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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 12:15
...Par Laurent Bouvet. http://laurentbouvet.wordpress.com


L’édition 2008 du festival socialiste de La Rochelle n’augure rien de bon pour la suite. Même si chacun des protagonistes de ce vaudeville a tenu à souligner, après avoir paradé devant micros et caméras, l’intérêt et la qualité des débats, on sent bien que le cœur n’y est plus. Le congrès de Reims s’annonce crépusculaire. Non seulement les socialistes ne travaillent plus depuis longtemps à leur évolution doctrinale et à l’élaboration programmatique qui va avec mais, de surcroît, ils se complaisent désormais dans un jeu d’autodestruction méthodique qui touche tour à tour chacun de leurs dirigeants.

Entre l’œuf doctrinal et la poule du leadership, nul ne sait plus par où commencer. Les uns refusent la présidentialisation du parti contre l’évidence même des institutions de la Ve République encore renforcée par le quinquennat. Les autres mettent en avant une « présidentiabilité » obtenue à coups de sondages d’opinion et de médiatisation tapageuse sans proposer le moindre projet politique en dehors de leur indispensable personne. Et tous d’élaborer des tactiques de congrès plus sophistiquées les unes que les autres pour prendre un pouvoir dont on comprend déjà, malheureusement, qu’ils ne sauront trop que faire si ce n’est de tenter de le conserver à tout prix. Le degré de cynisme vain et d’aveuglement coupable atteint par les dirigeants du PS est à son comble. Les différents courants et personnalités qui ont soutenu la direction insubmersible animée par François Hollande depuis 1997, et surtout 2003, y ont leur part. Ce sont pourtant les mêmes aujourd’hui qui sont à la manœuvre en protestant de leur volonté de « reconstruire » ou de « rénover ». Comment les croire ?

Dans ce champ de ruines, un problème est sans doute plus grave encore que les autres. Ce qui divise les socialistes est en effet désormais bien plus important et plus profond que ce qui les rassemble. Malgré les dénégations répétées sur l’air de «  ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare », entonné à tue-tête depuis le fiasco du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Le dogme de l’unité socialiste, héritage lointain de Jean Jaurès et de la SFIO de 1905, réapproprié par François Mitterrand dans les années 1970, est devenu une illusion mortifère. Il a longtemps empêché l’harmonisation entre discours théorique et pratique du pouvoir ; il interdit désormais l’efficacité électorale et la conquête du pouvoir d’Etat, un comble !

Cohabitent aujourd’hui au PS trois partis distincts. En son centre, lieu névralgique du pouvoir dans ce qui est devenu une vaste association d’élus locaux entourés de leurs affidés, on trouve les tenants d’une gouvernance désidéologisée, gestionnaire et pragmatique dont la première préoccupation n’est pas le débat d’idées. A l’aile gauche, continue d’exister, et de se reproduire, une radicalité gauchisante dont l’ethos n’est plus tant le marxisme d’estrade d’antan qu’un robuste antilibéralisme accommodé à toutes les sauces et pleinement partagé avec l’extrême-gauche. Enfin, on trouve, niché sur l’aile droite, un attelage « social-démocrate », constitué à partir des oripeaux de la « deuxième gauche » et nourri des évolutions modernisatrices des partis-frères d’Europe du Nord des années 1990, dont les velléités programmatiques peinent à s’émanciper de schémas désormais datés, au cœur desquels une conception économiciste et technocratique de la réforme n’est pas le moindre défaut.

Aucun de ces trois partis dans le parti ne peut prétendre dominer l’ensemble à lui seul. Ils peuvent encore se rassembler en fonction des nécessités électorales du moment ou, temporairement, de la qualité de rassembleur d’un leader à la manière de François Mitterrand ou de Lionel Jospin. Mais ces blocs n’en restent pas moins irréconciliables quant à leur projet politique global, à l’image qu’ils se font du parti et quant à la stratégie électorale qu’ils souhaitent adopter. Une fois l’intérêt électoral amoindri par les défaites consécutives aux élections nationales, et tout leader de rassemblement durablement absent, on voit mal ce qui les tient encore ensemble.

