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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 10:21

Par Claude ASKOLOVITCH et Nicolas PRISSETTE
Le Journal du Dimanche. 05 10
 


 Samedi à l'Elysée, les dirigeants des quatre pays membres du G8 (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie) ont avancé leurs solutions pour faire face à la crise financière. Un G4 qui a mis en lumière la volonté des "grands" de l'UE de se libérer - provisoirement - des règles communautaires les plus contraignantes en matière budgétaire. Nicolas Sarkozy peut savourer l'instant. Quoique...

Six hommes et une femmes aux traits tirés, le teint livide, le fond de teint masquant mal la fatigue, devant les caméras de télévision: le visage de l'Europe, samedi à l'Elysée, au moment de sa renaissance. Nicolas Sarkozy, Brown l'Anglais, Berlusconi l'Italien, grimé comme un acteur de Cinecitta, et Merkel l'Allemande, en veste rose pâle, et Barroso le Portugais, président de la Commission européenne; et les deux gardiens du dogme monétaire, encadrant tous les autres, comme un symbole: le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, et Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale européenne...

Six hommes et une femme au coeur de l'Histoire. "Cette réunion devait avoir lieu. Elle a été utile." Nicolas Sarkozy a les yeux rouges. Il est presque posé, lui qui ne communique d'habitude que dans le survoltage. C'est sa victoire, peut-être une révolution, et il le sait. L'acte fondateur d'une Europe politique, en pleine crise financière. Sarkozy vient de conclure son G4, cette réunion des quatre pays européens les plus riches; cette réunion qu'il a voulue, à toute force, pour que le Vieux Continent ne reste pas passif dans la tourmente monétaire. Pour ceux qui l'écoutent, il a réussi.

Ce que dit Sarkozy? Le "dogme", la "religion" économique qu'il dénonçait une semaine plus tôt à Toulon, a enfin été transgressé. Les règles qui corsetaient l'Union européenne depuis onze ans sont officiellement mises entre parenthèses. La concurrence libre et non faussée, la barre des 3% des déficits publics, les règles limitant l'intervention des Etats dans l'économie? Terminé, jusqu'à nouvel ordre! Les Etats européens ont décidé de soutenir leurs banques, et de les soutenir jusqu'au bout. On pourra franchir les limites, les gouvernements pourront intervenir dans la finance dévastée sans encourir les foudres du gendarme européen.

Contre un "capitalisme de spéculateurs"

Mais ce n'est pas tout: Sarkozy reprend, à l'échelle de l'Europe, sa croisade pour un "capitalisme d'entrepreneurs", contre un "capitalisme de spéculateurs". Et il fait même avaliser - avaler! - à Gordon Brown, le protecteur de la City, une transgression inimaginable il y a un mois: les banquiers ne devront plus être rémunérés en fonction des cours de bourse! Et le Président français en rajoute encore: les Etats doivent désormais contrôler tous les domaines de la finance; des transactions boursières aux évaluations des risques... Comment? Cette question-là n'est pas encore posée. Elle ne pourra se résoudre qu'au niveau planétaire, dans une "conférence mondiale" que Sarkozy appelle de ses voeux "le plus tôt possible".

Une révolution, vraiment? Les mots sont choisis. On ne provoque pas. On ne va pas inciter les marchés à punir l'euro. On est des gens raisonnables, pas des boutefeux. Le communiqué du G4 parle de "circonstances exceptionnelles" qui doivent présider à une application "flexible" des règles. C'est Angela Merkel, la chancelière allemande, qui a insisté sur cette précision: l'expression "circonstance exceptionnelle" figure dans le "pacte de stabilité et de croissance", la bible de l'Union européenne, adoptée en 1997. C'est la récession qui autorise cette souplesse! Formellement, on est toujours dans le cadre. Mais dans la réalité, tout a changé.

En coulisse, Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République, a le triomphe modeste. Il y a deux jours, il se faisait traîner dans la boue par des parlementaires UMP pour avoir osé suggérer que les règles européennes comptaient moins que la survie du système bancaire? Ce soir, l'Europe est sur sa ligne! Guaino n'a pas été invité dans le saint des saints du G4: chaque participant n'avait droit qu'à deux "sherpas", deux conseillers: Sarkozy était flanqué de François Perol et Jean-David Lévitte, ses experts financier et diplomatique. Mais Guaino sait à quoi s'en tenir. "Les Européens sont venus ici pour faire de la politique. C'était une question de simple bon sens. Personne n'allait laisser mourir ses banques pour respecter des rêgles de temps de paix!"

