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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 18:16

Par Jean-Claude Sommaire, ancien secrétaire général du Haut Conseil à l’Intégration

 

 

Les émeutes survenues en France à l’automne 2005, du fait de leur durée, du nombre de quartiers concernés, et de l’ampleur des dégâts causés ont constitué, pour notre pays, un événement social et politique d’une portée considérable. Elles ont révélé qu’il y a aujourd’hui, dans notre pays, une fracture urbaine qui n’est plus seulement une fracture sociale mais aussi, de plus en plus, une fracture ethnique, culturelle et religieuse qui témoigne, à l’évidence, d’une crise profonde de notre « modèle républicain d’intégration ». 

Le défi sans précédent auquel nous sommes confrontés, et qui nous a été révélé au grand jour par ces évènements, est d’avoir à faire société avec nos jeunes concitoyens dont les parents sont issus de nos anciennes colonies et à poursuivre, avec eux, la construction d’une société démocratique appelée, inexorablement, à devenir de plus en plus diverse et métissée. Nos principaux voisins européens sont d’ailleurs confrontés à la même épreuve, à partir de leur histoire et de leurs traditions propres, dans un même contexte de difficile maîtrise des flux migratoires du fait de déséquilibres nord sud appelés à perdurer. ….

….Dans cette perspective notre « communauté nationale », et les diverses « communautés de vie » qui existent,  au plan local, dans les zones urbaines, devraient maintenant  être appréhendées comme des communautés hétérogènes, mixtes et diversifiées. Cela implique de faire définitivement le deuil d’une société « républicaine » normalisée qui, en continuant à méconnaître les différences sous prétexte d’égalité, ne finirait plus par laisser subsister que des collections d’individus sans appartenance et des groupes ethniques isolés exaltant leurs différences.

 

Le  développement inattendu de l’islam, depuis une quinzaine d’années,  chez les jeunes générations   issues de l’immigration maghrébine,  correspond, à l’évidence, à un fort besoin de se construire ici une identité et une communauté d’appartenance du fait d’une histoire familiale mal  transmise  fragilisée  par les souvenirs douloureux de la colonisation mais c’est aussi la conséquence d’une culture française insuffisamment ouverte à l’altérité.

 

C’est donc la reconnaissance sans arrière pensées de cette réalité contemporaine de la diversité qui doit devenir le moyen privilégié de l’intégration des différences en permettant aux communautés concernées de s’engager, ensemble, dans la voie d’un développement social commun plutôt que d’avoir à subir les contraintes et les dommages d’une régression communautariste.

 

En France la lutte contre les discriminations raciales a pris beaucoup de retard en raison d’une confiance excessive dans des principes républicains censés assurer l’égalité des citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Aujourd’hui, dans le contexte d’une société qui devient de plus en plus  pluriethnique, cette lutte contre les discriminations est devenue un objectif politique clairement affirmé mais dans beaucoup de secteurs de la société, la diversité tarde encore à s’imposer.

 

Intégrer mieux plutôt que de continuer à assimiler mal telle est la perspective générale qui est proposée ici en invitant la République à travailler intelligemment avec les communautés issues de l’immigration, y compris dans leur dimension spirituelle et religieuse. A cet effet il n’est pas nécessaire de  remettre en cause les principes fondamentaux de notre pacte républicain mais seulement de reconnaître que celui ci ne parvient plus, en l’état, à tenir ses promesses d’égalité à l’égard de nos concitoyens les plus récents. Il faut donc explorer, sans tabou, et avec pragmatisme, des voies nouvelles pour que ces principes puissent continuer à faire sens pour tous et nous protègent des dérives communautaristes qui, dans nos banlieues, mettent en péril le sentiment d’une appartenance commune  à une même entité nationale.

