Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

PRESENTATION

 

 

Contact: marcdhere.mdh@gmail.com 

 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

Recherche

25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:48
Par Jean-Louis Caccomo...

Il est incontestable que l’économie mondiale est secouée par une grave crise financière qui va mettre fin à un cycle de croissance qui a porté l’économie mondiale durant ces deux dernières décennies. C’est un problème difficile pour notre pays qui n’a pas bénéficié d’un même cycle de croissance long alors même qu’il va subir de plein fouet le ralentissement annoncé.

Est-ce pour autant la fin du capitalisme ? Ce genre de prophétie, relayée par l’intelligentsia antilibérale, n’a guère de sens dans la mesure où l’économie s’impose à l’homme et qu’il n’existe pas trente-six façons de faire l’économie. Mais dans notre pays pétri de collectivisme, l’hystérie antilibérale, qui n’a jamais cessé, ressurgit de plus belle, ragaillardie par les malheurs de la finance internationale. Pourtant, la force de l’économie de marché est de sortir renforcée de ses propres crises et seule l’économie de marché peut connaitre des crises puisque les autres n’existent pas.

L’économie est toujours fondée sur l’accumulation et la valorisation du capital (technique, humain et financier). Tel est le sens profond du capitalisme (l’aptitude à accumuler un capital, c’est-à-dire se constituer un actif susceptible de générer des revenus dans le futur). Mais ce processus d’accumulation est un processus évolutif et incertain, marqué par des phases de croissance et des phases de crises, bien loin des phénomènes d’équilibre tels qu’ils sont modélisés par la théorie néoclassique.

Il est des phases où l’assainissement des circuits (techniques, humains et financiers) est nécessaire. Car l’homme ne se remet en cause que dans les moments de crise. Il n’en demeure pas moins que la croissance économique est impensable sans l’existence d’un système bancaire et financier dont la fonction d’intermédiation (transformer l’épargne des ménages en investissement pour les entreprises) demeure indispensable même si elle comporte une part de risque fondamentalement irréductible. Dans les pays où ces maillons sont absents, la croissance est nulle. Mais dans les pays où la croissance économique fut forte et persistante, la finance a tendance à s’emballer en donnant naissance à des phénomènes de bulles qui sont étroitement liés à la dynamique de croissance de l’économie elle-même. Même s’il est nécessaire que banquiers et financiers se recentrent sur leur métier de base, personne ne peut prévenir les phénomènes de bulles.

 

Car comment prévenir des phénomènes fondamentalement chaotiques et imprévisibles ? Croire que l’on peut s’en remettre à des autorités publiques qui auraient la faculté de supprimer le risque inhérent à la vie économique et de connaitre l’avenir est une illusion ? D’ailleurs l’état des finances publiques dans la plupart des pays ne plaide pas en faveur des gouvernements en ce domaine. Comment les responsables politiques pourraient-ils avoir la prétention de réguler un système aussi complexe que la finance internationale alors qu’ils ne maîtrisent même pas les finances publiques de leur propre pays ?

Cela ne doit pas nous conduire à avoir une attitude fataliste par rapport aux crises. Si les économistes s’échinent à affiner la connaissance de la dynamique économique, c’est dans l’espoir d’avoir des outils nous permettant d’accompagner la croissance et d’amortir les crises. Les Banques Centrales ont acquis une expérience – une sagesse ? - qu’elles n’avaient pas en 1929 qui leur permet de coordonner leurs actions. Dans les moments de grave crise, pour éviter que la crise devienne systémique et ne se propage à l’ensemble de l’économie réelle, les autorités monétaires ont la responsabilité de réagir. A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. A condition que le pompier ne devienne pas l’incendiaire.

Il faut donc rester humble en ce domaine : car toute la question réside dans l’attitude à adopter. Venir systématiquement au secours des banques privées pour colmater les brèches et corriger des comportements induits par une réglementation iconoclaste, c’est créer un aléa moral dangereux : les banques seront d’autant plus incitées à prendre des risques démesurés qu’elles savent qu’elles pourront compter sur un sauveteur en dernier ressort. C’est d’ailleurs l’argument principal du sénat américain pour s’opposer au plan de sauvetage proposé par le président Bush [1]. C’est un peu comme ces dictateurs qui se permettent de martyriser leur population en déclenchant des guerres car ils savent qu’ils pourront compter sur la générosité et le dévouement des associations humanitaires qui viendront se porter au secours des populations. Est-ce une raison pour ne rien faire ?

