21:13

A l'heure où la faillite du capitalisme financier éclate au grand jour, à l'heure où un modèle présenté comme infaillible depuis 25 ans est en train de s'effondrer, que pensez-vous donc que fasse l'Europe ?...

Revoit-elle de fond en comble ses Traités et directives précisément fondés sur ce Système à bout de souffle ? Remet-elle en cause les principes ultralibéraux qui encadrent désormais l'ensemble des politiques des Etats ? Met-elle enfin un terme à la procédure de ratification du funeste Traité de Lisbonne, copie-conforme de la très libérale Constitution européenne ? A-t-elle au moins lancé une grande réflexion sur son avenir ?

Non pas du tout. L'Europe poursuit tout simplement son petit bonhomme de chemin libéral, comme si de rien n'était, sous l'impulsion d'une Commission et de dirigeants nationaux englués dans leurs vieux réflexes.

Vendredi soir en effet, nous apprenions que la perspective d'une directive d'ouverture totale des marchés du gaz et de l'électricité en Europe s'éclaircissait. En d'autres termes, l'Europe poursuit son oeuvre de déréglementation des marchés et des monopoles nationaux, précisément à l'heure où l'on déplore partout dans le monde un manque de réglementation et une trop grande emprise des marchés sur l'économie...

Devinez qui va droit dans le mur, la tête la première ?...

Elie Arié 12/10/2008 16:39

Logiquement, la principale mesure décidée par le G7 de vendredi -garantir les prêts interbancaires- devrait rétablir la fluidité de la circulation des capitaux, mettre fin au manque de liquidités et faire redémarrer les prêts aux entreprises.

Mais cela fait plusieurs jours que les mesures qui semblent "logiques" n'ont pas les effets escomptés; on peut parler d'"irrationalité", comme Trichet, ou de "psychologie", comme Minc; on peut aussi se demander s'il n'y a pas, dans cette crise, des éléments rationnels qui nous échappent.

Par exemple: j'ignore totalement quel est le montant des prêts interbancaires, et si les États ont les moyens financiers de les garantir intégralement...