 

Dans ce cadre de cette exploration sans tabou force est de constater que, du fait de son arrivée tardive sur notre territoire,  l’islam se trouve aujourd’hui discriminé par l’application des dispositions prévues par la loi  de 1905  concernant les lieux de  culte. Le principe de séparation des églises et de l’Etat, constamment proclamé, est en effet à relativiser sérieusement quand on sait que  les collectivités publiques,  qui en sont propriétaires, financent aujourd’hui, en toute légalité, l’entretien des édifices cultuels construits avant 1905, très majoritairement utilisés par l’Eglise catholique.

 

Mais il faut aussi appeler l’attention sur le fait que, suivant une pratique française assez courante, la proclamation répétée des grands principes de séparation des églises et de l’Etat s’accompagne, de fait, de diverses pratiques, à la limite de la légalité,  visant, explicitement,  à les contourner. Ainsi,  pour aider un islam qui ne devrait pas l’être, on a  créé des salles de prière dans des équipements collectifs et des collectivités locales  financent de plus en plus fréquemment des espaces culturels abritant des lieux cultuels.

 

Ces pratiques, sans doute utiles,  de contournement des textes en vigueur,  ne plaident-elles pas en faveur d’une actualisation de la loi de 1905 ? En effet ne serait il pas souhaitable que les collectivités publiques puissent participer directement, et au grand jour, au financement de nouveaux lieux de culte comme elles peuvent le faire pour d’autres équipements collectifs ? Une église catholique, un temple protestant, une synagogue juive, une mosquée musulmane, un temple bouddhiste, concourent au maintien du lien social et répondent à des besoins réels exprimés par une partie de nos concitoyens, notamment ceux, nombreux, qui vivent dans les territoires qui ont été urbanisées depuis le début du siècle.

 

 Pourquoi,  en raison d’un conflit ancien entre la République et une Eglise catholique alors dominante, maintenir aujourd’hui un ostracisme durable à l’égard d’une possibilité de financement public de nouveaux édifices religieux dont l’utilité sociale n’est pas moindre que celle d’équipements sociaux, sportifs ou culturels  qui  ne s’adressent,  eux aussi,  qu’à une partie de la population ?

 

D’une façon générale, vouloir appréhender aujourd’hui  la question de l’islam, ou celle des églises évangélistes, fréquentées majoritairement par des populations d’origine africaine,  avec les  seuls outils intellectuels de la laïcité forgés dans les années anciennes de lutte contre une église catholique dominatrice, ne peut que laisser interrogatif. Ne risque t’on pas ainsi, par aveuglement, de contribuer à l’élargissement de la fracture sociale, ethnique et religieuse que connaît notre pays en refusant de voir la réalité d’une discrimination de fait alors que la lutte contre les discriminations raciales est maintenant clairement inscrite sur l’agenda politique ?

 

Dans une société devenue plus diverse la République n’a  plus vocation aujourd’hui, au nom de la laïcité, à lutter contre les affirmations identitaires des individus pour les intégrer. Au contraire, elle doit s’efforcer de créer les conditions les plus favorables pour que chaque personne,  ou chaque groupe, puisse accéder,  avec ses particularités, à  une pleine participation à l’exercice de la citoyenneté.

 

En 2001, en publiant son rapport « l’islam dans la République » (accessible sur le site de la Documentation française), le Haut Conseil à l’intégration avait envoyé un message qui n’a pas été entendu, à savoir que la présence et le développement de  l’islam en France n’était plus une question marginale à connotation exotique mais un sérieux  sujet de société franco français à  traiter ici et maintenant.  Ce rapport invitait les pouvoirs publics à ne plus perdre de temps à s’interroger sur le fait de savoir si l’islam était, ou non, compatible avec la laïcité à la française mais à concevoir, avec pragmatisme, un certain nombre d’accommodements  pour  que nos concitoyens musulmans trouvent pleinement leur place au sein de la République. Pour le Haut Conseil il suffisait, pour cela, d’avoir l’intelligence, sur un certain nombre de points potentiellement conflictuels, d’accepter les quelques compromis raisonnables nécessaires au  maintien du  vivre ensemble au sein d’une société plurielle…..