Puisqu’elle est inévitable, l’intervention publique doit envoyer un signal fort tout en étant l’occasion de rappeler que le métier de la finance repose sur la confiance (faire crédit, c’est faire confiance), et que la confiance suppose elle-même une éthique autant qu’une compétence.

  Jean-Louis Caccomo

http://caccomo.blogspot.com/

http://cozop.com/chroniques_en_liberte

 

[1] L’attitude du président américain est instructive. Dans un premier temps, il a décidé de laisser faire le marché. Mais force est de constater que le marché était enfermé dans une logique de panique collective (les fameuses bulles) qui appelait une intervention extérieure, ce qui a conduit l’administration américaine à prendre une initiative nécessaire pour renverser les anticipations.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Louis Caccomo - dans Economie et social
commenter cet article

commentaires

marc d Here 02/10/2008 07:35

Les sénateurs américains, parmi lesquels les candidats à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain, ont adopté cette nuit un plan de soutien historique au secteur bancaire, d'un montant de 700 milliards de dollars, présenté par le Trésor pour stabiliser le système financier en déroute.

Le Sénat a approuvé par 74 voix contre 25 ce projet baptisé "Loi sur la stabilisation économique d'urgence de 2008", qui donne, à cinq semaines de l'élection présidentielle, une latitude et des moyens sans précédent au secrétaire au Trésor Henry Paulson pour venir au secours du secteur bancaire.

Ce vote ouvre la voie à l'approbation du texte dès vendredi par la Chambre des représentants, qui l'avait rejeté lundi à 13 voix près (228-205), faisant brutalement chuter le Dow Jones et les bourses mondiales.
Afp

marc d Here 28/09/2008 08:57

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, ainsi que les leaders démocrates du Congrès, ont fait part tôt dimanche "de progrès importants" vers la signature d'un accord sur un plan de sauvetage du système bancaire avant l'ouverture des places financières lundi.

"Nous avons travaillé très dur sur la question", a déclaré Henry Paulson lors d'une conférence de presse matinale. "Nous avons effectué des progrès importants vers un accord qui marchera et sera efficace pour les marchés et pour tous les Américains", a-t-il ajouté.

AFP

Elie Arié 25/09/2008 20:53

@ Marc

C'est arrangé, j'ai tout compris (blague à part, ce n'est pas mal):

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2290/dossier/a384252-10_cl%C3%A9s_pour_comprendre_la_crise.html

marc d Here 25/09/2008 19:25

Les parlementaires républicains et démocrates font état d'un accord de principe sur le plan de renflouage proposé par le gouvernement américain pour enrayer la crise financière
Source AP

Bonne nouvelle si elle est confirmée. Elle montre en tous cas que l'opposition démocrate, majoritaire au Congrès est capable de soutenir une décision d'un Président républicain...Heureuse démocratie américaine!

marc d Here 25/09/2008 19:07

Ah...OK...

Elie Arié 25/09/2008 19:02

@ Marc: que je ne comprends pas tout!

Et le fait de ne pas être le seul (lorsque l'affaire des subprimes a été révélée, je n'ai pas vu grand'monde annoncer l'importance que cette crise allait prendre...) ne me console pas.

marc d Here 25/09/2008 18:50

Et alors...? Que veux-tu dire? Je ne te suis pas...pardon.

Elie Arié 25/09/2008 18:02

Il y a longtemps que je ne mets plus mon honneur dans la politique...

Et je te le confirme en avouant quelque chose que je ne comprends pas: j'ai bien compris le phénomène des subprimes et la contagion par les mécanismes de titrisation; mais je n'arrive pas à croire que c'est le fait que 2 millions d' Américains ne puissent pas rembourser leurs prêts immobiliers qui suffise à entraîner au bord du gouffre l'ensemble de l'économie et de la finance mondiales (parce qu'il aurait alors suffi de leur en faire cadeau, et même de leur offrir la peinture à l'œil, ça n'aurait pas coûté ce que ça a déjà coûté).

marc d Here 25/09/2008 17:12

Je vois que tu as compris et que tu ne discutes plus le fond.C'est bien..

Tu essaies de t'en sortir par un jeu de mots, c'est finalement une manière de céder sans en avoir l'air...Ton honneur est sauf, et je pense que tu es satisfait...Moi aussi.

Elie Arié 25/09/2008 16:54

@ Marc
Tu ne peux pas t'en sortir avec des talmudismes ("un garant fixe les règles mais n'intervient pas, sauf lorsqu'il doit intervenir"), à moins d'admettre que tu es d'accord avec moi; mais je ne peux exiger de toi un tel sacrifice.