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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 12:47
A l'heure où l'on regrette le manque d'Europe dans la crise financière actuelle, je publie à nouveau cet article de notre ami Simon-Pierre Trezeguet, ...

Nouvelle publication d'un article de  Simon Pierre Trezeguet , daté du 19 juin dernier

 

Par-delà le résultat négatif du vote irlandais, l’âpreté des débats qui l’ont précédé, le large ressentiment populaire à l’encontre de l’Europe (déjà illustré par les non français et néerlandais) doivent nous interpeller.  L’Europe ne peut faire l’économie d’une sérieuse introspection.

 

Pour correctement positionner le débat, il est fondamental de rappeler les succès de l’Europe.  L’Europe a permis et accompagné plus de 50 ans de paix et de prospérité.  La PAC fut un succès car elle permit à l’Europe d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, dont on mesure tout l’intérêt aujourd’hui.  L’Euro est une formidable réussite qui a contribué à stabiliser les économies européennes, et en particulier celle de la France.  Encore aujourd’hui, l’Euro nous protège partiellement de l’envolée des prix des matières premières.  L’espace Schengen est une vaste zone où les citoyens peuvent se déplacer librement et sans contrôle.  Les diplômes sont de plus en plus harmonisés, et donc reconnus.  Les normes convergent, pour le bénéfice des consommateurs en termes de prix et de qualité.  Des régions déshéritées, ou en déshérence, connaissent une deuxième vie grâce aux fonds européens qui investissent pour leur revitalisation.  Les Balkans, jadis sources de conflits, entrent progressivement dans notre espace commun, gage de paix et de stabilité.  L’Europe de l’Est peut efficacement sortir du marasme où l’avait plongée le communisme grâce au soutien et à l’accueil que l’UE lui réserve.

 

De tout cela, chaque européen est plus ou moins conscient.  La pédagogie pourtant commande de le rappeler inlassablement, car face à ces raisons objectives, des raisons subjectives pèsent d’un grand poids contre l’idée européenne.

 

Deux ennemis minent l’idée européenne, et ils sont d’autant plus dangereux qu’ils sont au cœur même du système, à la Commission Européenne.  Entre certains eurocrates obsédés par l’idée d’harmonisation, réglementant à foison les moindres détails de la vie quotidienne des Européens (cf. le camembert au lait crû, la chaîne du froid sur les marchés, etc.) et les ultra-libéraux qui sabotent toutes les tentatives politiques européennes et nationales, qui tentent d’imposer un modèle ultra-libéral à tous les aspects de la vie économique et sociale (souvent au détriment des intérêts stratégiques des Européens et au détriment des intérêts sociaux des Européens), l’Europe navigue à vue entre dérégulation sociale et économique et normativité excessive.

 

Alors oui, il faut le dire haut et fort : il est possible d’être à la fois profondément europhile et profondément ‘commission-sceptique’.  Je crois que le destin de la France sera meilleur dans une Union Européenne forte et sociale-libérale.  Je crois que la vie des Français, leur pouvoir d’achat, la compétitivité de nos territoires bénéficient de la protection et du soutien de l’Europe.  Mais je crois aussi que la gouvernance actuelle de l’Europe est en panne.  Je crois que la Commission souffre de discrédit non parce qu’elle est incompétente, ce qu’elle n’est pas, mais parce qu’elle ne rend pas de comptes aux citoyens ou à leurs élus.  Qui fixe une feuille de route politique à la Commission ? Qui vérifie que cette feuille de route est mise en œuvre ? Quels sont les mécanismes pour asservir la Commission aux organes politiques élus ?

 

L’âge d’or de la Commission date de la présidence Delors, parce qu’à l’époque, Delors, Mitterand et Kohl travaillaient ensemble, dans la même direction, avec, globalement, un accord sur les fins et les moyens.  Il y avait convergence entre les dirigeants élus et la Commission.  Depuis, la Commission a voulu s’émanciper des gouvernements, gagner son autonomie pour devenir un gouvernement de l’Europe.  Parce qu’elle n’est plus la voix des gouvernements élus, parce qu’elle n’est pas encore la voix d’un Parlement élu, la Commission a ainsi perdu sa crédibilité.  Ce n’est donc pas un problème de communication que M. Barroso doit résoudre, mais c’est un problème de légitimité démocratique de la Commission que les gouvernements européens doivent résoudre.  Espérons que la présidence française de l’Union, avec le volontarisme politique qui est la marque du Président Sarkozy, permettra de lancer cette réforme de la gouvernance de l’UE que tous les citoyens europhiles attendent avec une impatience croissante.