…………

 

……..Nous le savons, notre société connaît aujourd’hui une double crise qui affecte directement les jeunes générations : une crise de la famille qui peine à assurer la transmission des valeurs et une crise de l’école publique qui, ne parvenant pas à assurer l’égalité des chances, reproduit des inégalités qui tendent à s’accroître. Dans ce contexte, beaucoup de jeunes apparaissent en manque ou en recherche de repères et nombreux sont ceux qui connaissent d’importantes difficultés d’insertion professionnelle face à un chômage qui les frappe plus durement que les adultes avec une couverture sociale moindre.

 

Par ailleurs, au-delà de cette observation générale, il faut bien constater que, depuis un certain nombre d’années, l’école publique est devenue le lieu de beaucoup de tensions, voire de violences graves, dans les zones dites sensibles où résident, de façon importante,  des populations  en grande difficulté sociale dont une large partie est issue de  l’immigration.

 

En conséquence l’école de la République connaît aujourd’hui, dans beaucoup d’établissements,  des phénomènes de ségrégation,  sociale et ethnique,  qui amplifient ceux observables dans les villes et les quartiers. On peut ainsi  fréquemment  observer, dans les villes à forte population d’origine étrangère, d’une part,  des écoles,  ou des classes,  surtout constituées  d’enfants issus de familles bien intégrées dans la société, et d’autre part, des écoles, ou des classes, majoritairement constituées d’enfants issus de familles défavorisées et de  l’immigration. …..

La question de la laïcité à l’école, n’aurait pas du être examinée, en 2004, sans s’interroger, dans le même temps, et de façon spécifique, sur la capacité de notre appareil scolaire à offrir aux jeunes des quartiers défavorisés, quelles que soient leurs origines, de réelles chances de réussite. En effet le niveau actuel de violence dans certains établissements, les phénomènes de désaffiliation scolaire, les entrées précoces dans la délinquance, apparaissent comme des signes de déstabilisation de notre société infiniment plus inquiétants que le foulard islamique qui a trop facilement polarisé l’attention.

 

Dans une démocratie qui devient de plus en plus pluri- ethnique et pluri-culturelle, l’école, outre ces missions traditionnelles de transmission des savoirs, doit être un lieu privilégié d’apprentissage des règles nécessaires au vivre ensemble à partir, notamment,  d’une reconnaissance raisonnable des différences d’origine ethniques et culturelles. En conséquence, afin de lutter contre l’échec scolaire et les phénomènes de désocialisation qui menacent gravement l’avenir de nombreux jeunes issus de l’immigration il faut que l’école puisse s’adapter, dans ses programmes, dans sa pédagogie et dans ses modes d’organisation et règles de fonctionnement aux caractéristiques des publics accueillis.

 

Dans cette perspective il serait souhaitable de promouvoir, au sein de l’enseignement public,  des expérimentations hardies et sans tabous en ayant, par exemple, une approche moins dogmatique des questions de mixité, en faisant preuve d’ouverture vis à vis de certaines demandes liées à l’islam, en organisant un enseignement de l’histoire de l’esclavage, de la colonisation, de l’immigration, du développement etc. De ce point de vue il pourrait être utile de tirer profit de l’expérience acquise par certains établissements catholiques qui accueillent,  avec succès,  un nombre grandissant d’élèves, notamment musulmans,  originaires des quartiers difficiles.

 

Sur la question plus spécifique de la laïcité à l’école, il est donc indispensable, à l’heure de la mondialisation, d’en avoir une application ouverte et plurielle plutôt qu’une conception frileuse et rétrograde. L’école a besoin des hussards de la République de la diversité du XXI ème siècle pas de ceux de la République coloniale du XIX ème.

 

Au  Québec, pour faciliter le vivre ensemble dans des établissements scolaires de plus en plus ouverts à la diversité, des animateurs de vie spirituelle et communautaire aident les adolescents à mieux prendre en charge leurs questionnements identitaires et spirituels.