D’aucuns objecteront à cet argument les succès récents aux élections locales qui ont fait du PS le premier parti (local…) de France. Mais qu’a-t-on pu observer, aux dernières élections municipales par exemple, sinon le triomphe de l’émiettement programmatique et stratégique ? Ce n’est pas le parti qui a gagné ces élections, ce sont ses élus et ses candidats locaux qui l’ont emporté en s’alliant ici au MODEM, là à l’extrême-gauche, ailleurs encore en reconstituant la gauche plurielle… Quelle leçon en tirer nationalement ?

Le PS devra dire clairement qui il est d’ici 2012 s’il veut espérer voir son candidat accéder à l’Elysée. Face au Triangle des Bermudes politique que représentent désormais pour lui Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Olivier Besancenot, un PS qui n’aurait (re)défini ni son identité ni sa stratégie ni son leadership ne pourra survivre à une défaite de plus. Or il n’est pas certain, c’est un euphémisme, que le salut soit dans l’unité de façade à laquelle on veut nous faire croire du côté de la rue de Solferino, à coup de nouvelle « déclaration de principes » par exemple. Mieux vaudrait une explication franche entre socialistes, à Reims pourquoi pas, afin de proposer aux Français une orientation claire et nette, une stratégie électorale cohérente et un leader incontesté pour les porter. L’éclatement du parti peut être le prix à payer pour cette clarification en forme de nouvel espoir. Il n’est pas si élevé au vu de ce qu’est devenu le PS. Il est temps, en tout cas, pour le socialisme français d’entrer dans son siècle autrement qu’en brandissant le fantôme d’une unité depuis longtemps perdue.

Laurent Bouvet

http://laurentbouvet.wordpress.com


Cet article a été publié dans le quotidien LE MONDE daté du 18 septembre 2008 sous le titre “Les trois partis socialistes”.



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Published by Laurent Bouvet - dans Parti socialiste
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commentaires

marc d Here 30/10/2008 08:06

Michel Rocard et Ségolène Royal. Deux socialistes. Deux mondes séparés par un immense fossé. L'ancien premier ministre socialiste n'a jamais porté dans son cœur celle qui représenta le PS lors de la dernière présidentielle. Démonstration éclatante ce mercredi, où Michel Rocard assure ne pas exclure de quitter le PS si Ségolène Royal devait l'emporter lors du Congrès de Reims du 14 au 16 novembre.

Le Figaro.fr

marc d Here 24/10/2008 18:21

La mauvaise séquence de Delanoë. Ces dernières semaines, le maire de Paris a cumulé les déconvenues.

Parti, peut-être, trop confiant, Bertrand Delanoë a fait une campagne solitaire (en marginalisant François Hollande) et a minima. Le 7 octobre, lors de l’assemblée générale de la fédération de Paris, il s’est laissé ravir la vedette par Benoît Hamon. Mauvais signal. Quelques jours plus tard, il s’esquive au Québec pour le congrès des villes francophones, pendant que ses rivaux sillonnent la France pour convaincre les militants. A son retour, Delanoë ne parvient toujours pas à se débarrasser de l’étiquette de « libéral » qu’il s’était lui-même collée dans son livre « De l’audace ! ».

«Si on continue sur cette lancée, on risque même d’être dépassés par Aubry »

Un lourd handicap alors que la crise du système capitaliste fait partout la une. Et, pour couronner le tout, le maire de Paris s’empêtre, en changeant de position, dans la polémique sur le service minimum et l’accueil des enfants à l’école les jours de grève. L’absence de dynamique pour la motion A se ressent dans les meetings où les militants ne se bousculent pas. « Alors qu’on était pointé en tête, on est parti pour être deuxième derrière Royal, s’énerve un supporteur du maire de Paris. Mais si on continue sur cette lancée, on risque même d’être dépassés par Aubry. » Le doute gagne.

