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Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 10:42


On lit  ces temps-ci, dans la presse, dans le monde des blogs, (et sur celui-ci également) de verbeuses analyses visant à démontrer que cette crise est la dernière  crise  du capitalisme, et que l’étatisme est durablement de retour, ayant enfin vaincu l’idéologie libérale, appelée à se dissoudre et à disparaître. Les auteurs de ces « analyses » sont-ils véritablement convaincus de ce qu’ils avancent ou prédisent ? Pourquoi pas, après tout, mais je pense qu’ils se trompent gravement.

 

D’abord, les crises du capitalisme sont récurrentes, celui-ci, pragmatique par construction y a toujours répondu, trouvant même souvent dans la résolution de la crise, un moyen de se rénover et de rebondir.  Certes, celle-ci est d’une particulière gravité, mais rien ne permet de penser que le capitalisme ne trouvera pas les moyens de la surmonter et d’en sortir renforcé. Progressivement, la coopération internationale se met en place et c’est de bon augure, même si à ce jour, nous sommes loin de voir le bout du tunnel et si nous pouvons prédire que les difficultés dureront.

 

Comment en sortir ? Sans avoir une idée précise sur la manière et le moment, on ne peut que constater que partout, des Etats-Unis à la France en passant par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, les Etats et les banques centrales interviennent directement pour sauver les banques en difficulté, en allant parfois jusqu’à la nationalisation, accorder largement leur garantie, distribuer des liquidités, soutenir et relancer l’économie….Les étatistes en tirent argument pour asséner que l’idéologie libérale, qui sous-tendait les politiques passées, est en faillite et qu’on en arrive au recours à l’Etat.

 

Il faut faire observer que l’échec que l’on constate n’est pas l’échec du libéralisme, qui, lui, a toujours prôné l’existence de règles mais celui d’un ultra libéralisme dérégulateur à l’extrême, pas l’échec du capitalisme qui reste la seule forme à ce jour reconnue, de production et d’allocation de richesse, mais celui d’un capitalisme financier, sans mesure et sans contrôle. Et les solutions à moyen  terme qui sont avancées, notamment, chez nous, par Nicolas Sarkozy, pour éviter le retour d’une telle crise vont dans le sens d’un capitalisme, mieux régulé, mieux encadré et,  moralisé…Toutes solutions qui, signalons-le au passage ont toujours été celles des sociaux libéraux, qui ne peuvent que se trouver en phase avec cette manière de répondre à la crise et de faire évoluer le capitalisme.

 

Et qu’en est-il de l’intervention de l’Etat ? Dans des circonstances d’exceptionnelle gravité le recours à l’Etat a toujours été la règle, sans que cela ne remette le moins du monde en cause ni le capitalisme ni  le libéralisme. En période de guerre, ou pour sortir de la crise de 29, l’Etat est intervenu largement, vigoureusement…mais temporairement.

Il en sera de même cette fois-ci. Et cela ne peut en aucun cas gêner les libéraux sociaux que nous sommes, persuadés que seule l’intervention de l’Etat ou des unions d’Etats, comme l’Union Européenne, peut apporter une solution relativement rapide et atténuer les conséquences économiques et sociales de cette crise. Oui, pourquoi pas,  aller jusqu’à la nationalisation partielle ou totale de certaines banques, si c’est nécessaire, pour, une fois la crise et ses conséquences passées, les remettre sur le marché comme l’a très bien dit le Premier ministre François Fillon ?  Certains ont cru pouvoir se réjouir en disant à peu près : «  comme en 81, nous nationalisons, l’Etat reprend le contrôle et cette fois ce sera durable ! ». J’ai bien peur qu’ils ne soient déçus…encore ! En aucune façon on ne peut assimiler la situation internationale d’aujourd’hui à la situation de la France, à l’époque.

 

L’intervention directe de l’Etat dans l’économie  ne restera qu’exceptionnelle, même si il est probable que les pouvoirs publics, les organisations internationales, établiront certaines règles pour mieux pouvoir contrôler, orienter, limiter un capitalisme financier devenu fou ces dernières années. Et c’est nécessaire.  Oui, dans cette mesure un cycle s’achève et on ira vraisemblablement vers plus de régulation et plus de coopération internationale…Un certain nationalisme devrait même se trouver en recul pour la période qui vient.

 

Mais les  corrections et les réformes à venir ne signeront certainement pas la fin du capitalisme, pas plus que celle d’un libéralisme qui, devenant plus régulateur qu’il ne l’a été dans les faits,  retrouvera  une nouvelle actualté. Les sociaux libéraux y trouveront la justification de leurs idées et de leurs combats….Mais d’ici là il faudra vaincre la crise…

 

Marc d’Héré

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Published by Marc d'Here - dans Réflexion politique
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commentaires

marc d Here 02/11/2008 11:09

Michel Rocard au Monde du 1 11:

"La crise actuelle ne remet pas en cause le libéralisme. En revanche, elle sonne le glas de l'ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle fondée par Milton Friedman (1912-2006) qui voulait croire que l'équilibre du marché est optimal et que moins on a de règles, plus on a des chances d'arriver à l'"optimalité"...."