Une initiative du même ordre pourrait être étudiée en France, en concertation avec les différents acteurs concernés (enseignants, parents d’élèves, élus locaux, représentants des courants philosophiques et religieux). Dans notre contexte laïc,  ces nouveaux  intervenants au sein de l’école dont il conviendrait, évidemment, de préciser la dénomination, le statut et les fonctions,  pourraient être chargés de répondre aux diverses interrogations de l’adolescence et de développer chez les jeunes  l’esprit civique, le sens de la solidarité, l’ouverture aux autres, etc.

 

 La France d’aujourd’hui doit pouvoir s’ouvrir, au moyen d’une laïcité ouverte, à de nouveaux apports, au plan culturel et   spirituel, et ne pas s’enfermer dans une laïcité de fermeture et d’ignorance héritée d’un  armistice ancien avec l’Eglise catholique qui ne fait plus sens pour les jeunes générations.

 

Jean-Claude SOMMAIRE

 Ancien secrétaire général du Haut Conseil à l’intégration ;   membre de Démocratie et spiritualité

 

 

Extraits d’un article publié dans le N°30 la revue France Forum de juin 2008

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Published by Jean-Claude Sommaire - dans Ville et banlieue
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commentaires

Alceste 30/10/2008 10:38

J'ai récemment entendu Mahnaz Shirali auteur de :
"Entre islam et démocratie
Parcours de jeunes français d'aujourd'hui"
et lui ai demandé si ses travaux avaient été repris par la HALDE, par le HAUT CONSEIL A L'INTEGRATION ou encore par le Musée de l'Immigration.Apparemment ces institutions n'ont pas repris les travaux de cette sociologue.
Les constat s'accumulent mais on ne voudrait rien changer d'important. Que faire ? Partager le dernier leitmotiv à la mode "nous vivons dans un monde de fous, tout est absurde" ou bien poser fortement les bonnes questions et chercher des solutions rationnelles qui s'imposent au nom de l'intérêt commun?

Le huron 04/10/2008 15:29

PS: Le titre de l'article est favorable à la reconnaissance de la "diversité". Quand la diversité fait référence à la diversité culturelle, c'est à la République de veiller à ce que ces nombreuses diversités ne soient pas contradictoires avec sont unicité et son indivisiblité constitutionnellement proclamées.
Si le mot diversité recouvre (ou même tente de cacher comme il semble que ce pourrait être le cas dans cet article)le mot religion, je me réfère à la loi de 1905 "La République ne reconnaît etc". Et je n'en démords pas!

marc d HERE 04/10/2008 15:20

oui....Liberté d'expression pour les religions mais à condition que cette expression soit très très discrète, c'est cela? Et même tendre plutôt à l'humble murmure...Je comprends que le qualificatif d'ouverte appliqué à laïcité ne vous convienne sans doute pas.

Le huron 04/10/2008 15:13

Liberté d'opinion, bien sûr et d'expression de cette opinion, évidemment. MAIS, je le répète, je ne veux pas être la victime d'une guerre de hauts-parleurs entre le clocher et la mosquée, d'une guerre des cantines entre le casher et le hallal. On essaie de nous faire croire qu'expression est synonyme de manifestation. Et en tant qu'athée, je ne me permets pas de réclamer de mettre un haut-parleur sur la mairie pour proclamer régulièrement mon athéisme, "croyance" aussi respectable qu'une autre.

marc d Here 21/09/2008 15:32

D'accord avec vous...Je n'approuve pas non plus les sociétés théocratiques...ET rassurez-vous, personne en France n'a l'intntion d'en établir.

Une petite chose encore vous reconnaissez la liberté de penser ou de croire, encore heureux, ce n'est pas de la laïcité, c'est la démocratie, ou simplement le réalisme (qui va venir voir dans mon cerveau ce que je pense?...)Il faudrait y ajouter évidemment la liberté d'exprimer des opinions ou des croyances. C'est, je pense, un oubli de votre part...