Le Parisien.fr

Avec son arrogance habituelle Delanoë se voyait il y a quelques jours à 50%...! Même au PS on commence à s'apercevoir que c'est une fausse valeur.

marc d Here 28/09/2008 19:35

Le député PS de l'Essonne Julien Dray a déclaré sur France 2 qu'il soutenait Ségolène Royal, mais qu'il serait candidat au poste de Premier secrétaire que doit laisser François Hollande après le congrès du PS de novembre.

"Je suis candidat au poste de Premier secrétaire, je défends mes idées, je crois qu'il faut rassembler", a déclaré M. Dray lors de l'émission "13H15 le dimanche".
"Je soutiens sa motion (ndlr: la motion défendue par Ségolène Royal pour le congrès), je l'ai signée, mais mon sentiment c'est qu'il n'y aura aucune motion qui pourra l'emporter et qui sera majoritaire", a-t-il dit.

Source AFP

L'unité et la clarté progressent à grands pas au ps....

marc d Here 28/09/2008 19:32

Ségolène Royal "est sur le mauvais chemin", a estimé le député socialiste Henri Emmanuelli, qui a raillé le rassemblement "entre le show-business et le rassemblement de secte" organisé la veille au soir par l'ancienne candidate à la présidentielle. "J'ai envie de dire à Ségolène qu'elle est sur le mauvais chemin là", a-t-il dit sur Radio-J. Pour lui, "il manquait juste (...) la chorégraphie" au rassemblement, qui a mêlé concert et intervention de Mme Royal. "Tout ça n'est pas sérieux".

Ce tenant de la gauche du PS a de nouveau dénoncé une "vision de la politique inscrite sur le marketing politique, qui s'inscrit dans la logique de la publicité commerciale". "Ce dont souffre le Parti socialiste aujourd'hui, c'est justement de dépolitisation et ce genre de manifestation ne fait que renforcer la dépolitisation", a-t-il analysé. "Je n'ai rien entendu sur le fond hier soir", a-t-il encore taclé.

Source AP

Comme quoi, même Emmanuelli peut dire parfois des choses sensées.

marc d Here 28/09/2008 09:08

Marie-Noelle Lienemann(PS) dans le JDD...


" Elle(Ségolène Royal) cherche à jouer sa carte à l'extérieur du parti pour compenser sa faiblesse interne. Mais à mon avis, elle aura aussi peu de succès à l'extérieur qu'à l'intérieur du PS... Son élection à la tête du parti est d'ailleurs impossible puisqu'il faudrait que sa motion recueille la majorité absolue. C'est pour cette raison qu'elle s'est placée en dernière position sur sa liste. Elle a déjà organisé son repli.

Enfin, quand je l'entends brandir l'argument d'avoir recueilli 17 millions de suffrages au second tour de la présidentielle, je me dis: "Elle se prend pour Dieu le Père!". Dans ces 17 millions de voix, il y avait la mienne, mais je n'ai pas voté pour Ségolène Royal, j'ai voté pour la gauche. Et beaucoup de gens ont fait de même!"

marc d Here 27/09/2008 22:03

Le concert du Zénith à Paris ce soir a attiré pas mal de jeunes, la salle était presque pleine. Ségolène Royal en a profité pour faire un discours.

marc d Here 21/09/2008 21:38

Je n'étais effectivement pas sur la même longueur d'onde...Rien à voir ni à faire avec Bayrou...

tintin 21/09/2008 20:57

ça m'étonnerait alors que vous n'arrêtez pas de critiquer Bayrou.

marc d Here 21/09/2008 17:35

On vous a expliqué dix fois que c'était possible...Et ça le devient de plus en plus.

tintin 21/09/2008 17:33

Je ne vois pas comment on peut à la fois soutenir Sarkozy et faire partie d'une grande force sociale-libérale faisant contre-poids à l'Etat UMP. Je répondais au commentaire d'Alex qui était quelque peu incohérent.