 

Simon-Pierre Trezeguet

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Published by Simon-Pierre Trezeguet - dans Europe
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commentaires

marc d Here 08/10/2008 08:01

La Commission européenne présidée par José Manuel Durao Barroso persiste et signe : pour elle, comme l’a expliqué la semaine dernière le commissaire chargé du marché intérieur, l’Irlandais Charlie McCreevy (l’homme qui n’a pas lu le traité de Lisbonne), « ce n’est pas le manque de réglementation qui est à l’origine de cette crise financière ». Elle s’est donc présentée devant les ministres des finances, réunis aujourd’hui à Luxembourg, sans aucune proposition en poche. Ce sont les ministres, fait rare, qui lui ont forcé la main en exigeant qu’elle présente rapidement une proposition afin de faire passer, dans l’Union, le montant minimum de la garantie étatique des dépôts bancaires en cas de faillite de l’établissement de 20.000 à 50.000 euros. Selon mes informations, McCreevy a redit lundi à ses collègues qu’il était opposé à une telle mesure......

Jean Quatremer, Libération.fr

Voilà qui vient renforcer l'argumentation de notre ami Simon-Pierre, vis à vis de la Commission.

peaceonearth 07/10/2008 18:46

A mon sens, le problème de l'Europe vient de l'absence de projet commun, de vision d'avenir. Pour le moment, pour l'essentiel, l'Europe vit sur les projets du passé, c'est à dire ceux qui ont été faits il y a 30 ans. Il se trouve que ces projets ne répondent pas au monde présent, et encore moins au futur.

Elie Arié 07/10/2008 18:28

Élargissons cette discussion: on parle, en permanence, du "déficit démocratique de l' Europe", de "l'impossibilité de faire l' Europe sans les peuples", etc.

Mais force est de constater que tous les traités doivent être ratifiés par les Parlements: dans la plupart des referendums, quel que soit le pays et le traité, c'est le NON qui l'emporte.

Sans être un partisan de la démocratie directe, je pense qu'il a, là, un vrai problème, surtout lorsqu'on pense à ce que fut l'enthousiasme pour l'idée européenne à ses débuts, dans un autre monde (traité de Rome,Europe des 6, préférence communautaire).

marc d Here 07/10/2008 15:55

Je constate que tu fuis cette responsabilité, c'est ce que j'écrivais dans mon précédent commentaire.
Je pense que cette discussion devient un peu ridicule. Cessons.

Elie Arié 07/10/2008 15:51

Il me semble que la principale responsabilité incombe aux électeurs français, néerlandais, et, pour le traité de Lisbonne, irlandais.

marc d Here 07/10/2008 15:49

Très bien, je sens que l'on repart dans une de ces discussions que tu adores...Alors certes 55% des Français ont refusé le traité constitutionnel, mais ceux qui les ont poussé à ce choix ne doivent pas essayer de se défausser de leur responsabilité.

Depuis la France a initié un nouveau traité et l'a ratifié au Parlement. Reste à le faire accepter par les Irlandais, j'espère que ce sera possible, on voit trop à quel point ce traité nous manque aujourd'hui.

Elie Arié 07/10/2008 15:36

Oui, j'avais lu, et ce n'est pas mon interprétation.
Parmi ceux qui se sont opposés au TCE, tu oublies les électeurs français.

marc d Here 07/10/2008 15:32

La crise actuelle montre à quel point nous aurions besoin d'une présidence européenne forte. Ceux qui se sont opposés au traité constitutionnel de 2005, de Chevènement à Fabius, et qui se réjouissent du non Irlandais, qui va retarder l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, portent une lourde responsabilité.

Elie Arié 07/10/2008 15:28

Je ne crois pas que la Commission puisse faire quoi que ce soit sans l'aval du Conseil européen (qui réunit les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne) et du Conseil de l'Union européenne, dit Conseil des Ministres (qui regroupe les ministres des gouvernements de chacun des États membres de l’Union européenne); elle sert souvent d'alibi grossiers aux gouvernements nationaux, qui la rendent responsable de décisions impopulaires qu'ils ont, en réalité, avalisées.

Mais bien d'accord avec l'auteur lorsqu'il écrit qu'"ils (la Commission d'après lui, les gouvernements des pays membres de l' UE d'après moi) tentent d’imposer un modèle ultra-libéral à tous les aspects de la vie économique et sociale", ce qui explique le rejet du TCE par le referendum français.