Le huron 21/09/2008 14:54

La laïcité n'est pas l'intégration des religions mais (désolé!) l'exclusion des religions du champ de la politique, c'est à dire le refus que des croyances (par définition irrationnelles) influent sur la gestion de la chose publique de quelque manière que ce soit. Cela ne signifie pas le refus de la liberté de penser ou de croire.
Prendre en compte les pratiques de quelque religion que ce soit, c'est intoduire une théocratie et même DES théocraties sournoises et implicites allant à l'encontre des croyances religieuses et de leur pratique paisible car génératrices de conflits (sunnites-chiites, juifs-musulmans, hindouistes, musulmans, sikhs-hindouistes, protestants-catholiques etc) Je ne veux pas assister à une lutte à coups de hauts-parleurs entre le clocher et le minaret. NON MERCI!

marc d Here 15/09/2008 14:12

Bien sûr.

Elie Arié 15/09/2008 14:06

Sommes-nous au moins d'accord pour dire que problème du regroupement en "cités" est la conséquence de l'absence d'intégration économique?

Ce phénomène va très loin: j'ai vu des études montrant que, dans la même cité, les gens qui vivent dans les tours où le loyer moyen est de 400 Euros ne fréquentent pas ceux des tours où il est de 200 Euros, quelle que soit leur origine ethnique.

marc d Here 15/09/2008 13:55

Ton cours sur l'idéologie...Qui serait partout ETC..ETC...merci!
Sur le fond tu ne réponds bien sûr pas, sinon pour distinguer immigration asiatique et Africaine...C'est évident...Mais il était question des immigrés regroupés dans les cités de banlieue, dans des conditions sociales très mauvaises, et soumises à un racisme important Ce qui concerne davantage tu en conviendras l'immigration africaine qu'asiatique..Et si tu avais bien lu mon commentaire je dis bien que ls conditions sociales ou socio économiques sont premières. Mais se sont installées dessus les autres problèmes, comunautaires ou religieux, qui sont devenus alors de vraies questions....Mais je le disais mieux dans mon commentaire précédent, que tu sembles avoir mal lu...J'en redonne l'essentiel:

Mais ces cause sociales ont été aggravées par le phénomène des cités qui se sont mises à regrouper essentiellement des immigrés...qui souffraient en plus d'un racisme et d'une exclusion de fait dûs à leur situation de noirs ou de beurs. Les problèmes communautaires et religieux en ont été une conséquence...Mais devenue aujourd'hui si fondamentale, qu'il ne suffirait pas, comme le croyait "naïvement" Jospin et la gauche de régler (ce qui était de toutes façons loin d'être le cas) le problème social, du chômage par exemple, pour faire disparaitre le reste. C'est comme toujours une conception abstraite, idéologique de la gauche (idem pour la liberté ou l'égalité ou la laïcité...) qui refuse de voir le concret. Aujourd'hui donc, la question communautaire et religieuse s'est surajoutée à la question sociale, en devenant aussi importantes, et ce sont les trois qu'il faut "traiter" et non la seule question sociale...Même si, je veux bien croire que la question sociale, et d'abord de l'emploi et du logement... reste, parce que première, la plus grave.

Elie Arié 15/09/2008 13:38

Marc:

tu peux ne pas être d'accord avec mon analyse,mais rien ne t'autorise à qualifier ma lecture de distraite, et ma réponse d'"idéologique" (terme devenu stupidement péjoratif, car toute action s'inscrit obligatoirement dans un système de valeurs, conscientes ou inconscientes; il n'y a pas l'idéologie d'un côté, le réalisme de l'autre).

J'ai commencé par préciser que ma réponse, obligatoirement brève, ne pourrait être, de ce fait,qu' abusivement réductrice; la tienne l'est tout autant, qui fait l'éternelle impasse sur l'argument de l'immigration asiatique, tout autant l'objet de discours racistes (nous sommes malheureusement, toi et moi, assez vieux pour avoir connu l'époque de la guerre d' Indochine...), ce qui n'a pas empêché son intégration, car majoritairement issue de milieux socio-économiques plus favorisés.