Maintenant, les quatre "grands" doivent convaincre

Pour le président français, c'est un succès. Une nouvelle fois, il bouscule l'Europe, ou la force à s'adapter. Ça n'a pas été si difficile, malgré la dramatisation des derniers jours. Dès vendredi, l'accord était calé, y compris avec les Allemands. Angela Merkel ne ferait pas de difficulté sur l'assouplissement des règles. Mais elle n'avait pas cédé sur l'essentiel à ses yeux: l'indépendance de la Banque centrale, gardienne du risque inflationniste. Et Merkel avait également évité l'embrigadement de l'Allemagne dans une Europe supranationale et supradépensière! Il n'y aurait pas de fonds européen d'investissement, c'était chose entendue. La semaine dernière, le G4 avait failli capoter, quand la rumeur d'une proposition française d'un fonds d'urgence abondé à 300 milliards avait enflammé la presse et les élites allemandes. La France a juré ses grands dieux qu'elle n'avait jamais eu de telles intentions. Merkel a décidé de ne pas insister: elle aussi a eu sa victoire. "Chaque pays prendra ses propres responsabilités", a savouré la chancelière samedi soir.

C'est un par un et au cas par cas que les Européens, chacun chez soi, traiteront la crise bancaire. Angela peut rentrer chez elle sans avoir dilapidé l'argent des Allemands. Des petits détails obscurcissent un peu le tableau sarkozien. Le G4 a posé des principes inédits. Mais il n'y a pas eu, hier à Paris, de "plan Paulson européen", avec des engagements financiers concrets. Il n'y a pas eu non plus de relance économique, ni de dépassement de la logique des Etats. Affirmation de principes communs, mise en place d'une collaboration, pour éviter que d'autres pays suivent l'exemple irlandais: se sauver seul, en pratiquant un "dumping bancaire" au détriment des voisins. Mais l'Europe continue d'être un exercice de compromis et de négociations. Maintenant, les quatre "grands" doivent convaincre leurs 23 partenaires avant le Conseil européen des 15 et 16 octobre, seule instance habilitée à valider les engagements de Paris. Ensuite, il faudra aller au G8, face aux Américains et aux pays émergents. Nicolas Sarkozy n'a pas encore refait le monde.

Claude Askolovitch et Nicolas Prissette
Le Journal du Dimanche

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commentaires

de lignieres 06/10/2008 17:35

la C.E. et la B.P. veulent se rapprocher:sait-on que les deux banques détiennent chacune 35% de NATEXIS! étonnant non!!!!!!!!!!

marc d Here 06/10/2008 17:16

"Aujourd'hui c'est l'ensemble des gouvernements européens qui disent aux citoyens européens qu'ils sont unis, solidaires et déterminés dans les circonstances financières exceptionnelles que nous traversons aujourd'hui", a affirmé aujourd'hui Nicolas Sarkozy en annonçant que chacun des Vingt-Sept s'engageait à prendre "toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier".

"Face à la crise, l'unité de l'Europe était une nécessité. Cette unité est aujourd'hui réalisée", a assuré M. Sarkozy sur le perron de l'Elysée, peu avant de présider une nouvelle réunion avec les principaux dirigeants de banques et d'assurances français.
Dans l'Union, "chacun d'entre nous prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier que ce soit par l'injection de liquidités en provenance des banques centrales, par des mesures ciblées sur certaines banques ou par des dispositifs renforcés de protection des dépôts", a indiqué celui qui assure actuellement la présidence du conseil européen.

"Aucun déposant dans les banques de nos pays n'a subi de pertes et nous continuerons à prendre les mesures requises afin de protéger le système ainsi que les déposants", a assuré le chef de l'Etat en lisant le communiqué de la présidence française de l'UE.

Source AFP

Déclaration du Président, alors que toutes les bourses reculent dans des proportions gigantesques. Nicolas Sarkozy a la responsabilité de rassurer le public et de redonner confiance au monde de la finance. Il s'y emploie, en butte malheureusement aux critiques inadaptées et aux attaques d'une opposition socialiste...inconsciente!

marc d Here 06/10/2008 15:12

L'idée d'un fonds commun Européen, refait surface, Angela Merkel qui l'avait refusé se trouvant quelques heures après le sommet au prise avec une crise bancaire Allemande.

Les pays qui refusent la logique communautaire et se laissent aller aux sirènes du souverainisme, s'aperçoivent qu'ils augmentent ainsi leurs difficultés...Sarkozy avait rason, tout le monde semble en convenir aujourd'hui, mais il est difficile, pour les Allemands de revenir en arrière.