On ne saurait mieux dire; il ajoute que la gauche est ridicule quand elle dit que cette crise remet en cause le libéralisme.

marc d Here 16/10/2008 15:07

Il n'y "aura pas de programme de relance généralisé" de l'économie en Europe malgré le risque de recession, a déclaré aujourd'hui le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à l'issue d'un sommet des dirigeants européens.

AFP

Décision raisonnable, conforme à la position de la France, et qui montre la volonté d'interventionnisme limité de la part des Etats.

BODIN 12/10/2008 18:25

j'ai entendu beaucoup de commentaires,en particulier sur BFM,annonçant le retour aux nationalisations,ce qui est absurde;ce qui se passe actuellement n'est que l'action des états en période de crise et il y a eu ,bien sûr,des précédents avec ce type d'action qui ne disait pas toujours son nom et qui avait un caractère provisoire ! Je souscris tout à fait aux termes de l'article de Marc d'Héré.Claude BODIN.

marc d Here 12/10/2008 08:24

Le discours de Sarkozy à Toulon est un discours assez "centre gauche", bien en ligne avec le social libéralisme. Les sociaux libéraux, en tous cas s'y retrouvent parfaitement.
En revanche l'archaïsme ou le côté vieille sociale démocratie de Delanoë, Aubry et Royal n'ont rien à voir avec le social libéralisme.

C'est bien pourquoi La Gauche Moderne se sent aussi à l'aise au sein de la majorité présidentielle, où elle peut participer une politique de réforme, que refusent obstinément les socialistes que tu as cités.

Elie Arié 12/10/2008 02:34

Si le discours de Toulon était une des motions du PS, il serait considéré comme l'une des plus à gauche, alors que celles de Royal, Delanoë et Aubry représenteraient assez bien le social-libéralisme.

Mais, pour l'instant, ce n'est qu'un discours.

marc d Here 11/10/2008 22:32

Que te répondre, sinon qu'il est certain que les erreurs de la haute finance, comme tu dis, du capitalisme financier et de certains capitalistes financiers (Sarkozy a raison d'évoquer des sanctions), ont effectivement provoqué une crise dont tout le monde pâtira.
C'est certain, même si la France est sans doute moins touchée que d'autres...semble t-il en tous cas. Reste à sortir au mieux , ou au moins mal, de cette crise, à atténuer au maximum les conséquences négatives en terme d'emploi et de pouvoir d'achat, et les déclarations gouvernementales laissent à penser que le gouvernement s'y emploiera. Il est nécessaire qu'il poursuive aussi sa politique de réforme qui devrait nous permettre de profiter au mieux de la reprise, quand elle surviendra.

Et puis se posera la question de la rgulation, ou d'une meilleure régulation du capitalisme...Tout le monde a l'air conscient de cette nécessité. Alors à quand l'amélioration réelle? Aucune idée...Fin 2009 peut-être...Il est vrai que c'est encore loin...

ascensi 11/10/2008 20:15

Il faut aussi reconnaître une chose: les contempteurs du capitalisme ont maintenant le vent dans le dos! Pire même, certains auront vite de très bonnes raisons de crier leur rage (futurs chômeurs, déboutés des prêts-relais, ruinés). Conséquence : la voie d'une certaine sagesse, qui est la tienne, accessible à tout observateur scrupuleux du monde politique et économique, risque d'être mise à mal un peu partout. La pédagogie n'est certes pas inutile et tu as raison de t'y employer, il reste à savoir qui est prêt, en France surtout, à entendre ce genre de discours hyper-réaliste (certains diront suréalistes)quand les dérives de la haute finance conduisent à piocher dans le portefeuille de Monsieur Toulemonde et à meurtrir nos économies pour -au moins- dix huit mois. N'hésite pas à me donner une réponse car j'avoue en perdre un peu "mon latin"... et mes certitudes économiques -si tant est que je n'en ai jamais eu-

marc d Here 11/10/2008 19:52

J'apprécie beaucoup Henri Guaino et suis en complet accord avec l'excellent discours de Toulon.
Ils confirme de jour en jour que l'ouverture réalisée par était une excellente chose.

Elie Arié 11/10/2008 13:28

Il convient ici de rappeler que le très intéressant discours de Toulon de Nicolas Sarkozy a été rédigé par Henri Guaino, souverainiste partisan du NON aux referendums de Maastricht et du TCE et qui ne le regrette pas, et dont cette crise marque le retour sur la scène politique après 1 an de placardisation:

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2292/articles/a385283-.html