Comm on peut le voir à travers les différents communiqués, Sarkozy se bat pour parvenir à cet ultime progrès...

marc d Here 06/10/2008 14:58

"Il nous faut une réponse coordonnée" face à la crise financière, a plaidé aujourd'hui Nicolas Sarkozy, qui s'est entretenu dans la matinée par téléphone avec Gordon Brown, Jean-Claude Trichet et José Manuel Barroso, et devait également appeler Angela Merkel.
Il recevra par ailleurs le Premier ministre belge Yves Leterme à 18h à l'Elysée. M. Sarkozy s'est par ailleurs "félicit(é) de l'opération qui a été menée pour sauver la banque Fortis, grâce à l'arrivée de la BNP-Paribas". Le géant bancaire français souhaite finaliser d'ici la fin de l'année ou au premier trimestre 2009 la prise de contrôle majoritaire, à hauteur de 75%, de Fortis, premier établissement bancaire et principal employeur privé de Belgique, en grande difficulté à cause de la crise financière.

Un peu avant M. Leterme, à 16h30, M. Sarkozy recevra une nouvelle fois les principaux dirigeants des groupes bancaires et d'assurances français ainsi que le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, en présence du Premier ministre François Fillon et des ministres Christine Lagarde (Economie) et Eric Woerth (Budget).

"Nous avons pris des décisions samedi. Mon travail maintenant, c'est de faire en sorte que les 23 autres européens adoptent les mêmes décisions", a expliqué le chef de l'Etat en marge de sa visite à l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime)
.
"Je dois coordonner les réactions. Nous savions parfaitement qu'il y aurait encore des moments difficiles", a ajouté M. Sarkozy. "Chaque jour il y a des bonnes et des moins bonnes nouvelles. Il faut garder le cap, rester calme, avoir du sang froid".

Par ailleurs Nicolas Sarkozy recevra vendredi à 13h le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero à l'Elysée, pour un déjeuner de travail qui portera sur la préparation du conseil européen des 15 et 16 octobre prochains, a précisé lundi la présidence française.
Source A.P.

marc d Here 06/10/2008 13:45

Le président Nicolas Sarkozy a déclaré lundi qu'il voulait désormais convaincre les 23 autres pays de l'Union européenne "d'adopter les mêmes décisions" face à la crise financière que celles des quatre Européens membres du G8.

"Mon travail maintenant, c'est de faire en sorte que les 23 autres pays adoptent les mêmes décisions que celles que nous avons adoptées à sept. Il nous faut une réponse coordonnée", a déclaré le président de République à la presse en marge d'un déplacement à l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime).

"Dans la crise, il faut beaucoup de sang-froid," a-t-il ajouté.

M. Sarkozy évoquait les décisions prises par les quatre pays européens membres du G8 lors de leur sommet samedi à Paris en compagnie des présidents de la Commission européenne, de l'Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) et de la Banque centrale européenne.

Source AFP

Elie Arié 06/10/2008 13:30

Trop tard, tu l'as déjà fait...mais à côté, comme toujours.

marc d Here 06/10/2008 13:14

Je n'en attendais pas moins de toi....Permets-moi de ne pas te répondre.

Elie Arié 06/10/2008 13:07

@ Marc

Franchement, il me semble abusif de considérer le rachat de Fortis par la BNP (déjà amorcé la semaine dernière) ou le rapprochement entre la Caisse d' Epargne et la Banque Populaire comme une conséquence de la réunion du G4 !!!

Tu peux alors aussi rendre cette réunion responsable de la chute de 6 % du CAC40 ce matin...

Le sarkozysme pavlovien est aussi insignifiant
que l'antisarkozysme pavlovien.

marc d Here 06/10/2008 12:58

Les groupes mutualistes Caisse d'Epargne et Banque Populaire ont engagé des discussions en vue d'un rapprochement, a-t-on appris aujourd'hui de source proche du dossier, confirmant des informations du journal Le Monde.

La question d'un rapprochement des organes centraux des deux groupes mutualistes – la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE) et la Banque fédérale des Banques populaires (BFBP)– devait être examinée lundi 6octobre, lors d'un comité stratégique avec leurs quatre principaux dirigeants : Charles Milhaud et Nicolas Mérindol côté Caisses d'épargne, Philippe Dupont et Bruno Mettling côté Banques populaires. L'Elysée a été tenu au courant dans le week-end de ce projet.


L'idée, ancienne, d'un mariage entre les deux banques à réseau s'était jusqu'à présent heurtée à des problèmes politiques d'équilibres financiers entre les réseaux, mais aussi d'hommes. La crise financière, et la restructuration qui s'engage à grande vitesse dans le secteur bancaire mondial, auront levé ces blocages. Pour toutes les banques, l'enjeu, face à la crise de liquidités qui menace de paralysie l'activité bancaire, est d'élargir leur base de dépôts.
Source AFP

Ca bouge après cette réunion européenne, c'est bon signe.

marc d Here 05/10/2008 23:08

BNP Paribas rachète Fortis...Sans être un spécialiste cela me semble démontrer que le système bancaire Français se porte plutôt mieux que les autres...